000 ÉCRITS SANS PAPIERS. POUR LA ROUTE, ENTRE MARRAKECH ET MARSEILLE - QUE DISENT-ILS ?

Publié par Mireille Disdero

Écrits sans papiers... recueil de textes (poétiques) - Editions La Boucherie littéraire nov 2015 (collection Sur le billot)

Écrits sans papiers... recueil de textes (poétiques) - Editions La Boucherie littéraire nov 2015 (collection Sur le billot)

Pour se le procurer : Librairie la Portée des Mots (Salon-de-Provence), librairie Gibert Joseph, librairie Transit (Marseille), Le FuretCoiffard, Obliques, Sauramps, librairies Sorcières, Chez l'éditeur (http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/contact), etc.

Les gens, les scènes, les lieux se succèdent dans ce recueil de récits, de poèmes brefs ou en prose, à travers une géographie de l’errance. En marge, sans papiers et métissés, ils donnent la parole aux invisibles, aux vacanciers à la dérive, poètes voyageurs, adolescents sur la route, couples et solitaires, inconnus qui se déplacent du sud de Marrakech jusqu’à Marseille.

[...] Je marche vite, en souvenir des trains, des taxis, des halls d’embarquement... Je respire, j’exulte. Quelque chose de chaud circule dans mes veines et agite la vie. Une musique intérieure se joue de moi tandis que le paprika verse son idée, la couleur dans mon cœur. Je sens venir la joie, lentement, lentement… juste là, tandis qu’autour, la ville s’allonge et se découvre jusqu’aux impasses secrètes. Est-ce que tu sais… [...]

Mireille Disdero

Et que disent-ils ?

(Chroniques, notes ou impressions de lecture, articles...)

 

*** Dans le numéro d'avril  2016 de la revue Terre à ciel (Rubrique Hep ! Lectures fraîches !), Cécile Guivarch a lu et chroniqué Écrits sans papiers. Pour la route, entre Marrakech et Marseille.

Bel ensemble qui oscille entre proses et poèmes, entre Marrakech et Marseille. Des poèmes sans papiers pour ceux qui errent, pour les voyageurs, ceux qui sont sur la route, ceux qui migrent et traversent la méditerranée sans papiers. Ecrire sans papiers, au plus près du monde et de ces hommes qui cherchent un seuil sans le trouver. Ecrire ce qui est important. Chaque texte est soit un tableau, soit un portrait, un paysage, une scène de vie avant tout. Ce livre est d’abord un livre pour toutes les personnes qui connaissent l’exil sans retourner chez elles. C’est ainsi que l’on croiseune femme (qui) pleure la source tarie de sa vie. Pourtant, il faut dormir avec, avec ce bruit de la vie en soi… comme un torrent. Toutefois, Mireille Disdero nous fait voyager. Du Maroc, en Andalousie, et en voiture, en train, en avion, en traversant les paysages, on en oublie presque les premiers poèmes, presque car la lucidité dont fait preuve la poète nous rattrape, car c’est l’histoire qui traverse la peau. Elle nous emmène aussi en cargo où tout est silence, où les paroles ne servent à rien. L’humain n’est jamais oublié, l’humain est au cœur des textes de Mireille Disdero. Il est à l’aéroport, sur la route, en voiture, dort dans la rue, dans un camp de forains. Il est noir et blanc, il est d’ici car il vient d’ailleurs. Et ce sont ces rencontres minuscules qui font exister le tout. Sa poésie est fluide, riche d’images, parfois inattendues, le temps semble s’arrêter à chaque texte. Les ambiances varient à chacun d’eux, comme un paysage qui défile, les sensations se renouvellent. Chaque fragment estune pierre de voyage posée comme une valise avec de l’histoire de dedans. La valise de Mireille Disdero n’est pas vide, son regard est généreux et sa voix sait nous atteindre.
Cécile Guivarch, Terre à ciel 
 

*** Dans le numéro d'avril 2016 de la revue Terre à ciel, Sabine Huynh a chroniqué Ecrits sans papiers. Pour la route, entre Marrakech et Marseille : 

J’ai voyagé très loin grâce à ces Écrits sans papiers, plus loin que les lieux qui les ont inspirés, car leur auteure s’attarde sur les détails les plus touchants de moments traversés durant l’errance, moments simples, et simplement inoubliables. Mireille Disdero a trouvé le ton juste pour partager avec les lecteurs ces instantanés d’étonnement et de poésie, « riche[s] d’attention pour le moindre chat ». 
Il est question dans ces textes discrets et pourtant très évocateurs de vent qui lève l’ancre de l’errance, de la triste douceur de la nostalgie, du soir qui tombe sur la solitude, de regrets à saveur d’écorce d’oranges, du battement de la vie, soutenu par celui de l’écriture, le soleil qui illumine et réveille les peaux et les souvenirs qui y sont inscrits. On y rencontre aussi la poésie de Lorca, et un gardien de musée qui, loin de chez lui, a des mots qui « s’échappent de [s]es poches ».... 
Il est question de ce qui dit la vie, simplement, et donc, avec la force de la poésie, avec les mots de Mireille Disdero qui refusent d’oublier, il s’agit de conjurer la mort, qui talonne souvent l’exil, du Maroc à la France, en passant par l’Espagne.
Sabine Huynh

 

*** Philippe Chauché (journaliste à Radio France et chroniqueur à la Cause littéraire), le 12 avril 2016, écrit : 

Ecrits sans papiers

« Le sud lie ton corps au soleil / et la lumière en voyage / vient boire dans ta main ».

« La lumière est perturbée par le vent. On sent que quelque chose existe. C’est humble, ça ne s’impose pas. Le vent. Le soleil ».

« Et dans le ciel orange, deux gabians puis un avion au ventre blanc, tracent un trait de lumière sur ta mémoire pour plus tard ».

Saisir ce qui nous saisit lorsque l’on va d’une ville à  l’autre, d’un port à un autre, lorsque l’on projette son corps, ses pensées et ses phrases de Marrakech à Marseille, avec des haltes hispaniques. Ces écrits, ces notes glanées, ces impressions, ces saisissements, ces éclairs, ces éclats donnent force et brillance à ce récit romanesque. Il y a là, chez Mireille Disdero, l’art de saisir sur le vif, comme on peut le dire d’un photographe qui sait voir, faire voir et finalement faire entendre.

 

*** Cécile Guivard (poète) écrit le 7 février 2016 :

Zélie, 6 ans : Au début, on est petit puis on grandit puis on grandit, mais personne n'arrivera à toucher le ciel... Puis au bout d'un moment, maman, il restera plus que moi dans la famille car je suis la plus petite.. (cela car je viens de lui lire à voix haute et de commenter avec elle les poèmes deMireille Disdero dans Ecrits sans papiers, la boucherie littéraire, Antoine Le Boucher) et elle lit par dessus mon épaule ce que je tape ici et me dit toute contente : Mais maman c'est un poème, j'ai écrit moi aussi un poème. Bref lire de la poésie avec son enfant, c'est du bonheur. Et ce livre qui n'est pas forcément pour les enfants est un bonheur).

 

*** La fameuse revue Sistoeurs, qui a lu et apprécié le recueil, rend compte de l'analyse de celui-ci par Pascal Brousse ICI.

 

*** Dans le n°18 du Magazine Un tuk tuk pour Bangkok, en janvier 2016, Pascal Brousse (rédacteur en chef de la revue) écrit une belle et pertinente chronique du recueil :

Mireille Disdero, en une cinquantaine de pages d'écrits pointillistes, accroche au papier des bribes de souvenirs, des images du Maroc et de la Provence. Ces notes brèves, manières de poèmes en prose, croquent des détails, des personnages, des objets à la fois juste entrevus et cependant percés jusque dans leur signification. 

Il y a dans ces écrits une exigence qui se dit dérisoire. Dans le titre, dès l'introduction nous sommes prévenus : "... mon témoignage de vie restera sans papiers. L'important n'est pas écrit."

Mais est-ce si vrai ? Ecrire, pour Mireille Disdero, c'est aussi retirer la peau des choses pour nous montrer ce qu'elle voit dessous. N'est-ce pas d'ailleurs l'essence même de la poésie ?

Il y a des personnages, un gardien de musée "Vieil homme pour ceux qui ont de l'argent, pour les étrangers.", des filles "au regard ourlé de khôl (qui) s'affrontent en embarquant", un couple en désarroi "Au second une femme hurle à sa fenêtre, vidant sa haine sur l'homme... De ses yeux de chien il larmoie : ma douce, ma petite, mon miel...". Tous sont saisis avec tendresse et respect.

Des animaux aussi, dans leur compagnonnage avec l'homme ou au contraire dans leur distance "Midi brûle, on croise un dromadaire chevelu, basané comme nous, assis dans la poussière, un bouddha souriant.". "... une famille entière de geckos qui existaient sans tapage et en harmonie avec nous.". L'auteur nous parle bien sûr de la lumière du sud "Un ciel sans bavure et sans faux-semblant." et encore "Le sud lie ton corps au soleil et la lumière en voyage vient boire dans ta main.". Où l'on sent que la Méditerranée est la mer où son coeur aime à se baigner.

Je crois qu'il faut lire Ecrits sans papiers très lentement. S'arrêter un peu après chaque "témoignage" et prendre le temps de recréer avec ses propres matériaux, mémoire ou imagination, ce qui n'est écrit que si partiellement. De cette manière, les mots apparemment légers vont retrouver toute leur densité car, comme toujours dans la poésie, rien n'est totalement donné dans le texte, juste des portes entr'ouvertes, des images - j'entends des métaphores - qu'il appartient au lecteur de faire siennes puis de transformer.

A lire au calme, dans la durée donc. Mireille Disdero nous montre des chemins ensoleillés, à nous de les suivre à notre façon.

Pascal Brousse. Bangkok, Thaïlande

 

*** Le 11 décembre 2015, Odette During, lectrice éclairée, bibliothécaire, écrit à propos du recueil :

Écrits sans papiers est un beau projet, modeste et infini à la fois, troublant.

Le meilleur de ce qu’on écrit est ce qui n’est pas encore écrit, ou ne le sera pas.

Telle est l’adresse au lecteur.

 

Gravés dans l’air, éphémères donc, ainsi seront la douleur des seuils, le silence, les ailes du papillon qui s’agitent sur la table du jardin, à moins qu’il ne s’agisse des pages ouvertes d’un livre, délavées par la pluie, illisibles.

 

Qu’est-ce qui se cache dans la lumière ? Où s’abreuve t- elle ?

Qu’est-ce que la pierre de voyage ?

 

Le cœur des geckos bat dans leur gorge, un soir d’été, apaisement : « la beauté est partout. »

Entre l’obscurité de la nuit et la clarté du jour brûlé, une voiture roule, le regard témoigne, et le poète s’incarne dans la chaleur, la lumière, et le vent.

 

Il y a des fulgurances dans ces Écrits, des assonances, des jeux de mots ; des énigmes, des sentiments, la vitesse d’un road movie, l’accablement de l’été, le goût des couleurs et le goût de l’amour.

 

Portés par des rythmes variés, ces poèmes en prose ou poèmes tout court réclament l’oralité : ils prendront ainsi leur envol, entre Marrakech et Marseille, jusqu’à Harar, peut-être ?

Odette During

Décembre 2015

 

*** Le 4 décembre 2015, Patrice Malataverne (poète, éditeur) écrit dans Poésie Chronique ta malle 

Sous-titré "Pour la route, entre Marrakech et Marseille", "Ecrits sans papiers" est le deuxième recueil publié par les Editions de la Boucherie Littéraire, dans une nouvelle collection intitulée "Sur le billot".

Pour situer ce livre, je dirais qu'il est très "ambiancé".

Mireille Disdero, à travers ses voyages, pas forcément très lointains, nous livre des impressions dictées par ses flâneries à l'extérieur, avec ou sans hommes en premier plan.

Les scènes se passent toutes exclusivement en contrées ensoleillées. Il y règne une torpeur qui permet à l'imagination d'entamer son vagabondage.

Si l'unité de ce livre existe naturellement, elle n'a pas besoin de recourir à une forme particulière pour se concrétiser. Le lecteur passe, sans s'en apercevoir, dans un même glissement de sensations, de textes en proses à des poèmes en vers libres.

Avec "Ecrits sans papier", la liberté se réalise au delà des frontières...

En voici un extrait, intitulé "Cargos de silence" :

 

"Lumière. Odeurs du sommeil quand au bleu plongent les rêves, en affleurement. Couleurs nues le matin, au moment d'ouvrir les yeux.

Puis une respiration, très loin, seulement un battement d'ailes. Cambrure en haute mer. Présence encore, mais en pointillé. On bascule vers le jour, traversant des zones libres, évitant d'approfondir, pour virer de bord au midi.

Absence. Les paroles ne servent à rien quand elle vient. Seulement les couleurs. Juste un silence. La fêlure de l'éveil. Au tréfonds des mots se cherche en apnée la respiration d'écrire. Mais aujourd'hui, rien. L'absence. Seulement les couleurs en nappes insensées, l'estompe d'un sillon de mots qui passent, s'effacent...vers le large... en cargos de silence."

 

*** Le 29 novembre, Sabine Lauret (lectrice et blogueuse) écrit dans Ma Bibliothèque bleue  

C’est dans un tout autre registre que je retrouve les mots de Mireille Disdero. Pas de fiction jeunesse dans ce recueil qui rassemble des poèmes, des récits, fragments de carnets de voyages autour de la méditerranée.
L’auteur a capturé l’instant dans des mots simples, vrais, des vers expressifs, de la prose au rythme juste.
La poésie nous raconte les jours de chaleur, la douceur de la nuit, mais aussi les quartiers, les couleurs, tout ce qu’est la vie. Tout simplement. Avec une sensibilité qui lui est propre, ses voyages deviennent les nôtres, on voit à travers ses yeux.

Quand les temps sont à la violence, on a encore plus besoin de poésie.
La Boucherie Littéraire a pris le parti de publier cet ouvrage dans sa collection Sur le billot. Les mots sont parfois à double tranchant ;)

Sabine Lauret

*** Le 26 novembre 2015, Thierry Radière (auteur, poète) écrit :

Un recueil tout en sensualité mêlant poèmes et proses poétiques entre Marseille et Marrakech. La moindre évocation - anodine en apparence - devient, grâce au regard du poète, une vérité sensible et profonde. Un bel ensemble à l'esthétique épurée que je vous conseille vivement : il vous fera passer un hiver moins froid, à coup sûr.

Thierry Radière (auteur)

*** Le 25 novembre, Marie-Christine Frézal (poète, comédienne) écrit :

Ce que  j'aime dans le vocabulaire de Mireille, c'est l'utilisation des images, précises, simples, suggestives sans être démonstratives : ex : "Pierres en habit de lumière"( p 26 ), et quand les images se succèdent, un véritable tableau est brossé : ex: " Les portières claquent deux gifles sur la canicule"( p 30 ) et la phrase d'après, il nous est dit que "La lumière  devient plus obsédante que le regard des pères de famille pour des inconnues lassées de chaleur".  Une véritable scène  vivante à la station service! Et de l'humour en prime!
Pas besoin de descriptions de couleurs, de paysages, pas de considérations inutiles sur les conditions climatiques.  L'essentiel est dit dans une économie de mots.  N'est-ce pas Stendhal qui a écrit dans les  "Mémoires d'un Touriste" : "J 'ai remarqué que les belles descriptions (...) ne  décrivent rien ; c'est le chant d'un matelot qui fait rêver" ?

 

*** Le 20 novembre 2015, Patrick Joquel (auteur et poète) écrit à propos du recueil :


Poèmes de voyage. Comme écrits au carnet. Une page un texte. Comme une photo. Une carte postale.

Des paysages. Et ce qu’ils soulèvent en nous de poussières, de désirs et de nostalgies.

Des rencontres. Chaque être est unique. On l’oublie bien souvent. Sur la route, la rareté, la densité des partages ramène cette unicité. Voyager rend bien souvent humble et meilleur.

D’un bord à l’autre de cette Méditerranée que j’aime pour être de son rivage Mireille Disdero nous promène dans ses souvenirs et voilà qu’ils deviennent nôtres, que ce qu’ils évoquent en nous vibre avec.

Un livre à flâner durant les matins calmes…

Pendant qu’on l’écoute, le temps est presque posé là, sur une table, dans un jardin de galets.

Patrick Joquel

Article publié et à lire sur son SITE

Article dans La Provence, 31 octobre 2015

Article dans La Provence, 31 octobre 2015

Rencontre - lecture à la librairie Transit à Marseille

Rencontre - lecture à la librairie Transit à Marseille

A la Maison de la Poésie d'Amay, photo Rolf Doppenberg

A la Maison de la Poésie d'Amay, photo Rolf Doppenberg

Marlène Tissot, Hélène Dassavray et Mireille Disdero au festival Les Beaux jours... 2016 (Cadenet)

Marlène Tissot, Hélène Dassavray et Mireille Disdero au festival Les Beaux jours... 2016 (Cadenet)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :