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PRIX DU LIVRE FRANCE CULTURE

Publié le par Mireille Disdero



4e Prix du livre France Culture-Télérama
Rentrée littéraire de janvier 2009
Sélection des dix ouvrages par le jury



François Bégaudeau (Entre les murs, éd.Verticales) en 2006, Régis Jauffret (Microfictions, éd.Gallimard) en 2007, Véronique Ovaldé (Et mon cœur transparent, éd. de l’Olivier) l’an dernier… France Culture et Télérama récompensent, chaque début de printemps, une œuvre littéraire écrite en langue française et publiée en janvier ou en février. Doté de 5000 euros, il est remis lors de la soirée d’ouverture du Salon du Livre de Paris, cette année, le jeudi 12 mars 2009 à 19h.

... Le jury a présélectionné les 10 romans et récits présentés ci-dessous :


 Les éclaireurs, d’Antoine Bello (éd. Gallimard)
 Nous aurons toujours Paris, d’Eric Faye, (éd. Stock)
 Un dieu, un animal, de Jérôme Ferrari (éd. Actes Sud)
 Toute une affaire, de Sybille Grimbert (éd. Léo Scheer)
 En enfance, de Mathieu Lindon (éd. P.O.L.)
 L'usure des jours, de Lorette Nobécourt (éd. Grasset)
 Un peuple en petit, d’Olivier Rohé (éd. Gallimard)
 Un chien mort après lui, de Jean Rolin (éd. P.O.L.)
 Journal intime d'un marchand de canons, de Philippe Vasset (éd. Fayard)
 Paris-Brest, de Tanguy Viel (éd. de Minuit)

Vous êtes vous aussi invités à voter pour le livre que vous préférez,

 ICI

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SUSPENDUE

Publié le par Mireille Disdero





Les bordures se craquèlent - À intervalle régulier – tu portes un minuteur pour détonateur dans la tête (on dirait) - comme si tu te battais avec le temps sans répit – comme si tu logeais gratis en toi une sale maladie à effet retard - qui rongerait l’os, le meilleur – tes cellules souvenirs – une photosensibilité à fleur d’épaule - nue – cachée – en suspension - comme la poussière sur un rayon de soleil à travers les volets - maintenant le mot « vacances » est devenu synonyme de repli – de mal au cœur et de vomi – tu te sens comme un noyau en boule compressée – son acier, une plaque de lumière pour refléter les basses-eaux du port quand la mer se met en grève et t’abandonne là – sous la pluie, dans les yeux – c’est une hémorragie juste avant la saison sèche – juste avant le désert où chacun imagine – juste avant - quand durant une seconde, le minuteur deviendra silencieux.


Mireille D.


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SEPULVEDA AU LUCERNAIRE

Publié le par Mireille Disdero




 

LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D’AMOUR


Auteur: Luis Sepulveda

Mise en scène et adaptation: Patrick Chevalier

AVEC : Le vieux : Paco Portero, le dentiste : Patrick Chevalier

Le roman-culte de Luis Sepulveda enfin porté à la scène ! A El Idilio, bourgade perdue en Amazonie, vit Antonio Jose Bolivar, le vieux. Un jaguar sème la terreur aux alentours, le vieux est le seul à pouvoir régler le problème. Il se console en lisant des romans d’amour, pour échapper à la barbarie des hommes…


20H = DU MARDI AU SAMEDI =DU 25 FEVRIER AU13 MAI 2009


Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs, Paris 6ème

01 42 22 66 87

En bus : 58, 68, 82, 91, 94, 96
En métro : ligne 12 – station Notre-Dame des Champs
ligne 4 – station Vavin ou Saint Placide

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MON NOM EST MERVEILLEUSEMENT LIMPIDE

Publié le par Mireille Disdero


Mon garçon et moi sommes retournés au village d’il y a longtemps.



Nous nous sommes garés près du lavoir. Un bouquet de millepertuis séchait devant l’oratoire, dans un verre en plastic. L’enfant et moi avons souri au même instant, face à cette présence entêtante car simple.

Après la voûte de Philomène, Odette nous a accueillis avec ses souvenirs, ses objets du passé, celui de la famille et des cousins perdus de vue. Les pièces de la maison avaient pris une patine surannée depuis mon adolescence ; la cuisine me plaisait toujours, on y sentait encore l’omnipotence des pots de miel de châtaignier et de sapin.

Odette nous a invités à déjeuner et nous sommes repartis avec des haricots et du persil plat frais cueillis. Mais avant, nous avons bifurqué vers l’église et le presbytère où les enfants devenus grands visionnaient des films comme « Les dix commandements ». Nous avons retrouvé le tourniquet derrière l’église. Je me suis souvenue qu’en été, du riz et des cœurs en papier jonchaient les marches… Un peu plus loin, mon garçon et moi avons poussé le portail du cimetière. L’enfant a attentivement observé les visages gravés et toute cette éternité humaine. Il a reconnu notre patronyme sur la plupart des tombes, merveilleusement limpide, à l’état naturel.

Mon garçon savait déjà que les noms, comme les hommes qui les portent, ont une histoire. Il découvrait que le nôtre était un vieil arbre avec de nombreuses racines qui s’étaient étendues et avaient sillonné le monde depuis ce minuscule épicentre de montagne et de pierres.

Mireille D.
Val Varaïta (Rore, Sampeyre)


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LA COMPAGNIE ROYAL DE LUXE

Publié le par Mireille Disdero



Donner de l’espace, écrire le monde. Un carnet, des notes de voyage, quelques cartes postales. Y glisser un air de rien, un sens de lecture, des signatures bizarres, des nuanciers de couleurs et si on peut, un parfum de peau.


Écrire les yeux de mer à midi (photo gardée), une balade aux travers des rues qui ouvrent leurs fenêtres tôt (adresse transcrite au crayon, risque d’effacement…).

Écrire la compagnie Royal de Luxe sous le soleil de 5 heures, en août dans le sud. Les gradins, l’estrade, le décor, les musiciens, au fond. Écrire l’attente, courte, la montée des rires qui se croisent. Le service d’ordre qui s’énerve « il n’y a plus de place, laissez le passage ! » et les gens qui commencent à s’assoir tout autour, comme une étoile avec la scène au cœur. Écrire l’attente (encore), assis par terre, la petite de deux ans qui s’appuie sur mon épaule pour manger une banane sans la faire tomber (important). Écrire du bout du doigt un prénom, celui qui connait, lui qui m’a dit. Puis le silence sur les gradins durant une seconde, pas plus. Ils plongent sur scène comme une bombe. Ils sont là c’est la vague, énorme ! Leur énergie est si intense qu’elle traverse ma peau (frissons).

Transcrire le changement de costume à la vitesse de la lumière, le décor qui se déplace, un lit à la verticale et le vertige avec ! Dessiner les couleurs, la dictature dont on ne se remet peu. Écrire le public qui murmure, la houle qui continue et les frileux choqués qui s’éloignent (grognements).

Accepter le glissement du temps. Le soleil devient flou. La troupe de théâtre de rue boucle ses sacs, ses décors. La belle énergie ne nous quitte pas (cadeau). Elle circule, universelle comme le rire, la tendresse et l’enfance.

Mireille D.

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OOH ! INVENTAIRE PHOTOGRAPHIQUE

Publié le par Mireille Disdero



Ooh ! Inventaire photographique

Massimiliano Tappari

Panama 2008 – 15€

Ingénieux inventaire photographique, Ooh ! Malgré son format modeste, transforme le regard et l’ouvre sur les objets du quotidien que nous oublions d’observer. Un autre point de vue s’offre à nous qui sommes alors saisis devant le côté ludique, simple et rafraichissant des images. Le seul bémol réside dans une page où l’auteur à plusieurs reprises propose de coller une photo et d’écrire un commentaire.

Décliné en sous catégories : architecture, signalisation, des chiffres et des lettres etc. cet imagier est aussi doté d’un glossaire sur les peintres, artistes et mouvements ayant à voir avec le présent ouvrage. Efficace, un vrai régal pour tous ! A découvrir.

Publié dans NOTES DE LECTURE

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COUNTRY GIRL

Publié le par Mireille Disdero



La grand-mère s’activait, retournant la peau du lapin devant le regard halluciné des chats. Après, elle besognerait le coq attaché par les pattes, la tête en bas, et le saignerait comme il faut, le sang s’échappant dans un bruit chaud.


Maintenant elle devait préparer la pompe à l’huile, réunir les fruits séchés de l’automne sur des plats de faïence qui brillaient comme des sous neufs. En s’essuyant les mains sur le tablier, elle appela :

Marie !

Une petite fille blonde avec de grands cheveux sauta de la charrette pour le foin, sous le hangar. Elle fit comme si elle n’avait pas entendu sa grand-mère puis stoppa devant les clapiers. Elle savait qu’il manquait le plus doux, son préféré. Elle imaginait l’odeur du civet aux herbes sauvages, sauvages comme elle, fille des arbres dans lesquels elle se cachait pour rêver… Jusqu’au jour où son cousin était arrivé à la ferme pour lui apprendre le vélo. On fêtait Noël. Tous étaient réunis. La grand-mère avait fini de préparer le grand repas. Chacune de ses filles était arrivée avec sa contribution au banquet. On ne savait plus où mettre les plats tant ils s’accumulaient. Ça sentait bon la chaleur des fourneaux et les rires.

A la fin, la petite fille et son cousin s’étaient éclipsés vers le garage à vélos. « Je vais t’apprendre ». Bien plus tard elle avait mal partout, une entaille sur le front et les mains râpées par une méchante chute mais elle savait dès lors rouler comme les grands avec le bruit du vent dans les roues.

Alors, son cousin et elle étaient partis à vélo sur le chemin de terre, dans le soir. Son beau cadeau de Noël d’enfant.

Mireille D.


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MEMOIRE A FOND DE CALE

Publié le par Mireille Disdero





Une femme grimpe dans la rame,
s’installe à côté d’un môme cagoulé.



Elle pense à sa mère qui n’appelle plus pour prendre des nouvelles, sa mère qui ne s’inquiète plus de la savoir seule, sans un homme auprès d’elle. Ce n’est pas que maman ne l’aime plus mais maintenant, elle l’aime ailleurs, dans l’absolu. On pourrait dire dans un endroit perdu où elle abolit le réel faute de s’en souvenir. Maman ne sait plus trouver les mots pour discuter de choses simples. Les courses, Noël, le chat à garder. Maman oublie. Au fur et à mesure elle s’allège de tout, de tous. Un jour elle sera comme un ballon léger dans le ciel trop bleu. Elle s’envolera. On ne la reverra jamais.

La ville est énorme, la femme toute fine, un papier à cigarette qu’on roule jusqu’à la crémation lente dans les ruelles obscures. Elle pense que le manque d’amour est partout, dans les silences de sa mère qui l’efface de sa mémoire. Dans l’absence des hommes qui ne l’ont pas assez aimée pour la serrer contre eux longtemps. L’amour dans la ville, elle connaît, ce n’est que par instant, par morceaux, une nuit sur mille.

Soudain, quand le môme cagoulé assis à côté plonge sa lame, la femme éclate d’un rire hystérique qui déchire le vacarme mécanique de la rame désertée. Peu à peu son regard devient doux :

Merci, seule je n’y arrivais pas.

Puis elle s’effondre et le gosse, halluciné, détale à la prochaine station.

Mireille D.


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L'ECRITURE

Publié le par Mireille Disdero



L'écriture m'apprend à vivre avec le poids de ces années blanches. Phrase après phrase, leur amertume se disloque sous les coups de sonorités silencieuses, la mélancolie se mue en souffle, la tristesse est changée en élan vers le monde.

Hafid Aggoune

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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PETIT POISSON DEVIENDRA GRAND

Publié le par Mireille Disdero



Nicole Aman nous informe :


J'ai une bonne nouvelle. Mon tout premier roman vient de paraître.  Il s'agit d'un polar.
 
Au début, cette histoire était une nouvelle (primée au concours Albertine Sarrazin).
 
La nouvelle est devenue un roman intitulé Petit poisson deviendra grand.
 
Si vous avez envie de le découvrir...
 
Un extrait : La veille, des villageois avaient, en pleine nuit, encerclé notre maison et brisé à grands coups de pied la porte en hurlant des injures. Effrayée, maman m’avait intimé l’ordre de m’enfuir par la trappe secrète qui menait au grenier à foin et qu’elle avait pris soin de refermer derrière moi. Cachée entre les énormes meules, disposées les unes à côté des autres, je les avais entendus saccager et dévaliser notre ferme.

  Editions du polar. Prix indicatif : 19 €
 

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