MON NOM EST MERVEILLEUSEMENT LIMPIDE

Publié le par Mireille Disdero


Mon garçon et moi sommes retournés au village d’il y a longtemps.



Nous nous sommes garés près du lavoir. Un bouquet de millepertuis séchait devant l’oratoire, dans un verre en plastic. L’enfant et moi avons souri au même instant, face à cette présence entêtante car simple.

Après la voûte de Philomène, Odette nous a accueillis avec ses souvenirs, ses objets du passé, celui de la famille et des cousins perdus de vue. Les pièces de la maison avaient pris une patine surannée depuis mon adolescence ; la cuisine me plaisait toujours, on y sentait encore l’omnipotence des pots de miel de châtaignier et de sapin.

Odette nous a invités à déjeuner et nous sommes repartis avec des haricots et du persil plat frais cueillis. Mais avant, nous avons bifurqué vers l’église et le presbytère où les enfants devenus grands visionnaient des films comme « Les dix commandements ». Nous avons retrouvé le tourniquet derrière l’église. Je me suis souvenue qu’en été, du riz et des cœurs en papier jonchaient les marches… Un peu plus loin, mon garçon et moi avons poussé le portail du cimetière. L’enfant a attentivement observé les visages gravés et toute cette éternité humaine. Il a reconnu notre patronyme sur la plupart des tombes, merveilleusement limpide, à l’état naturel.

Mon garçon savait déjà que les noms, comme les hommes qui les portent, ont une histoire. Il découvrait que le nôtre était un vieil arbre avec de nombreuses racines qui s’étaient étendues et avaient sillonné le monde depuis ce minuscule épicentre de montagne et de pierres.

Mireille D.
Val Varaïta (Rore, Sampeyre)


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nina 26/02/2009 21:14

Voilà ce qu'on peut faire quand on se rebiffe et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage inspiré de bonnes vieilles méthodes qui ne déplairaient pas au ku ku klan, lynchage qui n'a mobilisé personne sur le web ou dans la presse et plagiat vulgaire et ridicule qui passe à la télé. Avis à la population et merci pour l espace d'expression. Voilà, ceci est également une tentative de gros scandale public parce que ça calme pas mal les gros connards.et dotclear dit :Vous êtes exclu de ce forum. L'administrateur ou le modérateur qui vous ont exclu envoient le message suivant -Quels Pétochards gerbants à Dotclear de la " blogosphère " :)Quant a sarkozy, s'il n'aime pas le web, et s'il n'aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu'il la quitte ! http://lettres.blogs.liberation.fr/sorin/ - email Détecté comme spam - zut, on se donné le mot ? Car du lynchage, il ne semble pas avoir existé, seulement pour les gens dans la rue. En revanche, l'email-je-vais-vous-faire-un-scandale, est bloqué dans certains blogs

Mireille Disdero 26/02/2009 17:09

Merci Marlou,ça te dit quelque chose, à toi, aussi :o)

marlou 25/02/2009 17:53

Le patronyme, quelle richesse à travers les visages et les années.

Mireille 24/02/2009 21:24

Ce sont deux exilés nomades, l'un amputé de ses racines et l'autre, qui a gardé un lien avec "le cordon", les montagnes...Beau texte, Xavier Lainé. Merci de nous le partager.

Lainé Xavier 24/02/2009 01:14

L'exilé permanent pose un oeil d'admiration. Amputé de toutes racines, il ne connaît que celles qu'il a posées où ses pieds l'ont mené. Son regard parfois, embrasse encore les sommets, dans le lointain, qui se font chaque année plus inaccessible. Il s'en retourne vers ses rêves, lui, l'éternel nomade...

Mireille Disdero 23/02/2009 19:56

Non Alain, en fait ce que je raconte ici date de 2005 mais je l'ai écrit aujourd'hui, comme quoi, il me faut parfois le temps de la maturation (sourire)

Alain 23/02/2009 13:45

Tu es donc retournée dans la vallée ?Il devait encore y avoir de la neige autour du lac et sur les sommets.AmitiésAlain