GUADALQUIVIR - BRIGITTE FONTAINE

Publié le par Mireille Disdero

A écouter après l'avoir lue...

 

Sur le Guadalquivir, brillant serpent musclé
Au milieu du désir de Séville embaumée.
Le safran l’oranger, la poudre et la vanille,
On aimerait voguer le feu aux écoutilles.

On aimerait traîner comme un millier d’amour,
Dans les rues envoûtées qui s’endorment toujours.
Boire le Daulphino assassin et goûter
Le cœur noir des taureaux dans des bras étrangers.

On aimerait songer près des oranges mûres,
Sous la vierge sacrée éclaboussée d’or pur,
Entouré de jasmin, d’ordures et d’encens,
Insulter l’être humain chérir la transcendance.

On voudrait tant danser enlevé jusqu’au nu
Vole pesant et brasier muscle d’acier fondu
Demi évanoui et piétinant féroce
La poussière éblouit dans le sang de la noce

Alors on rejoindrait six milliards d’étoiles
Dans la vapeur de l’air entre les maisons pâles
Et puis Guadalquivir cavale de la nuit
Son ombre est un plaisir enragé d’infini.

Brigitte Fontaine In Keke Land

Publié dans PAROLES, CITATIONS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Mireille 03/05/2007 17:34

Bonjour à vous qui aimez le Guadalquivir de Brigitte Fontaine.
Pour moi ce texte est très beau,
avec ou sans musique
lu ou écouté...
Brigitte Fontaine, derrière sa caricature comme tu le dis bien,
Île,
touche au sublime, à la transcendance... :
Insulter l’être humain chérir la transcendance.
A bientôt,
Mireille

* 03/05/2007 17:29

 "que se fue y no vino !" a été décalé...
 

Mireille 03/05/2007 17:26


Baladilla de los tres ríos,
de Federico García Lorca





El río Guadalquivir
va entre naranjos y olivos
Los dos ríos de Granada
bajan de la nieve al trigo. 
 
 ¡ Ay, amor
El río Guadalquivir
tiene las barbas granates.
Los dos ríos de Granada,
uno llanto y otro sangre.
 
 
 
¡ Ay, amor
 
que se fue por el aire !
 
Para los barcos de vela
Sevilla tiene un camino ;
por el agua de Granada
sólo reman los suspiros. 
 
 
¡ Ay, amor
 
que se fue y no vino ! 
 
Guadalquivir, alta torre
y viento en los naranjales.
Darro y Genil, torrecillas
muertas sobre los estanques. 
 
 
¡ Ay, amor
 
que se fue por el aire ! 
 
¡ Quién dirá que el agua lleva
un fuego fatuo de gritos ! 
 
 
¡ Ay, amor
 
que se fue y no vino ! 
 
Lleva azahar, lleva olivas,
Andalucía, a tus mares. 
 
 
¡ Ay, amor
 
que se fue por el aire !
 
 

F. Garcia Lorca
 
 




 

que se fue y no vino !
 

Dominique Boudou 30/04/2007 17:54

La cavale de la nuit arbore-t-elle un pistolet à crinière ? Lorca a écrit sur le Guadalquivir, non ?

Ile 29/04/2007 12:27

Magie de Brigitte Fontaine qui sait toucher au sublime sous la caricature du personnage ! merci Mireille

aloredelam 29/04/2007 10:24

moi qui n'aime pas spécialement le personnage je suis saisi par cette poésie puissante et si vivante ! ça me donne envie de connaitre le reste
merci
L

* 27/04/2007 16:16