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BATTEMENT...

Publié le par Mireille Disdero

Pas d’aile, pas d’oiseau, 
pas de vent mais la nuit, 
rien que le battement d’une absence de bruit. 
Guillevic





Ca arrive parfois, en début de nuit, quand le vent cesse, quand on est comme ça, planté dans le refus de dormir. 

Le marteau du silence... dans les oreilles. A fond. On écoute battre son coeur et, comme quand on était petite, on bouche ses oreilles avec ses mains, complètement, pour faire le silence du monde, pour s'apaiser. Mais le bruit du sang, le bruit de la vie est là, on ne peut jamais l'arrêter. Il faut dormir avec, avec ce bruit de la vie en soi... comme un torrent.  
MD
  

blue-jean-marie-renault.jpg  


Blue, J.-M. Renault                                                                 


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UNE CITE - FEUILLES DES JOURS - JUILLET 2007

Publié le par Mireille Disdero

 

Dans une cité perchée comme un nid d’aigle

au-dessus de Marseille,

vivent tragiquement des familles venues de tous les horizons de la Méditerranée :

Italiens, Espagnols, Arabes, Arméniens… et Français de souche… 


Robert Guediguian, « L’Argent fait le bonheur » 1993

 

 

 

 

Une cité

 

 

 

 

La voiture ralentit mais on ne s'arrête pas.

 

A Marseille Nord Littoral

personne ne rêve de connaître la cité

ni son regard vers la mer au-dessus des quartiers.

 

La Castellane, la Bricarde

Saint André, Saint Henri, saint Louis, l'Estaque...

 

Les keufs ne traînent pas.

On se souvient de Belkacem, à sa sortie des Baumettes,

deux balles plein feu dans le crâne explosé.

 

On se rappelle la télé balancée du sixième

dans les poubelles puantes où Djamila cherchait...

personne ne le dira.

 

A la Téci depuis des années

les réfugiés dans les halls balafrés

sont absorbés par la civilisation, on n'oublie pas...

 

L'îlot de l'école maternelle,

la directrice espagnole qui dansait comme une reine,

les soirs de fête entre instits...

du quartier.

 

On se souvient de Sinat et Sinoun

du frère de celui qui a frappé le maître

de la maman cambodgienne qui élevait seules ses filles

belles comme des danseuses sacrées, on n'oublie pas...

 

La mer qui habitait chez nous

dans les yeux, à la fenêtre et dans l'odeur des jours

comme une plume sur la balance, à la pesée des âmes

d'Anubis l'Egyptien,

la mer qui allégeait les fatigues, on n'oublie pas...

 

La cité escale que l'on quitte pour toujours

avec un soleil migrateur dans chaque poche

et la mer qui voyage des années durant en nous,

après.

 

La Bricarde avec le temps, on y devient des étrangers,

des ailleurs qui s'échappent vers la côte Bleue

loin, loin de Marseille Nord Littoral,

loin de l'état d'urgence enfanté

 

dans la cité perdue de la Bricarde,

 

à Marseille... Nord Littoral.

 

 

 


Mireille D.



coquelicots-la-barben.jpg

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BLUE POLES

Publié le par Mireille Disdero


By patti smith



Mother as I write the sun dissolves
Blood life streaming cross my hand
And these words, these words
Hope dashed immortal hope
Hope streaking the canvas sky
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write

We joined the long caravan
Hungry dreaming going west
Just for work just to get a job
And we never got lucky
We just forged on
And the dust the endless dust
Like a plague it covered everything
Hal fell with the fever
And mother I did what I could
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write

We prayed we prayed for rain
I never wanted to see the sun again

All my dresses you made by hand
We left behind on the road
Hal died in my arms
We buried him by the river
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write
Blue poles infinitely winding, as I write, as I write


Publié dans PAROLES, CITATIONS

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BLEUS

Publié le par Mireille Disdero

salin-de-G-2-copie-1.jpg

Quel est ce lieu qui joue avec les bleus...

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5 FILLES COULEUR PÊCHE

Publié le par Mireille Disdero



Philippe Gouin nous écrit :


J'ai vu un spectacle qui m'a enchanté. Je l'ai trouvé aussi frais, subversif que "gonflé de fantaisie"... grinçant,  comme une bribe du nouveau théâtre français (N.T.F.) : un peu comme ça a fait dans les oreilles de Carlos Gardel quand il a entendu la première guitare électrique en 19... :- ( 

  "5 FILLES COULEUR PÊCHE" de l'auteur de Six Feet Under et du réaliste et poétique American beauty, Alan Ball. La metteuse en scène s'appelle Marie-Laure Malric (oui, je vous vois venir, et là soudain je ferme les yeux... pour poursuivre)

Elles jouent au Théâtre de L'ETINCELLE en/à Avignon durant toute la période du festival et reprendront à la rentrée au Théâtre CLAVEL avant (sans aucun doute de partir en tournée, c'est clair !).
Il y a moyen d'aller se renseigner les yeux du côté de Plein Feux, leur producteur-maison, en tapant sur Google ou autre "5 filles couleurs pêche plein feux" la machine fera le reste. 

Merci de faire circuler si vous faîtes confiance à mes goûts... bè oui... la tapenade c'est bon, non ? 

Philippe Gouin.

(...) Un jour plus tard, Philippe ajoute :

"
Un article dans la Marseillaise d'aujourd'hui raconte qu'il s'agit d'un spectacle subversif, grinçant, où Marie-Laure Malric met en scène des BOMBES de MOTS, via des actrices impliquées et dans un monde TRASH au maquillage acide. A voir absolument ; l'article s'achève sur les mots : "attention : spectacle subversif et détonnant dont les migraineux devraient se méfier !"

5 Filles Couleur Pêche
Mise en scène Marie-Laure MALRIC

Avec Vanessa Aiffe
Delphine Herrmann
Christelle Frigout
Laure Sardin
Eloïse Martin
Vijaya Tassy

Marrainé par Julie Ferrier

Théâtre de l'Etincelle
14, place des études
Avignon 0490854391

La fiche événement du site nous dit :

Cynique et romantique. C'est ainsi qu'Alan Ball caractérise son écriture et qu'il signe donc ces " Cinq filles couleur pêche ".

Dans une Amérique bourgeoise et décadente, cinq filles se retrouvent être demoiselles d'honneur à un mariage qu'elles finissent par boycotter en s'isolant dans une chambre.

Elles exposent leurs désillusions, on entrevoit leurs illusions. Elles sont universelles, ces femmes, avec leurs contradictions et leur quête obstinée du bonheur, de l'amour. Elles sont attachantes avec leur soif de liberté, elles qui sont cloîtrées dans une société trop exiguë. Alan Ball (" Six feet Under ", " American Beauty ") dresse une critique acerbe et drôle d'une société qui oscille constamment entre puritanisme et pornographie. Du théâtre pétant de vie, gonflé de fantaisie, drôle, grinçant, luxuriant, décadent : un spectacle " Barrock ".

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UN TEXTE, DES MOTS... POUR UNE IMAGE

Publié le par Mireille Disdero

maisons-ocres-copie-1.jpg

Voilà les couleurs ! 

Vous qui passez par le Bleu Indigo, si vous avez un texte, des mots, une impression... une citation pour cette image, vous pouvez les poser dans les commentaires.

Publié dans ARTICLES

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LARMES - LOUISE-MARIE CUMONT

Publié le par Mireille Disdero

LARMES

Louise-Marie Cumont

Editions Mémo 2007

 

 

 

Voilà un album au titre évident, construit à partir de tissus assemblés puis imprimés dans les tons de camouflage de l’armée. Des visages apparaissent, des yeux qui se confondent avec des obus ou des balles. Sur l’image, au fur et à mesure de notre progression dans l’album, on cherche ces visages que l’on sent fragiles et tourmentés. Parfois même, ces traces humaines que l’on croyait discerner sur la page disparaissent comme après une explosion, retournant au néant. Parfois aussi, on a le sentiment dérangeant de survoler un paysage, comme un avion le ferait avant de lâcher ses bombes. A travers cet album, une profonde douleur est exprimée par l’auteur à partir de la matière même qui crée la souffrance : la guerre. Sans un mot d’abord, l’autre dénonce l’univers absurde de la mort. Ce n’est qu’à la dernière page du livre qu’elle résume « Larmes », sur fond noir. On sent alors que les lecteurs adultes sont plus à même d’apprécier entièrement cet ouvrage, présenté en littérature jeunesse. 

Mireille D.

 Larmes


L'auteur : Née en 1957 près de Paris. Sculpteur et mosaïste, Louise-Marie Cumont assemble des matériaux divers.
A l'occasion de la naissance de son fils Gabriel, elle crée des livres en tissu ainsi qu'un tapis de lecture, comme un livre défait. Couleurs et formes assemblées comme une mosaïque ou une partition de musique, construisent page après page des histoires sans paroles.
L'enfant entre tout entier dans le dialogue rythmé des pages, touche la souplesse et la douceur du tissu. Il est dans le livre comme dans son lit, embarqué pour un rêve éveillé. (Les Trois Ourses
http://troisourses.online.fr)




Publié dans NOTES DE LECTURE

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UN CHÂTEAU - FEUILLES DES JOURS

Publié le par Mireille Disdero

 



 

 


Un château en ruines à Eyguières,

l'après-midi, quand le mois de juin est fini.

On y regarde plein sud vers les cheminées de Berre,

à la plaine, à la mer, aux oiseaux.



Ici l'eau n'existe plus.

Le thym, le serpolet, la menthe sauvage,

toutes les odeurs s'accrochent à la robe

pour habiller les jambes et les respirer.



Et sans cesse la main du vent

nettoie les blocs de pierre abandonnés

puis parle à la peau de ceux qui s'attardent

ici

un moment

à l'ombre des murailles

pour lire

et lire les graffitis qui,

comme un cadran solaire,

donnent l'heure sans la dire

et apprennent le temps

sa fragile pellicule d'enduit sur la pierre,

les générations perdues,

les écritures penchées, dures et capitales,

les couleurs de charbon de bois pour tracer ce qu'on a brûlé...

ceux qu'on a aimés.



Si on lève la tête vers la voûte du temple abandonné,

des trouées de ciel ouvre l'oeil du mystère.



Alors on écoute

les insectes dans l'été

l'aigle planant en courants ascendants,

dans les couloirs du vent, une corneille et son nid fragile,

plus bas au creux des rochers.



Quittant le château

On croise les tronçonneurs d'arbres et on se souvient.

La tache blanche de leur voiture

a traversé la lumière de l'après-midi, en bas,

comme on traverserait un feu

dans un lent chemin éblouissant.



A l'affût, ils attendent le gibier d'automne,

chassant mollement les passants.



Mais toujours la lumière de l'été

perce les fenêtres obscures

des murailles incrustées de fossiles qui dessinent...



Un château fossile

regardant les gens s'éloigner

et le vent continuer à le toucher, le toucher

jusqu'à la touche finale qui viendra

quand nous serons partis,

quand le chemin sera perdu.



Un château

sous le hurlement doux des cigales,

pour la sieste des lézards

et nos pensées écrites dans l'oeil du mystère

pour le temps, cyclone permanent qui, sans le nier, use...


un château fleur de ruines à Eyguières,

dans l'après-midi... en été.




Mireille D.




fenetre-sur-provence.jpg

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LU... AILLEURS

Publié le par Mireille Disdero



Sur Sistoeurs,


"La musique creuse le ciel" Charles Baudelaire
 


regard-sur-le-ciel-venise-italy.jpg
Venise


Sur le blog de Pascal Ludovic Saissi,

"Je ne suis pas politiquement correct, j'exècre la pensée unique, j'aime réfléchir et croiser des êtres bien frappés, de ceux qui remuent le monde à leur façon..." 


sue-3.jpg

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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PYRO N°11

Publié le par Mireille Disdero




Pyro n°11 vient de paraître, 
voilà un poème de Lise Lefebvre, puisqu'il y est question du sud... 





Au quartier du Hédas -
A peine un reflet d'eau échappé du lavoir.
La maison du bourreau se tait dans la chaleur.
Je pose les pieds dans des traces disparues,
Etrangères,
Rétablir l'équilibre du sang
                                            et de la peur
Retrouver la route cohérente
Au pied des feuillages touffus,
Est mon rêve.
Rêve échappé dans l'après-midi lourd,
Et scellé
Sous les ruelles basses
                                           de Pau
Sous le mutisme des murs sereins
                                           aux paupières closes.


Lise Lefebvre



Et puis, aussi...


Tel regard de la terre met au monde des buissons vivifiants au point le plus enflammé. Et nous réciproquement.
René Char, Destination de nos lointains in La nuit talismanique qui brillait dans son cercle.

Ce nouveau numéro de la revue est proposé avec des textes de François Perche, Mireille Disdero, Daniel Abel, Nicolas Gille, Bernard Schürch, Mona Latif-Ghattas, Jean-François Séné, Pierre Schroven, Bertrand Renaud, Yekta, Jérome Nicolle.

Pyro, Editions Le Grand Incendie, Poésie, Littérature, Arts alternatifs.
www.legrandincendie.net

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