CHOSES QUI... RIMBAUD !

Publié le par Mireille Disdero

 
La nuit grandit de nous avoir éparpillés



Choses qui me piquent les yeux



La vie blottie dans ta main que tu fermes sans savoir. Un cri tranchant le tissu de la nuit dans ton premier sommeil. L’odeur de résine de l'amitié, au fond du tiroir chez mémé. Une femme au langage d’oiseau, une fille qui s'en va quand tout s’abîme, surtout sa peau à sauver dans les ruelles du vent, attendant un client. L'encre tarie de ton stylo abandonné pour un clavier. Trois mots inanimés. Nos regards où le froid durcit. Les hommes inventant des confettis avec des brins de soleil découpé. Une petite fille qui se bouche les oreilles pour écouter son cœur sous la peur. La fenêtre fermée de cette maison que tu aimais, impasse des Bateaux. Le chat abyssin Petit Nuage et mille ans de sable pensif dans son pelage.

Enfin, un livre de poésie oublié sous la pluie, près de l’arrêt de bus où tu cours pour te rattraper, les mots soulignés à l’intérieur se noyant doucement. « Quoi ? L’éternité ». Rimbaud à genoux devant un port du désert qui se fait sourd et muet. Alors, l’éternité

Mireille D. dans Jean Nicolas Arthur Rimbaud, L'Harmattan 2005


 

 

Photo de Rimbaud en Afrique trouvée récemment par Claude Jeancolas
(prise en 1882 à Sheikh-Uthman, près d'Aden)

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Mireille 08/12/2006 12:05

Ecrit par gmc :
RICOCHET D'ECHO



L'enfant écoute le silenceEt n'entend que le clapotDes embruns enfarinésQui se réverbèrent dans sa présenceUne lueur malicieuse emplit l'écumeTraverse donc la brumeToi qui dit parler l'absenceL'écho se reflète en instanceDans les obsolescencesDe la clarté du grand jour
GMC
 


gmc 06/12/2006 23:55

ALLUMESLes hallucinations vides sont pour les psychopathes de la matière, assassins flamboyants des lucidités sclérosées, lansquenets diaboliques aux sourires carnassiers, gladiateurs et bardes, outrages et dérisions. Ils vont par les chemins de la misère, flottant sur leurs baldaquins arbitraires, déflorer les hymens olfactifs des pucelles de la poussière et écailler les yeux blafards des mondanités engourdies. Ils lancent de charitables anathèmes devant les tombeaux provisoires de l'aliénation syphilitique et sous le pas arythmique et cadencé des volitions s'évaporent en pluies acides décarminées. Leurs chevaux sulfurés traversent les mers de la pollution stratégique, leurs aubades psychophages ramonent les ostensoirs creux et de leurs mains amputées jaillissent les sillons creux de la transparente séduction d'airain, cruelle évanescence au regard mordoré, danseuse aux flêches et poignards de sang, merveilleuse paresse au charme non sensoriel.

Jane B. 24/11/2006 15:35







L'ABYSSINIE DE RIMBAUD - 4










Il sifflote un air italien sans rien voir au dehorsPeut-être que ce matin ressemble à la jeunesseIl rit des papillons pris dans son espritlogés dans l’incertitude et l’éveil soudainCertains sont morts et s’illuminentLes illuminations ne sont pas pour les chiens sages aux yeux las



Gaël TOUTAIN