Présentation

Les mots sillons



Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.


A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.



Les équations absurdes, pour lesquelles aucune solution ne convient, sont qualifiées d'impossibles.
S. Larsson, La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

 

 

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«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante. C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux, tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."

Blaise Cendrars


affichePhoto-baudoin.jpgIls ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Roberto, Edmond Baudoin - oct. 2007


  

Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté 


 

(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.

 

L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.

 

L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :

 

- Ça va ?

 

- Bien.

 

 

 

Extrait de Point de vue

 
H. Grillot

 

 



...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est planté...



    

Couverture BD Café de la plage (Le) - (Intégrale) : Le café de la plage

 



... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque, lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard,
Le nom sur le bout de la langue




L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci


Faust demande passionnément à la vie que l'ambition
absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."

Goethe

 

Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...

Saint-Exupéry, Courrier sud


L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention.

Elle évoque les “commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines.

(...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”.

Elles portent en elles la vibration d’une lointaine source.

George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991

 


Bad news from the stars... Gainsbourg


Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire.
Nous écoutions.

Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951

 

 

 


Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied

Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium

Nicolas Bouvier, Les Indes galantes




Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.

Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T

Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !

Envoyez les couleurs !

Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...

Hervé Grillot

Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)

 

Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania

 

Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.

 

Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry 

 

Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure

  

A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.

                                                             Alain Gerber, Le lapin de lune

 

Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)

 

Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985

 

 Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont.  Hélène Grimaud...

 

«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara

 

« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).

 

Come As You are, Nirvana

 

A croire que tout est superficiel et rapide ici, nos tentatives pour cautériser le mal des profondeurs, comme nos échanges, nos mots de tous les jours ou nos élans de coeur, des hamburgers à emporter, pour tromper notre faim, la vraie.  Ludo K.  

 

 Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ?     Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956              

Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864

[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41) 

 
Pour écrire, il faut aimer, et pour aimer il faut comprendre.
John Fante, Mon chien Stupide, trad. Brice Matthieussent , p.142, 10|18  

 

 Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.

Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique

 

Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.       

 

Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !

Saint-Exupéry, Un sens à la vie

 

 

Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur

quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force

un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence

Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie

alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.

Cathy GARCIA

 

Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler  

 

 A Camilla, avec tout mon amour

Arturo

Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.

John Fante, Ask the Dust

 

 Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese

 

Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.

Jim Harrison, The road home

 

 - Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !

- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.

Clotilde Bernos, écrivain jeunesse habitant en Provence, sa fiche "auteur" sur Ricochet :

http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?id=1312

 

En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...

 M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)

 

Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ;  mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.

Roland Barthes

 

Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.

Wim Wenders, Les Ailes du désir

 

Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.

Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir 

 

Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.

Vladimir Nabokov,  Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991

 

Nous rêvons

d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture
faite par nous-même.

Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.

Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.


Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale

 

Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,

par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui

joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...

Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...

Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.

 

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Mercredi 30 janvier 2008





Tu n'es pas une héroïne de Conrad mais tu as des souvenirs persiques impliqués dans le quotidien. Des cailloux de soleil au fond de tes poches. Fétiches anciens.

Dans un café, tu te poses sur le tard, loin du tendre. Assis à la droite de ta nuit, un convoi d'hommes pingouins. Le joyeux cravaté de violettes Hermès t'envoie son baiser de la main. Boomerang, tu lui retournes dans les dents. Blanches. Douleur stoma. Il se calme. T'oublie. En sommeil lassé. Sa coupe de champagne complètement désaccordée... et quelques bulles de notes au piano de Paolo Conte. Alors tu sors, c'est l'été. C'est toujours l'été.

Un à un, tu sèmes tes cailloux de soleil sur la chaussée. Maintenant, maintenant tu as mal à la lumière. 




Mireille D. 26 juin 2000 (un texte ancien, on dirait... )


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par Mireille Disdero publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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Mardi 29 janvier 2008

 

Le site Fulgures.com, vous connaissez ? Non

Alors notez-le et préparez-vous, c'est pour février. Si les textes brefs and short vous tentent et vous grisent... "Amateurs de textes qui vont droit au but en quelques jolies passes, vérifiez le lien ci-dessous de temps en temps..." (phrase parfaite, annexée à Rollerpen Fulgures.com : le phoenix !  - qui va sûrement me faire un procès demain dès l'aube, quand blanchira etc.)






Des détails à se mettre sous les crocs sur Un Endroit... :

Alleluia, Fulgures revient sur terre !, la Team Fulgures
par Mireille Disdero publié dans : INFO. ACTU. PUBLICATIONS...
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Mardi 29 janvier 2008


Si vous aimez les textes courts, les récits écrits - par exemple - en écoutant Miles Davis ou Paolo Conte, alors... rendez-vous sur le site Un Endroit :


So what… Autisme, Mireille Disdero
Un endroit - Au café
 
28-01-2008

Voix Off - Autre ville, dit-on –

quelques sourires à traverser - bulles de mémoire éclatées –

 

 

Lire la suite...

par Mireille Disdero publié dans : TEXTES DE MIREILLE DISDERO
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Jeudi 24 janvier 2008



Sur  Un Endroit...  on travaille dur pour le concours :
Court, fort... et bien serré !

"C'est fait, le jury est sur orbite... le Tour du Monde de vos textes en quelques semaines !"... Alors en attendant les délibérations, voilà du Noir, du... à vous de lire. C'est ici maintenant et c'est du Hervé Grillot.


Et vous qui passez ici, si vous avez participé au concours, une petite info., je fais partie du jury avec Bénédicte, Pierre et Pascal.



 

 

La Grande Trahison

 

 

Larry sait tout ça, on le lui a assez rabâché, comme à vous et moi. Amorphe.

 

 

 

Larry laisse couler. Tout. Larry n’est plus là. Jamais. On l’entend respirer comme s’il dormait. Lentement, pesamment. Larry a les yeux grands ouverts mais il n’est plus là. A qui la faute ?

 

 

 

Pourtant, Larry a tout. Presque tout. Comme les autres. Comme vous et moi. Menottes derrière, lampe torche sur le côté, trousseau de clés y compris la pince du réseau incendie –la pince du réseau incendie !-, l’uniforme, la casquette et le badge « Pax universali ».

 

 

 

Larry a tout au sens du contrat social ; le vôtre, le nôtre. Mais Larry sent bien, là sur le côté droit, l’absence du colt et son étui graissé. Larry en chie de honte, de rage ; en chialerait bien s’il ne respirait pas comme s’il dormait. Larry n’est qu’une bougie soufflée. Un vigile émasculé.

 

 

 

Et pourtant, dans son coma d’impuissance, Larry sait parfaitement que tout va péter. Larry le sent. Ça, au moins, ils ne lui ont pas enlevé.

 

Larry connait la chanson, comme la poêle à frire avec l’huile, sur le feu. Calme l’huile, étale, bouillante. Manque plus que les steaks pour tout faire grésiller. Tout faire péter.

 

 

 

Justement, les steaks arrivent par le nord du hangar, en bande ferraillée – chargeurs bidouillés et canons sciés-. Les gars sortent tout simplement du dépôt avec leur butin. Larry ne bouge toujours pas. Respiration matelassée et point sur le côté droit. Comme vous et moi.

 

 

 

Larry ne se sent plus spolié. Trop bien dressé, il se campe au milieu de l’allée, jambes écartées, genoux fléchis, voix quasiment assurée : Les mains en l’air, salopards !

 

 

 

Larry et ses deux poings crispés sur la pince du réseau d’incendie.

 

 

 

 

 
 
 

Flash-back

 

 

 

 

 

Larry reniflait, mais pas de la morve de gosse, pas de la lave d’escargot. Non, Larry siphonnait simplement un cocktail étrange : honte, rage et impuissance. Harry pensait comme un diaporama. En flashs. Vision panoramique :

 

Le gars dans son taxi avec ses envies de mort. La femme et son landau dans les escaliers. Le flic au volant, ray bans et gants en peau. Marlon Brando au fond de la jungle, complètement timbré.

 

Larry voyait tout défiler sans jamais savoir pourquoi ça et rien d’autre. Larry et son Disney channel de l’horreur quotidienne.

 

 

 

Larry, quoi… sans cape et sans épée. Larry vigile de nuit au supermarché.

 

 

 

Et pourtant, bon dieu ! Malgré l’absence de tout, du flingue et de son badge assermenté, Larry continuait à veiller. Silencieusement, tout en mouvements feutrés, vision à 180º. Larry était en veille, en « pause », prêt à passer en « play. »

 

 

 

Larry se tourna soudain sur le côté. Larry arqué, et le rat des produits surgelés de détaler.

 

Larry comme un con, attendant la sentence : Coupez !

 

En haut, dans leurs globes, les caméras vidéo continuaient à tout enregistrer.

 

 

 

 

 

 

 

Permafrost

 

 

 

 

 

Larry assis sur la vieille chaise de dactylo. Toute déglinguée. Larry à regarder ses avant-bras ; à se demander, Larry, s’il avait à se les tatouer : qu’est-ce qu’il y écrirait ?

 

Larry et sa notion, toute relative, d’éternité :

 

« Allez vous faire foutre ! »

 

« Fuck your mother ! » et avec elle toute sa nichée.

 

 

 

Larry le voyait bien et le sentait aussi, ses veines toutes gonflées, son sang couler dedans, battre, oui, on aurait presque dit, alors, que Larry avait un cœur et pas ce permafrost d’incapacités.

 

 

 

Fallait voir Larry assis, la tête, le cou, les épaules, tout affaissés. Les deux coudes sur les genoux, les avant-bras et les mains à se toucher. Larry tuant le temps, payé à l’heure, à surveiller.

 

 

 

Larry tuant le temps… par Allah, quelle image ! Un truc à nous faire marrer. Larry immobile, bibelot à deux balles dans une farfouille de banlieue –pour les deux balles, surtout ne lui dîtes pas, il se mettrait alors en tête l’envie de les utiliser-.

 

 

 

 

 

Live

 

 

 

 

 

Dans le métier de vigile nocturne de supermarché, le plus dur c’est la fin de la nuit, quand il faut continuer à y croire, à fureter sous l’œil des caméras branchées.

 

 

 
 

Larry le savait parfaitement. Pire, quelque part, Larry aimait ça, se savoir regardé ; même si –je vous en prie, n’en dîtes rien à Larry- personne ne visionnait les bandes effacées tous les deux mois.

 

 

 

Donc, Larry continuait sa tournée, blouson ouvert, chemise et pantalon juste un peu débraillés. Larry pensait qu’ainsi, ça passait mieux à l’écran. Larry se souvenait même, à la télé, des gars sur le tournage, de la gueule à Kevin Spacey et du maquilleur avec son vaporisateur de sueur à pomper.

 

 

 

C’était trois heures, c’était la nuit. C’était Larry et son envie d’en rajouter. C’était pas Kevin Spacey, mais c’était pas loin du rayon poissonnerie.

 

Alors Larry, tout comme Sean Connery accoudé à la rambarde de son pont métallique, Larry s’arrêta à 3 h 04 mn 35 sec, ce mardi-là –si vous ne me croyez pas, visionnez la cassette !-. Et Larry, comme le ferait un bon flic du côté de Brooklyn, commença à tourner sur lui-même. Larry et son air de privé à moitié endormi, à moitié réveillé. Larry le prédateur sur le qui-vive.

 

Et toutes les caméras à le fixer. L’œil de la carpe, aussi, avec seulement, en plus, un soupçon d’incrédulité.

 

 

 

The end, brother !

 

 

 
 

Pouvez toujours rigoler. Mais moi je vous le dis : Depuis toujours, Larry s’y était préparé.

 

 

 
 

Ça y est, c’est arrivé. Comme Larry l’avait toujours dit : une nuit par la porte du fond, la sortie de secours. Montants forcés, pied de biche en levier. Les gars sont rentrés à six suivant les caméras. Puis ils se sont déployés pour piquer un peu de tout.

 

Oui Larry, tu le savais.

 

Non Larry, c’était pas ton jour de congé.

 

 

 

Bon dieu, rappelle-toi Larry, c’était la nuit du Noir à la télé. D’un coup et sans broncher : Usual suspect, L.A. confidencial et Chinatown ; Larry, tu t’en souviens ? Comme tu disais, pour rien t’aurais manqué ça.

 

Et les gars à l’autre bout, de dévaliser. Eh, Larry, tu t’en souviens ?

 

 Et Larry de se faire son ciné :

 

« Et puis merde Larry, arrête donc de chialer. Le gars du service du personnel te le dira : viré mais rien d’inscrit sur ton dossier. Tiens, d’ailleurs Larry, tu trouves pas ça un peu gonflé ?

 

Eh, Larry, t’installer comme Privé, ça te dirait ? »

 

 

 

 

 

Main courante

 

 

 

C’est fini, c’est plus la nuit. Malgré tout ce qu’il pourrait vous dire, c’est bien le seul moment où Larry pourrait réfléchir.

 

 

 
 

Sachant l’heure venir, Larry, en vigile averti, est déjà passé aux chiottes. Larry a pissé, a retroussé ses manches de chemise, a ouvert le robinet d’eau froide, a passé ses mains dessous, a à peine frissonné, s’en est foutu sur sa gueule mal rasée. Larry s’est savonné lentement, longuement –dis, Larry, tu t’en souviens ? Des kilomètres de pellicule avec Ventura, film après film, qui le faisait si bien, se laver les mains ?-.

 

 

 

Puis Larry s’est rincé, a fermé le robinet. L’eau coupée. Larry s’est un peu secoué les mains en se regardant dans la glace.

 

Oui mon gars ! Tiens-toi bien : tous les matins, Larry se regarde dans la glace, de face, tourne la tête à droite –c’est-à-dire à gauche dans le miroir-. Non, mon pote, que je sache, à ce jour, Larry n’a toujours pas vraiment élucidé ce mystère.

 

 

 

Mais n’empêche… Larry se passe la main sur les joues, son menton, sa barbe naissante. Larry aime voir la goutte d’eau, au bout de son menton, hésiter à dégringoler. Y a pas à dire, Larry aime bien forcer sur les détails.

 

 

 

Puis rapidement, sans vraiment s’attarder, Larry quitte le miroir, arrête son ciné, s’essuie les mains, sort, passe au bureau signer la main-courante, soigneusement, comme un jeune premier.

 

Hier encore, à la boîte, on m’a dit que Larry est un bon employé.

 

 

 

Et patatra ! Aujourd’hui, maintenant, comme un con, Larry qui met en joue des tueurs avec sa clé du réseau incendie…

 
La Grande Trahison, Larry !


Hervé Grillot

 

 

 

 


par Mireille Disdero publié dans : POETES, ECRIVAINS...
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Jeudi 24 janvier 2008



CARTER, David A.
600 pastilles noires
Gallimard, 2007
Livre animé

Livres animés, Jeux graphiques

Après la réussite de "Un Point rouge" et "2 Bleu", l'auteur, dans la même veine créative et colorée, nous convie tous - petits et grands - à la recherche et à la découverte de 600 pastilles noires. Un livre animé de sculptures de papier déployées dans un esprit toujours géométrique, spatial, très design, qui s'avère aussi ludique et ingénieux que les deux précédents.


Sélection de La Marmite à lire, comité de lecture jeunesse des BDR.

 

par Mireille Disdero publié dans : NOTES DE LECTURE
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Bleu et bleus





Inge Boesken Kanold, artiste peintre, a un intérêt particulier pour les couleurs rares, anciennes et perdues.

Pendant un long séjour en Asie, elle commence ses recherches en Indonésie où elle retrouve les premières traces d’une nouvelle récolte d’indigo. Les peintures des années trente sur l’île de Bali l’incitent à s’intéresser à l’origine de ces couleurs qui se composent de pigments comme l’ocre, le cinabre, l’orpiment, le noir de suie, le blanc des os calcinés.

Elle s’installe dans les années 80 à Lacoste en Provence. Les marchés du pays lui fournissent les coquillages dont elle a besoin pour recréer en 1993 une couleur perdue au VII e siècle de notre ère : le Tekhelet, le bleu de la Bible, qui n’est autre que l’indigo issu de la mer



Ecoutez, le soleil se couche sur le col de l'Assekrem. Jaune, ocre, bleu ciel, bleu outremer, carmin. Ciel, terre, montagnes et vallées.

 

Maurizio Maggiani



Cercle chromatique Von Goethe



Goethe




Le bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.

 

Mes bras sont bleus d'avoir cueilli du bleu pour mes arbres de lumière. B. Tirtiaux, Le passeur de lumière

Avant... le bleu fut la couleur de Déméter, la déesse du blé, de l'Egyptienne Isis, déesse de la magie, et d'Hator, déesse de l'amour. Dans la mythologie égyptienne, le bleu trace une frontière entre le profane et le sacré, et évoque à la fois la nuit étoilée et l'obscurité des eaux primordiales de la création du monde. Les Egyptiens cherchèrent donc des pierres bleues jusqu'en Mésopotamie. Le bleu du lapis-lazuli en a fait une pierre à la spiritualité incontournable de l'histoire de la Mésopotamie, de l'Egypte et de l'ensemble du Proche-Orient. Dans la mythologie sumérienne, le dieu Ninurta, après sa victoire sur les démons, aura béni la fameuse pierre qui a combattu à ses côtés. Le bleu intense de la pierre accompagnera les monarchies assyriennes puis babyloniennes. "Pierre de délivrance", le lapis-lazuli était aussi utilisé pour fabriquer des potions magiques.

En Europe, le bleu était aussi une couleur initiatique... Patrick Banon, Actes Sud Junior 2006

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Un bleu ? c'est aussi... neuf, novice, original, bizut, inédit, prosélyte, récent, débutant... 

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Persio, celeste, celestino, azzurino, turchino, pagonazzo, bladetto...

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Mes bras sont bleus d'avoir cueilli du bleu pour mes arbres de lumière. B. Tirtiaux, Le passeur de lumière

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L'indigo (la teinture à) est connu depuis le néolithique dans les régions où pousse l'arbuste (Inde, Moyen-Orient, Afrique). Bleu, Histoire d'une couleur, Michel Pastoureau - Seuil point Histoire 2006

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Je dis feu. Et c'est moi, Marc Chagall, qui entre à mon tour dans le tableau, portant les couleurs de la joie.

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Je voudrais des prairies teintes en rouge et des arbres peints en bleu. Charles Baudelaire

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C'est l'action réciproque de la lumière et de l'obscurité qui produit la couleur. G. Ohsawa

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Nous sommes en route et nos coeurs se prennent à battre en couleurs vertes et violettes. Naie pas peur. Ce n'est pas pour jouer. Si ma tête n'est pas là, elle s'attarde où il faut. Chagall

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Pourvu que je me souvienne du soleil ! Gustave Courbet (entrant dans sa cellule en 1871)

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Je lègue à mes amis
un bleu céruleum pour voler haut un bleu de cobalt pour le bonheur un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit un vermillon pour faire circuler le sang allègrement un vert mousse pour apaiser les nerfs un jaune d'or : richesse un violet de cobalt pour la rêverie une garance qui fait entendre le violoncelle un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat un ocre jaune pour accepter la terre un vert Véronèse pour la mémoire du printemps un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin un jaune citron pour la grâce un blanc pur: pureté terre de Sienne naturelle: la transmutation de l'or un noir somptueux pour voir Titien une terre d'ombre pour mieux accepter la mélancolie noire une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée 
(Viera da Silva, Le Testament)

 

ROUGE ! La couleur rouge a un statut à part parmi les couleurs. Couleur la plus vive, elle est la couleur par excellence, la couleur archétypale, la première des couleurs... Le rouge n‘est-il pas d‘ailleurs à l‘origine du nom d‘Adam, le premier Homme ? (...) Annie Mollard-Desfour, Le Dictionnaire des mots et expressions de couleur, CNRS éditions 2000

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 La mer, a dit le vieux Bahti, c'est l'endroit le plus beau du monde, l'endroit où tout est vraiment bleu. Il y a toutes sortes de bleus dans la mer, dit le vieux Bahti. Comment peut-il y avoir plusieurs sortes de bleus, a demandé Petite Croix. C'est comme cela pourtant, il y a plusieurs bleus...

JMG Le Clézio, Peuple du ciel (Mondo et autres histoires)

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... Bleu de cobalt : un rêve de bonheur.

(...) Bleu d'outremer : une eau étincellante.

Bleu zinsolin : la profondeur sous les nymphéas.

(...) Bleu ciel, bleu marine, bleu roi, bleu lagon, bleu myosotis, bleu pervenche, bleu saphir, les reflets dans la rivière.

(...) Bleu de Prusse : l'ombre sur le mur. Bleu de Delft : le soleil sur le mur.

Bleu cyan : la lumière du regard.

(...) Bleu d'indigo : l'infini du ciel.

Agnès Rosenstiehl, Bleus air, eau, ciel, Ed. Autrement 2001 (Petite Collection de Peinture)

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 Les couleurs sont des forces, Henri Matisse

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.. Un rai de lumière oblique entrait par la porte-fenêtre et projetait ses feux sur le verre à facettes empli d'eau teintée et sur l'émail de la boîte de couleurs. Ada... Sous l'oeil du soleil... V. Nabokov, Ada

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 Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge - Pablo Picasso

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Bleu Klein

En 1960, l'artiste Y. Klein a breveté un bleu particulièrement profond, sous le nom International Klein Blue (IKB). Entre 1960 et 1961, Klein a peint quinze monochromes en bleu IKB, dont l'un des plus célèbres, IKB 3, est exposé au centre Georges-Pompidou à ParisSources Wikipedia

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On était dans les montagnes ; il y avait une merveille de soleil levant, des fraîcheurs mauves, des pentes rougeoyantes, l’émeraude des pâturages dans les vallées, la rosée et les changeants nuages d’or. (…) Bientôt ce fut l’obscurité, une obscurité de raisins, une obscurité pourprée sur les plantations de mandariniers et les champs de melons ; le soleil couleur de raisins écrasés, avec des balafres rouge bourgogne, les champs couleur de l’amour et des mystères hispaniques. Je passais ma tête par la fenêtre et aspirais à longs traits l’air embaumé. C’étaient les plus magnifiques de tous les instants. Kerouac  http://raymondalcovere.hautetfort.com/archive/2006/10/18/toute-ma-vie-je-me-suis-arrache-le-cœur-a-ecrire-jack-keroua.html

 Celui qui met du rouge quand il n'a pas de bleu vous invite dans un monde barbouillé de couleur, de poésie et de vérité. Qui l'aime le suive ! Pablo Picasso

Texte veut dire TISSU

Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.

Pascal Ludovic Saissi, septembre 2006

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Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.

Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997

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L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme tourbillonne.
Beethoven

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Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.

Samuel Beckett