CARNETS DE VOYAGE - BUDAPEST

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

Foule fantôme des rues collées sur tes yeux. Le bois de ville. Un slalom blanc d’enfants à la patinoire, près du château, et les oiseaux aux ailes enflées de givre.

Pauvreté de ces corps étendus sur celui de l’hiver, peau contre pierre dans une cité à l’imagination si riche qu’il te faudra venir encore, arpenter tes pas résonance dans le corps du violon alto. Assis à côté de l’ange noir du Danube, un vieil homme joue sa vie. Il te joue et abreuve de vin chaud ses soirs frangés de neige. La musique, à travers les rues grimpantes, réchauffe un instant le pont triste frisson. Il chante les tziganes aux faubourgs de Buda. Il pleure la musique aux accords du vent quand, vers les coupoles de Hongrie, quelque chose de seul monte du cœur des hommes.

C’est l’amour, c’est l’armée morte des prés enchantés et la colline d’un été magyar. C’est la nostalgie dans la voix après mille ans de fuite.

Plus loin. Une marchande de petits soleils de papier surgit à l’intérieur du voyage. Quand tu auras acheté les bébés soleils, tu les laisseras s’envoler au ciel tels des nains lumineux accrochés à nos hautes solitudes.

Nous dormirons une nuit encore à Budapest, puis, les ailes d’acier déployées, nous nous engagerons dans un couloir du vent en direction de Bruxelles. Nous n’oublierons pas les soleils d’hiver.

 

Budapest - 28 décembre 2003

 

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Mireille D. 18/07/2006 12:39


Qu'est-ce que la poésie ?
Ou bien... qu'est-ce que la vie ?  L'essentiel ?
La poésie, quand je tente de lui donner un cadre, échappe à la définition. Je crois.
Merci de ta venue en ces contrées bloguesques, ami Pascal !

GrosMatou 18/07/2006 09:47

Ahhh, la poésie, celle qui fait décoller nos nuits de pétrole, celle qui marque le genre humain de ses traces de flanelle, celle qui oriente l'Homme aux carrefours inconnus de ses désirs... La poésie n'est-elle pas qu'un manque fondamental d'Amour ? Un manque de beauté dans ce monde ouvertement tissé de conneries et de guerres sans fin ni fond.
Je te laisse à tes divagations bloguesques mon Amie, et je suis de tout coeur avec toi.
Bises vraies.
Ton GrosMatou.