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LE TANGO DU DISPARU

Publié le par Mireille Disdero



Les deux hommes ont l'habitude de marcher interminablement durant la nuit les soirs où ils composent.

Ils s'imprègnent  de l'esprit de Buenos Aires. Se promènent dans la ville en rêvant à sa géométrie mystérieuse. Comparent l'imperceptible variation architecturale d'un pan coupé d'esquina...

Rêvent sur une silhouette de femme pressée qui passe derrière les palos borrachos bordant l'avenue et qui disparaît sporadiquement derrière leur panse pleine d'eau.

C'est de là que vient leur musique ordonnée, répétitive, obsessionnelle comme cette ville au carré qui pourrait se démultiplier à l'infini...

... Changeante comme chacun de ces coins de rues... Parfois grotesque comme les troncs gonflés de ces braves ivrognes pâles aux fleurs merveilleuses et au corps difforme... Parfois mystérieuse et peut-être même dangereuse comme une silhouette de femme qui disparaît.

Annie Goetzinger, Pierre Christin, In Le Tango du disparu (roman graphique, Métailié 2008)

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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CIEL A TRAVERS L'HERBE

Publié le par Mireille Disdero


Pluies noires,
Nuits grises
Mais
En moi
Comme sur le Guilboa,
Le vert sur l'âme
Le vert et le doux.

Les mêmes lèvres vermeilles,
Et le même secret rouge,
Un amandier
Rêve en pleine floraison,
Dans le soleil, après l'averse,
Les lueurs grésillent
Les rochers flamboient.

Pluies noires
Nuits grises,
Nous traînons avec un poème
Entre les dents
Brindille de rose
Désir.

Rachel Fishman In Anthologie de la poésie Yiddish
(Le Miroir d'un peuple) Gallimard 2000



Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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PRIX DE LITTERATURE JEUNESSE

Publié le par Mireille Disdero


... de la Marmite à lire

 

… organisé jusqu’au 31 mars 2009 par le COMITE DE LECTURE des BIBLIOTHEQUES des communes de Berre-l’Etang, Bouc-Bel-Air, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues, Jouques, Lançon-Provence, Rognac, Saint-Mitre-les-Remparts, Venelles, Ventabren et par la Bibliothèque Départementale de Prêt, Jacqueline Delalleau et Véronique Benay.


 Afin de promouvoir la lecture en permettant aux enfants de devenir des lecteurs actifs, nous souhaitons inciter le jeune public à se forger une opinion personnelle sur ses lectures en lui proposant de décerner un prix à une œuvre choisie parmi des livres présélectionnés dans la revue « La Marmite à lire ».

 


Participez au Prix de la Marmite à lire !

 

Détails concernant le prix et vote sur le site La Marmite à LIRE

 

 


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L'ART PAR 1001 MAINS

Publié le par Mireille Disdero




... De CURTIL, Sophie
et CVACH, Milos
L'Art par 1001 mains
Milan, 2008
30,00 €

 

Art, Calligraphie

Ce beau livre d'art démontre que dessiner, peindre et écrire se font intimement écho dans l'histoire des hommes. 1001 mains de miniaturistes, peintres, copistes, calligraphes, scribes, reliées par un même fil d'Ariane, exposent leur art sous un éclairage qui le met en valeur.
La force de cet ouvrage tient à sa diversité iconographique. On y voyage à travers le monde et dans le temps grâce aux différentes formes d'expression liées aux cultures et religions. Un documentaire foisonnant d'informations et d'illustrations, pour jeunes et adultes, à découvrir à partir de 14-15 ans.

 

MD pour La Marmite à lire



Publié dans NOTES DE LECTURE

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DEBOUT

Publié le par Mireille Disdero



Tout semble immobile
la neige ne fond pas
le ciel est couvert
il regarde par la fenêtre
les yeux encore vagues de sommeil
il songe à aller couper quelques branches du noyer
pour qu'il y ait moins d'ombre cet été
finalement il ne bouge pas
elle dort à côté
à une distance raisonnable
de la peur
il préfère rester là
debout
se sentir capable de la protéger

Thomas Vinau

Debout


Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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UNE CHANSON DANS LA FOULE

Publié le par Mireille Disdero



 18 janvier... !


Jamais voulu être un artiste, moi
Qui ne suis rien qu'un fétu de peurs
Un passager de l'intranquillité
Parmi la foule des amitiés
Des amours des fureurs de la vie
Je souhaiterais juste être une chanson
Un air UTILE pour asphyxiés
Un mouvement sur vos larmes
Etre un homme parmi les hommes ?
Non. Acceptez que je fredonne
Sur vos peines, joies et sourires
Ma ballade de personne.


Ludovic KASPAR


Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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CONCOURS DE NOUVELLES

Publié le par Mireille Disdero



Vous aimez écrire…

 

Participez au concours national de nouvelles dont le sujet est :

La clef…

 

Concours organisé par Le Loir Littéraire (Association à vocation culturelle créée dans le Pays Vallée du Loir.)

 

Le concours lancé le 1er décembre 2008 sera clos le 10 juillet 2009.

Les moins de 18 ans sont autorisés à concourir pour un prix spécifique (juniors).

 

Pour connaître le règlement du concours :

 

 

LE LOIR LITTERAIRE - LA GASNERAIE - BP 90033 - 72201 LA FLECHE CEDEX www.leloirlitteraire.com contact@leloirlitteraire.com

 

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MARSEILLE GRAND LITTORAL

Publié le par Mireille Disdero

 


 

à Farouk, Mohamed, Nourdine…

 

 

Au petit matin, même si c'est loin,

par delà l'horizon de la baie de Marseille,

aux fenêtres des cités qui font comme un moucharabieh,

on sent l'Oued qui se réveille.

 

Et cependant qu'enfants et petits enfants sommeillent,

en savourant leur premier thé,

à l'heure où nos foreuses marquent un répit,

au changement de poste,

 

Djamila la petite vieille

et Rachid l'aïeul secret et gris,

tout fripés, tout rabougris, les yeux fermés, se souviennent…

 

Moi je l'entends dans mes oreilles

cet air de luth qui chante tout bas.

Et je le sens au bout de ma langue ce parfum de menthe qui danse la nouba.


Yves Marilier, extraits de Poèmes de boue

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves Marilier. Extraits de Poèmes de boue


 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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ECOUTER / VOIR... LES CARDINAUX EN COSTUME

Publié le par Mireille Disdero








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ST-PETERSBOURG

Publié le par Mireille Disdero


 

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Je ne savais rien de la Russie. Geneviève elle, elle les avait tous lus les Tolstoi, Dostoievsky et Gogol.  C'est à cause d'elle que je suis allée à St-Petersbourg. Elle m'a traînée au Café littéraire et m'a raconté la mort de Pouchkine. Le poète est parti d'ici pour aller se battre en duel.

C'est lui qui est tombé.  Silence..

Elle avait rêvé d'aller en bateau sur la Neva et d'arpenter la Nevsky prospekt.  Tout ce qui me reste en mémoire de la Nevsky, c'est les vitrines de Hugo Boss, Mexx et les autres.  Elle, elle n'a rien vu de ça car la Nevsky, elle l'a marchée en fermant les yeux, dans sa tête.

J'ai pris des photos de Geneviève sur le petit pont, à côté du Café littéraire. La Neva était en arrière plan et le fond de l'air était frais.  C'était parfait.  Elle était en même temps Anna Karenine et la cousine des frères Karamazov.

Geneviève n'avait plus besoin de personne ou plutôt, elle avait besoin que je la vois ne plus avoir besoin de personne.  Elle était touchante, le bonheur sur deux pieds.

Non, je n'ai pas raté l'église du sang versé et oui j'ai vu l'Hermitage. Je sais quand même apprécier…

Le soir, au resto, ils étaient trois musiciens.  La pièce était immense et l'éclairage pétant. J'ai tout de suite commandé du vin car,  pour l'atmosphère, on repassera. Quand l'homme tzigane chantait, c'était d'une grande beauté triste.  Il avait les yeux noirs comme l'histoire et sa voix est venue chercher la mienne.  Sur la Neva coule la sueur de son labeur car ce soir il a chanté pour quelques roubles miséreux. Je sentais le feu dans ses veines et craignais qu'il s'écroule. En fait, je crois qu'il a plutôt touché son salaire en vodka liquide.. Pensant nous faire plaisir, les musiciens ont chanté Zorba. Les italiens à côté tapaient des mains et j'ai commandé une autre bouteille. Je fais ça quand je suis gênée…Je suis désolée pour toi, homme aux yeux noirs. Dans ton regard il y a toutes les couleurs et j'en pleure.

Il est de ces soirs où les musiciens n'ont plus d'instruments.  Ils n'ont que des yeux, des yeux en feu qui se jettent sur la braise.

J'ai aussi fermé les yeux et goûté le moment dans ma tête. Elle est belle la Russie.


Chantal Garand à lire sur son site ICI

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