NOUVELLES CHRONIQUES DE "ORIENT EXTRÊME" !

Publié le par Mireille Disdero

** le 16 mars 2017, sur Parolimage Dado, Niurka (libraire, chroniqueuse) écrit :

Orient extrême, Mireille Disdero, nouvelles - Le Muscadier Rester vivant.

Il y a les vies et il y a la manière de les décrire. C’est d’une façon à la fois sobre, efficace et personnelle que Mireille Disdero nous dit le monde que le touriste de passage ne veut pas voir, vivant son voyage fantasmé entre confort  et folklore frelaté.

 Cinq nouvelles, certaines très courtes, évoquent une jeunesse malmenée par la vie. C’est le Cas de Sinoun, vendue à un recruteur pour servir de domestique en Malaisie. C’est le cas des très jeunes prostituées du « Cratère ». Ainsi nous portons notre regard sur le Vietnam, le Cambodgen l'Indonésie et la Thaïlande. Triste voyage.

Mais le regard emphatique de l’auteur ne sombre jamais dans un misérabilisme larmoyant car l’énergie de certains de ces anti-héros et de ces anti-héroïnes permet de penser que la vie prendra, un jour,  un sens pour ces damnés de la terre.

Un style incisif, mordant, très visuel donne à ces tranches de vie une réalité dont on garde les images une fois le livre refermé. Pas facile de traiter le sujet avec une certaine élégance. C’est chose faite.

Vivement conseillé pour tous, à partir de 13 ans

** Le 14 mars, Fanny Vandermeersch (auteur et professeur), Chronique Orient extrême dans Les Billets de Fanny :

Orient extrême est un recueil composé de cinq nouvelles, qui se font échos. Un point commun s’en dégage rapidement : la puissance de mots et de textes.

Le livre s’ouvre sur la nouvelle « l’infiniment petit ».  Une nouvelle très courte (2 phrases, 4 lignes) mais déjà puissante, qui nous emmène au Vietnam. Pour vous donner une idée :

« L’ombre et la tiédeur se faufilent entre les murs.

Deux fillettes assises dans la rue, les cheveux mouillés, sombres et brillants, jouent à la coiffeuse, cherchent la petite bête et l’écrasent entre deux doigts ».

Puis, c’est autour du Cambodge avec « Do you want a cup of tea » ? J’ai adoré cette nouvelle, la plus longue de toutes, et certainement ma préférée. Deux sœurs, Sinoun et Sinath. Sinoun a été achetée en échange d’un sac de riz, d’un peu d’argent, et d’un téléphone portable made in china. Elle a été envoyée en Malaisie pour un soi-disant travail de domestique, le nom correct donné à l’esclavage.Un jour, elle a craqué et est revenue, complètement changée. Elle ne prononce plus qu’une seule phrase « do you want a cup of tea ? » et a été vue dansant nue sur la place du marcher, invitant les hommes à la suivre dans les rizières. Depuis, elle vit dans une cabane au fond du jardin. Son père la voit comme la honte de la famille, les autres comme la cause de tous les malheurs. Pourtant, elle ne fait que reproduire, sans pouvoir s’arrêter, le comportement qu’on l’a obligée à adopter en Malaisie. Que lui est-il réellement arrivé là-bas ? Pourra-t-elle redevenir la jeune fille qu’elle était avant ?

Après le Vietnam, la troisième nouvelle nous emmène en Indonésie : une nouvelle surprenante et glaçante, « Ruelles obscures ».

« Dans le cratère » nous envoie en Indonésie, à Bali. Notre narrateur a 18 ans, il est revenu seul avec son sac à dos à la recherche d’une jeune fille qu’il a croisé un mois plutôt, quand il était venu avec ses parents « Une enfant. Intouchable. Mais tous pouvaient la toucher moyennant quelques pièces« . Peut-il encore la sauver ?

Enfin, le recueil se clôt sur une nouvelle courte « Chienne de vie ». Un joli texte qui permet de terminer sur une note d’optimisme.

En résumé : Cinq nouvelles réussies, une écriture parfaitement maitrisée, percutante, aux mots puissants. Un livre à découvrir.

Retrouvez Orient extrême sur le site de la maison d’édition Le Muscadier, collection « Rester vivant » !

***

Merci aux lectrices et chroniqueuses !

Mireille

Publié dans NOTES DE LECTURE

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