Analyses, notes de lecture, coups-de-cœur, sélections... concernant mon nouveau roman sorti en avril au Seuil, A l'ombre de l'oubli, c'est... ICI, ALLEZ-Y !
BLEU
INDIGO ROMAN,
POESIE... LITTERATURE
JEUNESSE
Pour écrire, il faut aimer et pour aimer il faut comprendre.
John Fante, Mon chien Stupide (West of Rome)
Bienvenue sur le blog de Mireille Disdero - Auteur
Rencontre, lectures et signatures Samedi 27 avril à partir de 17h, à la librairie "La portée des mots", rue Kennedy à Salon-de-Provence, pour le lancement de mon nouveau livre "A l'ombre de l'oubli". Rencontre suivie d'un apéritif littéraire.
Cérémonie de remise du Prix des Lycéens autrichiens le 23 avril 2013, à Graz en Autriche.
Dédicaces : au stand des Carnets d'Asie du Salon International du Livre de Bangkok le 6 avril 2013 à partir de 14 heures.
Intervention au lycée français de Bangkok, dans le cadre de la Prévention Harcèlement en milieu scolaire, avec Violaine Jourdan, Psychologue du Point Accueil, les 4 et 6 février 2013 (classes de seconde et première), avec Présentation du roman "A l'ombre de l'oubli" (Seuil 2013).
Tournée en Autriche pour le Prix des Lycéens 2013, sélection : "16 ans et des poussières" - Du 20 au 25 janvier 2013, grâce à l'Institut Français de Vienne.
A La Portée des mots, en mai 2012, rencontre littéraire autour de la sortie en librairie de "Ma vie océan" (roman, éditions le Seuil 2012)
Dans les Hautes-Pyrénées pour le
Prix Littérature Ados Tout en auteurs !
A Berlin, en mai 2011, pour un colloque sur la littérature de jeunesse. Rencontres, signatures, lectures... et atelier d'écriture avec les étudiants allemands.
Lire Ensemble ! Je suis auteure en résidence pour Agglopole
Provence.
Sur le thème du BLEU - Pour Lire Ensemble 2011, du 10 février au 15 avril 2011 (ateliers d'écriture en poésie, avec les adolescents) VOIR ICI
A la Foire du Livre de Leipzig (Allemagne), 17, 18, 19 mars 2011 (Prix des Lycéens allemands)
En Allemagne du nord, du 14 au 23 novembre 2010, circuit de rencontres avec les classes de lycéens allemands dans le cadre du Prix des Lycéens allemands 2011

Au salon du livre pour la jeunesse Ivres de livres, le dimanche 6 juin 2010 à Istres.
Au salon du livre pour la jeunesse de Six-Fours (Var), les 30 avril, 1 et 2 mai 2010
Une photo d'Antoine, La Boucherie littéraire, Association L'E dans L'O
Rencontre, lectures, signatures... A Lançon-de-Provence, samedi 28 novembre 2009 - Une photo de
Laurent G.
Au Salon du livre d'Aubagne, stand des éditions du Seuil, en novembre 2009...
L'espace de liberté de la littérature de jeunesse a dévérouillé mon écriture pour adultes. Arnaud Cathrine (LIRE)
Je l'ai lu dans le TGV Marseille/Strasbourg, à cheval entre 2011 et 2012. Elle m'a perturbée et remuée. Je ne m'y attendais pas car je suis un peu méfiante, vis à vis des
envolées médiatiques autour d'un livre comme c'était le cas pour celui-ci. Sauf que... cette fois, le récit en vaut la peine. En la lisant, j'ai beaucoup pensé à ma mère. Et puis ce titre !
Quelque chose de Bashung. Alors oui, oui pour Delphine de Vigan. Lisez "Rien ne s'oppose à la nuit", laissez-vous emporter.
Chaque volume, chaque livre que tu voies a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent
Excepté cette route souvent fermée par la neige ou les boues du printemps, excepté l'autobus vert amande qui met parfois cinq jours pour atteindre Téhéran, rien ne relie la ville au monde extérieur. Dans son berceau de peupliers, de hautes terres et de vent, Tabriz vit dans un isolement singulier.
Nicolas Bouvier,
le 15 octobre, dans L'Oeil du voyageur
...
Nathalie Novi
C’est un silence plein de vie, un paysage
mill
énaire tout en changement C’est un matin au pays basque
Aussi l’idée de toucher l’âme aimée.
H Grillot







Edmond Baudoin, son trait, vraiment

L'été quand on roule, les couleurs se déplacent vite, il faut les prendre sans tarder...
Pour qu'un amour soit
inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.
A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en
empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.

«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante.
C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux,
tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."
Blaise Cendrars
Ils ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es
né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté
(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.
L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.
L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :
- Ça va ?
- Bien.
Extrait de Point de vue
...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est
planté...
... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque,
lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard, Le nom sur le bout de la langue

L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci
Faust demande passionnément à la vie que l'ambition absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se
dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."
Goethe
Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...
Saint-Exupéry, Courrier sud
L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention. Elle évoque les
“commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines. (...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”. Elles portent en elles la vibration d’une lointaine
source.
George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991
Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes
jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait
appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire. Nous
écoutions.
Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951
Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied
Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium
Nicolas Bouvier, Les Indes galantes
Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.
Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T
Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !
Envoyez les couleurs !
Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...
H Grillot
Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)
Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania
Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.
Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry
Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure
A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.
Alain Gerber, Le lapin de lune
Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)
Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985
Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont. Hélène Grimaud...
«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara
« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).
Come As You are, Nirvana
Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ? Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956
Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864
[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur
lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41)
Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique
Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.
Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !
Saint-Exupéry, Un sens à la vie
Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur
quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force
un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence
Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie
alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.
Cathy GARCIA
Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler
A Camilla, avec tout mon amour
Arturo
Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.
John Fante, Ask the Dust
Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese
Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.
Jim Harrison, The road home
- Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !
- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.
Clotilde Bernos
En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...
M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)
Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.
Roland Barthes
Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.
Wim Wenders, Les Ailes du désir
Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester
libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.
Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir
Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.
Vladimir Nabokov, Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991
Nous rêvons
d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture faite par nous-même.
Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.
Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.
Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale
Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,
par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui
joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...
Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...
Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.
16 ans et des poussières a remporté le prix ados "Tout en auteurs" 2011
Nouvelle édition le 20 octobre 2011
Seuil, Hors Collection
Nouvelle sélection : pour le Prix des Lycéens autrichiens 2013
Analyses, notes de lecture, coups-de-cœur, sélections... concernant mon nouveau roman sorti en avril au Seuil, A l'ombre de l'oubli, c'est... ICI, ALLEZ-Y !
J'ai été nominée puis finaliste lors du Prix des Lycéens autrichiens 2013, avec mon roman publié au Seuil "16 ans et des poussières".
Tous les détails sont ICI, sur la page consacrée au prix.
Bonne lecture !
Et voilà, les rencontres autour du concours "Et si c'était livre" 2013 sont terminées pour cette année.
De beaux moments, de belles rencontres et de nouvelles idées, de nouvelles pistes d'écriture car... on apprend toujours de ses lecteurs !
Retour sur la finale des 2 et 3 mai, ici, par Caroline Soubic

"À l'ombre de l'oubli" est mon nouveau roman. Il sort maintenant !
Lisez-le, vous verrez....
On le trouve partout. Si vous ne mettez pas la main dessus en librairie, alors commandez-le sur Amazon.fr, ICI
Il est pour tous, à partir de 13 ou 14 ans.
Vous pouvez le lire à Paris, Marseille, Tanger, Bangkok, Vienne, Pékin... Vous pouvez le lire sur votre oreiller, au bureau, en attendant le bus ou pendant une randonnée dans les calanques de Marseille ou même, encore, sur votre écran.
Vous pouvez faire ce que vous voulez, du moment que vous le lisez.
Après, si ça vous dit, vous pouvez me dire que vous l'avez trouvé et que vous l'avez lu.
Après ? Après c'est une autre histoire, ça ne s'arrête jamais.
Mireille D.
Pour en savoir plus...
Bangkok.
Sur le stand L20 Librairie Carnets d'Asie, du Salon International du Livre (Queen Sirikit Center), séance de dédicace avec Mireille Disdero, samedi 6 avril à partir de 14 heures. LIRE ICI
Librairie Carnets d'Asie
Avril Mai Juin 2013
Vous avez remarqué, mis à part votre serviteuse et la merveilleuse illustratrice, nulle femme publiée dans ce numéro : QUE des hommes ! De quoi faire frémir le printemps féministe, un coup fatal aux normes de parité… Alors ? Je ne sais pas, cela doit être le printemps justement, la montée de la sève, l’érection des petites pousses et des bourgeons, quelque chose de l’ordre de l’élan premier, la fougue du yang, le redressement des lingams… Des hommes donc, mais ces hommes cependant écrivent de la poésie, et si ça, ce n’est pas faire preuve d’une certaine sensibilité - sensiblerie diraient les jaloux ; si ça, ce n’est pas mettre à nu une certaine féminité ! Voilà donc des hommes dévoilés, qui se répandent en mots pleins de force, de chagrin parfois, de beauté, de compassion aussi, d’attention à l’autre. Ils sont magnifiques, les hommes, quand ils posent leurs joujoux de guerre, leurs pelleteuses et leurs calculettes, leur arrogance de garçonnets cravatés trop serrés, quand ils transforment des pulsions en poésie, des colères en coléoptères, des bottes de plomb en papillons de duvet. C’est beau un homme quand il tient debout tout seul, nu face au soleil, quand il respire amplement, les pieds ancrés à la terre mère. C’est beau un homme qui chante et qui pleure, qui tend la main vers d’autres hommes, vers des femmes, des enfants, un chat, une chouette, une fleur. C’est beau un homme qui ouvre ses bras, qui s’invente des ailes, pas pour aller plus vite ou plus haut non, mais pour accomplir des rêves qui donneront des fruits à offrir et partager. Oui, c’est beau un homme, et tout particulièrement quand il est une femme aussi, et un enfant encore. Pas pour faire des caprices ou ne jamais rien assumer, non, mais pour conserver intacte sa capacité à s’émerveiller et pouvoir offrir et partager ce qu’il a vu, entendu, senti, créé. C’est beau un homme, quand il vise haut et juste, avec sa conscience propre, quand il a le cœur au courage et le désir du vivant. Alors surtout, continuez, les hommes, soyez beaux, surtout du dedans !
CG
homme rivière aux étreintes
mille fois renouvelées
homme si vaste
aux bras de sable
homme profond
de sagesse infinie
Cathy Garcia
in Salines
AU SOMMAIRE
Délit de poésie :
Samuel Dudouit, Patrick Tillard (Québec), Frédéric Ohlen (Nelle Calédonie)
Jean Azarel, Nuage rouge, un hommage à la chanteuse Lhasa de Sela et un extrait De lauze et d’air, un poème fleuve qui prend sa source en Lozère.
Nicolas Kurtovitch (Nelle Calédonie), L’attente des hommes alentours
Résonances : L’éponge des mots de Saïd Mohamed
Le bulletin de complicité bloque la sortie avec des appels de sève.
Illustratrice :
Corinne Pluchart
« Toujours près du Mont, mon Lieu. La mer... j'écris, je marche, je m'arrête, je cherche. Poète surtout, avec la mer, le vent, le temps, la vie et la lumière. »
Je vous signale la parution en janvier 2013 du dossier pédagogique de "16 ans et des poussières", aux éditions Klett (Allemagne).
Il s'adresse aux lycéens et professeurs de langue germanique qui lisent le roman et le travaillent en classe... Mais aussi à toute personne qui s'intéresse à ce qui se passe dans un roman et veut en savoir plus.

Le dimanche 24 février 2013,
chronique de Ma vie océan dans LES HISTOIRES SANS FIN
Le tsunami qui a emporté les parents d'Héloïse en Thaïlande, a fait le vide dans l'existence de la pauvre adolescente de 16 ans. Depuis ce jour reviennent les souvenirs, les bons, les mauvais, comme des vagues lentes et incessantes et les mots restent au seuil des lèvres de l'enfant sans oser les franchir.
Héloïse réapprend à aimer, à retrouver le goût des choses, celles qui nourrissent, rendent heureux.
Au chalet de convalescence auquel elle est confiée afin de recomposer sa vie autrement, elle se fait une nouvelle amie pour la vie, Katy qui, malgré ses propres tragédies, a de l'énergie à revendre, regarde droit devant et lui montre la voie de la guérison. Il y a un « après ». Fait de nouveaux moments à partager avec sa tante, Inès, qu'Héloïse ne voyait plus trop et des sentiments nouveaux avec Théo.
Ma vie Océan est bien plus qu'un roman sur le deuil pour adolescents, c'est surtout et avant tout un récit sur la reconstruction. Héloïse affronte la séparation et finit par s'armer pour l'accepter, sous toutes ses formes. Dramatique ou sentimentale. Le chalet accueille différents adolescents au triste passé dont Katy à laquelle Héloïse s'accroche comme à la barre d'un navire en dérive. Cette nouvelle amie, qui ne manque pas de courage, va trouver elle-même un moyen à sa propre guérison en prenant Héloïse sous son aile. Une belle amitié.
Mireille Disdero multiplie progressivement les dialogues, suivant le rythme de rémission d'Héloïse, qui accepte au fur a à mesure de ne pas reprendre la vie là où elle l'a laissée, mais d'en redémarrer une nouvelle, la mémoire de ses parents dans le cœur. L'histoire ne bascule ni dans le pathos ni dans l'angélisme, le ton est juste, complice et délicat, fait de petites références musicales sympathiques, de petits bonheurs autorisés. Comme dirait Katy « La vie on la prend, on la donne, on la hurle...mais on ne l'abandonne pas. Alors tu la prends. Compris ? ». Oui. Compris.
Veste en tweed olive
Veste en tweed olive
chemise à carreaux
mocassins
Vous sécurisiez
enthousiaste
Et tout cela fonctionna du feu de Dieu
jusqu'à ces jours derniers
Images ondulantes
silhouettes indistinctes
J'ai un déclic : l'effacement
Edmond Baudoin
L'année 2013 est bleue
Avec le bleu, il suffisait de tracer une simple ligne en travers de la page et l'on avait la ligne d'horizon de toutes les mers.
Vladimir Nabokov, Autres rivages
J'observe tous ces éléments, je m'en imprègne : le temple, le village, la rivière, les montagnes, les courbes, le bleu - l'énergie bleue, les pulsations... Tout
n'est que palpitation bleue, silence vibrant, immobilité mouvante.
"L'unité de la contemplation et de l'action est illustrée par un dessin Zen représentant Bodhidharma, le visage et le corps parfaitement calme, cependant que sa robe est agitée par le vent."
Kenneth White, Le Visage du vent d'Est (Errances asiatiques, coll. Espaces libres Albin Michel)
Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. Auguste Renoir
Bleu acier, aigue-marine, bleu ardoise, azur, azuré, azurin, bleu barbeau, bleu de Berlin, bleuâtre, bleuet, caeruleum, bleu canard, céleste, céruléen, bleu
charrette, bleu ciel, cobalt, cyan, bleu dragée, bleu électrique, bleu roi, bleu givré, bleu Klein, lapis-lazuli, lavande, majorelle, marine, bleu nuit, outremer, bleu paon et pers, bleu pétrole,
plombé et de Prusse, saphir, turquin et turquoise... bleu indigo !
Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. Picasso
bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.









Chalets de
Blins, Alpes (Italie) en été
A Berlin en mai,

Just a perfect day drink sangria in the park
and then later when it gets dark we go home
just a perfect day, feed animals in the zoo
and later a movie too and then home
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
just a perfect day, problems all left alone
week enders on our own
it's such fun
just a perfect day, you make me forgett myself
i thought i was someone else, someone good
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
you're going to reap just what she saw
Lou Reed
*
Quand tisonner les mots pour un peu de couleur
ne sera plus ton affaire
quand le rouge des sorbiers et la cambrure des filles
ne te feront plus regretter ta jeunesse
quand un nouveau visage tout écorné d’absence
ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
quand le froid aura pris congé du froid
et l’oubli dit adieu à l’oubli
quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx
ce jour-là
quelqu’un t’attendra au bord du chemin
pour te dire que c’était bien ainsi
que tu devais terminer ton voyage
démuni
tout à fait démuni
alors peut-être...
mais que la neige tombée cette nuit
soit aussi comme un doigt sur ta bouche
Genève, décembre 1977
Nicolas Bouvier - Le dehors et le dedans
Ed. Zoé
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Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.
Pascal Ludovic Saissi, septembre
2006
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Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.
Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997
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L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme
tourbillonne.
Beethoven
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Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.
Samuel Beckett
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Une femme, douce crème, forte d'un café italien tassé de tessitures a pris mes mains battues de poussières et de routes dans une gare allumée par le soir.
Pascal Ludovic Saissi
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-- I would shelter you
Keep you in light
But I can only teach you
Night vision --
S. Vega, Solitude standing
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L’invisible a ses chemins, et nous avons les nôtres. (...)
Peu lui importe notre rôle d’esclave et notre fatuité qui nous affirme que nous sommes libres.
Jean Cocteau, In Journal d’un Inconnu
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Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux.
Daniel Brochard
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Je crois en l'amour. A une dimension absolue de l'amour. Je crois en l'amour comme le chercheur croit au fabuleux aperçu un jour dans son microscope et qu'il n'a de cesse de vouloir prouver envers et contre tout. Même quand on le décrie, même quand on se moque, même quand on le fait mourir.
Île Eniger