LA VILLE EST TRANQUILLE

Publié le par Mireille Disdero


D'anciennes voix qui crient autour

F. Garcia Lorca




Rêver de la tiédeur des faïences sous la morsure du soleil
Notre force de chat repliée dans un corps prêt à bondir
Consulter la nuit dans le regard des villages
Lueurs jaunies, murs peints à la chaux
Sortilèges des tissus sur la corde à linge d’un dimanche.

S’étirer doucement jusqu’au ciel, par la fenêtre
Le regard plongeant dans le décolleté d’un château
Engager sa mémoire sur la ligne des crêtes de la Sierra
En saison des nuages.

S’étirer en pensant à la douceur
Au fond d'une tasse bue trop vite
Ou d’un poème de Lorca
Près de la fontaine bleue et blanche
Une odeur de froid le soir quand on ne l’attend pas
Et ce sourire qui aime en allumant les yeux de la nuit
Dans une bougie.

Après, chercher à tâtons dans le noir, chercher
Quand la ville est tranquille
L’histoire des gens qui traversent la peau, la chair, l’ombre
Puis viennent se loger dans le cœur
Une balle
On meurt.


Mireille D.
Andalousie, Sierra Nevada, mars 2009


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Mireille 13/04/2009 19:10

Bonjour YMIl y a beaucoup de milieux dans lesquels écrire un poème ou même écrire tout court fait sourire, où c'est vécu comme du temps perdu. Et pourtant on ne peut que le faire, écrire. Comme disait Duras, "l'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, c'est l'écrit, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie".Ensuite être lu aide à continuer, à devenir opiniatre et à comprendre le sens de l'écriture, le sens que prend ou que donne la vie. Merci pour la transparence des murs (sourire).

YM 12/04/2009 01:03

Jeter les mots contre les murs, on connaît ça. Surtout quand on vit dans un milieu où écrire un poème ça fait sourire, c'est de l'enfantillage et du temps perdu. Réparer un joint de culasse ou un robinet, ça c'est du sérieux. Alors on apprend à se rendre utile, à manier les outils en tous genres (on s'en fait même des amis). Mais les mots ils sont là, il faut qu'ils sortent. Ils vous réveillent la nuit. Personne ne les lira, tant pis! On célèbre la vie avec eux et les murs ne sont plus que transparence, horizon de Sierra.

Mireille Disdero 11/04/2009 12:38

Merci pour vos mots rassurants, YM, on préfère partager ses mots que de les lancer contre les murs sans arriver à se faire comprendre.

YM 10/04/2009 00:07

Ne croyez pas écrire dans le vide (le silence n'est pas le vide). Votre "technique" (d'écriture) ébranle les murs.Bonjour Mireille

Mireille Disdero 08/04/2009 13:03

Merci Laurent pour le lien du blog, je vais aller le lire un peu :o)

laurent 07/04/2009 21:41

Si un jour, tu t'égares vers ce blog.L'adresse url : Lafleurdesmaux.over-blog.com (le blog de lémo)Pour éviter toute confusion, je ne suis pas l'auteur concernant les textes en prose ou parfois les poèmes publiés sur ce site.

Mireille Disdero 07/04/2009 18:44

Bonjour Île,Merci pour ce beau commentaire et cette lecture nuancée, en finesse qui renforce l'idée qu'on n'écrit pas dans le vide ni pour les murs mais qu'en face de soi d'autres sont vraiment là, à l'écoute. Avec l'attention nécessaire. Merci à toi (sourire)

Mireille 06/04/2009 19:37

Coucou Hervé,Comparer un texte à un bijou, quel honneur ! Merci-merci, Msieur :o) On tentera de s'améliorer encore, histoire de ne pas oublier la beauté des pierres, précieuses, semi, et du chemin... Enfin bref, pour quelqu'un qui comme moi aime les pierres, ça a son importance.

Mireille 06/04/2009 19:28

Laurent bonjour,Les gens sont tout en contraste ; quiétude / inquiétude, bonheur et souffrance... La nuit est en nous, aussi ; chez certains on l'imagine plus installée, agrippée. Au plus elle l'est, au plus parle le silence (si vous acceptez ce contraste oxymorique... sourire).Une demande : pourquoi ne mettez-vous pas l'adresse du blog de Lemo car sinon, comment y aller  ?Merci d'avance.

Ile 06/04/2009 19:10

Quel beau texte, tellement humain ! la sérénité et l'inquiétude conjuguée avec juste ce qu'il faut de mots pour que vibre le ressenti ! Oui, un beau texte !