TRANSFUGE... ET REFUGE

Publié le par Mireille Disdero

 

Edouard Louis : “J'ai pris de plein fouet la haine du transfuge de classe”

“En finir avec Eddy Bellegueule”, son premier roman, fut l'un des événements littéraires de l'année 2013. Mais on ne passe pas si facilement du sous-prolétariat à Normale Sup. Edouard Louis, 21 ans, invité de “Télérama” dit... (Extrait) :

 

... La trame des relations sociales est faite de violence. La violence est partout, tout le temps, dans les discours qui assignent à chacun une position, tu es un transfuge, tu restes à ta place, tu es une femme, tu restes à ta place de femme, tu es un Juif, un Arabe, un Noir, un homosexuel, toutes les interpellations nous assignent. Dès notre venue au monde, nous sommes enserrés dans le discours des autres. Le nom en est une preuve : c'est une identité imposée par autrui. C'est précisément cette question que je veux poser en littérature, faire de cette violence un espace littéraire. Car l'ignorer est le meilleur moyen de la laisser se reproduire indéfiniment. Cette question posée, il est alors possible d'aménager des espaces de résistance. Je pense à Michel Foucault notamment, à sa réflexion sur l'amitié. L'amitié comme une sorte de refuge, d'abri où se réinventer contre la violence. Dans ma vie, l'amitié a été déterminante.

Edouard Louis

Pour en savoir plus, ICI

En finir avec Eddy Bellegueule, d'Edouard Louis, éd. du Seuil, 224 p., 17 €.

 

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