MA VIE OCEAN

Présentation

Signatures, rencontres...

 

 

Dans les Hautes-Pyrénées pour le

Prix Littérature Ados Tout en auteurs 2011 !

 

 

 

prix 2011

 

 

 

 

 

 

A Berlin, en mai 2011, pour un colloque sur la littérature de jeunesse. Rencontres, signatures, lectures... 

 

 

 

Lire Ensemble ! Je suis auteure en résidence pour Agglopole Provence.

 

http://www.agglopole-provence.fr/ezimagecatalogue/catalogue/variations/2775-150x150.jpg

 

  http://www.clg-aubrac.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/jpg/sms_bis.jpg

Sur le thème du BLEU - Pour Lire Ensemble 2011, du 10 février au 15 avril 2011 (ateliers d'écriture en poésie, avec les adolescents) VOIR  ICI

et ICI

 

 

  A la Foire du Livre de Leipzig (Allemagne), 17, 18, 19 mars 2011 (Prix des Lycéens allemands)

 

 

 

En Allemagne du nord, du 14 au 23 novembre 2010, circuit de rencontres avec les classes de lycéens allemands  dans le cadre du Prix des Lycéens allemands 2011

 

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Au salon du livre pour la jeunesse Ivres de livres, le dimanche 6 juin 2010 à Istres.

 

Au salon du livre pour la jeunesse de Six-Fours (Var), les 30 avril, 1 et 2 mai 2010

 

 

Mireille-Disdero par Antoine

 

 

Une photo d'Antoine, La Boucherie littéraire, Association L'E dans L'O


... Au salon du livre de Cadenet dans le Lubéron, dimanche 6 décembre 2009
 


Rencontre, lectures, signatures... A Lançon-de-Provence, samedi 28 novembre 2009 - Une photo de Laurent G.

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Au Salon du livre d'Aubagne, stand des éditions du Seuil, en novembre 2009...

Les mots sillons

Aimer c'est agir. Victor Hugo
 

L'espace de liberté de la littérature de jeunesse a dévérouillé mon écriture pour adultes. Arnaud Cathrine (LIRE)

 

 

Mandeure-an-nouveau-2012-001.JPGJe l'ai lu dans le TGV Marseille/Strasbourg, à cheval entre 2011 et 2012. Elle m'a perturbée et remuée. Je ne m'y attendais pas car je suis un peu méfiante, vis à vis des envolées médiatiques autour d'un livre comme c'était le cas pour celui-ci. Sauf que... cette fois, le récit en vaut la peine. En la lisant, j'ai beaucoup pensé à ma mère. Et puis ce titre ! Quelque chose de Bashung. Alors oui, oui pour Delphine de Vigan. Lisez "Rien ne s'oppose à la nuit", laissez-vous emporter.

 

 

Chaque volume, chaque livre que tu voies a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent

 


Excepté cette route souvent fermée par la neige ou les boues du printemps, excepté l'autobus vert amande qui met parfois cinq jours pour atteindre Téhéran, rien ne relie la ville au monde extérieur. Dans son berceau de peupliers, de hautes terres et de vent, Tabriz vit dans un isolement singulier.

Nicolas Bouvier, le 15 octobre, dans L'Oeil du voyageur


...

 

Nathalie Novi

 

 


C’est un silence plein de vie, un paysage millénaire tout en changement C’est un matin au pays basque Aussi l’idée de toucher l’âme aimée.

H Grillot



- Mais le vert paradis des amours enfantines, L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs, Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ? Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs, Et l'animer encore d'une voix argentine, L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ? Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Charles Baudelaire



Claire Mazard, écrivain comme j'aime




Adamsberg (Anglade)
par Dayan et Vargas, bien sûr





Nisbet, auteur doué.




... Et Lisbeth S.





La Princesse de Clèves - Roman lu plusieurs fois, apprécié, reconnu.

Le 17 mars 1678 "La Princesse de Clèves" est mise en vente, sans nom d'auteur, uniquement avec l'avis du libraire. Le roman a eu la faveur immédiate des Modernes et l'hostilité des Anciens. Il a déclenché des débats passionnés. Le but du groupe de Madame de la Fayette avait donc été atteint.
Thématique et symbolique du roman : il ne s'agit pas d'abord d'une thématique de l'amour comme on pourrait le croire mais de celle d'un conflit. Ce conflit oppose deux codes : celui de la passion et celui de la bienséance sociale et morale. Une thématique moderne qui résonne encore clairement au XXIème siècle. La preuve, un film : "La Belle personne".










Le Totem du loup, un roman qui secoue la civilisation humaine et son lecteur.

Marseille, où j'ai jeté mon premier coup d'oeil conscient sur le monde et la vie. Joseph Conrad

Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une toute petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaître précisément ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. Haruki Murakami, Kafka sur le rivage

A croire que tout est superficiel et rapide ici, nos tentatives pour cautériser le mal des profondeurs, comme nos échanges, nos mots de tous les jours ou nos élans de coeur, des hamburgers à emporter, pour tromper notre faim, la vraie.  Ludo Kaspar

Dans ces paysages faits de peu, je me sens chez moi, et marcher seul, au chaud sous la laine sur une route d’hiver, est un exercice salubre et litanique qui donne à ce peu - en nous et au-dehors - sa chance d’être perçu, pesé juste, exactement timbré dans une partition plus vaste, toujours présente mais dont notre surdité au monde nous prive trop souvent.

Nicolas Bouvier

 











Edmond Baudoin, son trait, vraiment








L'été quand on roule, les couleurs se déplacent vite, il faut les prendre sans tarder...

 


 

 

 




Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.


A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.



Les équations absurdes, pour lesquelles aucune solution ne convient, sont qualifiées d'impossibles.
S. Larsson, La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

 

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«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante. C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux, tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."

Blaise Cendrars


affichePhoto-baudoin.jpgIls ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Roberto, Edmond Baudoin - oct. 2007


  

Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté 


 

(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.

 

L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.

 

L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :

 

- Ça va ?

 

- Bien.

 

 

Extrait de Point de vue

 
H. Grillot

 

 



...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est planté...

Couverture BD Café de la plage (Le) - (Intégrale) : Le café de la plage

 



... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque, lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard,
Le nom sur le bout de la langue




L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci


Faust demande passionnément à la vie que l'ambition
absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."

Goethe

 

Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...

Saint-Exupéry, Courrier sud


L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention. Elle évoque les “commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines. (...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”. Elles portent en elles la vibration d’une lointaine source.

George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991

 


Bad news from the stars... Gainsbourg


Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire.
Nous écoutions.

Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951

 

 

 


Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied

Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium

Nicolas Bouvier, Les Indes galantes


Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.

Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T

Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !

Envoyez les couleurs !

Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...

H Grillot

Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)

 

Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania

Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.

 

Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry 

 

Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure

  

A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.

                                                             Alain Gerber, Le lapin de lune

 

Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)

 

Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985

 

 Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont.  Hélène Grimaud...

 

«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara

 

« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).

 

Come As You are, Nirvana

 

 Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ?     Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956              

Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864

[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41) 

 

 

 Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.

Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique

 

Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.       

 

Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !

Saint-Exupéry, Un sens à la vie

 

 

Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur

quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force

un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence

Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie

alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.

Cathy GARCIA

 

Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler  

 

 A Camilla, avec tout mon amour

Arturo

Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.

John Fante, Ask the Dust

 

 Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese

 

Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.

Jim Harrison, The road home

 

 - Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !

- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.

Clotilde Bernos

 

En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...

 M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)

 

Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ;  mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.

Roland Barthes

 

Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.

Wim Wenders, Les Ailes du désir

 

Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.

Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir 

 

Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.

Vladimir Nabokov,  Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991

 

Nous rêvons

d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture
faite par nous-même.

Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.

Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.


Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale

 

Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,

par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui

joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...

Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...

Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.

Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /Août /2006 23:39

 

IL est devant la porte ou devant la fenêtre.
Mais l'a-t-on reconnu? Il est venu peut-être
Pour entendre nos voix et regarder nos yeux.
Ces routes de la nuit mènent vers ses grands yeux.
Il voudrait nous parler aussi ; mais nulle larme
Ne lui est de secours. La mer brûle ses armes
Et ses navires, ses aurores, ses couchants.

Nous sommes là plusieurs à écouter son chant
Et son souffle pareil aux orages de sable.
Et tout devient plus beau.

Nul contour haïssable,
Nulle faim, nulle soif, pour tenir son amour.
D'où revient-il? Du Nord? De l'Ouest? Tous les jours
Il rôdait là. Mais nul ne l'a su...
Nulle part un regret, dont il n'eût pas souffert :
L'injustice, les lois méchantes, dans ses vers
Passèrent comme la chenille par la feuille.
Et tu y es aussi, lecteur, que tu le veuilles
Ou non. Le sauras-tu? Il te faudrait encor
Te détacher de toi, tel un vaisseau des bords
De l'océan. Ouvre ce livre. Mais peut-être
Une ombre te fera deviner aux fenêtres
Ou dans la chambre ainsi qu'un souffle (auras-tu peur?)
Ce voyant, ce proscrit, ce triste voyageur.

Il me faudra ici te quitter ombre, frère,
Je laisserai ces mots, ces chants inachevés.

Le souffle est là tout près qui mélange les terres
Et nos regards, nos mains et nos sommeils.
Je vais
Sans savoir où. Et toi, aussi, ombre, pareille
Au souvenir, oiseau qui dans l'air se dissout
Le soir est là tel un vaisseau qui appareille
Nous séparant de tout ce qu'une fois fut « nous ».

Permis de Séjour, 1935

Ilarie Voronca, poète roumain écrivant en français, est mort en 1946 à l'âge de 43 ans. Il avait fondé avec Tzara la revue "75 HP", qui affirmait réunir dans ses pages "l'unique groupe d'avant-garde de
Roumanie".

 

Par Mireille Disdero - Publié dans : POETES, ECRIVAINS...
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Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /Août /2006 11:04

 

En publiant des textes sur Indigo, je me présente à travers mes choix d'écrits, d'auteurs, d'artistes et de photos. Pour ceux que ça peut intéresser, voilà une autre tentative de biographie écrite dans les années 2000 mais toujours d'actualité, six ans plus tard. Vous pouvez lire ce qui suit dans le dernier numéro de la revue Mot à maux (n°5) de Daniel Brochard.

 

Dans ma biographie il y a "écrire".

Ecrire, c'est toujours près de toi cette image qui passe (Apollinaire) et te met sous tension.

En poésie, les mots se déplacent avec nous, mais ils ne nous attendent pas. Ils bougent vite. Il faut les prendre. Photographes, chasseurs d'images, nous les retenons sur le papier, instantanément, à l'aide de signes plus ou moins conscients, civilisés. Nos brouillons de pensées. Ensuite, nous pouvons travailler.

Ecrire ? En poésie.
Accident. Choc. Surtension. Extrémité. Sensations impératives. Travail dans l'urgence. Emotion métrique et maîtrisée - ou pas. Nous sauvons notre peau à fleur de poème. Parfois.

Ecrire, avec la tentation de trouver un équilibre à "l'insoutenable légèreté de l'être" suivant Kundera.
Estomper les arêtes, poser les ocres. Combler les absences, travailler les déchirements, le sauvage intérieur. Mais en présentant le cyclone travaillé à la main, humanisé du bout des doigts, des lèvres. Par égard pour le lecteur et pour soi, tenter de civiliser les mots.
En revanche, les certitudes qui riment avec études, les questionnements récurrents et saisonniers sur le "poète" ennuient. En Lettres, on a suffisamment (trop) interrogé les textes. J'ai chaque fois évité d'étudier un auteur que j'aimais vraiment (en dehors d'Apollinaire et de Pessoa que j'ai choisis pour soutenir mon DEA). Pourquoi ? Parce que quand j'aime, je ne compte pas, je conte.

Ecrire. Etre sensible aux terres d'encre de l'enfance, à ce passé antérieur qui nourrit l'imaginaire au présent.
J'aime revenir dans "mon enfant", m'y blottir. C'est "l'indéracinable" où tous les mots sont précieux car on ne les jette pas, on les apprend.

Les lézards ont parfois la texture tiède des rires oubliés. Vois. Ton regard se vrille et oblique. Tu regardes à l'intérieur de toi, au coeur des souvenirs

Marc Seassau, Iguane.

Ecrire.... Des textes pour enfants. Oui, mais pas seulement.

Ecrire. Etre en voyage avec soi-même. Son propre carnet de route. Habité par des ambiances que l'on tire de soi, comme un vin à offrir aux amis, à qui en veut, à soi. Ecrire. Les mains couvertes de lignes acceptées, de signes vécus. Avancer. Accepter de changer. Ecrire.

Ecrire. Et savoir le silence qui va avec. Le consulter, le cultiver aussi, car il précède le texte. Je suis parfois profondément étonnée d'un écrit qui se déroule soudain, tiré du silence, du vide de parole.

Ecrire. Ce plaisir ! Car c'est un plaisir. Un luxe aussi.

Ecrire... De la fiction.

... Dans une réalité qui n'est pas encore la mienne, un univers à travailler à la main (je pense à Camille Claudel, j'y pense souvent).
Une image passe, un homme pleure au fond de son verre. Je ne sais rien, que l'image donnée. Peu à peu pourtant, je m'approche. Je ne peux rien pour lui que la foule grignote comme un quelconque fruit (Brel), mais l'imagination, l'écriture prennent le relais. C'est encore près de moi cette image d'Apollinaire qui passe. Il y a du vivant à continuer, ici. La fiction peut commencer. S'opère le frémissement des mots, le bruissement de la langue (Barthes). Je le continue. Apprentie obstinée, je me remets toujours à l'ouvrage. De plus en plus.
Ecrire. Vraiment, je ne sais pas comment on y vient. Ni pourquoi. Ni à quel endroit de soi. Pourtant, il arrive un moment où on ne peut plus ne pas écrire, maladroitement ou pas. On écrit. Je me souviens de cette phrase de Kafka Au delà d'un certain point on ne peut plus revenir en arrière. C'est ce point qu'il faut atteindre.

M. Disdero


Par Mireille Disdero - Publié dans : ARTICLES
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Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /Août /2006 15:53

 

 



Il faudrait faire un feu... bien grand, bien haut,
Pour que tous les humains se chauffent à sa flamme.

Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,
Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,
Les jouets des enfants, tel autre jeu,
M'entends-tu, chat perché ? Et dans ce feu,
Nous éparpillerions, je le proclame,
Tout ce qui semble beau. L'on entendrait soudain
L'incandescente flamme offrir au ciel serein
Les ardeurs de son chant. Les gens d'une même âme,
Ou d'un même pays, se donneraient la main.

Il faudrait faire un feu d'une folle envergure,
Car le givre a couvert les villes et les prés ;
Faire sauter la si froide serrure
De nos garde-manger. Et que les jets pourprés
Reçoivent de nos mains leur riche nourriture
Pour donner en retour la chaleur douce et pure.

Il faudrait, oui, faire ce noble feu
Afin que les humains se dégèlent un peu.

Attila. Jozsef


Traduction française, Jean-Paul Faucher ; poème extrait de Aimez-moi - L'oeuvre poétique, éditions Phébus - Paris 2005
 
Ce texte nous est proposé par Jean-Pierre Frommer sur le blog des Mardis hongrois  :
 
 
Le texte original :
 
 
TÉL

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,
Hogy melegednének az emberek.

Ráhányni mindent, ami antik, ócska,
Csorbát, töröttet s ami új, meg ép,
Gyermekjátékot, - ó, boldog fogócska! -
S rászórni szórva mindent, ami szép.

Dalolna forró láng az égig róla
S kezén fogná mindenki földiét.

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,
Hisz zúzmarás a város, a berek...
Fagyos kamrák kilincsét fölszaggatni
És rakni, adjon sok-sok meleget.

Azt a tüzet, ó jaj, meg kéne rakni,
Hogy fölengednének az emberek!

A.J. 1922. november 12.
 
Merci à Jean-Pierre Frommer de nous avoir signalé la publication du recueil d'Attila Jozsef , Aimez-moi chez Phébus. HIVER en fait partie. Pourtant aujourd'hui, nous sommes en été et Brel pourrait chanter Je suis un soir d'été. Il n'empêche que la saison ne change rien à ce que vivent les humains.
Comme faire habiter le même soleil... aux âmes proches ?
 
 
Budapest, le Danube
Par Mireille Disdero - Publié dans : POETES, ECRIVAINS...
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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /Août /2006 19:53

 

Calique Dartiguelongue

A Patrick Camoin

 

 

 

Plus forte que le nœud

Est la main qui dénoue.

Plus vivant que son reflet le corps

Qui ne projette pas d’ombre sur le mur,

Plus profonde que l’amour

La tendre plénitude du vide.

 

Je ne danse pas autour de la mort,

Ni autour de la folie,

Pas même autour des cendres

De mon amour consumé.

 

Je danse autour de la joie sans fond,

Je danse autour de l’embrasement obscur.

 

Je danse autour du vide débordant,

Je danse autour de ce qui

Ne peut être contenu.

 

Je danse autour du rêve flexible

Que le temps allonge sous nos pieds,

Je danse pour des voûtes de saule et de soupirs,

Pour des corolles ardentes et des chansons d’abeille ;

Pour des îlots ombreux,

Au parfum des vieilles amours réveillées.

 

Je danse suspendue à l’imminence des présages,

Je danse dans l’orage de l’air suspendu

Je danse sur la terre lavée

Je danse pour la terre assise

Sous le peigne agile des pluies.

 

Je danse pour la vigueur, pour le matin,

Pour la jeunesse de l’eau vive enlacée

De fraîcheur verte, pour la blancheur

Et l’ombre bercée des marais, pour la

Fenêtre allumée dans le ciel.

 

Danseurs de l’ombre,

Animez de vos pieds nus

Le fil invisible.

Que tout s’efface enfin de nos cœurs

Epris de nuit pure.

 

Dansez autour de la joie sans fond,

Dansez autour de l’embrasement obscur,

Dansez autour du vide débordant,

Dansez autour de ce qui

Ne peut être contenu.

 

Car plus forte que le nœud

Est la main qui dénoue,

Plus vivant que son reflet le corps

Qui ne projette pas d’ombre sur le mur,

Plus profonde que l’amour même

La tendre plénitude du vide.

 

Calique Dartiguelongue

Extrait de "Danse avec le vent "

 

J'ai découvert ce poème de Calique Dartiguelongue pour la première fois sur la liste de diffusion de la revue La Page Blanche,  http://www.lapageblanche.com/

Cet écrit m'enchante.

 

Le Castellas, château des poètes (dit "de la Reine Jeanne"), à la pointe des Alpilles

 

 

 

Par Mireille Disdero - Publié dans : POETES, ECRIVAINS...
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Mercredi 9 août 2006 3 09 /08 /Août /2006 07:57

 

Au-delà du Nord, de la glace, de la mort, il y a un royaume, il y a une issue, la seule issue aux milliers d'années de labyrinthe.

Frédéric Nietzsche

Saint Jean-Baptiste, Léonard de Vinci

Par Mireille Disdero - Publié dans : PAROLES, CITATIONS
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Lundi 7 août 2006 1 07 /08 /Août /2006 18:17

Les artistes utilisant les murs comme support de leurs fresques sont mes préférés.

 

Fresques murales du château de Manta, Piémont - Italie

 Léonard de Vinci ? Oui, mais aussi et surtout les anonymes.

Je souhaite au lecteur de cet article de se souvenir un jour du Castello della Manta, à quelques kilomètres de Saluzzo dans le Piémont, en Italie du nord. C'est un trésor pour le regard qui cherche : dans sa Sala Baronale, un artiste anonyme de génie a peint des fresques murales dont la "Fontaine de Jouvence".  "Mestro del Castello della Manta è il nome attribuito all'anonimo pittore italiano, autore degli affreschi della Sala baronale nel Castello della Manta, presso Saluzzo." lit-on à l'adresse suiivante : http://it.wikipedia.org/wiki/Maestro_del_Castello_della_Manta

Ces peintures murales datent du quattrocento.

Chaque fois que je traverse la frontière qui n'en est plus une et que je m'avance dans les terres, je passe un peu de temps au Castello. Ses racines fortifiées commencent à l'époque médiévale... Une colline, des fenêtres ouvertes sur les Alpes et le Viso... Depuis des siècles, le torrent souterrain de l'été nourrit le feuillage des châtaigniers, tout autour, dans la forêt. 

Je souhaite au lecteur de cet article de traverser un jour cette région, de découvrir ce lieu, ces peintures murales et les couleurs de cette Italie dont on parle moins, peut-être. Elle reste ainsi plus sauvage, surprenante...

Stendhal aimait l'Italie. Après s'être engagé dans l'armée de Bonaparte en 1800,  devenu sous-lieutenant de dragons, il découvre l'Italie au fur et à mesure de ses affectations. Il a reporté ses impressions de voyage dans son Journal.

L'Italie est terre des passions... pense Stendhal.

J'ajoute, terre de couleurs. 

   

 

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Lundi 7 août 2006 1 07 /08 /Août /2006 02:02

Col de l'Agnel, territoire des loups

 

_________________________

 

                  Ce champ de mots sauvages qu'on partagerait à l'aube 
                                              avec le lait, si l’aube savait où nous trouver

Les mots en meute
les mots loups traversent la nuit en chevauchée fantastique
pour un rayon de lune inspirée sur la neige.
                    Les mots liés partent en chasse de tendresse
                                            la douceur doit l'emporter.


 

Par Mireille Disdero - Publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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Samedi 5 août 2006 6 05 /08 /Août /2006 23:00

 

 

Cathédrale d'images de pays qui se sont connus, racontés, appelés, aimés, elle sait la pression du silence au creux de la main.

Comme l'absence, il dévore la sagesse et sa splendeur. Avec elle, il la saisit par les cheveux et la traîne sur les trottoirs glacés. La prostitue. La délave. Son cri n'ose pas un son. Sa voix n'existe plus.

D'un seul flot, le silence détruit son barrage, le feu dans l'eau.

Tumulte, courant d'exigences, petite monnaie, illusions dans les mains gercées, habitudes, solitudes collées les unes aux autres comme des gâteaux périmés, tout maintenant la pénètre d'un mouvement violent.

Sensation accrochée au bout de la rue, de celles qui grimpent vers nulle part, en fin de nuit. Les hommes apprennent peu de ce leur enseigne la vie. Evidemment, ils ne seraient pas des hommes, autrement.

Alors détruire le barrage et emporter en soi la force du torrent, retourner à son élément, le feu vivant sous l'eau. Inscrire dans sa chair le bonheur des flots.


Blins, Italie

Par Mireille Disdero - Publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /Août /2006 20:21


Il est vraiment inimaginable qu'une femme et un homme, après s'être touché le visage de tant de regards, de tant de caresses, après avoir épuisé tous les moyens qu'ont les voyants et les aveugles de se connaître, se soient perdus soudain comme vous l'avez fait aux bras même l'un de l'autre, et ne soient pas plus arrivés à se retrouver, se coudoyant et se heurtant, que des enfants séparés par la foule.

 

Jean Giraudoux, Combat avec l'Ange

Je n'abandonne jamais ce texte... et je crois que dans 20 ou 30 ans, je le citerai encore. Et encore. Et encore...

 

L. Da Vinci, La Dame à l'Hermine

Par Mireille Disdero - Publié dans : PAROLES, CITATIONS
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Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /Août /2006 20:45

 

De sa langue d'eau, elle prenait mes cheveux. Fraîcheur d'une fête marine. Simplicité d'un bol de sel frais, le matin.

Pour amuser mon chagrin, Les bateaux chantaient. Les hommes fidèles naviguaient leurs corps élancés vers la terre.

Je vous attendais.
Déterminée, elle s'invitait, vague après vague. Moi, je lui parlais, lavais mes yeux d'embruns.
S'il te plaît, aborde au nord ton berceau océan. Exauce mon soleil.

J'ai cru qu'elle allait se retirer, comme mes bas de soie, dans un chuchotis de voix. Nos jambes  nues. La douceur d'algue sur ma peau pleurée. Ces grands fonds du ciel en toi. Aux silences. Quelques pépites de vie endormies dans ta main.


Ta main qui ne me prendrait plus. L'immobile.

Vague après vague, la mer devenait ma maison.
Dans sa carlingue mouvante, les pépites de vie écoutaient tes couleurs, la danse de tes bras. Et pendant que les hommes de peu de soie saignaient mon cœur... je te racontais.


Il était une fois un homme...


Texte publié (avril 2006) sur Francopolis : http://www.francopolis.net/librairie/DisderotM-lamer.html

 

Cassis en Provence

 

Par Mireille Disdero - Publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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NEWS

16 ans et des poussières a remporté le prix ados "Tout en auteurs" 2011

 

16ANSETDESPOUSSIERES2011

 

Nouvelle édition le 20 octobre 2011

Seuil, Hors Collection

Pages

Bleu et bleus

 

Voeux-2012-Baudoin.jpg

Edmond Baudoin

 

Avec le bleu, il suffisait de tracer une simple ligne en travers de la page et l'on avait la ligne d'horizon de toutes les mers.

Vladimir Nabokov, Autres rivages

 

J'observe tous ces éléments, je m'en imprègne : le temple, le village, la rivière, les montagnes, les courbes, le bleu - l'énergie bleue, les pulsations... Tout n'est que palpitation bleue, silence vibrant, immobilité mouvante.
"L'unité de la contemplation et de l'action est illustrée par un dessin Zen représentant Bodhidharma, le visage et le corps parfaitement calme, cependant que sa robe est agitée par le vent." Kenneth White, Le Visage du vent d'Est (Errances asiatiques, coll. Espaces libres Albin Michel)

 

Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. Auguste Renoir

 

Bleu acier, aigue-marine, bleu ardoise, azur, azuré, azurin, bleu barbeau, bleu de Berlin, bleuâtre, bleuet, caeruleum, bleu canard, céleste, céruléen, bleu charrette, bleu ciel, cobalt, cyan, bleu dragée, bleu électrique, bleu roi, bleu givré, bleu Klein, lapis-lazuli, lavande, majorelle, marine, bleu nuit, outremer, bleu paon et pers, bleu pétrole, plombé et de Prusse, saphir, turquin et turquoise... bleu indigo !

 

Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. Picasso

bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.


Jusqu’à 21 familles de plantes sont source de bleu ; les pétales de thapsia donnent l’ancienne couleur "lucalin", les sucs de violette un azur plus sourd, les fruits de l’héliotrope le bleu de tournesol. Et ainsi de toutes sortes de fleurs : bleuets, myrtilles, érable, iris, pavot, isatis,… qui sont écrasées, séchées, retrempées et associées à des onguents, à la gomme, à l’alun, donnent la gamme des "pastels" dont la culture devient une branche florissante de l’agriculture au XVIIIè siècle. La guède donne un bleu assez pâle, délavé, peu résistant à la lumière. Un bleu foncé, violet, superbe, s’obtient avec l’indigo, connu depuis le néolithique dans les régions où pousse l’arbuste "indigotier" (Inde, Moyen Orient, Afrique), mais l’importation en fut interdite en Europe pour protéger le pastel des Européens jusqu’en 1737. Almanart.
bleu-marche.jpg

Liens

VOIR LE MONDE

2003-12-poele-gargotte-vin.jpg

Budapest à Noël (Hongrie), les chaudrons de vin chaud tentent d'arrêter le froid aux portes de la ville

burano---venise-mai-2004.jpg
Burano, Venise en mai (Italie)


chinguetti.jpg
Chingetti dans le Sahara, en février (Mauritanie)

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Mur des Sistoeurs (Lyon)


Andalousie-Sierra-Nevada-mars-09.jpg
Village de la Sierra Nevada en avril, Andalousie (Espagne)


chemin-port-cros-chemin.jpg
L'île de Port-Cros dans le Var, au printemps




 
cath-de-prague.jpg
Cathédrale de Prague, l'hiver (République Tchèque)


2009 124

Les Alpilles en Provence, en septembre


Tardienta et pays basque été 2009 038
Une fenêtre et son balcon ouvrent sur le ciel et la chaleur, dans un village abandonné, en été (Espagne)



Cannes-en-hiver-2010.jpg
Pendant l'hiver 2010, à Cannes... La Méditerranée invite la pluie

Ocean-porto.jpg
Marcher au bord de l'océan, en lisière de la ville de Porto, à la fin du printemps 2010... (Le Portugal en mai)
2010 LAS BARDENAS NAVARRE
Du côté de Las Bardenas en Navarre, l'été (Espagne)

Val-Varaita-ete-2010-chalets.jpgChalets de Blins, Alpes (Italie) en été
Breme-2.jpg
Brême en novembre (Allemagne du nord)
Breme-1.jpg
Petits trésors derrière les fenêtres,
dans une ruelle de Brême en novembre (Allemagne)
Blankenese.jpg
Sur les rives de l'Elbe,
Blankenese (Hambourg, Allemagne) en novembre
Ventimiglia-janvier-2011-guiseppe.jpg
Chez Guiseppe
à Vintimiglia (Italie, Riviera) en janvier !

Berlin 1A Berlin en mai,
quand on se dit qu'on reviendra, quand on en rêve déjà...

Casa-san-Martin-Espagne.jpg
Les Pyrénées en Espagne
Une belle vallée perdue...
Saint-Veran-en-mai.jpgSaint Véran dans les Hautes-Alpes... for ever

Texte veut dire TISSU

Just a perfect day drink sangria in the park
and then later when it gets dark we go home
just a perfect day, feed animals in the zoo
and later a movie too and then home
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
just a perfect day, problems all left alone
week enders on our own
it's such fun
just a perfect day, you make me forgett myself
i thought i was someone else, someone good
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
you're going to reap just what she saw 
 Lou Reed
 

 

*

 

Quand tisonner les mots pour un peu de couleur
ne sera plus ton affaire
quand le rouge des sorbiers et la cambrure des filles
ne te feront plus regretter ta jeunesse
quand un nouveau visage tout écorné d’absence
ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
quand le froid aura pris congé du froid
et l’oubli dit adieu à l’oubli
quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx

ce jour-là
quelqu’un t’attendra au bord du chemin
pour te dire que c’était bien ainsi
que tu devais terminer ton voyage
démuni
tout à fait démuni

alors peut-être...
mais que la neige tombée cette nuit
soit aussi comme un doigt sur ta bouche

Genève, décembre 1977

Nicolas Bouvier - Le dehors et le dedans
Ed. Zoé

 

*

 

 Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.

Pascal Ludovic Saissi, septembre 2006

*

Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.

Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997

 * 

L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme tourbillonne.
Beethoven

*

Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.

Samuel Beckett

* 

Une femme, douce crème, forte d'un café italien tassé de tessitures a pris mes mains battues de poussières et de routes dans une gare allumée par le soir.

Pascal Ludovic Saissi

 *

-- I would shelter you
Keep you in light
But I can only teach you
Night vision --

S. Vega, Solitude standing

  *

L’invisible a ses chemins, et nous avons les nôtres. (...)

Peu lui importe notre rôle d’esclave et notre fatuité qui nous affirme que nous sommes libres.

Jean Cocteau, In Journal d’un Inconnu


 *

Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux.

Daniel Brochard

 *

Je crois en l'amour. A une dimension absolue de l'amour. Je crois en l'amour comme le chercheur croit au fabuleux aperçu un jour dans son microscope et qu'il n'a de cesse de vouloir prouver envers et contre tout. Même quand on le décrie, même quand on se moque, même quand on le fait mourir.

Île Eniger

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