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L'ANNEE DE TOUS LES DANGERS

Publié le par Mireille Disdero

The Year of living dangerously, Peter Weir 1983 (Australie)

Les acteurs : Linda Hunt - Mel Gibson - Sigourney Weaver, Bembol Roco, Domingo Landicho, Noël Ferrier...

 

Pourquoi ce film ?

C'est le dernier que j'ai eu envie de visionner en 2006 et puis... les longs métrages de Peter Weir me laissent rarement indifférente (souvenez-vous de Witness, Mosquito Coast...).

 

On est en 1965 en Indonésie, à Djakarta. Guy Hamilton est un jeune journaliste australien fraîchement débarqué du continent. Le voilà dès les premiers instants confronté à l'Orient. Un putch militaire se prépare, le peuple meurt de faim, les journalistes australiens, européens etc. ne "travaillent" pas cet aspect des choses pourtant fondamental, faisant l'impasse en pratiquant l'insoutenable légèreté de l'être... 

 

De l'aventure (mais pas autant qu'il se pourrait), une histoire d'A. et un beau "pigeon voyageur", le personnage de Billy, admirablement joué et transfiguré par Linda Hunt... l'écriture faisant écho avec la machine à écrire (ce n'est pas une Underwood), la voix intimiste et le ton littéraire de billy qui offre sans y paraître des références culturelles nuancées et un vécu à l'humanité tendre et pudique... sans oublier dans ce film, l'ingrédient "beau gosse" servi par Mel Gibson.

 

 

 

 

Le voyage initiatique peut être entrepris par le biais de certains films, de certains livres, de certaines personnes qui explorent, initient...

Billy - à travers L'année de tous les dangers - tient le rôle d'initiateur, d"axe humain" : c'est par lui que se joue l'intérêt de ce film.

 

 

 

 

 

 

The Year of living dangerously,

d'après le roman de C. J. Koch (qui a également participé au scénario du long métrage).

 

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BLACK AND WHITE

Publié le par Mireille Disdero


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tu descends

te défais de tes peaux

serpent blanc

tu descends

 


Tes éclats coupants

s'éparpillent au fond de ta poche

tu les chasses d'un mouvement

écrases ton paquet de blondes

périmé

 

 

Au Saxo Black

la foule numide et close

quelques amis éparpillés

le tumulte de la terre

cette forge dans la nuit

ranime ton coeur à blanc

 


Tu descends

te défais de tes peaux

serpent pâle

tu descends

 
 

Une lumière nécromancienne

te guide vers les hauts-fonds

cernés au coeur, tes yeux ouvrent la musique

les notes

bougent à l'intérieur de toi


Et tu descends

te défais de tes peaux

des souvenirs effondrés

serpent tué à blanc

tu descends

 


La nuit bouge dans ton sommeil

et tu la sèmes, aimes en black and white

deux notes accordées dans ta nuit qui joue...

 


Mireille D.

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ARBRE

Publié le par Mireille Disdero

     
Si tu veux réussir à ce que vive un arbre
projette autour de lui cet espace intérieur qui réside en toi...

R. Maria Rilke,
Vision intérieure et perspective inversée

 

 

 Arbre écorce à lire
 Effet d'or sur la peau
Poussière de magie blanche

 


 Nos voix dedans me parlent
 une histoire à dormir
 Deux bouts de moi morts
A brûler
 A oublier de l'intérieur

 

Raconte à mes rêves

 

La terre en ses bras te serre
 Et je deviens elle et tu es sans cible
 au vent là-haut qui murmure
 les ailes du soleil que tu bois

 

Te vivre
 Ecoute-moi dense écorce à caresser
 De l'intérieur tu me grandis
 j'ai tout ton temps
 Tes siècles

...

Mireille D.

 


Le jardin des plantes

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HOMME DE TERRE

Publié le par Mireille Disdero

 


Ghyom, tout au creux de nous plonge les tisons de sa semence.


En son nom des femmes brisent les vitrines où l'on vend du petit matin pour une bouchée de pain. Au-dessus des villes elles font de leur corps un ballon de couleur en courant ascendant. Apesanteur. Fragiles oiseaux ronds privés d'ailes, elles perdent tout sauf la couleur.

 

L'homme né de l'humus vit des instants qu'on lui concède.

 

Dans un café frileux nous nous regroupons pour écrire un secret à passer de main en main. Nous absorbons une liqueur terreuse, tremblons un peu d'exhumer le sens qu'il nous lègue en profondeur.
Après le jour, la nuit, le jour, la nuit aux portes des villes, sa poussière dépose quelques nouvelles du monde. Passe notre chemin.

 

Traces de son errance dans la poussière, femmes envolées, chercheurs, archéologues attentifs aux racines, odeurs des couleurs humides.

 

Et toujours à l'heure du secret, le profond déployé d'un homme de terre déraciné.

 

Mireille D.

  
Homme : Famille d'une racine indo-européenne "ghyom", terre.
En grec khthôn, "terre" et "souterrain"
En latin "humus"
Homo, hominis,  homme, créature née de la terre.
(Robert, dictionnaire étymologique)
En Persan (Iranien, Afghan), "Ghyom" signifie "la planète terre".


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METEORE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Ici. Tu avances à bord de tes pensées tout-terrain

plonges ton regard d'eau dans les cartes du monde

 

Des rues. Des puits.

Les boutiques obscures et closes ouvrant le soir avec tes souvenirs

Des soupirs de chiens derrière un grillage où tu laisses pousser la poussière

 

Chasseur de nuages          météore

 

Là-bas. Voix et corps en rouleaux

racontent les éboulis de vies          l'arc du vent

Là-bas, là-bas tu écris à même ta peau

à même la peau

et jamais ne plies sous la pression de l'encre

 

Tu avances

face au soir qui te colle à ses murs de solitude quand

habitant l'hiver tel un météore

tu prends feu dans la neige fondue au noir

Ici

 

Mireille D. Décembre 2006


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L'ENVERS DU PARADIS

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Zelda et Francis Scott Fitzgerald

 

 

 

Nous ne voyons que ce qui passe

Et nous l'aurons oublié...

Chassé

Désirs fondus avec la neige,

Nos rêves d'aujourd'hui

Les aubes soudaines saluées de nos rires,

Chacun pouvait les voir, nul ne les partager,

Ne seront plus que l'aube.... nous rencontrer

Nous laissera indifférents.

Pas une larme ne nous viendra...

Dans si peu de temps

Pas un regret

Au souvenir d'un baiser -

Pas même le silence

Entre nous deux

N'offrira à nos ombres une lande commune,

La surface de l'océan n'en sera pas émue...

Si des formes troubles dérivent sous l'écume

Nous ne les verrons pas.

(...)

... Mais la sagesse passe... Les années

Persistent à nous l'enseigner... Le temps

Retournera en arrière... De toutes nos larmes

Nous ne saurons rien.

Francis Scott Fitzgerald,

L'envers du Paradis 1920

 

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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LA SAISON ROUGE

Publié le par Mireille Disdero


 

 

 

Tu habites la vague hissée à ton rêve
l'embrasure à bord du train de vie
plein cœur sous le manteau des solitudes
cette nuit blanchie a déchaussé ton pas

 

Tu habites ma joue un claquement de larmes
contre le nid du vent les ombres en guenilles
dans tes semelles abandonnées
cette nuit blanchie a déchaussé ton pas

                                                             

Mireille D.

 

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FEU

Publié le par Mireille Disdero

  flamme.jpg

 


FEU

 

Midi, soleil soudé à la lumière
Poussières des passants de la mémoire
 
Ton souvenir reflète
au mur une lézarde absorbant la clarté
un nid de folie
 
La beauté rôde en nous et pille tes couleurs
les passants à travers toi dérivent
dans un sarcophage                odeur oppressante du camphre

Ton absence
reflet d'un feu dans mes cheveux


 
Mireille D.

 


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NICOLAS COTTEN

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

Yourte de nuit

les étoiles dorment

à même le sol

 


Quand la brume vient

et traverse les campagnes
 
la nuit se fait longue

 

 

 


Dernier vent d’hiver

minuit n’est toujours pas né

dans ce nuage

 

 


Un instant seul et

abandonné par le vent

je cherche ma terre

 

 

 

 


Pour franchir la porte
 
il faut vivre rien qu'une fois
 
sur le pont de lunes

 

 

 


Lune du matin
 
apparaît dans un rayon

s'enfuit pour toujours

 

 

 


Nuit froide

mon souffle et moi dans la nuit

ne font qu’un
 

 


 
Nicolas Cotten

Photo Noëlle Carruggi


 

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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ULTRAMARINE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

 

 

 

 

 

 Epave en Méditerranée, photo de Jeff

 

 

 

Le sel farde mon regard liquide
égouttant le chant des murènes
je vous envoie mes nouvelles de l'envers du paradis *

Mon coeur renversé sous les vagues
une tasse bleu acqua
et personne jamais pour ranger les couleurs
leur odeur dans mes images

Depuis des jours je plonge aux ravins
touche les marches où perce la lumière                    d'en bas
elle m'enveloppe, la tête à l'envers
Je me souviens la rocaille des mains
pression du corps d'eau
en apnée

Une carte aux trésors d'embruns
j'apprends le vertige du crabe
l'odeur de l'aube sur l'horizon                                                                                                                                         
je la prends à coeur
cherche un soleil liquide

Mes soeurs agacent la douceur
au zénith, je pars pêcher les murènes
 
en rêve

J'imagine que vous êtes quelque part où je n'insiste pas

Où je n'insiste pas j'existe... ultramarine, mouvante

en Méditerranée

 

Mireille D.

   



* L'envers du paradis, (This Side of Paradise, 1920), F. Scott Fitzgerald


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