EN MAI...

Publié le par Mireille Disdero

J'apprends la lumière par coeur

En mai. Les genêts dégrafent mon cœur. C’est la nostalgie, bien avant l’aube d’été. Cette sensation d’avoir déjà traversé la mort... des coquelicots sur les gravillons d’un bord de route. C’est moi qui t’ai perdu et non pas le contraire. Je serai une brindille inventant le vent dans les bambous, je sentirai longtemps la parole crachée dans ton silence, et cette puissante résurrection qui hante les dortoirs, les claviers, les avalanches, le blanc si bleu des loups fragiles… Jamais les mots ne cesseront de danser sur la corde d’Ariane au labyrinthe.

C’est en mai, surtout, que je ressens cette tension d’un fil de vie. Et toi, dans le dédale insensé des existences, tu plantes une suite qui ne donne jamais de fruit, tu inventes une autre vie près de la tienne. Un clone. C’est moi qui t’ai perdu et non pas le contraire. En mai, la lumière s’incruste dans mes regards. Je brûle vive. Pourtant rien ne bouge autour, tout est normal, les enfants, les poètes tirant à vue sur la beauté. En plein champ. Et je brûle vive. Rien ne peut délier le silence d’une nostalgie de cette étoffe. Muette, en feu, je balance mon cœur à travers les vitres ouvertes sur la mer, vers les collines rouges, le soir. C’est la résurrection des couleurs. J’apprends la lumière par cœur.

Mireille D.

 

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jean-luc saint-marc 17/05/2016 07:12

La vaste tâche et les bonnes résolutions ...

Mireille 18/05/2016 16:26

Une façon de voir les choses (de la vie), Jean-Luc :)