T.S.F.

Publié le par Mireille Disdero

Mardi 23 septembre 2008

Parfois quand on aime un texte, on n'a pas forcément envie de dire pourquoi, encore moins de l'analyser, d'expliquer. Non, quand on aime un texte, on laisse lire...



T.S.F.


Parfois, l’homme attrapait un détail fugace, une pensée à peine élaborée et son Lui, sa mémoire, en faisait une réalité imaginée.
Dans l’Engin, le tableau de bord était fait de petites lumières vertes.


L’Enfant porte une casquette publicitaire du Tour de France. Jaune à visière translucide bleue. Marquée le Bricoleur (le livre de bord de cette époque est très clair sur ce point).

L’Enfant monte les escaliers de la maison, c’est l’été, les vacances scolaires, la chaleur. Arrivé au grenier, sans allumer, il commence à soulever une housse de lin aux broderies florales multicolores et cousues main. Il découvre la face énorme d’une radio grosse comme un carton de bouteilles d’eau minérale.

Sur la face avant, deux gros boutons en bakélite, circulaires, cannelés. Un qui, après le clic vers la droite, sert à moduler le volume. L’autre déplaçant une réglette sur un immense tableau reprenant des noms inconnus. Edimbourg, Stockholm, Casablanca, Philadelphie…
Enfin, en bas à droite, un œil lumineux, vert, de plus en plus intense au fur et à mesure que les sons s’éclaircissent et envahissent le réduit.

L’Enfant écoute et croit entendre des sons d’époques oubliées. Vu l’âge de la radio, il est convaincu qu’elle se vide de ses échos. Il s’approche de l’œil vert, s’approche encore, vraiment, veut voir les petits bonhommes dedans. La radio parle des langages inconnus de l’Enfant, vient lui tripoter son dedans pour l’enlever vers des continents aux langues inexplorées.

H. Grillot

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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