Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

J'AI BESOIN DE SUCRE

Publié le par Mireille Disdero


Parution, J'ai Besoin de sucre
Thomas Vinau

Etc-iste

(évocation phosphorescente de la vie d'Edie Sedgwick)
n°30 de la collection 8pA6 de la Vachette Alternative
Le texte est illustré par 5 dessins de Bill Térébenthine
8 pages formats A6, 2 euros, à commander aux deux auteurs ou à l'éditeur.

Partager cet article

Repost 0

CONCOURS DE NOUVELLES

Publié le par Mireille Disdero



Les éditions L'iroli veulent vous parler du concours de nouvelles annuel des Editions L'iroli de Picardie...

575 mots max sur le thème UNE RENCONTRE EN VOYAGE. Avant le 15 janvier 2010.

Une catégorie HAÏBUN en plus. Et des prix ! Et un Festival de l'écriture courte en mai...
Tout est ICI

L'équipe L'iroli vous souhaite une bonne fin d'été.

isabel Asunsolo et Eric Hellal
Nouvelle Parole d'éditrice : Lisières et limites

Editions L'iroli
10, place du Plouy Saint-Lucien
60000 Beauvais, France
tel/fax : 03 44 45 90 61

Partager cet article

Repost 0

UN VILLAGE SANS VOISINS

Publié le par Mireille Disdero



Evariste est perché en haut du village, du village abandonné, à moitié détruit, où l’herbe, les arbres et le vent remportent des victoires au goût inquiétant de planchers effondrés, de portes vermoulues, de baies béantes comme abasourdies.



On dirait un village de guerre civile, on y pense même, ici, sur l’ancien front, tantôt républicain, tantôt fasciste.
Mais non, le village, en son temps, a bien résisté.

Depuis lors, un barrage inondant la vallée suffit à chasser les habitants du village vers d’autres terres, d’autres maisons, le portefeuille rebondi de pesetas. Alors, d’autres tracèrent en haut des portes d’entrée des numéros d’expropriation à la peinture rouge, comme si le choléra savait écrire.

Le père d’Evariste en fut, des partants, puis un jour, le fils revint avec ses brebis et son chien. Il traça sur les murs, en lettres rouges : « Attention, chien lâché » et il lâcha son chien, une grosse boule de poil dru gardant le troupeau ou aboyant crûment les visiteurs inspirés.

Mais ce chien est gentil, tout juste un peu bruyant. Et Evariste est gentil. Ils vous font visiter l’église presque en état ; racontent la vie d’antan et leur vie d’aujourd’hui.

Puis, en confiance, Evariste vous emmène voir ses sculptures en chêne noble de la colline : un berger, une brebis, un chien… son travail.
Evariste n’est pas fier, juste heureux, prolixe pour le coup car, si vous n’y venez pas, les voisins d’Evariste ne sont que des fantômes muets. Et vous, des hirondelles de passage qui ne feront jamais plus le printemps du village abandonné.


Hervé Grillot


Partager cet article

Repost 0

TROGLODYTES

Publié le par Mireille Disdero




Comme ceux du Honan, les misérables paysans du Shensi habitent des cavernes qu'ils creusent dans les falaises de terre jaune et poreuse. Leurs champs sont pauvres ; chaque pluie entraîne des terres qui s'en vont combler, très loin de là, le grand fleuve Jaune et provoquent peu à peu ses redoutables changements de lit. Pour réparer le méfait des pluies, les hommes, comme des fourmis, transportent infatigablement de la terre dans des paniers suspendus à leurs balanciers. Plus aucune forêt ne régularise le climat, n'atténue les précipitations ; pour se chauffer, pendant des siècles, les fils de Han ont déboisé : il ne reste plus un arbre.
Cette terre impalpable donne sont caractère le plus marquant au paysage chinois. Elle coule sous l'averse, elle fuit entre les mailles des paniers dans lesquels les paysans la transportent. La notion même d'un roc, d'un caillou, semble ici appartenir à une autre planète.

Ella Maillart, Oasis interdites - Petite Bibliothèque Payot / Voyageurs 2002
"De Pékin au Cachemire
Une femme à travers
l'Asie centrale en 1935"




Publié dans PAROLES, CITATIONS

Partager cet article

Repost 0

COMMENT J'AI TROUVE UN BOULOT

Publié le par Mireille Disdero


Pour rentrer chez moi, je devais parcourir soixante-dix kilomètres de désert. Pas un panneau de stop, pas un lampadaire, pas une seule voiture, pas de limitation de vitesse. Il n'y avait même pas de ligne jaune au milieu de la route. C'était un dimanche bien après minuit et j'étais censé ouvrir à six heures du matin la station-service Flying A de Lee Vining, où je travaillais à l'époque, ce qui me laissait quatre heures de sommeil. Pas de problème. J'avais dix-neuf ans. Je calais mon compte-tours sur 3300 en overdrive - soit une vitesse de cent cinquante kilomètres-heure, pas de compteur de vitesse - et roulez jeunesse. C'était la fin du printemps dans le désert. Pendant la journée, le soleil commençait à chauffer suffisamment la sauge pour qu'elle libère ses parfums dans l'air plus frais de la nuit, mais je conduisais très décontracté, un coude à la portière, et reniflai au creux de mon poignet droit où je parvenais à déceler le parfum de ma violoncelliste. Je n'ai jamais su la marque dudit parfum mais, encore aujourd'hui, je me souviens de cette odeur, et si jamais je la remarque dans la rue, un club ou un hall d'hôtel, elle me transporte immédiatement à cette fameuse nuit. (...)

Jim Nisbet, "Comment j'ai trouvé un boulot" Rivages / Noir 2008

IL se passe quelque chose, après, sur cette route, à travers le désert. Mais je ne vous raconterai rien, car si l'envie de lire le roman vous vient...

Publié dans PAROLES, CITATIONS

Partager cet article

Repost 0

THIERRY JONQUET

Publié le par Mireille Disdero


Thierry Jonquet est mort le 9 août dernier à l'âge de 55 ans. Il écrivait des romans noirs, il écrivait aussi pour les enfants, des romans... noirs.

"La Série noire a bouleversé ma vie. Il y a 15 ans, je menais une existence tranquille et honnête. Aujourd’hui, j’appartiens à la douteuse cohorte des auteurs de romans noirs. Qui signent des textes macabres, désespérés ou loufoques, mais jamais ternes. Qui cachetonnent pour des maisons de production audiovisuelle. Qui écrivent aussi pour les enfants de petits romans, noirs. Qui se lèvent tard le matin et ne prennent le métro qu’aux heures tranquilles. Qui ne connaissent plus les douceurs du salariat, mais ne savent pas ce que leur réserve le lendemain. "
Thierry Jonquet, extrait de Ma vie en « Série noire », article in Le Monde – Le Monde des livres n° 15625 du 21/04/1995


 

Un article de Hubert Artus, pour en savoir plus, sur Rue89


Publié dans PAROLES, CITATIONS

Partager cet article

Repost 0

KIRCHNER

Publié le par Mireille Disdero



Un peintre écrit...


"Un peintre montre l'apparence des choses, par leur exactitude objective - en réalité, il donne une nouvelle apparence aux choses. ” E. L. Kirchner




Peintre allemand, Ernst Ludwig Kirchner est l'un des membres fondateurs du groupe Die Brücke, groupe des avant-gardes du début du XXe siècle. Né en Bavière, Kirchner étudie l'architecture de 1901 à 1905. Il fonde avec Fritz Bleyl, Karl Schmidt-Rottluff et Erich Heckel le groupe Die Brücke (Le Pont), dont le but est de se libérer du style traditionnel académique pour trouver un nouveau mode d'expression, qui formerait un « pont » entre passé et présent. (...)



A partir de 1913, Kirchner affirme son individualité en organisant une exposition personnelle au Folkwang Museum d'Essen.

Engagé dans l'armée allemande en 1914, l'artiste est rapidement démobilisé après une dépression nerveuse, et est soigné dans des sanatoriums en Suisse. (...)
En 1933, Ernst Ludwig Kirchner est qualifié d'« artiste dégénéré » par le régime nazi et on demande son renvoi de l'Académie des Arts de Berlin. Quatre ans plus tard, plus de 600 de ses œuvres sont retirés des musées allemand, puis vendus ou détruits. Traumatisé par ces événements et l'imminence de la guerre, Kirchner se suicide en 1938.




Quelques œuvres majeures

Marzella (1909-1910)
Scène de rue à Berlin (1913)
Baigneuses (1913)
Autoportrait en soldat (1915)
Vaches dans la forêt (1920)

Informations recueillies ICI

Partager cet article

Repost 0

SERIE NOIRE

Publié le par Mireille Disdero



Pour l'instant, c'est blanc, brûlant le jour, et ombragé le soir. Il y a un muret, trois marches, et on peut s'asseoir sous le noyer. Ce n'est pas grand, mais le regard se perd. Vers la vigne, les cerisiers, la nuit qui vient.

S'il y a un peu de vent, on entend les branches et les feuilles des arbres, les cigales ou les grillons. On entend des chiens aboyer ou se répondre, quelques voitures, très loin, et parfois, un avion qui laisse une traînée blanche dans le ciel. Voilà ce qu'on entend, et malgré le souvenir, ce n'est pas un film, ou une pièce de Tennessee Williams, je ne suis pas un personnage...

Extrait de Fantômes, Maïté Bernard, Gallimard 2002 (Série Noire)

Le roman commence avec le mariage d'un homme et d'une femme, dans le sud de la France. Jeunesse, beauté, légèreté... ? Mais après la nuit de noces, l'homme disparaît... L'écriture est féminine, énergique, surprenante... voire même atypique pour un polar. Finalement, la légèreté du départ n'est là que pour mettre en valeur autre chose...  que vous découvrirez si vous lisez le roman.

Mireille D.


Publié dans NOTES DE LECTURE

Partager cet article

Repost 0

DANS LES GRIFFES DU KLAN

Publié le par Mireille Disdero




Dans les griffes du klan

Stéphane Tamaillon

Seuil Jeunesse, collection Chapitre, juin 2009


Jessy, un jeune garçon noir, vit en Alabama, l’un des états les plus ségrégationnistes des années 50 aux États-Unis. Son quotidien est difficile car les siens sont brimés, maltraités et pire encore… assassinés par les membres du Ku-Klux-Klan qui font régner la terreur à l’époque, et agissent en toute impunité. C’est ainsi que le roman s’ouvre sur la délicate scène de Jessy et de son père, en train de détacher d’un arbre un pauvre homme, vétéran de la seconde guerre mondiale, couvert de médailles mais tué par le Klan car il a osé en parler autour de lui. En Alabama, les noirs n’osent rien, ils sont soumis et résignés. Jessy lui, a besoin que les choses évoluent. Grâce à l’arrivée d’un nouveau dans son école, Spike Battle, il va commencer à agir, à prendre des risques et à se faire remarquer. Chez Spike, il va rencontrer Miles Davis, découvrir le jazz, la créativité et la possibilité d’un monde plus juste. Pour cela, il va risquer sa vie… et perdre des êtres chers.


Ce très bon roman, bien construit et sans dolorisme, traite du thème du racisme, de la ségrégation raciale et du Ku-Klux-Klan qui a sévi aux États Unis à une certaine époque... pas si lointaine. Ici, également l'histoire des hommes et la musique se rencontrent. Au fur et à mesure du récit, on prend conscience du quotidien vécu par les noirs et de la nécessité d'un monde plus juste. Le côté révoltant du racisme est très bien démontré par l’auteur. C'est une lecture à la fois nécessaire et passionnante, que je conseille à partir de 11 ans.

Mireille D.

Note de lecture pour la Marmite à lire (Littérature Jeunesse)


Publié dans NOTES DE LECTURE

Partager cet article

Repost 0

PORTRAIT DE LA FRANCE EN STOP

Publié le par Mireille Disdero



Avec l'été, le déplacement des populations qui veulent changer d'air voire même d'atmosphère (merci Arletty !), la "route" prend un sens particulier. La route, le chemin sont importants. Mais avez-vous pensé au stop ?


Portrait de la France en stop, article de Frédéric Potet paru dans le Monde du 08/08/09

Extrait

Jour 2 : Argentan - Sées - Alençon - Le Mans - Château-du-Loir - Tours – Poitiers

Au bout du deuxième jour, un autre paradoxe fait son lit : l'impression de ne pas vraiment voyager. Sur un plan purement touristique, faire du stop aujourd'hui revient, grosso modo, à visiter la France des sorties de ville. Ronds-points à l'infini, zones commerciales standardisées, stations-service sans âme… Répétés d'une agglomération à l'autre, ces espaces tampon s'avèrent d'une monotonie désespérante. Et d'un barouf incessant. La faute aux camions. Ou plutôt à la crise, encore elle. Obligées de se serrer la ceinture, les entreprises de transport privilégient de plus en plus les routes nationales et les contournements urbains, aux dépens des autoroutes. L'économie en euros est importante, à condition de ne pas lambiner en chemin évidemment. Pas question, du coup, de s'arrêter même quelques secondes pour embarquer un passager : un poids lourd immobilisé a besoin de cinq à dix minutes pour retrouver sa vitesse de croisière. Et comme les patrons transporteurs interdisent désormais à leurs chauffeurs de convoyer des auto-stoppeurs (officiellement pour des questions d'assurance), c'est tout le mythe du routier sympa avec les routards qui en prend un coup… Que faire partant de là ? Autoroutes ou nationales ? Le dilemme se double d'un constat indéniable après 48 heures au contact du bitume : il existe deux peuples bien distincts d'automobilistes. Le premier roule sur autoroute dans des voitures plutôt récentes. Le second n'utilise que les nationales et se déplace dans des véhicules plus anciens. Voire parfois d'un autre temps. Comme cette 4L sans marche arrière empruntée la veille en Picardie. Ou ce Transporter 2 Volkswagen couleur bleu ciel pris ce jour-là à Alençon. Son propriétaire, Vincent, paysagiste au look rasta, licencié économique il y a trois mois, est un poème vivant à la gloire de l'auto-stop. Il a comptabilisé le nombre de kilomètres parcourus de cette manière ces dernières années (9 700) et a conservé chez lui toutes ses pancartes. Même s'il pratique moins le stop depuis l'achat de son camion, son grand projet est d'aller de la sorte jusqu'à Montcuq, dans le Lot : " Juste pour garder le panneau ! ", se marre-t-il.

Frédéric Potet


A LIRE ICI

Publié dans ARTICLES

Partager cet article

Repost 0

1 2 > >>