Présentation

Les mots sillons



Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.


A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.



Les équations absurdes, pour lesquelles aucune solution ne convient, sont qualifiées d'impossibles.
S. Larsson, La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

 

 

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«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante. C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux, tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."

Blaise Cendrars


affichePhoto-baudoin.jpgIls ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Roberto, Edmond Baudoin - oct. 2007


  

Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté 


 

(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.

 

L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.

 

L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :

 

- Ça va ?

 

- Bien.

 

 

 

Extrait de Point de vue

 
H. Grillot

 

 



...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est planté...



    

Couverture BD Café de la plage (Le) - (Intégrale) : Le café de la plage

 



... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque, lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard,
Le nom sur le bout de la langue




L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci


Faust demande passionnément à la vie que l'ambition
absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."

Goethe

 

Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...

Saint-Exupéry, Courrier sud


L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention.

Elle évoque les “commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines.

(...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”.

Elles portent en elles la vibration d’une lointaine source.

George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991

 


Bad news from the stars... Gainsbourg


Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire.
Nous écoutions.

Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951

 

 

 


Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied

Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium

Nicolas Bouvier, Les Indes galantes




Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.

Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T

Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !

Envoyez les couleurs !

Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...

Hervé Grillot

Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)

 

Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania

 

Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.

 

Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry 

 

Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure

  

A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.

                                                             Alain Gerber, Le lapin de lune

 

Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)

 

Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985

 

 Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont.  Hélène Grimaud...

 

«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara

 

« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).

 

Come As You are, Nirvana

 

A croire que tout est superficiel et rapide ici, nos tentatives pour cautériser le mal des profondeurs, comme nos échanges, nos mots de tous les jours ou nos élans de coeur, des hamburgers à emporter, pour tromper notre faim, la vraie.  Ludo K.  

 

 Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ?     Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956              

Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864

[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41) 

 
Pour écrire, il faut aimer, et pour aimer il faut comprendre.
John Fante, Mon chien Stupide, trad. Brice Matthieussent , p.142, 10|18  

 

 Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.

Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique

 

Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.       

 

Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !

Saint-Exupéry, Un sens à la vie

 

 

Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur

quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force

un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence

Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie

alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.

Cathy GARCIA

 

Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler  

 

 A Camilla, avec tout mon amour

Arturo

Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.

John Fante, Ask the Dust

 

 Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese

 

Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.

Jim Harrison, The road home

 

 - Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !

- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.

Clotilde Bernos, écrivain jeunesse habitant en Provence, sa fiche "auteur" sur Ricochet :

http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?id=1312

 

En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...

 M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)

 

Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ;  mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.

Roland Barthes

 

Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.

Wim Wenders, Les Ailes du désir

 

Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.

Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir 

 

Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.

Vladimir Nabokov,  Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991

 

Nous rêvons

d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture
faite par nous-même.

Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.

Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.


Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale

 

Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,

par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui

joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...

Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...

Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.

 

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Mercredi 31 janvier 2007

 

Le samedi 3 février à l’Alcazar, une conférence musicale aura lieu à 17h dans la salle de conférence.
Elle sera animée par François Billard, spécialiste du jazz et auteur de polars, François Thomazeau, auteur et éditeur de polars chez l’Ecailler du Sud, les éditions BP et Jean Pelle. Ils évoqueront une Amérique désormais mythique, celle des gangsters, des clubs malfamés, de l’alcool illicite. A 18h30,
un concert « Jazz acoustique » prendra le relais avec Daniel Huck saxophoniste, Paul Pioli guitariste, et Christophe Le Van contrebassiste. Cette formation joue une musique ancrée dans la culture profonde du jazz. Pour ce concert, le trio interprètera un répertoire spécialement élaboré autour des plus grands thèmes du polar.

En partenariat avec le Cri du Port.

Une information fournie par Anne-Catherine Fritzinger de la BMVR de l'Alcazar à Marseille.

par Mireille Disdero publié dans : INFO. ACTU. PUBLICATIONS...
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Samedi 27 janvier 2007

 



Ce soir mon ami doucement, il est profond dans nos terres. Les souvenirs au présent nous creusent mon ami, doucement.

Et pourvu que jamais tu ne t'immobilises, le poing serré puis ouvert, pour une prise de sens.
Que toujours les murs de boues du monde, la lumière où pleure le soleil te creusent un nid, la vie mon ami, doucement.

Je ne suffoquerai pas, blottie dans les cendres. Un grondement d'été sur la voix, au bout d'une Chester flambée, je creuserai le feu mon ami, doucement.

Et pourvu que jamais tu ne soudes l'encre des pensées mortes. Que bientôt sur tes terrasses se franchissent les frôlements, nos murs à gorges écroulées. Cette terre nue. Battue. Aimée.

Ce soir mon ami doucement, j'éteins la nuit en inspirant ta peur du noir. Je suis la tendresse singulière  où se réfugie chacun de tes mots perdus. Battus. Aimés.

Mireille D.

 

par Mireille Disdero publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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Mercredi 24 janvier 2007
... et de la petite Jehanne de France, Blaise Cendrars
 
 
 
Un extrait,
 

... Je ne sais pas aller jusqu'au bout
Comme mon ami Chagall je pourrais faire une série de tableaux déments
Mais je n'ai pas pris de notes en voyage
Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître l'ancien jeu des vers comme dit Guillaume Apollinaire
Tout ce qui concerne la guerre on peut le lire dans les mémoires de Kouropatkine
Ou dans les journaux japonais qui sont aussi cruellement illustrés
A quoi bon me documenter
Je m'abandonne aux sursauts de ma mémoire...
A partir d'Irkoutsk le voyage devint beaucoup trop lent
beaucoup trop long
Nous étions dans le premier train qui contournait le lac Baïkal
On avait orné la locomotive de drapeaux et de lampions
Et nous avions quitté la gare aux accents tristes de l'hymne au Tzar
Si j'étais peintre, je déverserais beaucoup de rouge, beaucoup de jaune sur la fin de ce voyage
Car je crois bien que nous étions tous un peu fou
Et qu'un délire immense ensanglantait les faces énervées de mes compagnons de voyage
Comme nous approchions de la Mongolie
Qui ronflait comme un incendie
Le train avait ralenti son allure
Et je percevais dans le grincement perpétuel des roues
Les accents fous et les sanglots
d'une éternelle liturgie
J'ai vu
J'ai vu les train silencieux les trains noirs qui revenaient de l'Extrême-Orient et qui passaient en fantôme
Et mon oeil, comme le fanal d'arrière, court encore derrière ses trains
A Talga 100 000 blessés agonisaient faute de soins
J'ai visité les hôpitaux de Krasnoïarsk
Et à Khilok nous avons croisé un long convoi de soldats fous
J'ai vu dans les lazarets les plaies béantes les blessures qui saignaient à pleines orgues
Et les membres amputés dansaient autour ou s'envolaient dans l'air rauque
L'incendie était sur toutes les faces dans tous les c?urs
Des doigts idiots tambourinaient sur toutes les vitres
Et sous la pression de la peur les regards crevaient comme des abcès
Dans toutes les gares on brûlait tous les wagons
Et j'ai vu
J'ai vu des trains de soixante locomotives qui s'enfuyaient à toute vapeur pourchassés par les horizons en rut et des bandes de corbeaux qui s'envolaient désespérément après
Disparaître
Dans la direction de Port-Arthur

A Tchita nous eûmes quelques jours de répit
Arrêt de cinq jours vu l'encombrement de la voie
Nous les passâmes chez monsieur Jankelevitch qui voulait me donner sa fille unique en mariage
Puis le train repartit
Maintenant c'était moi qui avait pris place au piano et j'avais mal aux dents
Je revois quand je veux cet intérieur si calme le magasin du père et les yeux de la fille qui venait le soir dans mon lit
Moussorgsky
Et les lieder de Hugo Wolf
Et les sables du Gobi
Et à Khaïlar une caravane de chameaux blancs
Je crois bien que j'étais ivre durant plus de cinq-cent kilomètres
Mais j'étais au piano et c'est tout ce que je vis
Quand on voyage on devrait fermer les yeux
Dormir j'aurais tant voulu dormir
Je reconnais tous les pays les yeux fermés à leur odeur
Et je reconnais tous les trains au bruit qu'ils font
Les trains d'Europe sont à quatre temps tandis que ceux d'Asie sont à cinq ou sept temps
D'autres vont en sourdine sont des berceuses
Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me rappellent la prose lourde de Maeterlink
J'ai déchiffré tous les textes confus des roues et j'ai rassemblé les éléments épars d'une violente beauté
Que je possède
Et qui me force
Tsitsika et Kharbine
Je ne vais pas plus loin
C'est la dernière station
Je débarquai à Kharbine comme on venait de mettre le feu aux bureaux de la Croix-Rouge.
O Paris
Grand foyer chaleureux avec les tisons entrecroisés de tes rues et les vieilles maisons qui se penchent au-dessus et se réchauffent comme des aïeules
Et voici, des affiches, du rouge du vert multicolores comme mon passé bref du jaune
Jaune la fière couleur des romans de France à l'étranger.
J'aime me frotter dans les grandes villes aux autobus en marche
Ceux de la ligne Saint-Germain-Montmartre m'emportent à l'assaut de la Butte.
Les moteurs beuglent comme les taureaux d'or
Les vaches du crépuscules broutent le Sacré-Coeur
O Paris
Gare centrale débarcadère des volontés, carrefour des inquiétudes
Seuls les marchands de journaux ont encore un peu de lumière sur leur porte
La Compagnie Internationale des Wagons-Lits et des Grands Express Européens m'a envoyé son prospectus
C'est la plus belle église du monde
J'ai des amis qui m'entourent comme des garde-fous
Ils ont peur quand je m'en vais que je ne revienne plus
Toutes les femmes que j'ai rencontrées se dressent aux horizons
Avec les gestes piteux et les regards tristes des sémaphores sous la pluie
Bella, Agnès, Catherine et la mère de mon fils en Italie
Et celle, la mère de mon amour en Amérique
Il y a des cris de Sirène qui me déchirent l'âme
Là-bas en Mandchourie un ventre tressaille encore comme dans un accouchement
Je voudrais
Je voudrais n'avoir jamais fait mes voyages
Ce soir un grand amour me tourmente
Et malgré moi je pense à la petite Jehanne de France.
C'est par un soir de tristesse que j'ai écrit ce poème en son honneur
Jeanne
La petite prostituée
Je suis triste je suis triste
J'irai au Lapin Agile me ressouvenir de ma jeunesse perdue
Et boire des petits verres
Puis je rentrerai seul
Paris
Ville de la Tour Unique du grand Gibet et de la Roue

Blaise Cendrars.


Amedeo Modigliani : Blaise Cendrars ...
par Mireille Disdero publié dans : POETES, ECRIVAINS...
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Lundi 22 janvier 2007

Turin, j'y vais parfois. La photo n'est pas de moi

mais de Cathy et Jean-Claude Brenier (J'y Sait...).

... Et cette lumière d'hiver, dans la rue.

Les ombres solaires.

"Nietzsche effectue son premier séjour à Turin du 5 avril au 5 juin 1888, (...) Le 3 janvier 1889, Davide Fino, le logeur de Nietzsche à Turin, le tire d'un attroupement que celui-ci a causé: il s'est précipité au cou d'un vieux cheval tirant un fiacre et sanglote. Ce tableau de la crise finale n'est pas sans rappeler, presque trait pour trait, un rêve de Raskolnikov, le héros de Dostoïevski, dans Crime et Châtiment, ouvrage que Nietzsche avait lu quelques années plus tôt et qui l'avait beaucoup impressionné. Le 10 janvier, son ami Overbeck ramena Nietzsche à Bâle, et, de là, il fut transféré à la clinique psychiatrique d'Iéna qu'il quitta en mars 1890. Nietzsche vécut ensuite à Naumburg, avec sa mère, dans un mutisme quasi total, avant de mourir, le 25 août 1900, à Weimar."

Source : Données encyclopédiques, 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre

 

par Mireille Disdero publié dans : CARNETS, NOTES DE VOYAGES
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Lundi 22 janvier 2007

Voilà un site remarquable et remarqué (croyez-vous que je sois la seule à l'avoir découvert ?). Alors puisque je l'apprécie, j'en fais la pub, tout naturellement.

http://www.sistoeurs.net/

 

 

Séverine Capeille est à l'origine de Sistoeurs :

"Séverine Capeille est " née quelque part " une année de crise pétrolière, et se ronge les ongles par intermittence depuis, sans vraiment savoir s'il est possible d'établir un lien de cause à effet valable. Elle dit souvent qu'elle " aurait voulu être une artiste " et fait passer " les copains d'abord ", brûlant " sa jeunesse " dans les pentes Croix roussiennes. Elle valide sa maîtrise de Lettres grâce à un mémoire inattendu sur « Le grotesque dans le théâtre engagé de Jean-Paul Sartre et Dario Fo » et entreprend alors des recherches sur le thème de « La rencontre amoureuse dans le théâtre contemporain » ; mémoire qu'elle ne finira jamais, terrassée elle même cette année là par un coup de foudre inattendu. Comme " les histoires d'A… finissent mal ", elle adopte un chat qu'elle appelle Sapristi, témoin passif des crises identitaires et ménagères de sa maîtresse maniaco-dépressive. Propulsée dans la vie que l'on appelle « active » elle cherche une issue dans le virtuel et rédige un « Guide des meilleurs sites Web » (Hachette pratique, 2002) puis collabore à divers webzines. En octobre 2003, elle fonde le magazine « Sistoeurs.net ».

Ce n'est que quelques mois plus tard, et tandis qu'elle observe d'un œil hébété la progression des statistiques du site, que son compte en banque s'effondre. Quand le rectorat l'appelle pour lui proposer un remplacement dans une banlieue lyonnaise, elle regarde son frigo en train de décongeler et accepte illico. Séverine Capeille devient prof dans le collège qui l'avait virée quinze ans plus tôt. Son parcours atypique lui donne droit à un article dans le journal mensuel de la ville.

Mais le regret de ne pas avoir terminé ses études commence à s'immiscer. Elle se réinscrit à la fac et rédige un mémoire de 150 pages : « La littérature noire de colère : Bloy, Bernanos, Michaux, Duras ». En septembre 2005, Séverine Capeille devient la preuve vivante qu'on peut tripler sa troisième (sans jamais obtenir son brevet des collèges), et réussir à valider un Master 2 (Langue et Littérature Françaises) avec mention Bien.

Depuis, elle a choisi d'enseigner à des apprentis et des lycéens. Elle relève le défi quotidien qu'est le métro à 7h30 le matin. "

 

A travers son magazine, Séverine Capeille s'entoure de Franca Maï, Alina Reyes, Cathy Garcia, Laetita Tendart, Hélène Bourchenin, Manuji, Claudie Kibler Andreotti, Romy Duhem-Verdière, Nadia Pobel, Charlie et moi-même. D'avance "pardon", si j'ai oublié quelqu'un.

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Un mag différent (au sens vrai du terme) qui n'a pas peur des mots, encore moins des couleurs !

Mireille D.

 

par Mireille Disdero publié dans : INFO. ACTU. PUBLICATIONS...
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Bleu et bleus





Inge Boesken Kanold, artiste peintre, a un intérêt particulier pour les couleurs rares, anciennes et perdues.

Pendant un long séjour en Asie, elle commence ses recherches en Indonésie où elle retrouve les premières traces d’une nouvelle récolte d’indigo. Les peintures des années trente sur l’île de Bali l’incitent à s’intéresser à l’origine de ces couleurs qui se composent de pigments comme l’ocre, le cinabre, l’orpiment, le noir de suie, le blanc des os calcinés.

Elle s’installe dans les années 80 à Lacoste en Provence. Les marchés du pays lui fournissent les coquillages dont elle a besoin pour recréer en 1993 une couleur perdue au VII e siècle de notre ère : le Tekhelet, le bleu de la Bible, qui n’est autre que l’indigo issu de la mer



Ecoutez, le soleil se couche sur le col de l'Assekrem. Jaune, ocre, bleu ciel, bleu outremer, carmin. Ciel, terre, montagnes et vallées.

 

Maurizio Maggiani



Cercle chromatique Von Goethe



Goethe




Le bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.

 

Mes bras sont bleus d'avoir cueilli du bleu pour mes arbres de lumière. B. Tirtiaux, Le passeur de lumière

Avant... le bleu fut la couleur de Déméter, la déesse du blé, de l'Egyptienne Isis, déesse de la magie, et d'Hator, déesse de l'amour. Dans la mythologie égyptienne, le bleu trace une frontière entre le profane et le sacré, et évoque à la fois la nuit étoilée et l'obscurité des eaux primordiales de la création du monde. Les Egyptiens cherchèrent donc des pierres bleues jusqu'en Mésopotamie. Le bleu du lapis-lazuli en a fait une pierre à la spiritualité incontournable de l'histoire de la Mésopotamie, de l'Egypte et de l'ensemble du Proche-Orient. Dans la mythologie sumérienne, le dieu Ninurta, après sa victoire sur les démons, aura béni la fameuse pierre qui a combattu à ses côtés. Le bleu intense de la pierre accompagnera les monarchies assyriennes puis babyloniennes. "Pierre de délivrance", le lapis-lazuli était aussi utilisé pour fabriquer des potions magiques.

En Europe, le bleu était aussi une couleur initiatique... Patrick Banon, Actes Sud Junior 2006

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Un bleu ? c'est aussi... neuf, novice, original, bizut, inédit, prosélyte, récent, débutant... 

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Persio, celeste, celestino, azzurino, turchino, pagonazzo, bladetto...

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Mes bras sont bleus d'avoir cueilli du bleu pour mes arbres de lumière. B. Tirtiaux, Le passeur de lumière

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L'indigo (la teinture à) est connu depuis le néolithique dans les régions où pousse l'arbuste (Inde, Moyen-Orient, Afrique). Bleu, Histoire d'une couleur, Michel Pastoureau - Seuil point Histoire 2006

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Je dis feu. Et c'est moi, Marc Chagall, qui entre à mon tour dans le tableau, portant les couleurs de la joie.

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Je voudrais des prairies teintes en rouge et des arbres peints en bleu. Charles Baudelaire

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C'est l'action réciproque de la lumière et de l'obscurité qui produit la couleur. G. Ohsawa

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Nous sommes en route et nos coeurs se prennent à battre en couleurs vertes et violettes. Naie pas peur. Ce n'est pas pour jouer. Si ma tête n'est pas là, elle s'attarde où il faut. Chagall

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Pourvu que je me souvienne du soleil ! Gustave Courbet (entrant dans sa cellule en 1871)

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Je lègue à mes amis
un bleu céruleum pour voler haut un bleu de cobalt pour le bonheur un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit un vermillon pour faire circuler le sang allègrement un vert mousse pour apaiser les nerfs un jaune d'or : richesse un violet de cobalt pour la rêverie une garance qui fait entendre le violoncelle un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat un ocre jaune pour accepter la terre un vert Véronèse pour la mémoire du printemps un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin un jaune citron pour la grâce un blanc pur: pureté terre de Sienne naturelle: la transmutation de l'or un noir somptueux pour voir Titien une terre d'ombre pour mieux accepter la mélancolie noire une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée 
(Viera da Silva, Le Testament)

 

ROUGE ! La couleur rouge a un statut à part parmi les couleurs. Couleur la plus vive, elle est la couleur par excellence, la couleur archétypale, la première des couleurs... Le rouge n‘est-il pas d‘ailleurs à l‘origine du nom d‘Adam, le premier Homme ? (...) Annie Mollard-Desfour, Le Dictionnaire des mots et expressions de couleur, CNRS éditions 2000

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 La mer, a dit le vieux Bahti, c'est l'endroit le plus beau du monde, l'endroit où tout est vraiment bleu. Il y a toutes sortes de bleus dans la mer, dit le vieux Bahti. Comment peut-il y avoir plusieurs sortes de bleus, a demandé Petite Croix. C'est comme cela pourtant, il y a plusieurs bleus...

JMG Le Clézio, Peuple du ciel (Mondo et autres histoires)

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... Bleu de cobalt : un rêve de bonheur.

(...) Bleu d'outremer : une eau étincellante.

Bleu zinsolin : la profondeur sous les nymphéas.

(...) Bleu ciel, bleu marine, bleu roi, bleu lagon, bleu myosotis, bleu pervenche, bleu saphir, les reflets dans la rivière.

(...) Bleu de Prusse : l'ombre sur le mur. Bleu de Delft : le soleil sur le mur.

Bleu cyan : la lumière du regard.

(...) Bleu d'indigo : l'infini du ciel.

Agnès Rosenstiehl, Bleus air, eau, ciel, Ed. Autrement 2001 (Petite Collection de Peinture)

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 Les couleurs sont des forces, Henri Matisse

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.. Un rai de lumière oblique entrait par la porte-fenêtre et projetait ses feux sur le verre à facettes empli d'eau teintée et sur l'émail de la boîte de couleurs. Ada... Sous l'oeil du soleil... V. Nabokov, Ada

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 Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge - Pablo Picasso

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Bleu Klein

En 1960, l'artiste Y. Klein a breveté un bleu particulièrement profond, sous le nom International Klein Blue (IKB). Entre 1960 et 1961, Klein a peint quinze monochromes en bleu IKB, dont l'un des plus célèbres, IKB 3, est exposé au centre Georges-Pompidou à ParisSources Wikipedia

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On était dans les montagnes ; il y avait une merveille de soleil levant, des fraîcheurs mauves, des pentes rougeoyantes, l’émeraude des pâturages dans les vallées, la rosée et les changeants nuages d’or. (…) Bientôt ce fut l’obscurité, une obscurité de raisins, une obscurité pourprée sur les plantations de mandariniers et les champs de melons ; le soleil couleur de raisins écrasés, avec des balafres rouge bourgogne, les champs couleur de l’amour et des mystères hispaniques. Je passais ma tête par la fenêtre et aspirais à longs traits l’air embaumé. C’étaient les plus magnifiques de tous les instants. Kerouac  http://raymondalcovere.hautetfort.com/archive/2006/10/18/toute-ma-vie-je-me-suis-arrache-le-cœur-a-ecrire-jack-keroua.html

 Celui qui met du rouge quand il n'a pas de bleu vous invite dans un monde barbouillé de couleur, de poésie et de vérité. Qui l'aime le suive ! Pablo Picasso

Texte veut dire TISSU

Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.

Pascal Ludovic Saissi, septembre 2006

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Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.

Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997

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L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme tourbillonne.
Beethoven

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Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.

Samuel Beckett

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Une femme, douce crème, forte d'un café italien tassé de tessitures a pris mes mains battues de poussières et de routes dans une gare allumée par le soir.

Pascal Ludovic Saissi

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-- I would shelter you
Keep you in light
But I can only teach you
Night vision --

S. Vega, Solitude standing

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L’invisible a ses chemins, et nous avons les nôtres. (...)

Peu lui importe notre rôle d’esclave et notre fatuité qui nous affirme que nous sommes libres.

Jean Cocteau, In Journal d’un Inconnu


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Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux.

Daniel Brochard

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Je crois en l'amour. A une dimension absolue de l'amour. Je crois en l'amour comme le chercheur croit au fabuleux aperçu un jour dans son microscope et qu'il n'a de cesse de vouloir prouver envers et contre tout. Même quand on le décrie, même quand on se moque, même quand on le fait mourir.

Île Eniger

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