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KUALA LUMPUR EN PASHMINA

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Octobre 2012 - Kuala Lumpur, Malaisie, dans le prolongement de la Thaïlande, toujours plus au sud. Je pense déjà à Bornéo, à la jungle… 

Kuala Lumpur d’abord.



Le métro. Des femmes voilées sont habillées avec grâce, parfois dans des drapés fluides et légers comme de la soie. Elles ont des allures de princesses ou de femmes effacées suivant qu’elles sont accompagnées par le mari ou entre elles. Dans le quartier indien, une adolescente déambule sur le trottoir, armée d’un MP3. Elle écoute le monde, vêtue en danseuse. Devant le temple sikh, un homme sommeille sur le sol, sans chaussures, privé de chapeau, offert aux regards et biblique à sa façon Tu es poussière et y retournes. Les passants l’observent à la dérobée mais un Américain immense le mitraille de photos. L’homme au sol a les traits couleur café, le visage maigre et les mains abimées comme peut l’être la vie sur terre, contre l’asphalte et ses crachats séchés, lavés chaque jour vers le soir par la pluie tropicale. Plus loin un vieux dort sur un chariot avec une grosse peluche dans les bras. Je pense que le manque d’affection est universel. On traverse la rue en direction de Little India. L’odeur d’encens se fait plus envoutante, alors les souvenirs envahissent le présent, des couleurs sur les étals amplifient la sensation de vivre. Mais la musique de la rue comme une écharpe Pashmina, douce et caressante, prolonge le voyage au-delà du pays. Nous bouclons nos sacs en scrutant les tours Petronas. Dans China Town quand vous viendrez, entrez dans le Old China Cafe. Parfois ce qui est vieux nous attire. C’est notre mémoire universelle ou quelque chose comme ça.

Mireille Disdero

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EVEIL

Publié le par Mireille Disdero

 

Bangkok, Thaïlande

 

 

 

Le ciel avec ses insectes vibre

Son bleu perdu entre les gratte-ciel

La terre à l’odeur de trombe d’eau sous le béton

Remuée par les pluies enjambe les ponts

 

Au-delà de nos peaux existe d’autres sensations

C’est l’été quelque part et l’automne là-bas

Où sont les mains, les bras, les silences…

Une année glisse sur les rails du Sky train

Des visages d’anges perturbent le paysage

Et c’est le soir, à peine le temps de rêver

Qu’un orage s’incruste en nous et revient

Chargé d’odeurs qui éveillent l’instinct d’océan

 

Mireille Disdero, octobre 2012

 


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