CHRONIQUE EN MAI SUR MELI-MELO DE LIVRES

Publié le par Mireille Disdero

Sur son site Méli-Mélo de livres, Pepita écrit le 8 mai,à propos de Ronde comme la lune : Un titre poétique qui cache une autre réalité.
Saskia est gourmande : boulimique de lecture mais aussi...de nourriture. Elle le sait, elle s'est laissée aller, elle a grossi et cela devient un handicap dans sa vie sociale. Mais c'est plus fort qu'elle de se jeter sur ses chips préférées. Elle devient la cible de moqueries, voire de harcèlement. Elle a un regard très lucide sur sa situation. Elle affronte ces difficultés avec un courage exemplaire. Il y a aussi la belle et parfaite Claire, amie et confidente, sorte de bouclier protecteur.
Mais la carapace se fissure quand un garçon commence à s'intéresser à elle avec sincérité. Que sa meilleure amie s'éloigne en même temps avec son amoureux, copain avec ses harceleurs. Elle n'a plus ses repères. Ses parents tentent de l'aider maladroitement. Leur fille devient une énigme. Au lieu de s'en sortir, elle s'enfonce dans le déni. Il lui faudra une fugue et des paroles dures venant de l'extérieur pour créer l'électrochoc et lui permettre enfin d'accepter son image et de faire un effort pour la modifier.
Ce roman aborde avec justesse un sujet tabou dans notre société : les rondeurs. Acceptées chez une petite fille, elles le sont bien moins à l'adolescence, soumise au diktat de l'apparence.
Comment s'accepter quand on est différent ? Quand votre corps et votre volonté vous échappent ? Que les autres vous étouffent au lieu de réellement vous aider ? Car l'affectif peut aussi inhiber.
Les mécanismes seraient les mêmes en ce qui concerne l'anorexie.
Un roman très réaliste, à l'écriture sans concession, qui montre la difficulté de s'aimer et de se faire aimer quand on n'a pas les codes. Un roman qui montre aussi la beauté de l'amour qui fait fi des apparences et ne regarde que la beauté intérieure. Le jeune homme Erik, amoureux de Saskia, est de ce point de vue très touchant dans son attente et le respect qu'il a de celle qu'il aime.
Une très belle leçon de vie assurément, que Saskia résume fort bien à la fin du livre en ces termes :
"Je savais que le monde est fait de gens qui ne ressemblent à personne d'autre qu'à eux-mêmes. De toutes sorts d'hommes avec leurs défauts, leurs erreurs de calcul, leur perfection approximative.[......]. Nos défauts n'empêcheraient pas la vie et tout ce qu'elle contient. Alors, on peut toujours tenter de s'améliorer, d'être plus mince, beau, grand, moins prévisible..., l'image qu'on renvoie de soi dépend de nous et ne doit pas priver les autres de nous connaitre. Envers et contre tout." (p. 170).
A méditer...
 

Publié dans NOTES DE LECTURE

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