CHRONIQUE EN POÉSIE SUR TERRE A CIEL AVRIL 2016

Publié le par Mireille Disdero

 

Dans le numéro d'avril  2016 de la revue Terre à ciel (Rubrique Hep ! Lectures fraîches !), Cécile Guivarch a lu et chroniqué Écrits sans papiers. Pour la route, entre Marrakech et Marseille publié en novembre 2015 aux éditions La Boucherie Littéraire.  Je la remercie pour sa belle analyse du recueil.

Écrits sans papiers, Pour la route, entre Marrakech et Marseille, Mireille Disdero, Editions la Boucherie littéraire ; collection Sur le billot - 2015

Bel ensemble qui oscille entre proses et poèmes, entre Marrakech et Marseille. Des poèmes sans papiers pour ceux qui errent, pour les voyageurs, ceux qui sont sur la route, ceux qui migrent et traversent la méditerranée sans papiers. Ecrire sans papiers, au plus près du monde et de ces hommes qui cherchent un seuil sans le trouver. Ecrire ce qui est important. Chaque texte est soit un tableau, soit un portrait, un paysage, une scène de vie avant tout. Ce livre est d’abord un livre pour toutes les personnes qui connaissent l’exil sans retourner chez elles. C’est ainsi que l’on croise une femme (qui) pleure la source tarie de sa vie. Pourtant, il faut dormir avec, avec ce bruit de la vie en soi… comme un torrent. Toutefois, Mireille Disdero nous fait voyager. Du Maroc, en Andalousie, et en voiture, en train, en avion, en traversant les paysages, on en oublie presque les premiers poèmes, presque car la lucidité dont fait preuve la poète nous rattrape, car c’est l’histoire qui traverse la peau. Elle nous emmène aussi en cargo où tout est silence, où les paroles ne servent à rien. L’humain n’est jamais oublié, l’humain est au cœur des textes de Mireille Disdero. Il est à l’aéroport, sur la route, en voiture, dort dans la rue, dans un camp de forains. Il est noir et blanc, il est d’ici car il vient d’ailleurs. Et ce sont ces rencontres minuscules qui font exister le tout. Sa poésie est fluide, riche d’images, parfois inattendues, le temps semble s’arrêter à chaque texte. Les ambiances varient à chacun d’eux, comme un paysage qui défile, les sensations se renouvellent. Chaque fragment est une pierre de voyage posée comme une valise avec de l’histoire de dedans. La valise de Mireille Disdero n’est pas vide, son regard est généreux et sa voix sait nous atteindre.
Cécile Guivarch, Terre à ciel 
 

Publié dans NOTES DE LECTURE

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