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DORMIR (VIET-NAM)

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Parce qu’il n’y aurait que ça à faire

Dormir

Dans la cabine-couchettes sans possibilité de banquette

Dormir

Alors que, dehors, les kilomètres défileraient

Dormir

Pour oublier que les minutes s’étireraient anormalement

Dormir

Avec la goutte de sueur que l’air ventilé n’empêcherait plus

Dormir

Car le livre serait lu et le suivant coincé au fond d’un sac

Dormir

Car le riz saucé du plateau-repas aurait asphyxié toute autre velléité

Dormir

Pour ne pas réveiller les trois autres couches

Dormir

Bercés par les tacatacs des bogies

Dormir

Sans pouvoir fermer les yeux

Dormir

En égrenant cette liste comme on compterait des moutons

Avec la ferme intention de pouvoir une bonne fois pour toute

Dormir

Et c’est alors que

Le train freinant sèchement et inutilement

À l’entrée d’une gare endormie

Au milieu de nulle part

Chacun dans le compartiment

S’éveillerait, étirerait les bras, papillonnerait des paupières, regarderait ses voisins, verrait qu’ils font

Tout pareillement

Semblant d’avoir dormi

On sourirait comme le nigaud pris

Devant l’évidence

D’une sieste scrupuleusement respectée

Mais jamais faite réellement

Ça ne gênerait personne

Encore moins la vendeuse de couloir

Et son chariot grinçant

S’approchant avec son café glacé

A l’extrait épais et noir

Au lait condensé et sucré

Tout le monde se précipiterait

Pour la voir touiller le tout

Ajouter des glaçons

Ficher une paille

Empocher les billets

Rendre la monnaie

On siroterait alors

Réinstallé dans le wagon

Ce mélange définitivement divin

Venant ponctuer un après-midi

Qu’on voudrait dédié à tout

Sauf à dormir

Cependant que Thanh, l’enfant

Bougerait, inconsciemment

Sur la couchette de sa maman

Occupé qu’il serait

A dormir pour de vrai

 

Hervé Grillot

 

train18.jpg

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L'INFINIMENT PETIT ET LA RUE SACREE

Publié le par Mireille Disdero

 

L’infiniment petit

 

Les sons, les pas, les terres se mélangent

Hanoï la nuit, ou Bangkok 

Deux fillettes dans la rue

les cheveux mouillés, sombres et brillants 

cherchent la petite bête 

et l'écrasent entre deux doigts.

 

Hanoi-Vietnam25.jpg

 

 

La rue sacrée

 

Dans l'obscurité chaude, humide, 

presque éternelle

les crapauds buffles chantent la mousson 

l'eau qui nourrie et emporte

nos pas, notre esprit... vers l'autel de la divinité.

Ici

Une femme joint les mains, 

baisse les yeux et prie dans la rue 

le flot de ses cheveux en cascade sur nos regards étrangers

 

Mireille Disdero

 

Hanoi-Vietnam-juin-2012-050.JPG

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LA RUELLE AUX POULETS

Publié le par Mireille Disdero

 

La ruelle aux poulets, Hanoï, Vietnam - juin 2012

 

Les avenues se transforment en ruelles

Où les roues se dissipent dans la fumée

Où le bruit ne peut que fondre entre les flammes

Gesticulant  avec la nuit.

 

Parfumée au miel et couverte d’épices  

C’est la chair de poulet, le quartier.

Un couple d’étrangers s’installe au ras-du sol.

Ils dégustent les ailes célestes avec les doigts

Qu’ils lèchent, pour que le goût persiste et les transporte

Vers un village aux buffles d’eau et rizières en espaliers.

Des enfants et de jeunes femmes

Mènent ces restau du cœur de la rue.  

Maîtres du feu et de l’air, ils ne craignent pas les flammes

Qui envoûtent les étrangers.

 

Et… C’est beau car à force d’Asie,

L’homme et la femme s’y mélangent et le métissage les envahit,  

Dans la ruelle aux poulets, la nuit.

 

Mireille Disdero

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LE TRAIN DE LA REUNIFICATION

Publié le par Mireille Disdero

 




A l’aube, Hanoï est calme. Les scooters sont au repos.

La gare ressemble à un souvenir d’enfance qui aurait sauté quelques générations en arrière. Le long train de la Réunification patiente au quai 3. Devant chaque entrée de wagon, une employée des chemins de fer vietnamiens en uniforme attend, vérifie les billets.
Après, tout s’accélère. Les petits enfants grimpent avec leurs parents, leurs frères, des vieux et des vieilles (parfois privées d’un bras), des ados bruyants avec Smartphones, tout un monde chargé de sacs, valises, cartons, sachets bourrés de fruits, grignotage pour 34 heures de roulis, cantines, bouteilles d’eau, mallettes, livres, jouets pour bébés, sacs à langer, journaux… et puis tout l’univers, pourquoi pas ? 

Au matin, l’aventure est dans un bol de Phô, avec ses herbes aux saveurs qui se répondent puis nourrissent les voyageurs. Ne courrez pas sans but vers la sérénité… Elle est ici, simplement, dans ce moment parmi d’autres, tout au long de la voie qui mène à Saigon.

 Mireille Disdero

Hô-Chi-Minh-Ville en septembre

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