INSCRIRE LE BONHEUR DES FLOTS

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Cathédrale d'images de pays qui se sont connus, racontés, appelés, aimés, elle sait la pression du silence au creux de la main.

Comme l'absence, il dévore la sagesse et sa splendeur. Avec elle, il la saisit par les cheveux et la traîne sur les trottoirs glacés. La prostitue. La délave. Son cri n'ose pas un son. Sa voix n'existe plus.

D'un seul flot, le silence détruit son barrage, le feu dans l'eau.

Tumulte, courant d'exigences, petite monnaie, illusions dans les mains gercées, habitudes, solitudes collées les unes aux autres comme des gâteaux périmés, tout maintenant la pénètre d'un mouvement violent.

Sensation accrochée au bout de la rue, de celles qui grimpent vers nulle part, en fin de nuit. Les hommes apprennent peu de ce leur enseigne la vie. Evidemment, ils ne seraient pas des hommes, autrement.

Alors détruire le barrage et emporter en soi la force du torrent, retourner à son élément, le feu vivant sous l'eau. Inscrire dans sa chair le bonheur des flots.


Blins, Italie

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