UNE CITE... SLAM !

Publié le par Mireille Disdero

 bidon-visage.jpg

Ludo Kaspar a eu envie un jour d'interpréter "Une cité" (In "Feuilles des jours"*) dans une version slam, accompagnée de ses amis musicos Lahou et Vincent. L'idée m'a plu, alors ils l'ont fait. Lahou a coaché Ludo Kaspar sur l'interprétation des paroles. Pour que l'histoire de la cité soit complète, on a ajouté aux mots, à la voix et à la zique... une photo de Hervé Grillot qui à mon avis se mélange bien avec l'histoire de la cité... Du beau travail !

Il est possible d'écouter l'interprétation du texte ci-dessous, sur le site d'e-criture de L.K. :

 
 
 
 




Dans une cité perchée comme un nid d’aigle

 

au-dessus de Marseille,

 

vivent tragiquement des familles venues de tous les horizons de la Méditerranée :

 

Italiens, Espagnols, Arabes, Arméniens… et Français de souche… 

 

Robert Guediguian, « L’Argent fait le bonheur » 1993

 

 

 

Une cité

 

 

 

 

La voiture ralentit mais on ne s'arrête pas.

 

A Marseille Nord Littoral

personne ne rêve de connaître la cité

ni son regard vers la mer au-dessus des quartiers.

 

La Castellane, la Bricarde

Saint André, Saint Henri, saint Louis, l'Estaque...

 

Les keufs ne traînent pas.

On se souvient de Belkacem, à sa sortie des Baumettes,

deux balles plein feu dans le crâne explosé.

 

On se rappelle la télé balancée du sixième

dans les poubelles puantes où Djamila cherchait...

personne ne le dira.

 

A la Téci depuis des années 

les réfugiés dans les halls balafrés

sont absorbés par la civilisation, on n'oublie pas...

 

L'îlot de l'école maternelle,

la directrice espagnole qui dansait comme une reine,

les soirs de fête entre instits...

du quartier.

 

On se souvient de Sinat et Sinoun

du frère de celui qui a frappé le maître

de la maman cambodgienne qui élevait seules ses filles

belles comme des danseuses sacrées, on n'oublie pas...

 

La mer qui habitait chez nous

dans les yeux, à la fenêtre et dans l'odeur des jours

comme une plume sur la balance, à la pesée des âmes

d'Anubis l'Egyptien,

la mer qui allégeait les fatigues, on n'oublie pas...

 

La cité escale que l'on quitte pour toujours

avec un soleil migrateur dans chaque poche

et la mer qui voyage des années durant en nous,

après.

 

La Bricarde avec le temps, on y devient des étrangers,

des ailleurs qui s'échappent vers  la côte Bleue

loin, loin de Marseille Nord Littoral,

loin de l'état d'urgence enfanté 

 

dans la cité perdue de la Bricarde,

 

à Marseille... Nord Littoral.

 

 

Mireille D. *Feuilles des jours, collection Bandonéon (Ed. Tapuscrit)

Commenter cet article

Mireille 15/11/2007 13:46

Bonjour Ludo,Voilà, c'est ajouté, mais je résumais sans entrer trop dans les détails. Je mettrais bientôt un lien sur Bleu Indigo, pour "Paulo" in slam.Merci à vous !

Ludo 13/11/2007 20:53

Salut Mireille!Rectif. Lahou a composé la musique et m'a vachement coatché sur la manière de dire ton texte. Par contre, il n'a pas joué sur cette version, merci de rectifier ste chtite erreur? Merci de ma part et celle de Lahou qui te félicite pour le texte que je t'ai mis en musique dernièrement (Paulo).Les bises ;)Ludo et Lahou

Mireille 12/11/2007 20:55

Les liens proposés sont momentanément indisponibles sur le site de Ludo Kaspar. Mais ça ne durera pas !