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AUSSI L'IDEE DE TOUCHER L'AME AIMEE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

 




C’est un cheval à cloche de vache qui va se fondre dans la forêt

Lourd, canasson, perdu au regard mais pas à l’oreille

 

Ce sont trois ânes cachés sous les chênes, attendant les premiers rayons du soleil

Prometteurs, léchant les cimes, plantant leur Est comme clou dans mur, d’un coup

 

C’est un lièvre, assis sur le chemin, à reluquer

Hésitant, trois bonds en avant, avant de fuir ce qu’il a vu du diable, semble-t-il

 

Ce sont les cris des coqs muezzins, tranchant le litige de la nuit et du jour

Ebouriffés, étonnés, sur du bois ou du fumier, à la ramener sans savoir vraiment pourquoi

 

C’est la pierre basque posée sur la place

Enorme, polie, caressée, mille fois soulevée, mille fois reposée, comme un oreiller

 

C’est l’odeur du feu de bois qui a repoussé celle du figuier qui avait empiété sur celles des pins, légèrement agités

C’est le vent, ici, qui décide, et des odeurs et des bruits, même le jet de la fontaine s’incline et plie

 

C’est une bourrasque qui ramène aux oreilles ce fond de musette des haut-parleurs de la camionnette maquignonnant entre les fermes

Un air de course cycliste, puis des chants basques, le pain qui arrive par les petits chemins enfoncés dans l’herbe bonne à couper

 

C’est un silence plein de vie, un paysage millénaire tout en changement

C’est un matin au pays basque

Aussi l’idée de toucher l’âme aimée

 

C’est cet homme qui sort, son chien, sans rien voir de tout ça

Car ils sont nés dedans

Qui lèvent le nez, quand même

Humant ce que va être cette journée

L’un caressant la tête de l’autre

Aussi l’idée de toucher l’âme aimée

 

 H. Grillot


 

 

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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COMME ON SOUFFLE UNE BOUGIE

Publié le par Mireille Disdero



Elle est collée à sa caisse, pull ridé, peau froissée, œil privé
de l’éclat d’une nuit blanche dans les bras de celui qui sait aimer.

A la caisse d’à côté, la même 30 ans avant nous sourit
et joue de son beau regard ourlé en claironnant à la première :
« Ai passé la serpillère à 5 heures ce matin, le dos cassé ! »

Cassée aussi la civilisation
qui éteint la vie d’une femme comme on souffle une bougie
plus vite que la vieillesse et la mort.

Mireille D.














Photo Séverine Capeille, Sistoeurs

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TONY GATLIF : TRANSYLVANIA

Publié le par Mireille Disdero



Transylvania
, un film de Tony Gatlif (2006)


« La musique c'est pour la vie. Pas pour se faire mal » 
 





Le film déroule un moment charnière de l'histoire de Zingarina, partie en Transylvanie avec son amie Marie, pour retrouver l'homme qu'elle aime. Dans la folie, dans le bruit, dans la musique, dans l'ivresse de la fête, elle apprend à être seule, maintenant sans repère, sans attache et enceinte de l'homme qui l'a rejetée. Elle se sépare alors de son amie Marie, de ce qui la relie au passé, pour renaître de ses cendres et de ses anciennes braises, plus loin. C'est la transformation et peut-être aussi la transmutation : elle abandonne ses vêtements d'européenne pour ceux des femmes tziganes (tout un symbole).
 
Commence alors "la route" avec Tchangalo, un homme seul, libre, sans frontières. Ils deviennent un couple atypique et singulier, attachant. Tout se fait pour eux dans la voiture, dans la nature... même l'accouchement de Zingarina !

C'est un film très fort, scandé par la musique et l'existence rom. Ce film aurait pu plonger dans le mélo d'une histoire d'amour ; mais il n'en est rien, au contraire ! On croise des ours affamés, des oies criailleuses, un exorcisme au lait purificateur orthodoxe mais aucune douceur fade, aucune bluette. 

A voir absolument si ce n'est déjà fait.

Détail à noter (très agréable à découvrir quand on visionne le film) : "la multiplicité des langues et des origines des intervenants,
  • film français - réalisateur français né à Alger, ayant une mère tzigane.
  • l'action se passe en Roumanie
  • premier rôle féminin tenu par une Italienne (Asia Argento)
  • premier rôle masculin tenu par un Turc (Birol Ünel)
  • Zingarina et Tchangalo discutent en anglais entre eux et en roumain avec la population locale
  • Tchangalo parle aussi romanes (la langue gitane) et a un moment donné rencontre des gens parlant hongrois"

Avec ces origines et ces langues diverses, on a l'impression que les hommes se comprennent, font ce qu'ils ont à faire et le font quel que soit le temps, la langue, les conditions (sociales, humaines et même climatiques).

Mireille D.

Publié dans CINEMA

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L'HOMME AU CADDIE PLEIN

Publié le par Mireille Disdero

C'est un supermarché de poche ouvert le soir...


Une femme fait la queue à la caisse, juste après un homme au caddie plein. Pour occuper son attente, elle commence à l'observer. La quarantaine. Un visage marqué mais beau et bien dessiné. Des mains longues et le corps nerveux. D'un geste rapide, il range ses achats devant la caissière avec l'air affairé de celui à qui on ne la fait pas. Lasagnes, coquillettes, Tagliatelles. Puis des kilos de riz. Rond, long, incollable, de Camargue et Basmati. Pas de vin. Oh, il a des enfants, pense-t-elle en souriant. Céréales, chocolat, crème brûlée et tiramisu. Tiens, il achète des coupelles bleu lavande. Dans sa famille c'est lui qui choisit pour les couleurs aussi... sûrement.

(...)

La femme commence à regarder ailleurs, la nuit, le silence après, quand elle sortira de la voiture, quand elle aura claqué la porte de sa maison sur ses pieds nus, dans l'entrée. Elle pense à tout ça et à son face à face avec elle-même, plus tard. Tout à coup l'homme se retourne. Passez s'il vous plaît. Elle ne fait pas attention, absorbée dans ses pensées. Mais vite elle répond. Vous croyez ? Il insiste. Je vous en prie, vraiment ! Alors elle pose son dentifrice devant la caissière. Bonne soirée, à demain. En quittant le supermarché, elle dit merci en se tournant vers lui. Et là, pendant qu'elle file vers le silence de sa maison, l'homme lui adresse le sourire doux et caressant qu'elle n'avait plus revu depuis son enfance.

Il avait huit ans, comme elle.


Mireille D.

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LADY JANE

Publié le par Mireille Disdero

 



Lady Jane » est un tatouage sur l’avant-bras d’Ariane Ascaride dans Lady Jane, le nouveau film de Robert Guédiguian. A la vie, à la mort (titre d’un vieux Guédiguian) ? En tout cas, c’est déjà le quatorzième long métrage ensemble du cinéaste et de l’actrice. Et c’est, sauf erreur, un record mondial absolu. Mieux que Fellini avec Giulietta Masina, Cassavetes avec Gena Rowlands, ou Alain Resnais avec Sabine Azéma (huit films). Plus fort que Bergman avec Liv Ullmann (dix films), ou même que Woody Allen avec Mia Farrow (treize, ça porte malheur...) Ce genre de couple ne se résume pas à un convenu « je t’aime, je te filme », car il en est sans conjugalité aucune (Téchiné avec Deneuve, Chabrol avec Huppert). Il en est aussi qui résistent aux ruptures amoureuses (Assayas avec Maggie Cheung). Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, on se fiche de savoir où ils en sont dans leur vie privée, mais leur fidélité de cinéma envers et contre tout (la loi du marché, de la nouveauté, de la jeunesse), elle, a vraiment de l’allure. Et ils préparent déjà leur quinzième film ensemble ◆ L.G. L'Expresso de Télérama, avril 08


Je vais aller voir ce film bientôt...

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COLLECTION BANDONEON : NOUVELLES PARUTIONS

Publié le par Mireille Disdero


Rendez-vous sur le site Un Endroit... pour télécharger les trois dernières parutions de la collection Bandonéon (éditions Tapuscrit 2008)


109 Coll Bandoneon Casa, Fanny Charpentiernew!

Extrait : Si tu m’avais dit ça, Abderrhaman !

Mais quand tu rentrais au pays, tu avais mieux à faire qu’expliquer ce genre de vérités ! Tu occupais tout ton temps libre à raconter des histoires faramineuses, dont tu étais le héros, à de jeunes types dans mon genre. Des gars attablés au café, fumant la chicha ou écumant les thés, portant obstinément le regard au-delà, de l’autre côté de l’eau. De pauvres types qui espéraient qu’à force de se dévisser les cervicales, les jolies côtes espagnoles viendraient à eux. Oh, bien entendu, à Casablanca, on ne voit rien du tout, le regard tourné vers l’océan ; mais pourtant, elles sont proches, ces côtes : quelque part entre la brume et l’écume, on les devine, on les crée. Je me souviens qu’au moment exact où la terre se dessinait devant moi, je pensais que de toutes leurs promesses, il y en avait au moins qui était une vraie : le paradis terrestre existe. Et je souriais, bêtement, en foulant dans ma tête la terre d’Andalousie.

Fanny Charpentier


file icon 108 Coll Bandoneon A ce cher Blaise ! Hervé Grillot

Extrait :

La Comtesse de Castries, qui n’en n’était pas, ni de noblesse, ni de Castries

 

Mais ce détail importait peu

 

Pour nous, Gens de la Rue, elle l’était, Comtesse

 

De la noblesse de ceux qui battent pavé

 

Cherchent nourriture et coups pendables à partager

 

A la rouge tignasse et au regard absinthe

 

Oriflamme et rubis inégalables

 

Ainsi affublée, croyez-moi si vous voulez, mais elle passait inaperçue.




file icon 107 Coll Bandoneon The quest of the beast, Mireille Disdero

Extrait :

Je suis mal. Veux me lever mais il appuie, lourd, maussade sur ma nuque. Me grignote de l’intérieur, traverse mes muscles, trouve un chemin pour chaque recoin de moi.

Ne pas réveiller Raph en se levant. Rouler jusqu’au bord du lit, en douceur, mine de rien, comme on part en chasse à l’affût. Surtout aucun mouvement brusque car alors, on risque le tir groupé de la douleur fulgurante, qui brise l’entendement. Si c’est le cas, je hurle une overdose de Aïe bordel de merde ! crissant de haine qui finissent par réveiller Raph. Et ça, non. La laisser dormir ; calme, douceur, bonheur pépère, ma douleur, sois sage ô ma...

 

Mireille Disdero


N'hésitez pas à télécharger les recueils !


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LA DESTRUCTION DES LIVRES ?

Publié le par Mireille Disdero


Lu dans l'Expresso de Télérama ce matin :

Déjà « recensée » en 2004 par Lucien X. Polastron (dans Livres en feu, chez Denoël), la destruction des livres et des bibliothèques à travers les âges fait de nouveau l’objet d’un livre : celui de Fernando Baez. Il est vrai que la fameuse citation de Heinrich Heine — « Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler des hommes » — est toujours d’actualité. Baez, essayiste et poète vénézuélien, envisage son sujet sur un temps on ne peut plus long : de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, et même demain, en raison des inconnues qui demeurent sur la vie des livres à l’époque numérique. Les rappels qu’il fait sont terrifiants. Ce ne sont que bûchers, autodafés, destructions systématiques et carnages en tout genre, pour des motifs militaires, politiques, religieux ou moraux. Dans un chapitre utile, dont il avoue qu’il lui a été suggéré par un lecteur, Fernando Baez évoque également les livres détruits dans la fiction. Judicieux rappel de ce qu’avaient imaginé Cervantès, Marlowe, Potocki, Hawthorne, Wells, Borges, Lovecraft ou Bradbury. Dernière en date des grandes bibliothèques détruites, celle de Bagdad, victime des bombardements et des pillages en 2003. Un livre passionnant... à conserver ◆ G.H. - 7 avril 2008

Fernando Baez, Histoire universelle de la destruction des livres, Fayard, 528 p., 28 €



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TIBET

Publié le par Mireille Disdero



Si vous souhaitez manifester pour la défense des droits de l’homme, la liberté de la presse et la légitime opportunité de se réunir pour exprimer nos convictions, ralliez vous à la cause tibétaine, car cette cause est la vôtre.



Où que vous soyez en ce lundi 7 avril, lors du passage de la flamme olympique en France, exprimez vous.
C’est facile, rejoignez le cortège des manifestants et brandissez un drapeau tibétain ou arborez au front un bandeau « FREE Tibet » ou n’importe quoi de visible par les médias, cet avant Jeux Olympiques sera déterminant pour la liberté d’expression culturelle et politique en Chine. Ce pays ne nous donne aucune preuve de démocratie.
Je ne parle pas seulement au sujet des tibétains mais de toutes les minorités vivant en territoire chinois. Je parle pour dans 100 ans, pour vos enfants et mes petits enfants.
Le programme de la manifestation va commencer pour les militants à 11h du matin sur le parvis des droits de l'Homme au Trocadéro à Paris.
Les grandes lignes officielles du parcours officiel de la flamme olympique lundi 7 avril 2008 :
- Départ à 12h35 du 1er étage de la Tour Eiffel
- Passage le long de la Seine dans la direction de France Télévisions
- Direction Issy les Moulineaux
- Traversée du pont d'Issy
- Direction le Trocadéro, puis l'avenue Marceau
- Passage par la Place de l'Etoile
- Descente des Champs-Elysées vers la Concorde
- Direction, les Tuileries, le Louvre, puis arrêt (30') devant l'Hôtel de Ville
- Traversée de la Seine, vers-Notre Dame
- Direction l'Assemblée Nationale, puis Denfert-Rochereau via les Boulevards Saint-Germain et Raspail
- Direction le CNOSF et le Stade Charléty
- Arrivée prévue vers 17h00.
J'y serai, soyez nombreux.

Message de Claude Cordier (faites suivre, merci)

Mireille

Publié dans ARTICLES

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UN MANTEAU ROUGE

Publié le par Mireille Disdero


 

 

Petites marches étroites, trouée de ciel rouge là-haut

le toit, la terrasse. On s’installe devant le soir posé sur le ksar.

L’homme appelle sa femme, française comme nous.

Très belle, elle me rappelle un visage de Modigliani.

Elle n’est plus jamais retournée en France et veut savoir

si la vie a changé, depuis les années. Soudain elle se met à rire.

Elle rit et lui manquent trois dents devant, comme un trou d’air et d’absence.

Alors je regarde ailleurs, le soir, un manteau rouge sur le ksar.


  Mireille D.


 

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CEUX QUI ONT DIT NON : LITTERATURE JEUNESSE

Publié le par Mireille Disdero

 Lu sur Philoland (Sophie Géoffrion), à cette adresse :

http://www.philoland.fr

"Une nouvelle collection de romans historiques chez Actes Sud Junior.

Ceux qui ont dit NON 
dirigée par Murielle Szac.

Il s'agit d'une collection de romans historiques destinée à éveiller l’esprit de résistance en offrant des récits de vie de figures fortes qui ont eu un jour le courage de se révolter pour faire triompher la liberté ou la justice.

Chaque roman est complété par un dossier documentaire et un dossier photos.

 

afffiche

 
C'est un hommage aux figures fortes que porte le monde, à toutes ces femmes, à tous ces hommes, engagés dans des combats au service des valeurs de la démocratie et de l’humanisme. A ceux qui ont eu le courage de se révolter, faisant ainsi triompher la liberté, la justice ou simplement un pan d’humanité.
Les livres de cette collection s’attachent à raconter ces personnages sous forme totalement romanesque. Le roman est suivi d’un petit dossier qui montre que d’autres ont aussi dit non. Et qu’il y a encore aujourd’hui bien des raisons de s’engager dans le même combat.

Les combats d'aujourd'hui sont ceux d'hier et de demain.  Le choix du roman, plutôt que du documentaire, a pour but de permettre aux lecteurs de se projeter dans les personnages et d’accompagner l’esprit de révolte et d’indignation propre à leur âge.

 

non au nazismenon à la peine de mortnon à la discimination raciale
DERNIERS TITRES PARUS
 

 Lucie AUBRAC   Victor HUGO   Rosa PARKS

Publié dans NOTES DE LECTURE

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