0000 NOUVEAUTE ! ORIENT EXTRÊME : LES LECTEURS ONT LA PAROLE

Publié par Mireille Disdero

Nouvelle parution ! Orient extrême, recueil de nouvelles à partir de 13 ans

Nouvelle parution ! Orient extrême, recueil de nouvelles à partir de 13 ans

Orient extrême, Mireille Disdero

Recueil de nouvelles, récits d'Asie

Editions du Muscadier, Paris février 2017, collection Rester vivant

Photo de couverture, Simon Kolton

Aux éditions du Muscadier. Dans toutes les bonnes librairies et médiathèques ou sur commande (FNAC etc.)

Orient extrême est sélectionné pour le Prix Jeunes Critiques Libanais

L'histoire.

Après avoir été envoyée en Malaisie comme domestique, une adolescente cambodgienne revient en catastrophe dans la ferme des parents. Elle est sous le choc. Que lui est-il arrivé, de l’autre côté de la mer ?

À travers cinq récits courts ou longs, je laisse le lecteur plonger en Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Thaïlande) dans la vie de certains adolescents. Alors, il est confronté à la pauvreté, à la maltraitance des plus jeunes, mais aussi à l’engagement et à la nécessité de construire un monde plus juste. A travers ces récits, je veux montrer la réalité du monde et la possibilité de ne pas l'accepter sans rien faire, d'améliorer la vie de chacun, à commencer par celle des enfants et les adolescents.

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Le 11 juin 2017. Dans Les lectures de Naurile : Ados d’Orient

11JUIN

De retour avec de la littérature jeunesse engagée et une petite maison d’édition qui me tient à cœur : Le Muscadier.

Orient Extrême, Mireille Disdero

9791090685765-165x250Ce petit ouvrage regroupe cinq nouvelles, dont deux longues et trois très courtes, fonctionnant comme des instantanés. Le point commun ? Toutes se déroulent dans l’Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Malaisie, Indonésie, Thaïlande) et mettent en scène de jeunes adolescents. Tous ces récits m’ont pris aux tripes. En particulier le plus long d’entre eux, intitulé : « Do you want a cup of tea ? ». Une adolescente cambodgienne est envoyée en Malaisie comme domestique. Ses parents sont persuadés d’avoir trouvé une bonne place pour leur fille. Malheureusement, elle revient quelques mois plus tard en catastrophe au domicile familial. En état de choc, la jeune fille n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses employeurs l’ont plus que maltraitée…

Si les sujets abordés sont difficiles (maltraitance, esclavage moderne, prostitution…), ils le sont de façon délicate, parfois sous-entendue, afin de ne pas heurter le jeune lectorat auquel les textes s’adressent mais de le faire réfléchir au statut des enfants dans le monde et surtout à la nécessité d’agir et de s’engager pour faire respecter les droits de tous et de construire un monde plus juste. Une fois encore, la collection « Rester Vivant » des éditions Le Muscadier propose un ouvrage jeunesse engagé, qui cherche à donner un sens à l’acte de lecture et surtout à insuffler un réaction chez les jeunes lecteurs. A mettre entre toutes les mains.

 

Orient extrême est sélectionné ainsi que d'autres titres de la collection Rester vivant, par Opalivres - sélection 1er semestre 2017 romans 11 à 15 ans.

ORIENT EXTRÊME *
Nouvelles, de Mireille DISDERO
Éditions Le Muscadier - Collection (Rester vivant) - 9,50 € 
Cinq nouvelles qui se passent en Asie du Sud-Est : certaines sont courtes (quelques lignes), d’autres nettement plus longues 
mais toutes très percutantes et poignantes.
Comme l’histoire de cette adolescente cambodgienne vendue par son père comme domestique et qui revient au village après s’être enfuie, n’étant plus que l’ombre d’elle-même. Elle est bannie par son père et tout le village, et est enfermée au fond du jardin...  

OPALIVRES, promouvoir la littérature jeunesse...        

mardi 6 juin 2017, Thalie chronique sa lecture de Orient extrême dans Parfum de livres. Merci à elle !

5 récits bouleversants aux sujets et à la présentation variés.
Dans la rue, dans leur quotidien, nous croisons les destins de jeunes filles ou de jeunes garçons touchés par la pauvreté et amenés à vivre l'enfer: esclavage, prostitution, maltraitance...
5 nouvelles, 5 récits coup de poing.
Avec habileté et subtilité, Mireille Disdero coupe le souffle du lecteur. Elle arrive à faire passer l'indicible sans employer de termes choquants ou d'écrire de façon inappropriée le sort des protagonistes.
Ainsi, par exemple, dans la nouvelle sur les deux sœurs, elle met l'accent sur l'amour indestructible qui existe entre elles, la force que communique la sœur restée au village à sa sœur traumatisée de son expérience en ville. Détruite, cette dernière est rejetée de son père, elle est devenue une paria mais sa sœur, sa moitié, ne veut pas qu'elle soit traiter comme un animal en cage. Elle fera tout pour la réconforter et lui insuffler à nouveau un peu de vie.
Peu de pages dans ce recueil mais quelle force dans l'écriture! Quelle lecture! 
 

Le 8 mai 2017, avec Masse critique de Babelio, le chroniqueur Loubhi écrit sur le blog Passion de lecteur :

Un grand merci au Forum Babelio et à la maison d'Edition Le Muscadier pour cette découverte de ce recueil de nouvelles.

Une série de 5 nouvelles plus ou moins longues sur un itinéraire allant du Vietnam, à la Thaïlande en passant par le Cambodge, Java et Bali, le tout brossé avec une grande sensibilité et une connaissance parfaite des difficultés et violences que rencontrent principalement de jeunes adolescentes, victimes de l'exploitation laborieuse et sexuelle comme de la misère dans laquelle se trouvent leurs familles, obligées de les vendre pour certaines et particulièrement ingrates si les finalités pécuniaires ou les traditions de pureté se  trouvent bafouées. Coup de poing moral en fait sans excès de pathos par l'auteure pour la situation désastreuse des jeunes fille asiatiques de ces axes, abandonnées le plus souvent à un triste sort, le tout avec des mots simples et efficaces.

Deux récits m'ont le plus marqué, celui ayant comme cadre le Cambodge avec la honte d'une famille ayant vendu  une de ses deux filles à de riches malais et s'étant enfui à force de mauvais traitement, dont les seuls soutiens ; le petit ami et la soeur, vont tenter de la et de les sauver en allant vivre ailleurs, loin du village natal et des trafiquants d'esclaves. Autre récit court mais un uppercut ; celui du jeune homme occidental de 18 qui revient sur Bali après ses vacances familiales dans la volonté de sauver la jeune prostituée entrevues lors des vacances avec parents et soeur....

Rêves, parfois brisés, envers du décor de cette Asie si exploitée par les grands flux touristiques et l'envers de la carte postale... A lire et à faire partager de toute urgence et à l'heure où tant de jeunes occidentaux souhaitent de faire quelque chose d'utile ou de différents loin de leur quotidien, même sur une courte période.

Le 9 mai 2017, Brigitte Aubonnet (écrivain et chroniqueuse) écrit dans Encres vagabondes à propos de Orient extrême :

Voici un recueil de cinq nouvelles avec pour lieux le Vietnam, le Cambodge, l’Indonésie (île de Java et île de Bali) et la Thaïlande.

La nouvelle la plus longue, celle qui se déroule au Cambodge, dénonce l’exploitation d’une adolescente qui a été maltraitée et abusée car elle a été « vendue » en Malaisie par son père contre un peu d’argent. Elle réussit à se sauver et à revenir chez elle mais elle est bannie et enchainée par son père, honteux devant tous ses voisins, car Sinoun s’est présentée nue sur une place publique : « Quant à notre père, il a injurié maman du regard comme si elle était responsable, puis il a bondi de sa raie de trob gnor jusqu'à la place du marché. Un fou ! La peur au ventre, nous l'avons suivi à distance. Il a d'abord fait fuir la troupe des curieux à coups de casquette. Puis, au cœur de la zizanie, il a récupéré ma sœur sans un mot ni même un hurlement. Couverte d'un vieux sarong, Sinoun s'est laissée traîner sans se débattre jusqu'à la cabane où il l'a enchaînée au pilotis de bois. » Sinath, sa sœur jumelle et Boran son fiancé, vont s’organiser pour que tous les trois puissent partir à Phnom Penh et tenter de commencer une nouvelle vie. C’est un texte très émouvant qui dénonce l’esclavage des enfants.   

La nouvelle à Bali évoque le conflit entre un père médecin et son fils adolescent. Celui-ci, dans un premier temps, s’oppose à son père car il refuse de devenir médecin comme lui et son grand-père. Avec ses parents et sa sœur, il effectue un voyage à Bali dans des conditions idylliques pendant lequel il va découvrir que des petites filles de l’âge de sa sœur se prostituent ce qui va le bouleverser et le pousser à revenir à Bali, seul, pour essayer de sauver ces jeunes enfants : « Profiter de Bali, comme lui. Le mortel contraste l'avait saisi à la gorge. L'air ne passait plus. Il avait honte, maintenant. Une honte énorme, celle de ne rien partager de vrai. D'être un profiteur. Un profanateur de misère. Il avait assimilé l'image de la fille à celle de sa petite sœur Ondine, côté pile. Alors lui, 18 ans et des poussières, s'était promis de revenir, de trouver une solution. De la sortir de là, comme si elle était sa sœur. »  Ce voyage modifiera complètement son projet de vie.

Tous ces textes dénoncent l’esclavage, le viol et la prostitution des enfants qui malheureusement continuent dans de nombreux pays. Il est essentiel de révéler ces atrocités grâce à la fiction qui génère l’émotion et permet de percevoir ce que peuvent vivre ces enfants et adolescents et d’engager la discussion avec les jeunes que nous côtoyons.   

Brigitte Aubonnet 
(09/05/17)   

Dans Babelio, le 4 mai 2017, Cathe chronique Orient extrême :

Mireille Disdero nous propose un recueil de cinq nouvelles sur la vie d'adolescents en Asie du Sud-Est. Pauvreté, misère, mais aussi prostitution et violence, ce sont des témoignages de ce qu'elle a dû voir car elle a vécu dans ces pays. 
La nouvelle le plus longue présente Sinoun, une adolescente vendue par sa famille pour quelques sacs de riz et un smartphone. Soi-disant pour un travail de domestique en Malaisie, en réalité pour être à l'entière disposition de son patron. Elle s'enfuit de cet enfer et revient chez ses parents en état de choc. Pour sa famille c'est une honte qu'elle revienne ainsi et il n'y aura que sa soeur pour essayer de la sauver en s'enfuyant avec elle.
Dans une autre nouvelle très sombre, un adolescent (européen ?) revient à Bali après y avoir passé des vacances avec ses parents. Il a été traumatisé par la vue d'une jeune adolescente de l'âge de sa soeur en train de se prostituer. Naïvement il veut revenir la sauver et ensuite faire des études de médecine (comme le souhaite son père) mais pour travailler dans l'humanitaire et aider les plus démunis.
Mireille Disdero réussit à exprimer sans pathos la misère qui guette les adolescentes les plus pauvres sous forme de maltraitance et de prostitution. Pourtant une faible lueur d'espoir (très faible) apparaît dans chaque nouvelle. Il y a beaucoup de malheur mais aussi la volonté individuelle de s'en sortir ou au moins d'aider les autres à le faire. Beaucoup de sensibilité et d'émotion dans ce récit très fort (comme tous les romans de cet auteur)

** Le 23 avril 2017, Sabine Lauret, chroniqueuse de Ma Bibliothèque bleue nous dit à propos de Orient extrême

orient-extreme-couverture« Une adolescente de l’âge de sa petite soeur, affalée dans la poussière, attendait les hommes contre le mur du temple déserté. La peau couleur cuivre, trop maigre et secouée de tics nerveux, elle ne portait presque rien sur elle en dehors de la misère. 
Dans cette sorte d’enfer.
Une enfant. »

Mireille Disdero a vécu quelques années en Thaïlande.
Dans sa découverte de l’Asie du Sud-Est, elle garde en souvenirs des sourires, des couleurs, des odeurs, comme nulle part ailleurs. Mais son recueil de nouvelles Orient extrême, n’est pas une carte postale idyllique … Non, bien au contraire.

Ces cinq nouvelles sont des tranches de vie au Vietnam, au Cambodge, en Indonésie et en Thaïlande. Des récits sans détours qui dressent le portrait d’enfants, d’adolescents, à l’innocence bafouée, à la confiance rabrouée.

« Chez nous, on est capable de hurler, de se battre, mais on a du mal à prononcer des paroles définitives. Celles qui tuent l’espoir, car la honte se camoufle derrière. »

Non sans pudeur et avec une douce sensibilité, c’est tout un pan social qui est montré du doigt. Pauvreté, esclavagisme, tourisme sexuel, Mireille Disdero éveille les consciences avec quelques mots ou de longues phrases, selon ce qu’elle désire faire passer comme message.

C’est une évidence que ce livre soit édité dans la collection Rester vivant des Éditions Le Muscadier dont l’ambition est de poser un regard incisif sur les comportements individuels et collectifs.
Quelque soit l’âge du lecteur (à partit de 13/14 ans), le recueil permettra de s’interroger sur l’autre face de ces pays qui semblent être des lieux paradisiaques.

Un recueil indispensable, juste et efficace.

Sabine Lauret, Ma Bibliothèque bleue

Résumé :
À travers cinq récits courts ou longs, on plonge en Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Thaïlande) dans la vie de certains adolescents. Alors, on est confronté à la pauvreté, à la maltraitance des plus jeunes, mais aussi à l’engagement et à la nécessité de construire un monde plus juste.

Chroniques, articles, point de vue, notes de lecture...

Le 17 mars dans Le coin lecture d'Arsène, (la sélection du CDI), on peut lire la chronique de Mu :

Vies extrêmes : Orient extrême

Cinq nouvelles ancrées dans le quotidien d’adolescents d’Asie du Sud-Est :

Vietnam : L’infiniment petit

Cambodge : Do you want a cup of tea ?

Indonésie (île de Java) : Ruelles obscures

Indonésie (île de Bali) : Dans le cratère

Thaïlande : Chienne de vie

Trois d’entre elles sont extrêmement courtes, quelques lignes à peine, exercice délicat d’écriture pour l’écrivain et inhabituel de lecture pour le lecteur que nous sommes. Les deux autres (Do you want a cup of tea et Dans le cratère) sont assez conséquentes. La première traite du sujet délicat de l’esclavage moderne, de la misère qui pousse des parents à envoyer leurs enfants travailler loin d’eux, sans garantie de vie correcte, sans recours lorsqu’il y a abus, du poids aussi des traditions dans les villages reculés de campagne. Sinoun a été « échangée » contre un sac de riz, et lorsqu’elle revient, dans son village, déshonorée, elle est accusée de jeter le mauvais oeil et est mise à l’écart de la société.   Dans la deuxième Dans le cratère, il est question de la vision d’un adolescent qui part comme touriste avec ses parents à Bali et croise la misère, se rend compte du sort d’une partie de la jeunesse là-bas, de la prostitution. Ce choc des deux mondes l’aidera à trouver sa voie et à s’engager dans la vie, et de se détacher d’un père autoritaire et exigent. On est confronté à une réalité de ce monde, sans fioriture, sans langue de bois, loin des clubs touristiques. Percutant et émouvant par un auteur français qui habite en Thaïlande et sillonne l’Asie, un carnet à la main pour dénoncer l’inacceptable.

Merci beaucoup pour cette chronique !

 

Le 30 mars 2017 sur Babelio, la chroniqueuse Laurence Lima écrit :
 

Merci à Babelio et aux éditions le Muscadier de m'avoir envoyé ce recueil de nouvelles dans le cadre de la dernière masse critique Jeunesse :)
Ce n'était pas mon premier choix mais ça m'a fait très plaisir de le lire.
Nous avons donc là cinq nouvelles, qui nous plonge en Asie du Sud-Est.
L'infiniment petit est la première, qui se déroule au Vietnam. Plus précisément à Hanoï, un soir d'été. Quatre lignes nous faisant découvrir deux petites filles qui jouent à s'enlever les poux.
C'est un peu court, ça décrit une petite tranche de vie. 
Direction le Cambodge avec "Do yo want a cup of tea ?" , la plus grande nouvelle du recueil.
Nous sommes au sud de la province de Siem Reap, dans les rizières, avec Sinath et sa jumelle Sinoun. Cette dernière a été envoyée en Malaisie et est devenu malgré elle une esclave des temps modernes. Abusée par ses employeurs, elle est revenue dans son pays mais ça se passe très mal, son père l'a enchaîné car elle porte malheur et ne peut que leur apporter des ennuis ! Mais Sinath a décidée de s'occuper de sa jumelle, et de la secourir...
C'est une nouvelle très poignante, très dure, qui montre les croyances des peuples vivant dans des zones reculés. ça dénonce aussi l'esclavagisme moderne. C'est une nouvelle dure à lire par moment mais vraiment pas mal du tout. C'est celle qui m'a le plus intéressée.
Ruelles obscures, la troisième, se déroule en Indonésie, Île de Java, en début de nuit à Jakarta.
8 lignes seulement, mais très poignantes car ça évoque la prostitution enfantine.
Pas besoin de faire de grands discours pour se sentir mal à l'aise ! Elle est courte cette nouvelle mais tout est dit dedans ! 
En Indonésie toujours, mais cette fois ci sur l'île de Bali. Nous découvrons les deux visages de l'île avec un jeune homme venu passer des vacances, et c'est pas mal du tout. Là encore l'auteure parle de la prostitution enfantine.
Certains passages font mal au coeur, mais l'ensemble est bien ficelé et c'est une bonne nouvelle, très intéressante.
Et enfin, la dernière : "Chienne de vie" nous emmène cette fois-ci en Thaïlande, où un chien passe sa journée à l'ombre, se couchant suivant l'ombre. Et toute la journée, les véhicules le contournent.
C'est une nouvelle qui m'a fait sourire, avec une dernière phrase que j'ai trouvé très vraie : "Tant que les hommes contournent le chien endormi au milieu de la rue, rien ne sera perdu pour l'humanité".
J'ai aimé ce recueil de nouvelles sur l'Asie. Je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller mais j'ai vu de nombreux reportages sur ce continent et donc les conditions de vie décrites dans ces nouvelles ne m'ont pas étonnées.
Le Régional, 22 mars 2017

Le Régional, 22 mars 2017

Chroniques, articles, point de vue, notes de lecture...

** le 16 mars 2017, sur Parolimage Dado, Niurka écrit :

Orient extrême, Mireille Disdero, nouvelles - Le Muscadier Rester vivant.

Il y a les vies et il y a la manière de les décrire. C’est d’une façon à la fois sobre, efficace et personnelle que Mireille Disdero nous dit le monde que le touriste de passage ne veut pas voir, vivant son voyage fantasmé entre confort  et folklore frelaté.

 Cinq nouvelles, certaines très courtes, évoquent une jeunesse malmenée par la vie. C’est le Cas de Sinoun, vendue à un recruteur pour servir de domestique en Malaisie. C’est le cas des très jeunes prostituées du « Cratère ». Ainsi nous portons notre regard sur le Vietnam, le Cambodgen l'Indonésie et la Thaïlande. Triste voyage.

Mais le regard emphatique de l’auteur ne sombre jamais dans un misérabilisme larmoyant car l’énergie de certains de ces anti-héros et de ces anti-héroïnes permet de penser que la vie prendra, un jour,  un sens pour ces damnés de la terre.

Un style incisif, mordant, très visuel donne à ces tranches de vie une réalité dont on garde les images une fois le livre refermé. Pas facile de traiter le sujet avec une certaine élégance. C’est chose faite.

Vivement conseillé pour tous, à partir de 13 ans

** Le 14 mars, Fanny Vandermeersch (auteur et professeur), Chronique Orient extrême dans Les Billets de Fanny :

Orient extrême est un recueil composé de cinq nouvelles, qui se font échos. Un point commun s’en dégage rapidement : la puissance de mots et de textes.

Le livre s’ouvre sur la nouvelle « l’infiniment petit ».  Une nouvelle très courte (2 phrases, 4 lignes) mais déjà puissante, qui nous emmène au Vietnam. Pour vous donner une idée :

« L’ombre et la tiédeur se faufilent entre les murs.

Deux fillettes assises dans la rue, les cheveux mouillés, sombres et brillants, jouent à la coiffeuse, cherchent la petite bête et l’écrasent entre deux doigts ».

Puis, c’est autour du Cambodge avec « Do you want a cup of tea » ? J’ai adoré cette nouvelle, la plus longue de toutes, et certainement ma préférée. Deux sœurs, Sinoun et Sinath. Sinoun a été achetée en échange d’un sac de riz, d’un peu d’argent, et d’un téléphone portable made in china. Elle a été envoyée en Malaisie pour un soi-disant travail de domestique, le nom correct donné à l’esclavage.Un jour, elle a craqué et est revenue, complètement changée. Elle ne prononce plus qu’une seule phrase « do you want a cup of tea ? » et a été vue dansant nue sur la place du marcher, invitant les hommes à la suivre dans les rizières. Depuis, elle vit dans une cabane au fond du jardin. Son père la voit comme la honte de la famille, les autres comme la cause de tous les malheurs. Pourtant, elle ne fait que reproduire, sans pouvoir s’arrêter, le comportement qu’on l’a obligée à adopter en Malaisie. Que lui est-il réellement arrivé là-bas ? Pourra-t-elle redevenir la jeune fille qu’elle était avant ?

Après le Vietnam, la troisième nouvelle nous emmène en Indonésie : une nouvelle surprenante et glaçante, « Ruelles obscures ».

« Dans le cratère » nous envoie en Indonésie, à Bali. Notre narrateur a 18 ans, il est revenu seul avec son sac à dos à la recherche d’une jeune fille qu’il a croisé un mois plutôt, quand il était venu avec ses parents « Une enfant. Intouchable. Mais tous pouvaient la toucher moyennant quelques pièces« . Peut-il encore la sauver ?

Enfin, le recueil se clôt sur une nouvelle courte « Chienne de vie ». Un joli texte qui permet de terminer sur une note d’optimisme.

En résumé : Cinq nouvelles réussies, une écriture parfaitement maitrisée, percutante, aux mots puissants. Un livre à découvrir.

Retrouvez Orient extrême sur le site de la maison d’édition Le Muscadier, collection « Rester vivant » !

Chroniques, articles, point de vue, notes de lecture...

** Le 28 février, sur le site Mes Madeleines, on peut lire la chronique de Shangrila :

"Orient extrême". Textes dénonçant l’objectivation du corps des jeunes (filles principalement)

5 nouvelles

  1. L’infiniment petit (Vietnam) : un haïku sur la force et la faiblesse
  2. Do you want a cup of tea ? (Cambodge) : Sinoun, 17 ans, la soeur jumelle de Sinath, est bannie du village. Pourquoi ? Boran, l’homme qu’elle aime, la sauvera-t-il, y compris d’elle-même ?
  3. Ruelles obscures (Indonésie) : texte court sur la prostitution enfantine et le tourisme sexuel
  4. Dans le cratère (Indonésie) : Un adolescent, bac en poche, retourne à Bali, lieu de ses dernières vacances en famille. Parviendra-t-il à sauver celle qui lui a ouvert les yeux ?
  5. Chienne de vie (Thaïlande) : Texte de sagesse sur un enfant et un chien

Mon avis : “Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. ” Marcel Proust

 C’est ce qui se passe dans ces nouvelles : tous veulent s’en sortir, tous n’y arriveront pas. La main tendue, quelquefois arrive trop tard ou elle est reprise sans véritable conscience des dégâts occasionnés … A nous d’ouvrir les yeux, de rester vigilant et d’en parler !
Les textes se répondent, d’un extrême à l’autre (le bout du monde, le début de la vie, …), d’une violence physique à une violence morale ….
  • L’infiniment petit et Chienne de vie
  • Do you want a cup of tea, Ruelles obscures et Dans le cratère

traçant un chemin sinueux vers la condition des enfants dont la vie

  • n’est pas plus facile que celles des adultes auxquels ils demeurent soumis
  • est toute aussi injuste (conséquences du génocide Khmers Rouges, esclavage moderne) que celle des « grandes personnes »

Une pépite ! Une merveille !

Shangrila

** Le 26 février, Patrick Joquel (écrivain, poète, chroniqueur) chronique Orient extrême ICI

Cinq nouvelles, dont deux longues. En Asie. Lauteur qui termine un séjour de plusieurs années en Thaïlande, y aborde avec délicatesse la vie de quelques adolescentes, adolescents en Asie du Sud Est. Le travail ou lesclavage moderne, la prostitution… Le choc culturel également apparaît avec la découverte par un jeune homme parisien, étudiant en médecine, de lenvers du décor touristico paradisiaque.

Des textes précis, efficaces et directs qui savent rester loin des bons sentiments mièvres.

Jespère que dans ses valises dautres manuscrits témoins de son séjour, attendent déclore.

Un livre qui ouvrira les horizons tant géographiques quhumains des lecteurs dès le cycle trois et au-delà. Un livre à installer en bonne place dans les bcd des écoles primaires et les cdi des collèges et lycées.

http://www.muscadier.fr/catalogue/orient-extreme/

Patrick Joquel

 

** Sur Nouveautés Littérature Jeunesse, Marion Utéza (professeur documentaliste et chroniqueuse littéraire) chronique le livre, le 24 février 2017 :

Recueil de cinq nouvelles qui évoquent la condition des jeunes filles en Asie et la difficulté qu'elles ont de sortir de la pauvreté sans vendre keur âme.

Deux histoires sont particulièrement émouvantes et se répondent. Celle de Sinoun vendue pour un sac de riz par ses parents et qui rentre dans son village détruite. Mise à l'écart et accusée de porter le mauvais oeil, elle va avoir la chance d'avoir une soeur courageuse...

Ce récit évoque les recruteurs qui font le tour de la misère pour acheter des jeunes filles. Ils font croire qu'un avenir meilleur les attend pour absoudre les parents d'un choix difficile quand la faim est quotidienne.

Il parle aussi de l'attrait de la grande ville et de l'eldorado qu'elle peut sembler représenter pour une campagne oubliée.

La seconde histoire est complémentaire. C'est le trajet d'un jeune homme occidental, marqué par ses vacances en Indonésie et les scènes entrevues, qui décide de retourner tenter de sauver une enfant en attendant de devenir peut-être médecin dans l'humanitaire.

Des trajets durs mais qui sont plein de vie et d'espoir. L'auteur qui habite en Asie et connaît au plus près leur existence, porte jusqu'à nous ces voix souvent oubliées. Elles sont celles de l'enfance maltraitée.

Au-delà de la dénonciation de la gangrène de ce continent qui condamne ses petites filles à se prostituer et à être traitées en objet, il y a aussi beaucoup d'amour. Celui de la famille qui tente de résister mais aussi celui de tous ceux qui refusent de se résigner.

A lire !

979-10-90685-76-5
9,50 euros
85 pages
Niveau Lycée et +

Esclavage - Société - Violence - Prostitution - Famille - Choix - Ville - Survie

"Ne me regarde pas ! Ne parle pas ! Ne crie pas ! Tu n'as aucun droit, devant moi. La seule phrase autorisée est "Voulez-vous une tasse de thé""  

** Sur Babelio, chronique de KrisPy le 23 février 2017

Au Vietnam, au Cambodge ou en Thaïlande, la vie est dure pour les enfants issus de parents pauvres.
Nous, adultes, on le sait, mais on ne fait rien, ou pas grand chose.
Ce livre, engagé, révolté, s'adresse aux adolescents, et retrace simplement, sans fioritures, le quotidien de certains de ces enfants sacrifiés.
Ecrit par Mireille Disdero, écrivaine voyageuse, ce petit livre parût dans la collection "Rester Vivant" édité par "L'éditeur qui cultive le bon sens", le Muscadier, est sans prétention mais ne pratique pas la langue de bois. Ici, pas de bons sentiments dégoulinants, ou de mièvreries amoureuses sans saveur. Pas de formatage, mais la dure réalité sans fard, celle des gamins sacrifiés par leur famille pour un peu d'argent, la vie de ces gamines que les touristes viennent "visiter" comme on ferait du shopping.
Je remercie les éditeurs de cette collection, Rester Vivant, dont j'avais déjà reçu un exemplaire grâce à une opération Masse Critique, sous le titre "Station sous-paradis" (voir critique), qui m'ont sympathiquement envoyé, sans que je n'ai rien demandé, 3 nouveaux livres jeunesse, dont celui-ci, Orient Extrême. 
Bravo à leur initiative, et bravo à ses auteurs, au ton juste qui fait mouche. C'est à chaque fois une lecture courte, simple sans être simpliste, dense et riche d'apprentissages divers. Les ados ne sont pas pris pour des créatures formatées et décérébrées qu'il faut distraire à tout prix, même au prix de leur intelligence et ouverture d'esprit. Ils sont ici informés sur ce qui se passe dans le monde, cela les porte à réfléchir, à faire des recherches, à s'intéresser à autre chose que leur petit monde, à l'instar du jeune homme de la fin du livre.
Encore merci aux éditions le Muscadier. Jolie lecture.

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