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L'AN 9

Publié le par Mireille Disdero



Soyez heureux
Montrez vos yeux
Entraînez les autres dans ce qui est profond
Prenez soin de vous, de nous
Ne décidez qu'enthousiasmé
Prenez le temps, faites des détours
Mettez-vous en congé de vous, de nous (parfois)
Ne négligez la voix d'aucun arbre, d'aucun insecte, d'aucune eau
Ne négligez la voix, le silence d'aucun enfant.
Accordez-vous le soleil
Aimez-vous, aimez-les, aimez.
Soyez heureux.

Mireille

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LE TOTEM DU LOUP

Publié le par Mireille Disdero



Un roman de Jiang Rong, Chez Bourin Editions

Un roman bouleversant sans qu'on le sente arriver. Pourtant, lors des premiers chapitres j'ai souffert. Confrontée à toutes ces batailles, à cet esprit guerrier de survie... J'ai hésité. Il m'a fallu me "familiariser" avec l'écriture,  les événements,  cette vie. Ce cap dépassé, j'ai plongé, complètement. Un roman à lire pour le message qu'il transmet, pour le respect du vivant, pour son ampleur et pour l'esprit libre. Un roman nostalgique qui peut faire pleurer les plus sensibles parmi nous et ceux qui aiment les loups.

L'auteur explique :


Pékin, le 26 novembre 2007



J.R. – Je suis un farouche défenseur de la liberté. Toute ma vie, j’aurai lutté pour elle. Or, en Chine, depuis toujours les institutions oppressent la liberté, y compris celle de penser. Et tous les mouvements en sa faveur ont, dans mon pays, fini tragiquement. La raison fondamentale en est que l’idée même de liberté n’a pas de racines dans la culture traditionnelle chinoise. (...)
Lorsque je suis parti vivre en Mongolie-Intérieure (ndlr : de 1967 à 1978), je l’ai fait par choix, un an avant que Mao n’appelle à la rééducation des intellectuels auprès des masses paysannes. J'ai alors senti, à côtoyer le peuple mongol et les loups, et notamment le louveteau que j’ai élevé, combien, chez eux, l’appétit de liberté était fort et puissant. J’en ai été profondément transformé.

Les deux cultures – la culture nomade des Mongols et la culture sédentaire des Han (ndlr : l’ethnie Han représente à elle seule plus de 90 % de la population totale de la Chine) – sont très différentes, et les confronter m’a permis de comprendre les faiblesses inhérentes à la culture des Han. À cinq reprises dans leur histoire, ceux-ci ont été battus et dominés, parfois pendant plusieurs siècles, par les dirigeants de peuples cent fois moins nombreux qu’eux… dont les Mongols. Pourquoi ? Parce qu’un peuple sans esprit de liberté ne peut pas progresser, parce qu’il est faible et facile à soumettre.
La Chine d’aujourd’hui n’échappe pas à ces faiblesses. Fondamentalement, les Chinois restent des conservateurs y compris dans leurs valeurs. Ils sont peu épris de liberté, donc faibles, et sans esprit d’indépendance, sans soif de démocratie.

Mais je me suis dit qu’ils pouvaient, comme moi, percevoir tout cela, le comprendre, et modifier leur façon de voir les choses, si je parvenais à leur faire ressentir et aimer cette aspiration à la liberté qui habite les Mongols. C’est cela Le Totem du loup !
Et puis, vous savez, toute cette période passée dans la steppe m’a fortement lié à la culture des nomades. Durant les vingt années qui ont suivi, j’ai senti peu à peu monter en moi la nécessité impérieuse de raconter ce que j’avais vu, compris, aimé. J’étais comme une Cocotte-Minute sur le point d’exploser. Il fallait que j’écrive ce livre. Je ne pouvais rien faire d’autre. Finalement, je l’ai fait, cela m’a pris six ans.


J.-J. A. – Mais cette culture mongole est en train de disparaître, voire a déjà disparu pour l’essentiel, comme vous le racontez et l’illustrez de façon si saisissante dans votre livre. Diriez-vous que Le Totem du loup est un livre de nostalgie ou de combat ?

J.R. – Comment pourrait-il ne pas y avoir de nostalgie dans ce roman, alors que j’y ai rassemblé mes propres souvenirs et ceux de beaucoup d’autres personnes à qui la Mongolie était familière ! (...)
Je me sens le transmetteur du message laissé par les Mongols. Mon livre est le témoignage de leur culture nomade. Il en est le porteur.
Avec Le Totem du loup, mon ambition était double : d’une part, permettre aux Chinois de comprendre les faiblesses de leur propre culture ; d’autre part, livrer une image aussi fidèle que possible de cette culture – disparue en grande partie –, de ce peuple des steppes, et des loups qui vivaient près d’eux.


(...)

Propos recueillis par Jean-Jacques Augier

Publié dans NOTES DE LECTURE

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LES INTOUCHABLES

Publié le par Mireille Disdero


Les enfants sont merveilleux.



Dans la ville les cloches sonnent...


Pourquoi, l’homme s’en moque. Il marche. L’odeur du soir sous ses semelles. Dans les poches ses mains glacées. Là-bas, comme chaque jour depuis un mois, il s’installe pour travailler.

Dans la ville les cloches sonnent. Les familles vont fêter l’an. Lui reste dans sa bogue piquante de froid. Il vit heureux sans eux qui glissent sur lui comme sur un ciel givré.

Assis, il pose ses coudes sur le bureau, le nez vers la bleusaille du ciel. C’est alors qu’il l’entend arriver. De loin. Comme un opéra qu’on fredonne en soi, avant le rideau dressé sur la scène. Il reconnait sa voix aigüe d’enfant. En lui, jusqu’à travers ses os elle se transforme en douceur insolite.

Elle vient de loin, de la mort de son père. Petite, trois ans, un visage allongé semblable à celui des adultes. Nerveuse comme avant un grand vent, elle ne peut cesser de chanter, de plus en plus fort, de plus en plus haut et sa voix d’abord en lui se propage autour, dans la salle, au fond des murailles de l’hiver.

Elle court et se dresse devant lui avec un visage qui, depuis deux jours, a pris mille ans. Elle sourit à l’homme châtaigne dans sa bogue cuirassée de piquants et soudain elle se précipite vers lui en contournant le bureau. Elle le percute et l’embrasse d’un baiser sonore et magique, écrasant tous les piquants et ouvrant la bogue pour le toucher.

Serrés, ils se bercent. Elle, l’enfant sans père
et lui, le fruit mûr.

Dans la ville les cloches sonnent.

Mireille D.

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FÊTES...

Publié le par Mireille Disdero


Joyeux Noël à vous qui passez ici, joyeuses et belles fêtes... avec mes voeux de vie pour 2009







J'ai trouvé ce matin un très beau texte d'Île Eniger, le voilà. Vous pouvez également le lire sur son site Un Violon sur la mer


*





Quelques oiseaux dans la lumière crue. Le sommeil brillant d’une vieille carte de Noël. Un bleu de froid. Coton sans entaille. L’hiver. Et toi que je voudrais si près. Tout est à venir, le printemps et l’insolence du printemps, le rêve et l’infini du rêve. La tendresse pour les sols durcis. Dans un reste de neige j’enfonce mes mains. Entre mes doigts, la place des tiens. Tout est complice.


Ile Eniger - Les terres rouges - Editions Cosmophonies

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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MAIS PAR LA PLENITUDE

Publié le par Mireille Disdero



Je suis né pauvre et sans religion
sous un ciel heureux, dans une nature
avec laquelle on se sent un accord,
non une hostilité. Je n'ai donc pas
commencé par le déchirement
mais par la plénitude.

Albert Camus 1948



Publié dans PAROLES, CITATIONS

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HIBERNATION

Publié le par Mireille Disdero




L'abri ne peut-être que momentané
Pour chacun d'entre nous.



Trois hommes s’activent dans un jardin en hiver.
Ils rassemblent les feuilles mortes, coupent le bois, attisent le feu.
Lentement la fumée monte, épaisse, vers un ciel bleu de glace.

Au soir, en rassemblant les cendres rougeoyantes, le plus vieux des trois, soudain, en dégage une boule rousse, calcinée.
Son regard et sa force brutalement se brisent quand il comprend.

A l’automne, un hérisson confiant s’est endormi à l’abri
sous les feuillages entassés par les hommes et le vent.


Mireille D.


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A TRAVERS L'HEURE

Publié le par Mireille Disdero


Un texte de Ludo Kaspar



A travers l'heure



Solitude solaire et souveraine.
Silence, un monticule songe.
Là, entre terre et mer, ma mémoire s'échange contre un air à peine
Accepter de mener le défi jusqu'à l'attente
Laisser la source des résines en pleurs
Comment sortir la crainte de ces mines lasses ?

Ici les pierres bouffent le soleil, et l'homme chipe aux éboulis des réponse à sa soif.

Arpenteur, j'avance vers mon ombre creuse. Unique chemin de loi.
La main qui nous retient est toujours derrière nous.
A venir.

Le silence même est habitable.

Là, dans les limites avides du temps, où l'écorce se combine une étrange apparence, prisonnier de noirceurs, je cherche les instances de parme où je pourrai témoigner de la beauté d'une figue mûre fendue avec les doigts fous du désir.

Insaisissable, insaisi, le silence palpite près du belvédère.
Rien n'est issu encore comme le vent cherche des ailes à son souffle.

Que sait-on des rivières rouges souterraines ?

Que sait-on de ce qu'on porte ?

S'il y a une chance pour le silence, c'est dans le fatras de l'heure.
Mais faudra-t-il s'agenouiller devant l'aride et, les yeux intimement fermés sur la nuit, prier ?

La chaleur dévore mon corps.
Le sel épaissit mon sang.
Avec persévérance.
Le soleil consume cette chair désormais sans révolte.
Tous mes vœux sont pour la cendre.

LK


Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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UNE PAGE...

Publié le par Mireille Disdero



Oui, une page vient d'être créée sur Bleu Indigo,
en haut à gauche, avec des textes de Ludo Kaspar


LUDO KASPAR



Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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LIGNE DE VIE

Publié le par Mireille Disdero




















A Ludo




Un fil de vie
D’un côté du fil, la mort
Et de l’autre, la vie


Le téléphone est en dérangement. Depuis le début du mois il sonne au milieu de la nuit, à 3 heures. Je me réveille. Le chat s’étire et quitte la maison. « C’est l’heure de la beauté froide… »

Quelque chose grésille au bout du fil puis plus rien. Il faudra que j’appelle France Telecom. Novembre a froid sous les feuilles. « C’est l’heure de la beauté froide… » Avant les lueurs de l’aube sur les branches des arbres agitées par le vent, je me souviens. Les murs et les pierres de la maison écoutent. C’était l’heure, la sienne, vers trois heures. Il appelait pour prendre des nouvelles. Pour lui rien ne sonnait plus le matin à 6 ou 7 heures pour qu’il se lève et parte rejoindre les gares, trains, RER... Il avait perdu le temps. L’heure l’avait quitté, alors il appelait. La nuit, le jour, parfois même entre chien et loup.

Il voulait comprendre la soif des profondeurs.
LA VRAIE.

Le téléphone est en dérangement. Depuis le début du mois il sonne vers trois heures. Je me réveille, je décroche. J’écoute son silence qui grésille, me perce le tympan. Puis je me lève et dans la cuisine, je lui prépare un café. Une tasse bien chaude, pour calmer la soif des profondeurs, LA VRAIE. Une tasse brûlante pour lui qui a froid.

« A l’heure de la beauté froide. » Chacun assis d’un côté de la table de la cuisine, chacun d’un côté de la ligne de vie, dans le silence de la nuit qui se perd, on partage un café. Deux amis.

Mireille D. novembre 2008

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