SAMUEL DUDOUIT ET CE QUI RESTE

Publié le par Mireille Disdero

Décidément, j'apprécie Ce qui reste, la revue, son choix d'auteurs et de textes. Aujourd'hui, Samuel Dudouit...

"toucher les bêtes, les dieux, les hommes, des montagnes partout, avec rien pour éclairer les mots, nager dans le duvet mort du jour, traîner sa fatigue d’un bord à l’autre d’un funèbre poème en plastique, toucher les bêtes, les dieux, les hommes, ça devient miraculeux, aucun polaroïd pour ça, des lunettes noires pour tout, des voitures silencieuses, des piles de lettres sur tes meubles comme s’il en neigeait, dans la maison tu regardes les marées invisibles qui submergent les pièces vides, on peut regarder le ciel aussi, et se taire, la nuit commence tes phrases, avec sa douceur, ses courbes, l’heure du laitier, l’état dans lequel tu nages, le silence épais du fleuve, la trotteuse hagarde des réveils qui s’échappe toujours, tout te retient sur le bord, tu restes à regarder les paysages comme un endormi, des reins, des parcelles de sable et des orages gris sombres au-dessus de la clarté des mots qui disent si simplement les choses, vous dire après d’où revient l’encre ? la joie est un accident mortel, on est tapi dans les phrases comme dans des buissons obscurs : on n’en sort pas, on regarde le ciel en oubliant son propre corps, plus tard on parlera, plus tard, en éclaboussant tout d’un rire idiot"

Samuel Dudouit

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