NOUVELLES CHRONIQUES POUR RONDE COMME LA LUNE

Publié le par Mireille Disdero

C'est l'été, j'ai pris du retard... Les lecteurs, eux, continuent leurs lectures.

Je les remercie chaleureusement pour leurs avis et leurs analyses qui m'aident à avancer, à m'améliorer, à travailler l'écriture. 

 

*** Sur Les routes de l'imaginaire, le 30 juin, Cathe chronique Ronde comme la lune :

Saskia est adolescente et est mal dans sa peau. Pas vraiment grosse mais quand même très enrobée, elle ne s'aime pas et sait qu'elle ne peut pas plaire. Pourtant elle ne peut s'empêcher de manger avec gourmandise tout ce qui lui tombe sous la main. Elle s'en accommode jusqu'à ce que des garçons de sa classe lui fassent des remarques désagréables et entreprennent même d'en parler sur Internet. En même temps elle se rend compte qu'un de ses copains de classe prend plaisir à la raccompagner chez elle....

Ce roman est une vraie réussite car il analyse finement ce qu'il y a dans la tête d'une adolescente qui ne se sent pas bien et ne réussit pas à inverser la situation. Avec beaucoup de finesse, sans manichéisme, en effet elle reconnait qu'elle-même se complait dans cette posture, on voit le mécanisme de harcèlement se mettre en place et la difficulté qu'il y a à s'en sortir. Tous les caractères sont bien observés et ce roman pourra plaire à la fois aux jeunes souvent mal dans leur peau pendant cette période de leur vie, et aussi aux parents bien démunis dans cette situation ! C'est le troisième roman que je lis de cet auteur et à chaque fois c'est un vrai coup de cœur !

Coup de cœur aussi pour Noukette et Jérôme

*** Sur D'une berge à l'autre, le 30 juin, Jérôme chronique Ronde comme la lune :

Saskia n’a pas un problème de taille mais un problème de poids. Trop gourmande, incapable d’ouvrir un paquet de chips sans l’engloutir en entier. Ses excès de nourriture se reflètent sur son apparence. Un corps de lycéenne qu’elle déteste mais pour lequel elle n’est pas vraiment prête à faire d’efforts, tant pis pour les moqueries, les surnoms idiots, les blagues humiliantes ou les phrases griffonnées au tableau. Jusqu’au jour ou ses bourreaux franchissent la ligne rouge en créant un faux site internet pour la ridiculiser…

Beaucoup de choses m’ont plu dans ce texte. Et pourtant j’ai craint le pire au départ, persuadé d’avoir affaire à une énième variation autour d’une ado en souffrance, à un récit plein de geignardise et de portes ouvertes que l’on enfonce à grands coups de pathos. Mais je me suis vite rendu compte que Mireille Disdero ne cèderait pas à la facilité et qu’elle jouerait une partition tout en finesse et surtout extrêmement réaliste.

Le rejet de son apparence (« Mon corps ? Un boulet que je devais porter comme si je l’acceptais ; un boulet qui avait le droit d’exister et de m’écraser. »), la relation compliquée aux parents, la vie sociale qui continue malgré tout, l’attirance pour un garçon et l’incompréhension devant l’intérêt que lui-même manifeste alors qu’en théorie il devrait se sauver en courant, tout cela est relaté le plus naturellement du monde et rend Saskia incroyablement attachante.

J’ai aussi aimé le fait qu’elle rejette avec force l’empathie de ses proches et affirme son besoin d’être mise en difficulté pour pouvoir enfin avancer, une posture originale et qui sort des sentiers battus (« Le problème, avec ceux qui nous aiment, c’est la guimauve. Ils nous trouvent des circonstances atténuantes, refusent de nous faire du mal, nous protègent de la vie mais celle-ci est bien là, entière et cruelle, avec ses coups. Résultat ? Leur affection ne nous aide pas. »). Cerise sur le gâteau, je trouve la fin parfaite : non, elle ne devient pas une jolie jeune fille mince à force de régimes et d’une volonté sans faille ; non elle ne sombre pas dans une dépression profonde et ne se jette pas du haut d’un pont… Là encore, la finesse l’emporte, rien n’est tout blanc ou tout noir, et c’est d’autant plus crédible.

Un texte magnifique et particulièrement intelligent que je recommande chaudement (c’est de saison !), et ce n’est pas ma complice préférée qui vous dira le contraire. L'avis de Noukette avec qui je partage une fois de plus cette lecture jeunesse.


*** Dans La Bibliothèque de Noukette, le 30 juin, Ronde comme la lune est chroniqué et classé dans Les Pépites de Jérôme et Noukette :

Sans vraiment s’en rendre compte, Saskia a grossi. D’année en année, en même temps qu’elle prenait des centimètres, son corps s’est alourdi de rondeurs disgracieuses. Devenue experte en grignotage compulsif, la jeune adolescente comble ses envies en cachette, honteuse de céder aux multiples tentations dans ce monde qui ne la rend pas heureuse. « Ma vie était devenue un poids que je devais tracter chaque jour, mais aussi la nuit, dans mes rêves qui ne décollaient plus. »

 

Encombrée dans ce corps qui se transforme, qui lui échappe et qu’elle finit par détester, Saskia compose avec l’inquiétude de ses parents et son entourage familial qui l’épargne avec tendresse. Ce corps, ce n’est pas elle, mais c’est pourtant ce corps que tout le monde voit. « Grotesque poupée barbare, j’ai fixé ma silhouette jusqu’au dégoût. Je vomissais ce corps qui ne servait à rien, sinon à m’éloigner de moi, de celle que j’étais sous l’apparence. »

 

Heureusement il y a Claire. L’amie, la confidente. Son seul rempart contre les moqueries. Mais Claire tombe amoureuse et s’éloigne. Ce n’est pas à Saskia qu’une telle chose pourrait arriver. Impossible qu’un garçon tombe amoureux d’elle, elle n’arrive déjà pas à s’aimer elle-même…

 

Le roman de Mireille Disdero est une vraie bonne surprise. Ni complaisant, ni moralisateur, il dresse un portrait réaliste et tendre d’une adolescente en quête d’elle-même. Aucune grosse ficelle, aucun raccourci facile. Saskia n’est pas une chenille qui deviendra papillon en un coup de baguette magique, peu importe d’ailleurs qu’un cygne sommeille dans ce corps de vilain petit canard… Mireille Disdero ne prend pas de gants avec son héroïne, elle n’a pas choisi de dépeindre une victime. Si Saskia endure la bêtise et la méchanceté de garçons mal intentionnés, elle apprend aussi de ses erreurs, tâtonne, avant de reprendre peu à peu le contrôle de sa vie.

 

Tout sonne juste. Y compris la naissance de l’histoire d’amour, touchante, balbutiante et fragile, entre Saskia et Erik. Jusqu’à la fin, parfaite… Mention spéciale aux personnages secondaires qui gravitent autour de Saskia, tous criant de vérité dans leurs failles, leur impuissance et leur volonté de bien faire. Ils sont une des raisons pour lesquelles il est absolument impossible de lâcher ce roman une fois commencé.

Une bien jolie pépite jeunesse que je partage avec Jérôme comme chaque mardi ou presque…!

Les avis de Cathe, Enfantipages, Lael, Martine, Orbe, Pépita, Thalie

 

 

Publié dans NOTES DE LECTURE

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