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LITTERATURE JEUNESSE - NOTE de LECTURE

Publié le par Mireille Disdero

Voilà une note concernant un ouvrage à contre-saison, mais pourquoi pas ?

Le Père-Noël noir, de Bruno HEITZ (album) - Palette 2004

Amusante parodie où nous apprenons que le Père-Noël est marié et qu’il lui arrive de faire sa tournée habillé en noir et barbe rasée. Ceci car sa femme ne veut plus s’embêter à laver son célèbre costume chaque fois sali par son passage dans les cheminées. Ce sera toujours ça de moins à nettoyer. Seulement, cette nuit de Noël, tout de noir vêtu sur les toits, le Père-Noël ressemble plus à Dédé la Terreur, le fameux voleur, qu’à un distributeur de cadeaux assermenté. La police l’attrape donc et le jette en prison. Pendant la veillée de Noël, Dédé la Terreur entend aux info. la terrible méprise de la police. Il la répare en se substituant au Père-Noël dans la cellule et peut ainsi recevoir son cadeau : une tenue de Père-Noël. La suite de l’histoire est que l’habit ne fait pas le moine : Dédé la Terreur sort de prison en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas et vole le traîneau du vrai, toujours pour les mêmes raisons. Seulement, au bout du voyage l’attend la terrible femme du Père-Noël. C’est ainsi que Dédé la Terreur se trouve condamné aux travaux forcés sa vie durant : distribuer des cadeaux, répondre au courrier etc. Quant au vrai Père-Noël, il s’est reconverti et passe par le bistrot tous les soirs en rentrant du travail. Mais jamais il n’accepte de revêtir le fameux costume rouge et blanc. Dans la vie, on a le droit d’évoluer.

Beaucoup d’humour dans cet album se donnant des allures de BD avec vignettes et bulles.

Les personnages de Bruno Heitz ont quelque chose des Pieds Nickelés et l’ensemble est tout à fait réussi. A partir de six ans et pour les grands également, sans restriction.

 

Publié dans NOTES DE LECTURE

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JARDIN DU CAUSSE

Publié le par Mireille Disdero

De Cathy Garcia

FÉVRIER


I

jardin du causse
soleil juvénile
la nature
perce l’ombre froide
plantée
au beau milieu je démêle
mes longs cheveux
passe un avion
vitesse méga V
agressif
militaire
un instantané
couleur cauchemar
à faire évanouir
les cloches midi sonnantes
au loin en écho
percussions sourdes
encore l’armée
camp de Caylus

jardin du causse
paisible
vraiment ?

II

jardin du causse
premières fleurs
la véronique
en robe bleue
si menue
si fragile
l’enfant
sa première fleur
entre les doigts
un pissenlit
astre charnu
jouissive découverte
arracher les pétales
désir de goûter
porter le soleil
à sa bouche
l’interdiction maternelle
provoque un sursaut
brise le tête à tête
concentré
enfant nature

jardin du causse
oiseau soliste
aboiements entêtés
ronron de tracteur
mélodie
d’un monde
en paix
cloche
coup solo
la demie
chipotis de mésange
interroge l’enfant
qui répond
par des bisous
applaudit
des deux mains
jacasserie de pie
techno champêtre
l’enfant écoute
la mère nomme
offre un sens


III

jardin du causse
étincelles d’herbe
ciel bleu nu
bout de bois
brindille
feuille
caillou
graines
trésors à foison
richesse de vivre
l’enfant
près de ses mères
ne connaît pas
l’ennui
prend à l’une
pour donner à l’autre
dépose un pétale
dans mes cheveux
arrache un cheveu
le mêle à l’herbe
chaque geste
précieux
terre prodigue
mère comblée
enfant reine
en son royaume
noblesse innée
de l’âme

jardin du causse
en son sein
offrir le sein
nourrir l’enfant
harmonie
plénitude

jardin du causse
calcaire
ossature effritée
une pierre
grosse
entre les doigts
petits
une branche
cachée dans l’herbe
dressée cornue
étrange
l’enfant l’observe
inquiète
s’approche
la branche bouge
l’enfant prend peur
se précipite en pleurs
dans les bras de sa mère
qui rit aux éclats
prend le bois
et le rompt
en petits morceaux
la toute puissance
maternelle
l’enfant rassurée
surmonte sa crainte
prend et frotte
le bois sur la pierre
nul besoin de jouets
l’essentiel est là
l’enfant ramasse
une longue feuille
poireau sauvage
la confronte à la pierre
offre le tout à sa mère

(...)

JARDIN DU CAUSSE

Editions A tire d'ailes

 

PREFACE (extrait)

Un long poème (112 pages) sur un cycle de l’existence, le déroulement des saisons en parallèle avec le mouvement intérieur des saisons d’une femme et sa richesse de vivre. En écrivant Jardin du Causse, Cathy Garcia franchit un seuil, une étape importante. Elle sait que dans une vie, plusieurs jardins sont cultivés et aimés. Tous comptent, sont essentiels. Avant de quitter celui-ci, elle note précieusement chaque éclat au fil des jours, patiemment et jusqu’à l’infiniment petit, sachant que ce sont les petites choses qui comptent et que le temps humain est court, la mémoire sélective ou incertaine. Elle écrit des moucherons au soleil car elle possède la connaissance de leur participation à la beauté de l’infime.
Ce beau poème apporte énergie et enthousiasme à celui qui le découvre.

(...) Une lecture régénératrice et harmonique, reliant la chorale des arbres, à

la fille
une pierre
dans chaque main
retrace les origines

Mireille Disdero - décembre 2004 (dans le jardin de La Barben en Provence).

Pour contacter Cathy Garcia et lire le poème en son entier : delit2poesie@wanadoo.fr

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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CARNETS DE VOYAGE - BUDAPEST

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

Foule fantôme des rues collées sur tes yeux. Le bois de ville. Un slalom blanc d’enfants à la patinoire, près du château, et les oiseaux aux ailes enflées de givre.

Pauvreté de ces corps étendus sur celui de l’hiver, peau contre pierre dans une cité à l’imagination si riche qu’il te faudra venir encore, arpenter tes pas résonance dans le corps du violon alto. Assis à côté de l’ange noir du Danube, un vieil homme joue sa vie. Il te joue et abreuve de vin chaud ses soirs frangés de neige. La musique, à travers les rues grimpantes, réchauffe un instant le pont triste frisson. Il chante les tziganes aux faubourgs de Buda. Il pleure la musique aux accords du vent quand, vers les coupoles de Hongrie, quelque chose de seul monte du cœur des hommes.

C’est l’amour, c’est l’armée morte des prés enchantés et la colline d’un été magyar. C’est la nostalgie dans la voix après mille ans de fuite.

Plus loin. Une marchande de petits soleils de papier surgit à l’intérieur du voyage. Quand tu auras acheté les bébés soleils, tu les laisseras s’envoler au ciel tels des nains lumineux accrochés à nos hautes solitudes.

Nous dormirons une nuit encore à Budapest, puis, les ailes d’acier déployées, nous nous engagerons dans un couloir du vent en direction de Bruxelles. Nous n’oublierons pas les soleils d’hiver.

 

Budapest - 28 décembre 2003

 

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AUTRES RIVAGES - NABOKOV

Publié le par Mireille Disdero

 

Toute poésie est, en un sens, une poésie de situation. (...) Le poète sent tout ce qui arrive en un point donné du temps. Perdu dans ses pensées, celui-ci tapote son genou de son crayon semblable à une baguette de magicien et, au même instant, une auto (plaque d'immatriculation de New York) passe sur la route, un enfant claque la contre-porte d'une véranda voisine, un vieillard bâille dans un verger embrumé du Turkestan, un grain de sable gris cendre est roulé par le vent jusque sur Vénus, un certain docteur Jacques Hirsch, à Grenoble, chausse ses lunettes pour lire, et des trillions d'autres choses sans importance de ce genre se produisent - toutes ces circonstances formant un organisme instantané et transparent dont le poète (assis sur une chaise de jardin, à Ithaca, N.Y.) est le noyau.


Vladimir Nabokov, Autres Rivages, Gallimard 1991

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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VESTIGES D'AMOUR

Publié le par Mireille Disdero


         


Silhouettes        Îles           pointées vers le ciel

Au matin du monde, l'Être séparé de son Être
nage du désir vivant en un souvenir qui dérive      lentement
son corps ouvert à la connaissance  
un tissu de peau déchiré
Partout en lui, la solitude tremble      Infinité

 

 

Photographie Mireille Disdero ©

 

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NEW YORK - KYOTO, Noëlle CARRUGGI

Publié le par Mireille Disdero

 

 

                                        Montagnes des Catskill
                                    Livinston Manor, New York

 

Dai Bosatsu Zendo
Monastère Zen

Sesshin


Vingt ans déjà… pas de muguet à New York mais les clochettes du mois de mai ont un son cristallin qui traverse le tumulte de la ville, me rappellent qu'il est temps - temps de partir. Partir pour prendre le temps de s'arrêter. Partir ou rester disait Baudelaire. La question demeure, perdure… Le choix suit toutes ses mutations. Où partir? Vers les îles ou vers le pays d'origine? Quel est le pays d'origine - est-ce celui de la naissance ou d'avant la naissance?  Puisque l'exil est terrain familier, continuons sur nos pas, partons vers l'inconnu. Devant nous sept jours - sept jours de silence et de pratique intense, sept jours coupés du monde pour mieux s'unir au monde.

Eido Shimano Roshi
Fier samouraï
Tes pas traversent l'espace temps

Pureté du tracé sur le pont de l'épée


Sesshin after sesshin
s'abandonner
apprendre à mourir là
sur le cercle du coussin noir.

Clouée sur le zafu
dans l'écartèlement d'une immobilité consentie,
irradiée par le feu intérieur
j'ai contemplé l'écoulement du temps
 
Inlassablement
égrené les secondes
jusqu`à l' épuisement des pensées
Jusqu'au non-sens

….

Acrobate de l'impossible,
tu auras pour filet
la trame des tes expirations.

Tu connaîtras le vertige
en épousant la tessiture du vide
et tu lâcheras prise

Amante de l'inconnu,
Dévêts-toi
Et pars nue vers l'étreinte

 

 


                                           Kyoto, été 1986


Myoshin-ji


Myoshin-ji, cité aux quarante-sept temples
Tu m'as ouvert les portes de ton enceinte
Sanctuaire.

Hana Zono Kaikan
Repos du regard dans la chambre fraîche
Beauté sans tache de l'espace nu
Géométrie parfaite des huit tatami,
Plages de paille jaune pale
 
Glissement silencieux des shojis…
L'ouverture de la paupière en papier de riz
Révèle la lumineuse simplicité
D'une branche de pin ondulant sous la brise.
 

(...)

Noëlle Carruggi

 

Noëlle Carruggi, est universitaire aux Etats-Unis et imprégnée de plusieurs cultures : elle habite à New York, vit avec un Japonais, a travaillé pendant une dizaine d'années avec un maître Zen japonais et aime la Corse et Aix-en-Provence où elle réside parfois et souvent...
Docteur en littérature, elle a soutenu une thèse de Lettres sur Marguerite Duras et a publié
Une expérience intérieure, le gommage de l' être en faveur du tout, traitant de ses romans La Vie tranquille et Le Vice-consul. L'influence de la pensée asiatique sur Duras, le lien existant entre esthétique et spiritualité, la place du vide... ces thèmes l’ont particulièrement intéressée dans ce travail.

 

Photographies Noëlle Carruggi, tous droits réservés.

 

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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ADAMANTANE

Publié le par Mireille Disdero

 

Incitation au voyage :

adamantane.orgue

adamantablogue passionnant et riche (il est conseillé de s'abonner à sa lettre périodique) propose : Étonnement systémique et libertaire : évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale -Ouvertures vers la pensée non conformiste.

Le site source de ce blog : adamantane.net :

http://www.adamantane.net/clefs/index.html

 

Il appartient
à chaque homme,
pour son propre compte,
d'ordonner l'univers,
en l'arrachant
à la confusion
matérielle,
mentale
et morale
pour le faire passer
du chaos
au cosmos.

Georges Gusdorf

 

Il faut porter
encore en soi
un chaos
pour pouvoir
mettre au monde
une étoile dansante.

Friedrich Nietzsche
Ainsi parlait Zarathoustra

(Citations tirées du site)

Plutôt que de résumer ce que vous pouvez trouver à la fois sur le blog et sur le site, je vous invite à vous y rendre et à y voyager.

 

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NOUVEAUX DELITS 18

Publié le par Mireille Disdero

Le numéro 18 de la Revue de poésie vive et dérivés Nouveaux Délits vient de paraître.
 
http://monsite.wanadoo.fr/nouveauxdelits

A propos de Nouveaux Délits
voilà une revue de poésie vive et dérivés sans frontière, éditée sur papier recyclé, responsable : Cathy Garcia, poète rmiste http://monsite.wanadoo.fr/delitdepoesie
Illustrations nb originales, une belle jaquette couleur kraft
Incisive, subversive, tendre, grave, légère, tout à la fois.
Auteurs à déguster, citations à méditer.

Cathy Garcia nous présente le sommaire du N° 18 :

Mes complices du Délit de poésie : Claudia Ainchil (Argentine), Eric Gilberh (Paris), Nicolas Gille (Yvelines)

Délit cash : quelques Versets de chair et Papiers de fortune avec une comptine en prime de Anne Archet (Québec)

Délit de sang : La fête et La brebis galeuse de Rubén García García (Mexique)

Délit froid dans le dos : Aire de repos et Des inconnus de Daniel Teulade (Lot)

Illustratrice invitée : Anaïs Aillet (Lot) ana_orma@yahoo.fr



 

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CHANTS DU PARADIS

Publié le par Mireille Disdero

Alain Castets

Tour du Mont Viso, août 2004

Le Mont Viso s'élève à près de 4000 mètres.
Dans la vallée où naît le Po, les habitants
l'appellent le Re Viso, le Roi Visage.
 

Chant sept


La terre amour est ma seule ancre


Nous marchons sur des eaux de pierres

Et plus ne peut m'accrocher l'éternelle jeunesse
Ni la récitation par coeur de la peau et des cendres
Jetées aux ciseaux du hasard

J'accueille avec affection le vivant, sa tendresse
Joies des papillons, clins d'oeil des fleurs muettes
Et ce chamois couché sur le divin. Tant de confiance  
Le tour de chance éclairs-soleils passe comme un éclair
Il faut cent vies pour comprendre
Amis défunts sur des os de merveille

Tous les soleils tous les étés sortiront de la nuit
Souriront à mon vieux sentiment de ciel gris
Instant nu oisillon non sauvé par les mots
Sans gouvernail est la durée ! 
Ouvrant le parapluie solitude 
Seule est restée du corps la certitude
 

Il y a les ressacs et diadèmes de l'oeuvre humaine 
La pieuse et pierreuse avalanche des idées
Gare à leurs odyssées d'étincelles !   
Nous naviguons à vue, frissons lumière
Petits bateaux papier de fête
Au détroit de secours, entraide et douceur

J'essuie l'humanité mazoutée à sa brillante écume
Si meurtrie dans sa gloire et fanfares de violence
Son âme coincée pleure dans la préhistoire
 En totalité je l'assume
Tout va très vite avec les marchands de séismes
 Pour bientôt la panique à l'éclat de mort 
Pour toujours ma joie ma peine et ma cuiller d'amour

Nous marchons sur des eaux de pierres...
Déjà maintenant n'interrogent plus les ports
Le désastre attend pérore et nous voit, mon amour
Au devant où vertical nous somme
 Du roi Viso l'inouï visage
Fermant le parapluie aux sifflets des voyages

Nous fondons unis l'idéal précipité des astres
L'accord aimanté qui tend le droit fil terrestre
Jour et nuit sont nos mains d'amour au corps d'encre
Arrive en moi, écris la rive arrondie du paradis
Tu portes mon regard comme un chant de coquelicots
Blanc d'abeilles

                           La terre amour est ma seule ancre
 

 Alain Castets

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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UN RUBAN DE PAPIER...

Publié le par Mireille Disdero

 

Un ruban de papier jaune soleil... Je l'accroche à la page. Du crépon ! Au toucher il fait doux froissé sur la peau. En haut de la feuille, une photo. Atmosphère à deviner.
Ici tout est beau, bêtement, comme sur les cartes postales. Bleu intense parmi les bleus, et blanc aussi, quand je ferme les yeux.

J'aime la mer. L'écouter.

Au fond de l'enveloppe, des grains de sable. Leur bruit aigu de vague fossile. La mer, nappe immense de couleurs sous mes doigts. Les teintes se mélangent, ardoisent les mirages.

SUD. Sensation de chaleur. Vivre une présence.
J'écris allongée sur le sable. Il trace de toutes petites marques sur la page. Eblouissement aussi, en ombres solaires. Je dessine un carré au milieu de la feuille. A l'intérieur, elle s'engouffre et se concentre. Vivante.

Lorsque tu déplieras cette lettre, la lumière s'échappera sur tes yeux une seconde, t'aveuglera, puis tu liras carré de lumière à libérer  comme un papillon dans un filet.
Et pendant un instant, tu penseras à moi, je sais.

Mireille Disdero

Extrait de Nuange, collection de Sables,

© Ed. Alba 2003


 

 

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