CHRONIQUES EN AVRIL (SUITE) RONDE COMME LA LUNE

Publié le par Mireille Disdero

Le 13 avril, Laël chronique Ronde comme la lune sur son site Sous le feuillage : coup de coeur !

Décidément, Mireille Disdero c'est mon rendez-vous secret et toujours réussi, un récit qui fait toujours écho à mon vécu, à des ressentis, des émotions passées. C'est aussi pour cela que tous les romans de Mireille savent me toucher au plus profond de mon être. J'attendais avec impatience Ronde comme la lune, et j'en avais beaucoup d'attente car l'histoire de Saskia c'est un peu la mienne à l'adolescence, de la 4ème à la Terminale...L'histoire d'une adolescente, 15 ans, trop ronde, qui a du mal à s'accepter certes mais qui souffre de quelque chose de plus ancré qu'elle n'arrive pas réellement à déterminer. Pour compenser, pour se réconforter, pour oublier... elle mange. Son rapport à la nourriture est généreux, copieux, compulsif, maladif, compliqué.
La nourriture comme un doudou, comme un pansement, comme une gourmandise...et derrière le regard scrutateur des autres, les remarques, les coups d'oeil furtifs, moqueurs, le jugement... manger fait du bien. C'est un cocon. Saskia se pose comme une victime, se referme sur elle-même. Elle aime manger. C'est comme ça. Et même si elle n'aime pas son corps, ne s'accepte pas, elle est incapable de suivre un régime.
Se faire violence, se contraindre à faire quelque chose... c'est destructeur, ça fait mal et ce n'est jamais bon. La solution va venir d'elle-même et Saskia va devoir trouver le déclic. Ronde comme la lune c'est le cheminement de cette ado, son parcours entre culpabilité et honte, mal dans ses baskets, fuyant l'amour naissant d'un garçon... car mal acceptée, comment être aimée ?
Ce roman a une tonalité en plus, qui m'a fait beaucoup de bien, qui m'a rappelé ma jeunesse :  il est intimiste et juste. Mireille Disdero évoque des thèmes importants : le surpoids et surtout la manière dont les gens le considère, et la manière dont on assume ou pas ses rondeurs. Deux points de vue qui se heurtent, s'affrontent : celui des camarades, entre moqueries, brimades, mauvaises blagues et celui de la personne qui occupe un corps bien en chair, trahissant un malaise, laissant la porte ouverte aux méchancetés. Puis il y a le point de vue de la famille que je trouve très important et tellement vrai : par volonté protectrice, par affection...on laisse une situation qui échappe totalement à l'adolescent. Pourtant c'est clair, que seul, le jeune ne peut rien faire s'il n'est pas soutenu.
Puis de manière surprenante, étonnante, Saskia va prendre conscience de son rôle grâce à une personne inattendue. La fin est super... Saskia prend confiance en elle et raconte son combat. Ronde comme la lune... joli roman qui marque avec subtilité les aléas de l'adolescence : l'amitié, le lycée, le harcèlement, les doutes, les espoirs, les rêves, les premiers émois. Le message est lumineux, optimiste : le surpoids n'est qu'un passage, une épreuve que l'on peut surmonter...l'essentiel est d'apprendre à se respecter.
J'ai aimé aussi ce côté très contemporain et les références à la culture populaire (True Blood, Gossip Girl) qui rend le récit vivant, bien ancré dans le présent. Saskia c'était moi, à quelques différences près, mais les autres ne voyaient que le résultat : les kilos en trop! Peu importe la raison...finalement, les propos étaient les mêmes. Mireille Disdero, vous m'avez replongée dans mon adolescence, et toutes les pensées de Saskia, son attitude, son comportement ont été miennes...comme j'aurais voulu vous lire à ce moment là! Votre roman est un pansement, un roman rien que pour moi. Avec simplicité et sensibilité, vous avez tout dit...avec cette touche de poésie qui vous caractérise. Une magicienne du coeur. Merci!

 

Le 17 avril 2015, note de lecture de yuukichanbaka sur Libfly

Hier soir, j’ai lu ce livre d’une traite. Parce qu’il est court, et parce qu’il est écrit de façon si fluide, qu’on le dévore, sans avoir besoin de faire une pause. 
Et puis aussi, parce qu’il m’a touché, parce qu’avant que je m’en rende compte, j’étais dedans, et que mon cœur se serrait et que des larmes ont coulé. 
En fait, les seules fois où j’ai retiré mes yeux de ce livre, c’est quand je sentais mes limites arriver, parce que des mauvais souvenirs du lycée ou du collège ont ressurgi.
Parce qu’on nous présente Saskia, une demoiselle qui mange, qui mange, qui ne peux pas s’en empêcher, qui en a besoin, qui mange sans jamais à être satisfaite, et qui, de fait, grossit. Bien évidemment, les gens complètement débiles s’en amusent et commencent à se moquer d’elle. 
Ce livre parle donc du harcèlement scolaire, principalement, et tourne autour de l’adolescence. Et forcément, ayant subi moi-même pendant des années, des moqueries de la part de mes camarades (pas parce que j’étais grosse, juste bizarre. Ça leur suffisait), je me suis immédiatement identifié au personnage principal, et comprenai ses douleurs et ses pensées.
Le fait qu’elle s’aide des citations pour parvenir à s’accrocher, à continuer de sourire. Le fait que parfois, les amies trop guimauves, ce n’est pas forcément utile, et qu’il vaut mieux rencontrer des gens qui vous disent les choses en face pour que vous vous ressaisissiez (ce qui m’est arrivé). Le fait qu’elle doute de tout, de tout le monde, et qu’elle déteste tout le monde à cause de ce qui lui arrive. Le fait qu’elle a l’impression que personne ne l’aimera pour ce qu’elle est. Le fait qu’elle a l’impression d’être sans cesse effacée du monde, mise en arrière. Le fait qu’elle pense arriver à lire sur les visages les méchancetés que pensent les gens, et doucement. 
Tout cela, c’était des choses que j’ai déjà vécu, et qui ont ressurgi brusquement, avec les mots justes. 
Car l’écriture est soignée, très belle, comme tous les autres livres de l’auteur que j’ai pu lire, parce qu’elle sait trouver les mots exacts pour décrire la situation que ses personnages vivent. 
J’ai aimé ce personnage de Saskia, qui s’enfonce sans cesse, sans parvenir à sortir la tête de l’eau, malgré le soutien de ses amies, et toutes les preuves d’attention que lui verse le doux Erik qui m’a beaucoup plu également. 
J’ai aimé cette histoire d’adolescence, qui a une fin certes très « fin adolescente », mais qui ne pouvait pas se terminer autrement, parce que c’est exactement ça, l’adolescence. 
J’ai aimé les leçons qu’on peut tirer de cet ouvrage. Les relations qui se déversaient tout au long du livre. 
En fait, j’ai aimé ce livre énormément. Parce que j’étais directement touchée, parce que c’était très bien écrit, et que c’était juste. 
Et je remercie Mireille Disdero de nous l’avoir envoyé, à moi et à ma sœur. Merci pour cette superbe découverte, et ce malgré les mauvais souvenirs auquel j’ai pu repenser durant ma lecture.
 

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