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AUTOUR DES AUTEURS

Publié le par Mireille Disdero


Raymond Alcovere nous informe :


Le numéro 9 du Magazine Autour des Auteurs est en ligne ici :
http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html
Littérature, arts plastiques, chroniques...
Nous cherchons des textes (inédits, chroniques) pour les prochains numéros
Contact : Françoise Renaud   renaudfran@free.fr
Merci de faire circuler à votre carnet d'adresses
Bon été
Raymond
http://raymondalcovere.hautetfort.com/

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LA MER EST LA QUI TRANSPIRE SES BLEUS

Publié le par Mireille Disdero



L’Estaque, juin 2008 -





De toits de tuiles en toits de tuiles
de balcons encombrés en terrasses bordées de bleus
le regard finit par rebondir pour s’échapper vers la mer.

C’est tout là-haut, une place calme où Cézanne a fait parler de lui
c’est vers les quartiers habillant l’église d’odeurs d'épices
qu'on apprend à voler - avec les yeux d’abord
car la mer est là qui transpire ses bleus
puis avec le corps qui se déploie et avec toute sa vie
éveillée dans l’air tiède et humide d’un soir de juin.


Mireille D.

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TRUMAN CAPOTE

Publié le par Mireille Disdero

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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JE SUIS UN SOIR D'ETE, UN GECKO SUR LA ROUTE

Publié le par Mireille Disdero




Ces rencontres minuscules qui font exister le Tout





Sur le muret hier soir, les enfants ont découvert un gecko. Après, pendant que je m’éloignais, je me suis souvenue d'un autre été. Une autoroute. La belle fatigue du mouvement d’ensemble c’est tout, un arrêt rapide pour boire un jus de soir, téléphoner à l’enfant.

L'hôtel-restaurant encore tiède du jour se diluait dans sa piscine bleu-lagon abandonnée, odeur de chlore et personne pour nager.

D’abord j’ai aperçu le couple, sur la muraille du restaurant. Puis une famille entière de geckos qui existaient sans tapage en harmonie avec nous.


Mireille D.





















Photo H. Grillot

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L'IDEE D'UNE ÎLE (4)

Publié le par Mireille Disdero




Ce serait, les pieds à terre, l’île, drôle de planète qu’on croirait flotter
Et puis non, à la fin, on se rassurerait
Ce serait alors les premiers pas, premiers regards
Voiliers amarrés le long du ponton
Puis le quai balayé par un vent cantonnier
Autour des cliquetis applaudissant les derniers arrivés
Et, devant l’enfilade de petits restaurants
Les serveurs, urubus, noirs et blancs.


H. Grillot












Le Frioul, Marseille

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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EPOPEE ISLANERIENNE

Publié le par Mireille Disdero


Si vous ne connaissez pas L'Epopée islanérienne, allez lire son intégralité sur le site Voyage dans les zones d'ombres, ici :

link


Epopée islanerienne : lame 5 : page 10


Aussi loin qu’aller, par crédulité immobile, vouloir doubler Bojador, le cap des tempêtes. Bateliers de Volga, hisseurs par chants de troubadours de cathédrales invisibles, porteurs de temples et de sacrifices, de ponts, barrages et pyramides, routes mangées par les racines et l’épuisement, la corrosion et plus souvent encore l’inutile. Vaisseaux échoués sur les échines d’Amazone, labyrinthes momifiés dans le silence des déserts pour témoigner qu’ici l’homme fut désagrégé puis enseveli afin que la vanité puisse espérer côtoyer le ciel, embarquer pour poursuivre le voyage d’au-delà.

Faut dire qu’après l’on s’étonne que la révolte gronde : « S’il le faut nous descendrons dans la rue » (Alain Geismar, 6 mai 1968) le vieux Noé sur sa nef pansue en bois de palissandre préserve sa faune, ses couples de putois et de skons et laisse choir le travailleur qui lui a longuement peaufiné son zoo, sa ménagerie, son étable ambulante, à coups de maillets et de varlopes, riflars et rabotes, gouges et ciseaux, scies, chignoles, tenons et mortaises, avec force leviers démultipliés, pour haler, lever, trouer, percer, tarauder, visser, joindre, clisser, saigner, calfater et mener bel ouvrage que compagnons et provins revendiqueront plus avant. Ceci devant prouver que l’arche peut-être fut possible, mais point de bible, que roman en l’escarcelle du réel.

Faut dire, faut dire qu’elle était belle et qu’on ne la revit pas, disloquée par le déluge, éventrée sur les pentes du mont Ararat, vomissant onagres et girafons, grèbes mordorés, spatules, tisserins, paradisiers, fous de Bassan, waildel, soris, lovels, cocadriles, golpilles, gores, guivres et hairons, hobes, limoges, proyers, lainiers, maslons, raines, chevaux de przewalski, vachetes limosines et autres marabiles. Tout l’alphabet vagissant, ruminant, feulant, trissant, chuintant, pépiant, du A des anamorphoses, au Z des zoologies : zèbres, zébus, ziboux et autres ornithorynques « natura non facit saltus », rats, taupes, castors tous mélangés durant ce long voyage de griffes et de plumes, bec et ongles, palmes, queues et poils retroussés et rebroussés.

Tout cela, par affinité cosmique versée dans l’urne de l’imagination et godehelpe, devint cyclope de la réalité, en l’écrit, aussi vif que vol d’orphies et profondeurs des forêts où fut sise la hutte de Baba Yaga, sommeil de belle dormant au bois, Lorelei, épaule de Siegfried et feuille dans le sang, légende arthurienne et haute elfique, épopée de Gilgamesh, chanson de Roland, livre de Taliesin, vaisseaux fantômes des toiles de Hollande, cotations et spéculations en bourse des tulipes, pipe-lines et académies de musique, ska et sambas lambdas, raï et tangos, Viennes et valses des rythmes chaloupés, inusables du rêve.

Ce fut un grand moment ce passage des fournaises, la pluie, dure comme le feu, reformule l’intensité, déchire les veines des limites tandis que le monde défaisait sa trame avec le dernier bal des dynasties chancelantes à Sarajevo, que par Prinzip situerons avec une précision quasi Nostradamusienne en cet an de disgrâce le mille neuf cent quatorzième de notre ère, preuves à l’appui : conjonctions de planètes, grippe espagnole en 18, trépanation de poète apollinarien, maigres récoltes et mauvais blés moissonnés, durs hivers, saisons inversées, précédées de naissance de l’abbé Pierre en 12 par prévision des frimas de mille neuf cent cinquante quatre, muss es sein, es muss sein et dieu pour tous et avec tous, inscrit sur baudriers et ceinturons : Gött mit uns, God with us, puisse t’il reconnaître les siens.

Pourrions nous dire, il faut en rester là, Der de Der, laisser les rapières dévorées par la rouille et nos visages mangées, nos têtes dévorées par les séquences retournées dans le sommeil du dernier instant, lorsque le souffle des obus des aciéries de Monsieur Krupp nous ensevelit sous une vague de terre et que l’on rame, la bouche pleine de la glèbe empoisonnée de soufre, d’ypérite, des gaz délétères, pour remonter à la surface du réel, transpercés de balles et de baïonnettes, parce qu’il vaut mieux mourir au soleil, qu’absorbés par les glaises et les sables dans les puits d’Ardenne et de Champagne qui rendront nos corps disloqués, mais intacts dans la gangue de la jeunesse, ainsi que glaciers vomissent de crevasses oubliées, depuis longtemps refermées, ancêtres figés dans les traits et stupeur de l’adolescence.

.../...
P. Landreau

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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LA LITTERATURE, ELLE LA CUISINERA...

Publié le par Mireille Disdero



Photo Sergio Larrain



Est-ce ainsi que les hommes vivent Louis Aragon



Clara descend la rue en mangeant le trottoir. Pas de panique c'est désert, on n’écrasera personne aujourd'hui, mais on cherchera vaguement le sens de sa vie. Voix off de Didier, le mari : « C'est nul, trop bobo cette phrase, on l'entend partout. Tu es abonnée à jamais une ligne de littérature, ma pauvre ! » Petite claque sur son cœur. Clara serre les dents et serre les rêves fondus au soleil par le mari qui lui arrose le cerveau d'essence chaque fois qu'elle a envie de mettre le feu à sa vie. Ce qu'elle sait Clara, c'est qu'un jour (ou peut-être une nuit) la littérature, elle la cuisinera avec une recette découpée dans Elle (il n'y a pas pire), et qu'elle la lui fera manger avec et surtout sans son consentement, jusqu'à la dernière bouchée.

En attendant, elle dévale la rue au volant d'un bolide sorti d'usine au vingtième siècle. Et elle pleure Clara, comme le saule du jardin, comme une petite fille elle pleure à gros sanglots qui en disent longs.

Ce que sera Clara dans quelques années, je ne peux pas le savoir. Visage carabiné, armé d'un regard tourné vers le nombril ? Gestes saccadés et triplette de gamins mignons comme des chats accrochés à son sac trop usé ? Je ne veux rien savoir et elle non plus.

(...)

Enfant, Clara avait les yeux ouverts, très grands. On aurait pu y mettre les milliers d'images du monde, plus tous les rêves de chacun d’entre nous. Petite, elle voulait être médecin de la terre et sauver les fourmis, dans la cour, chez mémé.

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