Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

GUADALQUIVIR - BRIGITTE FONTAINE

Publié le par Mireille Disdero

A écouter après l'avoir lue...

 

Sur le Guadalquivir, brillant serpent musclé
Au milieu du désir de Séville embaumée.
Le safran l’oranger, la poudre et la vanille,
On aimerait voguer le feu aux écoutilles.

On aimerait traîner comme un millier d’amour,
Dans les rues envoûtées qui s’endorment toujours.
Boire le Daulphino assassin et goûter
Le cœur noir des taureaux dans des bras étrangers.

On aimerait songer près des oranges mûres,
Sous la vierge sacrée éclaboussée d’or pur,
Entouré de jasmin, d’ordures et d’encens,
Insulter l’être humain chérir la transcendance.

On voudrait tant danser enlevé jusqu’au nu
Vole pesant et brasier muscle d’acier fondu
Demi évanoui et piétinant féroce
La poussière éblouit dans le sang de la noce

Alors on rejoindrait six milliards d’étoiles
Dans la vapeur de l’air entre les maisons pâles
Et puis Guadalquivir cavale de la nuit
Son ombre est un plaisir enragé d’infini.

Brigitte Fontaine In Keke Land

Publié dans PAROLES, CITATIONS

Partager cet article

Repost 0

ANNEES FALAISES

Publié le par Mireille Disdero

 

train-de-vie.jpg

 

 


 

Au bout des années falaises       

bras ouverts et peur noyée

J'aime le sommeil qui s'allonge avec toi

les objets simples s'accordant à ta main


Je pense aux années falaises       où courir

dans une vie qui vient et va

J'aime l'impact du soleil brûlé

ici, là.

Mireille D.

Infographie B. Flucha

Partager cet article

Repost 0

LETTRE A L'ÊTRE

Publié le par Mireille Disdero

 

Extrait d'une lettre de Claire à son père (elle a une dizaine d'années)...

 

 

10 Juillet, couleurs-chaleur

Papa, cher papa

Un ruban de papier jaune soleil, beau

Je l'accroche à la première page de la lettre.
Il est pour toi.

C'est du crépon. Tu sais, le papier des travaux manuels à l'école, celui que j'aime bien. Au toucher il fait froissé doux sur la peau, contre la joue. Avec Annie on fabrique des fleurs et des guirlandes, pour la fête du Pradet. Les miennes sont jaunes, vertes et de toutes les tailles. Je découpe sans plus respirer, jusqu’au moment où il ressemble à quelque chose ! Annie me dit que je ne suis pas Jacques Mayol pour tout le temps “vivre en apnée” (ses mots à elle). Alors j’éclate de rire !

En haut de la feuille, à côté du crépon, j'agrafe une photo.


Avec Annie on a retrouvé le chat de monsieur Vergnes, enfermé dans la pergola des orchidées. Il est là, sur la photo. Plutôt mignon, le genre à se faire tirer les moustaches et la queue. Il s’appelle Shamra, ça veut dire Petit Nuage en Syrien (je crois).

Il a maigri. Tu te souviens de lui ? Avec la photo accrochée à ma lettre, tu te rappelleras. Ne la jette pas quand même ! Annie a perdu le négatif. Elle pense qu'il a dû tomber de son sac, sur la plage des Oursinières. On est loin de ton monde informatique, ici. Les photos ne sont pas numériques, je n’aime pas trop me servir de l’appareil que tu m’as offert, alors les photos restent des photos si on n’y fait pas attention elles disparaissent, comme par désenchantement, parce qu’on ne les grave pas sur un CD-ROM, elles sont mortelles, pas virtuelles. Elles se cornent et disparaissent, comme les gens, comme grand-père, au mois d’octobre de mon anniversaire. Pour les photos, si ça arrive, on râle un peu puis on les oublie, mais pas pour les gens. Maman n'était pas une vieille personne comme grand-père, pourtant ça lui est arrivé ; oncle Jeff a dit un texte avec la voix qui tremble puis il a laissé jouer la musique de Bach et toi tu as pleuré avec moi. TOI. Sans faire de bruit, sans te moucher. Franchement mon papa d'amour, je préfère les vraies photos, sur le papier, plutôt que celles de ton ordinateur. 
Derrière ton écran (même plat) tu es encore plus loin de moi. A des années lumière. Remarque, j’aime la lumière...


Papa ne te fâche pas quand je te raconte ces choses là ( je ne peux pas te mentir, ni tricher, ni jouer à être bien pour te faire plaisir. Je ne peux pas, même si j'essaie souvent, pour que tu ne t'inquiètes pas). Je referme la parenthèse sinon on y sera encore demain ! C'est une des phrases préférées de la marchande de glaces italiennes quand je fais la queue et que j' hésite entre fraise-vanille et framboise-cassis. Elle n'est pas gentille mais c'est la maman d'Elisa, une copine de la plage des Oursinières.  Alors je ferme les yeux très fort avec beaucoup de plis autour pour gagner du temps et attraper la maladie des rides avant tous ceux de mon âge. Un record. Oh, c’est nul, je sais.

Annie m'appelle. Je reviens tout à l'heure t'écrire, mon papa.

                         Bisous au miel de châtaignes
souvenirs du petit-déjeuner
                                           ce matin.
Juste le soleil et moi.


Claire  (de lune… et de soleil il paraît... c'est Annie qui le dit)

 

Mireille D. Texte extrait de La Boîte à l'être (roman jeunesse)

 

 

cam-oasis.jpg

 

 

Partager cet article

Repost 0

LE PEINTRE ET LE PHILOSOPHE

Publié le

Les éditions complicités
entre l'art et la littérature nous informent :
Jusqu'au premier juillet a lieu une exposition intitulée Rembrandt et la nouvelle Jérusalem, juifs et chrétiens à Amsterdam au Siècle d'or, Musée d'art et d'histoire du judaïsme, 71 rue du Temple, 75003 Paris. Mo Rambuteau. 
Nous venons de rééditer le roman, Le peintre et le philosophe ou Rembrandt et Spinoza à Amsterdam, dont le fil conducteur est en lien direct avec la problématique de l'exposition.
Pour en savoir plus et commander cet ouvrage directement en ligne (vous trouverez également cet ouvrage chez votre libraire et dans la librairie du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme), cliquez ici
 NC

Partager cet article

Repost 0

RECOLTE SACREE

Publié le par Mireille Disdero


Elle



Raïma sans murs

courant d'amour en torrent

loin, les vanités souriantes


Corps replié déplié étiré

univers-mouchoir-immensité

                                       pierre portée

au ventre d'un rêve lancinant

 


Elle


Hors la soie

loin la nuit

déshabillée en mémoire pluie   

    le corps léger de pierres récoltées      en dansant

 

 

               Mireille D.


 

Photo Hervé Grillot

 


Partager cet article

Repost 0

EDITIONS TAPUSCRIT : MAG UN ENDROIT... N°001 : VILES VILLES

Publié le par Mireille Disdero

Mag Un Endroit..., Hervé Grillot nous écrit :

 

Le recueil Un Endroit... nº001 enfin en ligne !

 

 La publication du premier recueil Un Endroit... a pour but de réunir sous un sujet commun des textes ou articles parus sur le site du même nom.

*

Ce fut long, très long... des choix cornéliens sur le format, la mise en page... et puis voila : format A4, double colonne, simplissime, vous imprimez et vous agrafez en haut à gauche... 18 pages avec du contenu, et c'est bien là le principal, non ? Une édition couleur sympa, ou sinon, en noir et blanc, ça le fait aussi !

 

Plus important, le sujet : Viles villes ?

Nos villes, incontournables aujourd'hui et plus encore demain, sont-elles à la hauteur de nos espérances ? Dix-sept "endroits" où, à chaque fois, deux auteurs (ou réalisateurs) ont trempé leur plume pour combler notre passion : la lecture.

Enfin et comme d'hab : un recueil des éditions Tapuscrit, gratuit, à consommer sur place ou à emporter !

 

Partager cet article

Repost 0

L'AUBE A UN GOÛT DE CERISE

Publié le par Mireille Disdero

 

... De Raymond Alcovere



L’aube a un goût de cerise




Je suis parti et voilà que le monde s’ouvre à mes yeux. Le vent fait claquer les voiles, le jusant doucement nous éloigne. Les cris des marins se répondent. Les os du bateau craquent, son grand corps de sel et de vent s’ébroue.


Le navire s’enfonce. Une femme chante un refrain des îles. J’emporte les bribes de ce rêve. Musique.


L’horizon se mire dans la mer, palette, giclées obliques. Puisse l’espace être toujours aussi immense, incertain autour de moi, reflets cristallins - l’inutile est si beau ! – dans l’ombre de cette immensité fauve, faunes dansant, bleu-noir en abîme.


La nuit est cantilène, frémissante. Ciel vineux, orages, grondements sourds, ordalie de la nature, cruauté des éléments, ivresse des nuages, flèches et oriflammes tendus en toile d’horizon.


Au loin s’avancent les Grands d’Espagne, lutte rageuse et férocité de la nature. Milliers et milliers de bateaux accostés ici, avant de se livrer à l’océan, en un geste désespéré. Tout revient à sa vérité première.


Lueur étalée, rideau cramoisi, le navire, toutes voiles dehors, déchire d’un trait aquilin les flots turquoise, poissons volants, dauphins batifolant, nuit rouge s’abattant, ciel turquin, lueur d’or qui s’efface, vert paradis de la nuit. Liberté enfin.



* * *



Une aube irréelle. Elle est apparue, éparpillée et légère, fluide, en écharpes lentes. L’espace, transpercé de vide, vapeurs blanches dans un halo doré, a refermé sa coquille de silence.


Vent, feu, soleil, font trembler les limites, la neige elle, évapore, dissout, recouvre. Reste une pureté glacée, à croquer le ciel, étoiles blanches immobiles, sucre candi, à figer le mouvement.




La neige épouse les contours et les ombres, toute lutte remise à plus tard, dans un silence de feutrine.


Il fait froid mais je le sens à peine. Le ciel râpé de couleurs saigne à nouveau. Des voiles, échappées de l’île, s’effacent.


Nous quittons cette anse redoutable, si bien protégée, en pointillé sur l’océan fabuleux. Ivresse saline de la mer. Au milieu de l’océan, la terre paraît moribonde.


Bleuités mauves. En fines particules. Dentelles à peine ouvragées dessinant une clarté verte, tourbillonnant, en une seule nappe de nuit.


L’humidité de l’air happe les songes et nous plonge dans un halo de pluie.


L’atmosphère a cette pureté neigeuse, gravée dans ma mémoire. Laiteuse clarté lointaine. Sourire de la mésange.


Limites mouvantes entre le ciel et la mer. Parfum d’amarante.


L’aube a un goût de cerise.

Raymond Alcovere

 

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

Partager cet article

Repost 0

LA MAIN COUPEE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

(...)

"Mais le cri le plus affreux que l'on puisse entendre et qui n'a pas besoin de s'armer d'une machine pour vous percer le coeur, c'est l'appel tout nu d'un petit enfant au berceau : " - Maman ! maman !..." que poussent les hommes blessés à mort qui tombent et que l'on abandonne entre les lignes après une attaque qui a échoué et que l'on reflue en désordre. "Maman ! maman !..." crient-ils... Et cela dure des nuits et des nuits car dans la journée ils se taisent ou interpellent leurs copains par leur nom, ce qui est pathétique mais beaucoup moins effrayant que cette plainte enfantine dans la nuit : " - Maman ! Maman !..." Et cela va s'atténuant car chaque nuit ils sont moins nombreux... et cela va s'affaiblissant car chaque nuit leurs forces diminuent, les blessés se vident... jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un seul qui gémit sur le champ de bataille, à bout de souffle : " - Maman ! maman !...", car le blessé à mort ne veut pas encore mourir, et surtout pas là, ni comme ça, abandonné de tous... et ce petit cri instinctif qui sort du plus profond de la chair angoissée..."

La Main coupée, Blaise Cendrars, Denoël 1946

 

Publié dans PAROLES, CITATIONS

Partager cet article

Repost 0

LIBAN

Publié le par Mireille Disdero

           

MARSEILLE. Dans le cadre de la semaine libanaise qui aura lieu du 2 au 6 juin 2007, l'écrivain Gérard D. Khoury viendra signer son livre, La Tutelle coloniale, publié aux éditions Belin, le samedi 2 juin 2007 à 18h.

Centre de culture et d'information sur le monde arabe
Librairie Orientale
13, rue St-Savournin 13005 Marseille
Informations complémentaires :
lib.orientale@free.fr
 

Présentation de l'éditeur

Quels ont été les fondements et les conséquences de la politique française au Levant après la Première Guerre mondiale? La correspondance et les notes inédites de Robert de Caix apportent un éclairage nouveau sur cette période capitale de l'histoire du Proche-Orient. Robert de Caix, avant d'être nommé secrétaire général du Haut-Commissariat à Beyrouth, fut chargé par Clemenceau de traiter des questions d'Orient avec l'émir Faysal et de contrebalancer les ambitions anglaises, portées entre autres par le colonel Lawrence. Le refus de l'unité arabe, le découpage des provinces de l'Empire ottoman en autonomies locales, fondées sur les divisions communautaires, la rivalité franco-anglaise dans la fixation des frontières, sont à l'origine des problèmes actuels de l'Orient arabe, quand bien même les acteurs de cette région ont une part, même mineure, de responsabilité dans leur destin face aux menées hégémoniques des grandes puissances. Ce tableau de la diplomatie secrète française prend un relief particulier avec la guerre de l'été 2006 au Liban et celles qui se déroulent en Irak depuis 2003.Les Américains, et leur allié israélien, s'inscrivent dans la lignée des politiques coloniales qui, depuis Robert de Caix, s'élaborent dans le même projet de fragmentation du Proche-Orient et d'appui accordé aux minorités, pour briser toute tentative unitaire et asseoir leur influence.

L'auteur
 
Historien et romancier, Gérard D. Khoury a publié, entre autres ouvrages, La France et l'Orient arabe. Naissance du Liban moderne (1914-1920) et Un siècle pour rien. Le Moyen-Orient arabe de l'empire ottoman à l'empire américain (en coll. avec J. Lacouture et G. Tuéni).
 

Partager cet article

Repost 0

CROMLECH

Publié le par Mireille Disdero

 

Cromlech

 


Couronnes de granit, passage de la lumière

Les lignes de forces

Convergent dans nos mots

 


A l'âge de pierre en nous

Le soleil boit l'ombre du rêveur de vie

 


Puis il s'allonge sur l'herbe flamme

Ses rayons jouent la harpe en solstice

 


Une fenêtre de granit s'ouvre

Nous cueille dans le mouvement

 


Passagers de la lumière et du temps...



Mireille D.

 


Partager cet article

Repost 0

1 2 3 > >>