A BLANKENESE

Publié le par Mireille Disdero

 

Hambourg. Novembre





Un énorme bateau glisse sur le fleuve. D’abord point sur l’horizon, il est mangé par la brume qui consume tout désir de lumière. Il prend forme pourtant, lentement, avançant dans cette eau grise qui plie sous lui et s’offre dans l’air froid venu de la mer du nord. Je la sens tout près, à quelques kilomètres de ma peau.

Puis une corne de brume. Nostalgie. Les flancs du bateau portent un nom venu du continent américain. Sur les rives de l’Elbe, on le regarde s’aventurer jusqu’à ce point de non retour, entre ciel, brume et nuit. Maintenant il s’éloigne, lourd. Les matelots nous font de grands signes et je pense à des phares miniatures qui sur l’eau nous empêchent de nous perdre puis de nous noyer comme de jeunes chiens.

Le soir a l’odeur chaude d’une taverne. On se cale dans un coin, le regard mouvant comme celui des marins. Une bougie s’enflamme devant nos yeux. Des bateaux tout au long de l’Elbe jusqu’à la mer glissent sur nos pupilles, même longtemps après. Ici à Hambourg, c’est si loin de la maison, si loin de la sècheresse des collines, qu’on ne pourra jamais l’oublier.

Y revenir, oui, pour respirer encore cette brume et l’emporter en nous à travers l’été.

 

Mireille Disdero, novembre 2010

 

Blankenese

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textes de gmc 13/12/2010 23:09



NAMATA


Elle écrit sans trace
De la toile de Jouy
Sur du parfum d'arménie
L'encens des nuits de glace


Fleurs de la joie
Rubans de soie


Aurores du vermeil
Silence des abeilles


Elle écrit sans corsage
L'ambre des cornemuses
Le chant moiré des arquebuses
Sur l'archipel des paysages


Grain de satin
Peau sans chagrin


Vin qui déborde
Du sein qui le borde


Elle écrit et sans tâche
Dépose l'immensité d'un moment
Dans la clarté polaire d'un instant
Fredonné par un guerrier apache


 


gmc