ENFANTS COQUELICOTS

Publié le par Mireille Disdero

 

Maintenant que chaque mot a donné son ombre, la vie ressemble à un corps qui ne sait plus la nuit.

 

Et qu’ils jouent à peindre un regard pleurant l’eau souterraine, les coquelicots. Le mien invente les îles de la roue du temps. Je cache ma clé de soleil et la pierre du voyage.

 

Le monde est fragile comme un pétale de sang et je sais chaque homme seul avec ses mains liées. Parfois, en se laissant glisser à fond de trame, sur l’envers de la nuit il touche au cœur du Tout.

 

L’instant est un voyage au radeau duquel les précieux nous chavirent.

 

Nous nous allongeons chaque soir, peut-être bien tard. Sous notre peau respirent les enfants de toujours, au chaud dans la maison de nos ventres habités. Ils sont les centaines de vies suspendues à nous attendre. Longtemps.
Parfois, je les entends chercher l’amour. Appeler. Ils sont les êtres-fleurs du grandir en barrage, les coquelicots.

 

Je comprends que se lève encore et encore ma naissance, en aube de joie sur la peau de la vie.

 

En y pensant plus fort, plus loin, je m’approche du noyau. Et là, sur la mer, je rencontre de toujours l’enfant qui lave ses mains à l’eau du soleil.

 

Avec ses éclaboussures de lumière, j’écris. Lui, trace. Ses lettres coquelicots, vives gravures des parois de nos mains.

 

Mireille D. Nuange (Alba 2003)

Pierre, Paris

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Mireille 09/03/2007 08:08

Bonjour... et merci, Île, pour ta lecture.
On est les deux simultanément... d'où la complexité (sourire)
A très bientôt,
Mireille

Ile 08/03/2007 11:42

La force de ce texte !! sa fragilité ! un mélange superbe.