MARIE

Publié le par Mireille Disdero

 

... En sortant, presque maussades mais les pensées enveloppées dans le clair-obscur du film, nous glissons devant le bar où travaille Christian. La nuit est froide. Fin novembre, le mois noir même ici, en Provence. Hans me demande si je veux consommer quelque chose pour nous réchauffer. Il a un imperceptible sourire qui rêve. Je n’ai pas la force de dire non ni celle de hurler oui. La chaleur confinée m’attire. On pénètre dans la salle moite et aussitôt, un garçon que je ne connais pas vient prendre nos commandes. Au bout de quelques secondes, comme je ne réponds pas, le garçon me repose la question, un ton plus agressif. Très vite je demande un chocolat chaud et Hans un demi. J’ai l’impression de toucher le bout du monde. La nuit dehors devient énorme, envahissante. Les éclairages de la ville tremblent, comme d’infimes morceaux de lumière accrochés aux rues. J’ai toujours froid. Christian n’est pas là. Peut-être qu’il ne travaille plus ici. Tout file très vite, comme derrière la fenêtre d’un train à très grande vitesse. J’ai envie de tracer quelque chose sur la vitre, à côté de moi. Je retiens mon geste...

Marie, Un Ogre dans la ville

 

Rouge de Goya

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Mireille 05/10/2006 00:06

 
Ambidextre, peut-être ? Comme mon clavier qui écrit de mes deux mains à la fois (sourire...)
 

en visite 04/10/2006 11:58

"J'aime le bleu si je suis avec elle mais le rouge si je suis avec toi, et dans les deux cas je suis sincère..."

Mireille 03/10/2006 13:21

Bonjour Léah,
En réalité c'est moi qui ai appelé cette couleur "le rouge de Goya" : quand un ton manque à la palette chromatique, il faut l'inventer, tu ne crois pas ? (paroles d'avaleuse de couleurs).
 Léah je te remercie !
 

Léah 03/10/2006 10:46

Je ne connaissais pas ce somptueux rouge de Goya... Quel est le titre du tableau ? Merci !Et félicitations pour ton roman chère Mimi