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LA TERRE ENTIERE

Publié le par Mireille Disdero



Un texte tout frais, comme un croissant le matin, à peine écrit.

 

 

Je roule vite, entre deux champs d’oliviers taillés serrés

Un tracteur bourdonnant vers les vieux remparts me croise

A son bord un paysan âgé

Serrant sur son cœur un bébé labrador.

Sérieux et absorbés, ils n’ont aucun humour

mais autre chose

Cette force qui déborde, se répand et fouette la vie

Alors tout à coup je les aime très fort… et la terre entière avec.


 

Mireille D.



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MAURITANIE ET PATRIMOINE

Publié le par Mireille Disdero



Manuscrits anciens protégés. C’est en tout cas, le souhait de l’Institut mauritanien pour la recherche scientifique, qui vient de lancer un projet de sauvegarde de ce patrimoine inestimable menacé de destruction par le climat, ou les insectes.
L'Expresso de Télérama, mars 08













Chinguetti

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PARUTION : ACD 56 BIS - A REBROUSSE-POIL !

Publié le par Mireille Disdero


Un peu de lecture, ça vous va ?
N'hésitez pas à télécharger, c'est ici :

file icon acd_56bis A rebrousse-poil new!
18.03.2008
En attendant la parution du numéro 56 consacré à Eli Tolaretxipi, le numéro bis vient de sortir avec pour thème "A rebrousse-poil". Vous pourrez remarquer dans ce numéro la présence des revenants François Cini et Vale Poher, des fidèles Yvonne Kurkovic et Paul Fenoult, des nouveaux Thomas Vinau, Mireille Disdero et Marta Elôsegui et de biens d'autres bestioles curieuses encore.

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DANS L'OEIL DU CYCLONE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Quinze heures. Les émanations de dioxyde asphyxient la douceur. Comme un fleuve furieux, la circulation accélère en direction des chutes vrombissantes du feu. Un cyclone quotidien.

Ses cheveux sous les rafales dansent devant ses yeux. Elle se sent fragile comme une poupée électrique qui s’épuise avec la pluie. Et lui, son amour, elle aime l’émouvoir, le toucher à plus l’infini malgré 2000 kilomètres de route à torturer avant.

Elle pousse la porte, vacille, ôte ses chaussures et commence. Flexion. Extension. Les couleurs trop claires des murs commencent à s’effriter sous ses doigts. Extension. Equilibre. Le calme la percute comme - à la courbe de ses reins - un paquebot puissant qui tanguerait pour elle. Elle frotte les couleurs subtiles sur ses yeux, ôte un à un les filtres accumulés, les eaux de vie usées. Incarnat. Rouge de Venise et d’Anvers. Elle se travaille au corps pour inspirer, malaxer l’énergie comme un artiste, un potier, un sculpteur. Renversée dans le vide, elle étire la jambe jusqu’à l’infini, mêle et noue ses bras à son cœur. Amarante, rubis. Elle lave son esprit, ouvrant les mains, paumes vers le ciel, nuque penchée, nue comme Giganti pour Camille… et son amour en elle. Nacarat, grenat. Elle repousse les murs, s’étire jusqu’à l’équilibre, jusqu’à lui, là-bas, tout entier. Tout entier… La tête lui tourne.

Brusquement la tempête au dehors cesse. Alors elle le touche, il est là. Ici, maintenant.

Elle vient d’entrer dans l’œil du cyclone.


Mireille D. Mars 08


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LE LINGE NOMADE

Publié le par Mireille Disdero





Les lumières pauvres du camp de forains
trouent la nuit comme des lucioles paralytiques
alors te prend l'envie du ralenti
d'un café sans sucre et sans lait
en lisière de table et coudes serrés

Tu trinquerais aux inconnus, à la nuit blanche
qui prend la route vers demain - dès l’aube
quand blanchissent les tempes des villes, le linge nomade des forains.


Mireille D.




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L'AFRIQUE, VOUS TRAVERSEZ !

Publié le par Mireille Disdero




Au nord de Marseille






Soir sur les bords de l’étang reflétant les cheminées d’usine
Soir sur le bas côté, à l’arrêt, un homme noir fume la douceur de l’air
Il sourit à la lumière carrément à l’ouest des collines et te répond :
« la prochaine bretelle, c’est la route du sud ! »
Un avion décolle sur l’étang, un ange passe à moto.
Autoroute du littoral !
L’homme noir te rattrape, te double en montrant la direction du vent
« droit devant c’est l’Afrique, tu traverses la mer, tu y es ! »



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NO SPORT - RODOLPHE BURGER

Publié le par Mireille Disdero

 


« Au monde qui dit : gère / J'oppose une voix légère qui dit : j'erre. » A lui seul, ce début de texte résumerait bien l'album entier - même si la voix, le propos et les ambiances n'ont franchement rien de très léger ! Tout, en revanche, est dans l'errance, revendiquée, élevée au rang d'acte de résistance : errance des sens, des gestes et des idées.

Face à une société cadrée, pour ne pas dire encadrée, Rodolphe Burger dessine un univers flottant où les mots les plus simples se montrent énigmatiques, où le chant devient une parole dite, marmonnée, hypnotique. Implosion tranquille des formats ; exigence des textes signés de lui-même ou des écrivains Olivier Cadiot et Pierre Alferi ; climats pesants d'un disque sombre qui, loin de l'énergie brute du rock ou de la pop, semble avant tout cérébral. Pas très récréatif. L'ex-chanteur du groupe Kat Onoma, qui fut aussi prof de philo, donne même ici une petite leçon d'arabe en compagnie de Rachid Taha... C'est volontairement didactique, et étonnamment réussi : l'apparent formalisme y libère l'imaginaire. Ce qui ferait sûrement un bon sujet de philo.
Valérie Lehoux

Telerama n° 3034 - mars 2008

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ANCIEN

Publié le par Mireille Disdero




A La Case à Palabres,

un soir de pluie tiède 

avec le retour inattendu de visages anciens directement reliés
au cordon de l’enfance

 

Ancien

 

Il habite encore la ville poupée où j’étais enfant

Il est celui qui apporte

la pluie d’une voix 

penché au dedans

il n’a pas commencé à vieillir

 

Rien qu’avec mes pensées

Il est pareil au profil qui secoue la mémoire

Le fil du nez      l’arrête du vent      la pluie la nuit

Ceux qui connaissent les visages simplement aimés pour du vent ou rien,

pour de rire.

Maintenant je sais qu’il habite où j’étais enfant

avec l’immuabilité du temps glissant amer

Il n’a pas commencé à vieillir


Mireille D.



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