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LE PETIT CHAT NOIR

Publié le par Hervé G.

 



Des hommes dignes

Des hommes toujours debout

 

La femme est à genoux, côté rue, âgée mais pas vieille, agrippée aux barreaux du portail, de gros barreaux riches, chromés, laissant voir une villa cossue, un jardin bien entretenu.

 
La femme est à genoux, mais pas mendiante, rien à voir avec une quelconque aumône, la femme tend un bras à travers les barreaux et dépose un bol d’offrandes avec de la nourriture dedans.

 
La femme est à genoux et parle doucement au chat à qui elle tend le bol rempli. L’animal s’approche, un petit chat noir qui se met à manger.

 
La femme est toujours à genoux, le bras à travers les barreaux, à caresser le petit chat, quand surgit une limousine aux vitres opaques. Elle klaxonne rapidement, insiste, le portail coulisse.

 
La femme est encore à genoux, les bras à travers le portail qui glisse. Elle se retourne, regarde, sourit. Le portail qui glisse et son bras au travers. Le petit chat miaule et dévore, il est jeune, il a tant à apprendre encore.

Hervé G.

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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CONCOURS DE POESIE CHANTEE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

4e concours Andrée Chedid
du poème chanté

Président d'honneur : Matthieu Chedid

 

 

CONCOURS
Composez une chanson à partir du poème
L'attrape-rêves de Michel Butor

et envoyez votre mp3 sur :
concourschedid@printempsdespoetes.com

 
Modalités de participation sur
www.printempsdespoetes.com

 
Clôture 15 janvier 2012

 

 

L'attrape-rêves 

Dormir avec toi retrouver
au moindre sursaut ton épaule
entendre ta respiration
mesure du temps qui me reste

Reste encore un peu près de moi
console-moi de ton absence
toutes les saisons de ta vie
teindront la roue de mes années

Tant d'autres fantômes défilent
dans les corridors du sommeil

Encore te voir et t'entendre
suivre tes conseils obéir
à tes subtiles suggestions
dans mes hésitations voraces

Moi qui suis si sec et si raide
cherchant à maintenir le masque
sans lequel je m'effondrerais
sans lequel je m'effondrerais

Tant d'autres fantômes défilent
dans les corridors du sommeil
montant descendant sans répit
les ascenseurs de la mémoire

_
Michel Butor

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NOUVELLE PUBLICATION

Publié le par Mireille Disdero

 

16ANSETDESPOUSSIERES2011

Nouvelle couverture, nouvelle édition, mais toujours

aux éditions du Seuil

 

En librairie dès le 20 octobre 2011

 

L'histoire se déroule à Marseille...

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UN SOIR...

Publié le par Mireille Disdero

 

... Au bout du monde

Raymond Depardon et Jean-Claude Guillebaud    

 

Nous dormons, certains soirs, dans des auberges misérables et des bourgades sans lumière. La nuit tombe d’un coup dans les montagnes d’Abyssinie. Nos journées tournent court et nous faisons étape au hasard. Pajero Garée, mêlés à des inconnus, tâtonnant dans l’obscurité, nous marchons un moment sur la route que bordent des maisons en bois, comme on en voit dans les westerns. J’aime ces premiers pas dans ces lieux inconnus dont nous guettons l’atmosphère : tension sourde, insouciance, équilibre indéfinissable. Nous abordons chaque lieu comme on trempe, avec précaution, un orteil dans la mer.

La nuit, en tout cas, nous a rendus à l’anonymat ; grâce à elle nous cessons d’être une attraction pour chacun. Aucun enfant ne crie plus faranj, faranj ou you, you ou encore ster, ster sur notre passage. Les hommes ne nous suivent plus des yeux avec cet air de curiosité oblique, les femmes n’interrompent plus leurs bavardages en nous apercevant. Notre présence ne dérange plus rien ni ne bouscule le train des choses. Nous nous ébrouons enfin. Pour une heure ou deux, une rencontre plus physique, plus naturelle avec l’Ethiopie nous est autorisée. Comme si nous pouvions effleurer non plus l’espace mais le temps lui-même dans sa substance…

In La Porte des larmes, Raymond Depardon et Jean-Claude Guillebaud (Points Seuil 1996)



Vous pouvez trouver ce texte et d'autres encore dans "Comment je vois le monde" sur le site Un Endroit qui accueille la rubrique.

 

 

porte-des-larmes.jpg

 

 

 

 

 

 

 
 
 

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L'ENVIE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

On oublie souvent l’essentiel.
Dans la fuite, du temps, des choses, il faut presque désormais acter avant même d’y songer. On se laisse rattraper, guider, sans prendre le temps de concevoir.
L’époque nous a libérés, les limites sont repoussées, il faudrait toujours aller au-delà pour s’accomplir, dans la multiplication, la puissance, l’outrance, et ainsi l’indifférence. Parce que l’âme ne se divise pas, ne s’éparpille pas, il y a toujours un moment, où à ce rythme, elle se perd.

 

Extrait de L'envie Sophie Fontanel sur ActuaLitté les univers du livre

Publié dans ARTICLES

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CHEZ SYLVIE

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

 

Marseille. Quartiers Nord ou presque…




On sait que l’été qui s’attarde va nous quitter. Les signes sont là. Quelque chose de vert jaunit entre les branches et dans les bras des gens. Ça ne fait rien. On est maintenant. C’est le présent, avec son air de durer toujours, comme la vie.

Sur le trottoir-terrasse du restaurant Chez Sylvie (cuisine corse), on mange des cannellonis en écoutant les remous atmosphériques de la rue. Le soleil sur nos bras nus se mélange au vent, à peine, et c’est le bien-être. Comme nous, à côté, les autres discutent. Ils parlent boulot. Ou je ne sais trop quoi. J’écoute la musique pas les paroles. Mais quand leur dessert arrive, c’est la folie. D’un seul coup. Un grand rire éclate, la fille brune gourmande qui déjeune avec moi avoue.
- Pas le temps d’en commander, il faut partir... dans trois minutes ! Je vais la regretter toute ma vie, cette crème brûlée.


On remonte vers la rue Lanthier en riant, comme si c’était devenu la seule réalité… mêlée avec le soleil et le vent, à peine, sur nos bras nus.

 

Mireille D.

 

 

misfits-marseille.jpg

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