PLUIE

Publié le par Mireille Disdero

 



Mes pensées sans chapeau s'imbibent de ciel et quelque chose glisse à flot sur le trottoir. C'est la pluie qui écrit son roman fleuve... Mais la rue a froid, jusqu'au petit café de poche qui vient d'ouvrir ce matin.


Je m'installe. Bruit d'une chaise quand on la tire à soi. J'y accroche mon sac et observe l'horizon. Couleurs, plastique des plastiques. Mur si blanc qu'il brûle les yeux. Barman rasé lunettes noires pour cacher quoi. Bouteilles. Flacons. Flaques de souvenirs à venir. Portrait d'un chanteur rock par un anonyme black & white. Miroir mon beau reflétant le trou d'ozone dans mes yeux. Alors ? Je pense : être attentif, être là, avoir le tempérament d'un bateau juste avant les criques rouges où clapotent les eaux de l'origine. Arrimé au mouvement, avoir le caractère qui tangue pour toujours. Sentir l'énergie dégagée par le temps, par les gens qui glissent dans la ruelle et racontent. L'histoire des vies, les pierres du chemin entre midi et minuit, l'odeur de l'affection et plus car infinité.


Alors ? J'observe la pluie au dehors, les gouttes se chamaillant sur les vitres. Alors je sais la douceur intérieure de sa peau... comme j'y pense. Et ? Et une petite table de café, les bruits et les voix qui se mélangent. Un livre ouvert devant moi et un chocolat chaud. Alors des pensées sans mots qu'on n'écrit pas. Des pensées qui existent si fort que sans cesse je les porte, dans la nuit et dans le jour, comme un enfant en moi.

Mireille D. avril 2007



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Mireille 04/04/2007 20:09

Bonjour Jean-Luc,
Kiki de Montparnasse ou Kiki, née le 2 octobre 1901 à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) et décédée le 29 avril 1953 à Sanary-sur-Mer (Var) est le nom de scène d’Alice Ernestine Prin, chanteuse, actrice, modèle et peintre française.
Elle est élevée par sa grand-mère dans une grande pauvreté. À l'âge de douze ans, on l'envoie à Paris pour son éducation et à quatorze ans elle pose nue pour des scupteurs.
Alice Prin a été un modèle populaire.
En 1921 elle devient la compagne et le modèle préféré de Man Ray qui disait que son physique était de la tête aux pieds 'irréprochable'. Il fit d'elle de nombreuses photographies dont la célèbre photo d'une femme assise dont le dos porte des ouvertures analogues à celles d'un violoncelle.
Moïse Kisling peignit son portrait intitulé Nu assis. Elle a également posé pour Léonard Foujita en 1922 pour son tableau Nu couché à la toile de Jouy.
Elle apparait dans plusieurs films : Cette vieille canaille (1933), L'Étoile de mer (1928), Emak-Bakia (1926), La Galerie des monstres (1924), Ballet mécanique (1924), et Le Retour à la raison (1923).
Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Prin
Quant au lien existant entre sa photo et mon texte... (sourire) c'est l'enfant.
A vous lire,
Mireille
 

jluc 03/04/2007 12:14

Kiki de Montparnasse  ?
qui c'est, et  qu'a-t-elle à voir avec votre texte ?

Mireille 03/04/2007 00:16

Merci Evelyne, pour ton passage-message
pour ton texte plongeant.
Tu as vu,
j'ai enlevé les drôles de signes cabalistiques du commentaire !
A te lire très bientôt,
je t'embrasse
 

Evelyne Najid 03/04/2007 00:09


La pluie qui tape comme des gouttes d'eau par temps de pluie contre la fenêtre.

J'ai été interrompue par une averse qui ne m'avait pas prévenue.J'ai vu l'autre jour penchée sur une fenêtre de l'eau glisser d'un porte feuille, oublié par un grand type inconnu. Je ne sais par quelle porte fenêtre il a pu pénétrer dans notre immense château. Mais l'eau accrochée à ses grands pieds a laissé des traces jusqu'à son identité oubliée. Je t'embrasse de mille bises ourlées d'eau tiédie par la buée du soir, sur la fenêtre qui donne dans ta maison.

Mireille 02/04/2007 13:13


J'ai oublié de préciser que la photo représente Kiki de Montparnasse (sublime...)

Mireille 02/04/2007 13:11

Bonjour Jean-Luc,
Vous n'aimez pas Apollinaire ? Sans doute est-il un peu trop poète ? (sourire).
Là je taquine un peu,
mais je sais ma tendance :
il m'arrive de parler beaucoup de littérature jeunesse (j'ai un penchant très penché dans ce sens) et ça n'est pas forcément ce que vous préférez, je le conçois bien. Alors... Parlez simplement quand vous en avez l'envie, quand vous "aimez". Tout le reste n'est que littérature, bien sûr. Ce n'est pas Cendrars qui nous contredira. Ni même Nabokov. Encore moins les poètes...
Mireille

 

jluc 02/04/2007 12:47

bonjour Mireille, ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de commentaires. Je n'avais tout simplement pas eu de raisons d'en faire. J'en fais seulement quand j'aime.
...comme les notes d'eau de cette pluie intérieure qui roulent sur les pavés des souvenirs.