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JAMES GRAY

Publié le par Mireille Disdero




Après avoir visionné Two Lovers, de James Gray, j'ai eu envie de trouver quelques mots de lui.


"New York est une ville où je me suis beaucoup perdu quand j’étais adolescent. Je n’avais pas vraiment d’idée sur le sens à donner à ma vie. Au lycée, je ne faisais pas grand-chose. J’étais un peu largué. Mes parents, qui étaient d’un milieu modeste, s’inquiétaient beaucoup. A 13, 14 ans, je prenais la tangente pour voir plusieurs films par semaine. Je fréquentais les salles de la 42e Rue, qui ressemblait encore à la zone de perdition filmée par Scorsese dans Taxi Driver. Je m’étais fait fabriquer une fausse carte d’étudiant à Times Square pour me payer de l’alcool et entrer dans les boîtes à la mode, le Studio 54, la Danceteria… L’ambiance dans la rue était électrique, et j’étais très excité par la scène musicale de l’époque – les débuts du hip-hop, Blondie, les Clash – qu’on entend dans mes films. Au début des années 80, la barrière légale pour acheter de l’alcool est passée de 18 à 21 ans et il est devenu plus difficile de sortir et de s’amuser. Deux filles de mon lycée venaient de Brighton Beach, le quartier russe de Brooklyn qu’on appelle Little Odessa, et elles m’y ont invité. Le père de l’une d’elles tenait un kiosque à journaux, et elles m’ont présenté tout le quartier. A Little Odessa, on pouvait aller se saouler facilement, on trouvait de la vodka sans problème et ça ne dérangeait personne. J’y ai passé pas mal de temps dans ma jeunesse, et c’est comme ça que j’en suis venu à y réaliser mon premier film."

James Gray - Interview de Télérama

Publié dans CINEMA

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LA VOIE CRUELLE

Publié le par Mireille Disdero



Nous regardions toutes deux par les carreaux de la maison de paysans qu'elle possédait dans l'Engadine. L'hiver était roi. De l'autre côté de la vallée, des nuages cachaient les pentes du Fextal où, le matin même, nous avions fait du ski parmi les mélèzes d'un brun-roux lumineux. Un ciel bas et sombre pesait sur la vallée livide, sans ombre et comme morte. Quoique dans les Hautes-Alpes, la contrée semblait plate et vaste car la maison était au bord d'un lac gelé recouvert de nombreuses couches de neige. Il n'y avait que cette austère désolation entre nous et l'horizon où le col de la Maloja mène en Italie.

Ella Maillart, La Voie cruelle



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BANDONEON - LA COLLECTION

Publié le par Mireille Disdero




Sur le site Un Endroit...

De nouvelles publications dans la collection Bandonéon !

Carnets de doutes, Mireille Disdero

Extrait :

L’endroit s’appellerait la passe des grillons

Un troupeau d’odeurs dévalerait le sentier humide

Et sans pouvoir le distinguer, derrière la sapinière

on le sentirait jusqu’au vieux puits de neige

En demi-cercle gris profond

tassé sur lui-même comme un arc en ciel emmuré

Mais libre des contraintes du froid et du passé.



Des Monts Célestes aux sables rouges, Ella Maillart

Extrait :

Arrêt, Gare d’Emba. Grands réservoirs de naphte

Les yeux des indigènes se brident, les peaux sont plus jaunes

Les mains offrent des piles de lipiochkas

Crêpes plates, galettes de blé cuites au four

Les vertes pastèques à chair rose sont éventrées par douzaines

Et pleurent sur les mentons avant d’être avalées




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AL HOCEIMA

Publié le par Mireille Disdero



Al Hoceima (6)
 

C’est un traquenard en crique en rade
À l’hôtel cintré autour de ce nombril salé
Aux quinquets vaguement entrouverts sur la possibilité d’une grasse matinée
Aux balcons bouffés jusqu’à la ferraille
Aux linges et slips de bain attendant la prochaine
Les figues de barbarie reluquent tout ça
Rougissent un brin, font grimacer un testicule canin
L’hôtel s’en fiche, qui balance, au matin, un filet d’accordéon autrichien

Hervé Grillot



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LETTRES ATLANTIQUES

Publié le par Mireille Disdero




Je veux voir les habits papillons

Et leurs lettres attachées,

Le fil des cendres

Noué aux rubans flottés des soirs,

Boire tout ce qu’il se croit

De Flamengo à Bordeaux,

Jeter les flacons verts et vides

Dans des containers

D’élection de cœurs, d’amours et de larmes

À la santé de la beauté née du désir

Et de sa grégaire cruauté.

 

Je veux aller les poches retournées,

Parfum d’âme,

Me dissiper dans l’achèvement des effluences du corps.

C’est dans la voix que se garde les secrets

Tout se dit et tout se tait

J’ai caché ce qu’il reste

Derrière des caresses,

des baisers,

des mains mêlées,

Et nos lèvres encore.

 

 

Eric Bertomeu, Lettres atlantiques. 17 sept. 09



Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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UNE CANAILLE ET DEMIE

Publié le par Mireille Disdero



Ann était à côté de la plaque. Dans l'université, il y avait un truc qu'elle ne pigeait pas. Elle passait son temps à étudier. Elias savait que ça lui porterait tort dans sa carrière. L'étude et le savoir n'entrent guère en ligne de compte une fois assimilés les principes de base. Si vous avez étudié suffisamment pour pouvoir situer la Pologne sur une carte et si vous connaissez le nom des trois derniers présidents, le reste est surtout une question de conviction. Tout tient à l'assurance avec laquelle vous vous exprimez. Il avait essayé quelquefois de brancher Ann là-dessus et ça se terminait toujours par une dispute. L'astuce n'est pas d'être la personne la plus intelligente de la salle. Après le primaire, ça ne compte plus. L'astuce c'est de se faire remarquer.

Ian Levison, Une Canaille et demie, Liana Levi 2006

A la fois noir et décalé, bousculant l'imposture, un excellent roman du genre mais... jJaimerais savoir ce que vous pensez de l'extrait que je vous propose ici.
Etes-vous d'accord ?
Pensez-vous vraiment...

Vos avis sont attendus.

Publié dans NOTES DE LECTURE

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DROMADAIRE

Publié le par Mireille Disdero



Au milieu de nulle part
Dans le désert agricole
L’eau bleue piscine s’évade vers les flaques de poussières
… Et les hirondelles sur les sentiers invisibles du ciel.




Midi brûle, on croise un chevelu, basané comme nous
assis dans la poussière, un bouddha souriant.

L'oeil touché par la conjonctivite
le poil chocolat et le regard marron
il souffle son haleine chaude et humide sur la main.

Une route orpheline défile jusqu'à la casa Paco
La nuit tombe, les murs avec, on se sent entier et vibrant
Comme un souffle de vie sur les herbes fragiles du désert.


Mireille D. Eté 2009, Tardienta




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BERLIN - LE MUR

Publié le par Mireille Disdero



Berlin, comment ça va avec l’ombre du Mur ? (Télérama)



LE MONDE BOUGE - Que reste-t-il de cet édifice de 43 km de long qui coupa le monde en deux ?
Quelques traces, quelques cicatrices, et des souvenirs parfois refoulés. Promenade libre d’est en ouest, sans miradors et sans vopos. Pour célébrer les 20 ans de la chute du Mur, “Télérama” publie un hors-série (en kiosques le 9 septembre). En voici un extrait.

Le drapeau américain flotte toujours au-dessus de Checkpoint Charlie.
L’ancien poste frontière entre l’Est et l’Ouest est aujourd’hui exploité par des boutiques pour touristes. Sur la gauche, le musée du Mur.

L'historien Marc Ferro : “En France, on a rayé la Russie après 1989”

Les années filent, les souvenirs se troublent, les dates se chevauchent et les rues aussi. Mais si l’on en croit ce guide hollandais, aux allures de dandy et aux cheveux peroxydés, il y eut, avant l’automne 89, un été de pure folie. En 1986. Ou 1987 peut-être. En tous cas il faisait une chaleur à crever. A l’Ouest, des Berlinois pétaient les plombs, fonçant à tombeaux ouverts sur les avenues coupées en deux pour aller s’écraser contre le Mur. On retrouve ainsi la trace d’un jeune homme de 26 ans, Ralf M., que sa femme venait de quitter et qui a réglé l’affaire dans un fracas de tôle sous l’oeil des soldats de l’Est médusés. Il ne protestait contre rien d’autre que sa propre infortune. Sur le siège, à ses côtés, on a trouvé un mot d’amoureux froissé. Son histoire est la première qu’on entend, un matin d’été, en suivant l’empreinte du Mur.


Télérama, 7 septembre 09





Photo : Patrick Tourneboeuf / Tendance floue

Publié dans ARTICLES

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SOMMEIL DE LANTERNE

Publié le par Mireille Disdero



Dans la Collection Fulgures, le numéro 027, Sommeil de lanterne, vient de sortir.

Un collectif d'auteurs à la plume contrastée !
  
Extrait :

En face des bateaux l’espoir appareille sans discontinuer

    Si nous pouvions nous tenir la main toujours

    Beaux et forts et morts

    Nous montrer au monde ainsi qu’une nature morte

    Un reflet du matin avant le boulot

    Notre propre gueule indifférente...


    
Catox

Autre Extrait du recueil :


Je prends la parole


Je prends la parole, comme le feu jadis. Emu, hésitant, craignant le moindre faux-pas, la perte à tout jamais du relais donné par nos aînés.


Et mes mots glissent lentement, pesamment, comme le serpent sortant d’un orifice sacré. Et les astres sourient, les arbres bruissent gentiment, la terre rouge soupire.

Mammifère au son, humain à la pensée, je pèse les mots sempiternellement réfléchis et pétris ; tantôt alignés maladroitement, tantôt empilés jusqu’à la chute imminente. Je ne parle pas, je transmets. Du moins j’essaie.

Et les autres voix silencieuses écoutent, décortiquent, séparent goûtent et recrachent. Les autres paroles des temps passés et des temps à venir, laissant passer mes mots avant de s’y appuyer. Je parle, je donne, j’offre à qui veut bien partager l’écoute silencieuse.

Soudain, je me tais, sachant l’autre prêt à prolonger la parole, la palabre. Ma main, sous la glotte, tranchant d’un coup sec, ma voix soufflée.

Et sous le flamboyant, le chêne ou l’araucaria, les mots s’envolent sans papier, finement retenus par la mémoire que chacun voudra bien digérer avant de retransmettre.
Une histoire allumette.

H. Grillot


A lire sur le site Un Endroit...

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LA MILLE ET UNIEME NUIT C'ETAIT HIER

Publié le par Mireille Disdero



C'est donc maintenant annoncé, prévu, ficelé: « La mille et unième nuit c'était hier » paraît chez L'Harmattan le 15 septembre 2009. L'enfant devrait être beau. L'auteur est tout émerveillé de cette naissance tant attendue. Les heureux souscripteurs recevront très rapidement leur ouvrage dédicacé dans les jours qui suivront sa venue au monde. Les autres n'auront plus qu'à se précipiter chez leur libraire préféré...


Xavier Lainé

A lire...
 

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