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10 Jan

CLAIRE...

Publié par Mireille Disdero

 

Quand j'étais en fac à Aix, j'aimais tout particulièrement travailler avec Claire Blanche-Benveniste (linguiste, chercheur et professeur émérite à l’Université de Provence). Mon amie et moi avons écrit un mémoire de maîtrise sur la syntaxe du Français parlé, sous sa direction. En Lettres Modernes. C'était il y a quelques années...

 

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En avril 2010, elle est morte, voilà. Sa mort me parvient comme un tsunami, avec un lourd effet retard.

C'est quelqu'un qui m'a aidée à grandir, à ouvrir mon champ de vision sur le monde. C'est une femme brillante qui m'a appris à travailler avec plaisir, passion, et à mettre ma curiosité naturelle au service de la réflexion, de la recherche. Vous l'avez compris, Claire Blanche-Benveniste était, est, et sera importante.

Mireille D.


Ses amis de la faculté de Lettres d'Aix dont José Deulofeu (qui a lui aussi été mon prof.) écrivent en son hommage :

 

Claire Blanche-Benveniste est née à Lyon le 15 janvier 1935, dans une famille où une double tradition, Ashkenase, par sa mère, et Sepharade, par son père, l'avait vue grandir aux accents mêlés du russe, du yiddish, du grec, du judéo-espagnol, du turc, du portugais. Mosaïque linguistique, magnifiquement décrite dans un article écrit beaucoup plus tard, « Langue du métèque et langue du savant », où à la diversité des langues s'ajoutait la diversité de leurs usages : berceuses de la « nona », sa grand-mère bien aimée, mais aussi tradition savante de l'aïeul érudit dont on trouve la trace dans des textes de la Catalogne médiévale. Il n'y a pas à chercher plus loin la source de son intérêt pour l'apprentissage simultané des langues et, plus subtilement, du dévouement particulier avec lequel elle encadrait des étudiants qui avaient appris le français en Chine, en Corée, au Japon, en Afrique, ou aux Comores. C'est bien aussi dans la virtuosité des joutes oratoires qui animaient sans nul doute cette foisonnante communauté qu'il faut trouver la source à la fois de son intérêt passionné pour la langue parlée, mais aussi de la sûreté de la connaissance intuitive qu'elle en avait.
A ce merveilleux terrain, il fallait ajouter du savoir et de la méthode pour que la frêle adolescente heureusement préservée de l'extermination qui s'acharna sur sa communauté devienne une étudiante rayonnante dont la rigueur, la puissance de travail et la créativité éblouissaient ses maîtres et fascinaient ses condisciples.


A lire  ICI

 


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