LES REFUSANTS !

Publié le par Mireille Disdero



"Dans les médias, ce type anthropologique est plus rare qu'on ne le croit. Pareille liberté, en effet, ne consiste pas à sacrifier aux quelques espiègleries convenues ni même à user de ces fausses transgressions langagières qui n'enfoncent jamais que des portes ouvertes..." Ecoutez voir, Jean-Claude Guillebaud
 
Quand vous lisez, quand vous écrivez, lorsque vous vous exprimez... vous pensez être libre ou plutôt, vous croyez que ce que vous pensez vient de vous, la plupart du temps... pourtant, en utilisant la langue que vous usitez chaque jour, vous ne faites que reproduire, reprendre, rajouter, réorganiser un terrain plus que connu. La langue est tellement ancienne... Elle a évolué bien sûr, a été grammaticalisée et "normalisée" à un certain moment de son histoire et aujourd'hui... je digresse ! Car ce dont je veux vous parler cette fois, c'est de l'esprit libre. Mais le lien existe...

"Vive les Refusants", de Jean-Claude Guillebaud (L'Obs - 12 octobre 07). Pourtant l'expression néologique "les refusants" (du sociologue Philippe Breton) ne correspond pas aux esprits libres (qui ne sont pas "réactifs", "en réaction contre" etc. mais "actifs").

"Les refusants", C'est pourtant le terme qu'a choisi le sociologue Philippe Breton pour désigner les pensées non formatées, celles qui font dissidence. Le cas est très rare dans l'univers des médias, l'univers fast/food, fast/life, fast/pensé (la pensée du flux général ("main stream" de la réflexion), la"pensée unique" : expression très tendance !) et le fast/écrit (souvent percutant, de la même famille que "percussion", boum boum... : origine ? "transpercer violemment", oh...) ; vous avez écouté ou lu les textes publicitaires ou d'informations publicitaires ? Tout un art du rapide, easy à comprendre et percutant (c'est normal, le but est clair). 

Bon mais voilà que je digresse encore. "Les refusants", donc : 

En temps normal la misère des débats d'actualité (par exemple) vient du fait qu'ils opposent des points de vue qui sont un peu comme des frères jumeaux, des doubles faussement antagonistes, avers et revers d'un même conformisme. Je pense noir, tu penses blanc mais nous sommes englués tous deux dans la même paresse mentale... Des "refusants", on peut en trouver dans n'importe quel camp (...) leurs paroles possèdent la vertu éminente - et rare - de réveiller (...) de briser net avec les torpeurs répétitives du commentaire courant.


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mireille 10/11/2007 23:00

T'inquiète Ludo, je capte les complications et les hordes de sortilèges... (sourire amic')

Ludo 08/11/2007 09:02

En féé, chuis comme une sortilège de coluche en plus compliqué, d'où les hordes de sujets Mireille !

mireille 07/11/2007 19:34

Eh bin Ludo, c'est comme disait Coluche :Des idées, tout le monde en a, souvent les mêmes. Ce qu'il faut c'est savoir s'en servir.Ou :À vingt heures, à la télé, quand tous les pauvres sortent du travail, on ne peut pas dire toute la vérité. Sinon, la majorité n'irait pas travailler le lendemain. Aujourd'hui j'aime bien le hors-sujet (sourire...)

Ludo 07/11/2007 14:18

Dur pour tout le monde, que ça se passe au niveau du ventre ou dans la tête pour les plus chanceux, l'homme de pouvoir refuse (de partager) c'est sa tendance d'être libre en asservissant, carrément conne pour ceux qui n'en n'ont pas mais s'ils en avaient du pouvoir ceux qui n'en ont pas ? Bah ;-)