LE WEBZINE CAFÉ POWELL CHRONIQUE RONDE COMME LA LUNE

Publié le par Mireille Disdero

Le 12 mai, dans le WebZine culturel Café Powell, Oihana chronique Ronde comme la lune :

Mireille Disdero est bibliothécaire et a écrit quelques romans destinés à la jeunesse, évoquant des sujets d’actualité qui touchent les adolescents. Ainsi, elle a évoqué le mal-être des adolescents et la vie dans les banlieues dans 16 ans et des poussières, le deuil de la famille après une catastrophe dans Ma vie océan, ou le viol dans A l’ombre de l’oubli. Son dernier titre, Ronde comme la lune, publié au Seuil, évoque l’obésité et, en filigrane, le harcèlement scolaire.

Saskia, 15 ans, a un gros faible : une insatiable gourmandise. En public, dans sa famille avec ses parents, au lycée, Saskia mange normalement. Mais en privé, Saskia donne libre cours à ses fringales, pillant les réserves de sucreries et cochonneries salées qu’elle stocke dans la cache de son parquet flottant. Revers de la médaille : Saskia est enrobée, pour ne pas dire en surpoids. Malgré l’aide de ses parents et des visites chez un spécialiste nutritionniste, Saskia est incapable de refréner ses ardeurs gourmandes.
Dès lors, elle s’expose aux moqueries de ses petits camarades, dont l’un ne tarde pas à changer son no de Saskia Teignet en Saskia Beignet… Mais, au fil des ans, Saskia s’est construit une armure d’indifférence : aux moqueries, elle répond par le mépris et s’est résignée à être transparente aux yeux de la gent masculine.

L’obésité chez les jeunes est, plus que jamais, un sujet au cœur de l’actualité. Mais on parle beaucoup de prévention et peu d’accompagnement. A 15 ans, Saskia manque franchement de volonté pour attaquer son régime seule et le suivre sérieusement. Incapable de s’arrêter, elle s’en veut et, par extension, en veut terriblement au monde entier, projetant ses déceptions sur son entourage. Aveuglée par sa colère, elle en vient à se fermer totalement aux autres : voilà de quoi traitera le roman.
Mal-être dû à l’obésité, renfermement, isolement et, de fil en aiguille, harcèlement scolaire. Devant cette camarade totalement passive, les autres collégiens ou lycéens s’en donnent à cœur joie : surnoms idiots, épithètes peu flatteurs, farces de mauvais goût. Et, bientôt harcèlement virtuel.

Le cœur du roman est vraiment la question du poids, et le combat qu’il entraîne chez les personnes en surpoids. Mais, au passage, l’auteur traite une multitude de sujets d’actualité, ce qui rend le roman assez riche. Au final, il sera surtout question de s’accepter soi-même, et de se dire que rien n’est immuable. Saskia va devoir apprendre à s’accepter telle qu’elle est, mais aussi à se prendre en main elle-même, sans attendre systématiquement de l’aide des autres. L’auteur nous fait ressentir, tout du long, les durs sentiments de Saskia envers elle-même et on suit son parcours dans sa difficile acceptation d’elle-même – il est juste un peu dommage qu’elle ne commence à s’apprécier qu’après avoir perdu du poids.

Avec des mots simples, des personnages attachants, Mireille Disdero évoque l’âge délicat de l’adolescence avec tous les thèmes qui touchent cet âge : obésité donc, mais surtout acceptation de soi, harcèlement, amour et confiance en soi.

Oihana Olazcuaga

Lectrice assidue depuis son plus jeune âge, Oihana apprécie autant de plonger dans un univers romanesque, que les longues balades au soleil. Après des études littéraires, elle est revenue vers ses premières amours, et se destine aux métiers du livre. Spécialité littérature et cinéma.

Café Powell

Café Powell est un webzine culturel crée par un couple de jeunes curieux et passionnés. Pourquoi Café Powell ? L’idée du café, lieu convivial et cosy, nous est venue naturellement. Le café est aussi bien l’endroit où l’on peut lire tranquillement en sirotant un chocolat chaud, que celui où l’on peut débattre âprement autour d’un café. C’est un lieu d’échange et de partage. Quant à Powell, c’est une rue de San Francisco, ville culturelle par excellence... 

 

Publié dans NOTES DE LECTURE

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