UN LOUP A SIX PATTES ET UNE LANGUE DE FEU

Publié le par Mireille Disdero



Encore un peu et, alternativement, ma vision s’estompa, puis s’affermit, elle parcourut le paysage, j’avançai, j’étais bien, en Norvège…



« Je restai là un moment, en face d’une cour d’école. Je jetai des regards nerveux tout autour de moi. On aurait dit un jeudi matin tout à fait ordinaire. La vie grouillait en bas, sur la place du marché, et Alexander Kielland, le dos tourné, cherchait vainement les vieux voiliers du regard. Il n’y avait que la plateforme Statfjord B à l’horizon. »

Un peu, encore, et la place du marché disparait, la plateforme pétrolière vient d’avaler le paysage. Je ne vois qu’elle.

Je tourne la page, ferme l’ouvrage, autour le paysage, la vigne, les oliviers, sages, méditerranéens.
Il fait beau, je suis bien.
Et ce loup à six pattes et sa langue de feu. Six pattes : le charme et la beauté de l’inutile. Le poids et la fulgurance des transports imaginaires. L’inutile et sa nécessité.

Puis prendre le volant, tourner la clé de contact, quitter la station-service, cheminer au gré de son bon gré.
Son sauf-conduit tendu à bout de regards.

Le plaisir de lire et plus
-d’écrire-
Si affinité
En langues de feu.


Hervé Grillot, 26/10/2007

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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