UNE CANAILLE ET DEMIE

Publié le par Mireille Disdero



Ann était à côté de la plaque. Dans l'université, il y avait un truc qu'elle ne pigeait pas. Elle passait son temps à étudier. Elias savait que ça lui porterait tort dans sa carrière. L'étude et le savoir n'entrent guère en ligne de compte une fois assimilés les principes de base. Si vous avez étudié suffisamment pour pouvoir situer la Pologne sur une carte et si vous connaissez le nom des trois derniers présidents, le reste est surtout une question de conviction. Tout tient à l'assurance avec laquelle vous vous exprimez. Il avait essayé quelquefois de brancher Ann là-dessus et ça se terminait toujours par une dispute. L'astuce n'est pas d'être la personne la plus intelligente de la salle. Après le primaire, ça ne compte plus. L'astuce c'est de se faire remarquer.

Ian Levison, Une Canaille et demie, Liana Levi 2006

A la fois noir et décalé, bousculant l'imposture, un excellent roman du genre mais... jJaimerais savoir ce que vous pensez de l'extrait que je vous propose ici.
Etes-vous d'accord ?
Pensez-vous vraiment...

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Publié dans NOTES DE LECTURE

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Mireille 21/09/2009 17:16

Oui je crois que nous avons tous, encore du travail sur la planche, Xavier. Merci de le rappeler.

Lainé Xavier 21/09/2009 06:01

L'essentiel est donc de nous remettre à l'ouvrage, sans autre but que l'ouvrage...

Mireille 20/09/2009 23:36

Oui Hervé, je me souviens (à propos de "durée") de ce que disait Nietzsche (qui a toujours de bons aphorismes à nous proposer... : "plus que l'intensité, c'est la durée du sentiment qui fait l'homme supérieur".Il aurait été d'accord avec toi. Il a dit aussi (en substance) :"avoir du talent (du génie) ne suffit pas... il faut surtout recevoir votre assentiment, mes frères..."Et pour lui qui de son vivant publiait à compte d'auteur et était très peu lu... on comprend le sens de telles paroles. Le pauvre n'est devenu réellement célèbre qu'après sa mort.

Hervé 20/09/2009 22:37

1/ Dans le monde scientifique, publier des articles (se faire remarquer au bon sens du terme) est de nos jours absolument nécessaire et bien compréhensible !2/ Les premiers de la classe (très instruits) sont rarements ceux qui "percent" (instruction différent d'intelligence)3/ Les flambeurs s'essoufflent su rla duréeCe qui importe n'est pas comment se "vend" ou pas l'individu, c'est ce que s'en font ses "spectateurs". Je crois sincèrement au bon sens du "public", donc à la justice non pas divine, mais du peuple au sens démocratique... surtout dans la durée !;o)

Lainé Xavier 17/09/2009 05:28

Un personnage de roman n'a jamais tort ou raison, il pointe du doigt une forme du réel...L'art mis par certains à "se vendre" pour apparaître dans les gondoles, n'est certainement pas la preuve de leur réalisation, mais de leur capacité à se montrer...Autre chose est ce que nous pouvons puiser dans le silence et le retrait.

Mireille 16/09/2009 13:02

C'est un sujet difficile. A la fois l'être et le paraître, la culture et la confiture (sourire)A mon avis, ce qu'on apprend nous sert avant tout à nous même, pour avancer, en tant que personne, et pour comprendre le monde, les mécanismes de la vie, de l'art, de la pensée etc. La curiosité intellectuelle est un bonheur ; quand on la possède, on ne connait ni l'ennui, ni le désespoir. C'est comme de nouvelles terres à découvrir. Inépuisables.Mais cette connaissance n'est pas forcément lié à la réussite sociale, professionnelle, intellectuelle ou artistique. Il faut pour cela d'autres qualités que celles de la "matière" profonde et fondatrice du savoir. Des qualités de public relation, un Ego évident, une confiance en soi et une assurance qui ne vont pas forcément avec l'acquisitions de connaissances (le doute par ex. est important dans la pensée, quand on veut continuer à apprendre, "avoir confiance" nous éloigne du doute et donc de la recherche, et donc de l'acquisition de nouvelles connaissances)...  Disons que pour devenir une tête de gondole, il est préférable d'avoir pour qualités un ensemble de choses qui ont plus trait au "commerce" de soi qu'à la "réalisation" de soi.Enfin, je pense quand même que le personnage du roman exagère et s'amuse à caricaturer. Mais il n'a ni tort ni raison... Un peu des deux, et je vois que vous le pensez aussi, Xavier. Merci pour votre réponse.

Lainé Xavier 15/09/2009 04:46

Bien sûr, comme vous pourrez vous en douter, j'exprimerai mon désaccord. Mais, je suis bien obligé de constater que les meilleures places ne vont pas forcément aux plus cultivés. Hélas, il suffit souvent  de montrer une belle façade...