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UN CHANTIER A CASABLANCA - M. DERAIN 2006

Publié le par Mireille Disdero

couverture.jpgUn livre édité par les Editions Le Fennec, Collection Poche Patrimoine | 2006


Le parc de l’Hermitage, à la périphérie du centre-ville de Casablanca, est un petit territoire : 18 hectares, propriété de la Ville, l’un des rares espaces verts de la capitale économique du Maroc, qui compte plus de 5 millions d’habitants.
Il jouxte les quartiers populaires de Nouvelle Medina, Derb Foqara ou El-Miter Bouchentouf, haut lieu de la résistance contre les Français et contre le régime de Hassan II. Créé sous le protectorat français, abandonné et devenu décharge publique, le parc est depuis quelques années un objet de passions : des citoyens, des artistes, des hommes politiques se sont mobilisés. Ils ont lancé un processus de restauration, qui s’inscrit dans le cadre plus général de la réhabilitation du patrimoine casablancais et de ce qu’il est convenu d’appeler l’émergence de la société civile au Maroc.

Le récit commence en 1999, lorsque des citoyens associés à des artistes attirent le regard des autorités : Abdellah Zaâzâa de l’Association El Miter Bouchentouf pour le Développement Social et Eymeric Bernard, cinéaste, produisent des petits films documentaires et organisent des projections dans le parc et dans le quartier. En 2002, la Source du Lion, association d’artistes plasticiens, conçoit une intervention : la construction collective d’une maquette du parc au 100ème, 18 m2, l’Hermitage dans son état réel, une maquette comme un constat. Exposée à la Villa des Arts en mai 2003, l’un des seuls lieux d’art contemporain de la ville, elle sera selon le souhait de ses auteurs, un élément déclencheur de la réhabilitation : c’est le jour du vernissage que M. M’Hamed Dryef, wali du Grand Casablanca, déclarera publiquement ouvert le chantier réel du parc. Deux semaines plus tard, les milliers de tonnes d’ordures seront évacuées. Pendant les deux années qui suivirent, les interventions des artistes, l’attention des responsables politiques et le soutien des habitants du quartier ont donné lieu à une expérience singulière, où ont été mises en forme des modalités d’actions et d’interactions qui ne peuvent être que d’ici, où l’on préserve l’existant, où l’on s’appuie sur les savoir-faire et les possibles… J’ai choisi d’arrêter mon récit à la veille de la réhabilitation «lourde» du parc, alors qu’il est redevenu un espace dédié «au plaisir des yeux et des oreilles», définitivement à l’abri de l’abandon comme de la spéculation immobilière. La Fondation Mohamed VI pour l’environnement a décidé de missionner un atelier de paysagistes et c’est une autre aventure qui a commencé.

Ce livre est né d’une invitation qui m’a été faite par la Source du Lion lors du workshop réunissant des artistes marocains et européens, organisé autour de l’exposition de la maquette. Chacun était invité à proposer une intervention. J’ai choisi de réaliser un livre de poche pour interroger et transmettre cette expérience — mais toutes les questions soulevées ici résonnent avec celles que je peux me poser dans mes propres interventions, qu’elles concernent la construction de récit ou la représentation d’un territoire… ou la vie tout simplement : que peut un individu ? Je travaille ici les matériaux que j’affectionne : paroles, informations, photographies, documents… J’ai choisi de porter attention au presque rien, aux petits gestes – mais qui ont tous été des éléments déclencheurs essentiels. Je fais la part belle aux images qui ne sont pas ou ne seront plus montrées, telles les photographies prises au cours du repérage nécessaire à la construction de la maquette. J’ai mis en forme ce récit collectif au cours de trois séjours d’écriture en décembre 2004, mai et juillet 2005, au cours desquels j’ai rencontré les acteurs du projet. Les Editions Le Fennec, Casablanca, ont accepté d’éditer mon livre : c’est le premier numéro de leur toute nouvelle collection Poche Patrimoine. Un petit format, bon marché, aujourd’hui diffusé aussi bien en centre-ville que dans les petites librairies de quartier, un petit livre que j’aimerais voir comme une invitation à la promenade sous les eucalyptus du parc… et à l’action ?


Martine Derain, novembre 2006
ce livre peut être commandé à La courte échelle / éditions transit
4 rue Barbaroux 13002 Marseille (port gratuit)

Publié dans NOTES DE LECTURE

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FARIDA ET L'IRAQI - IBRAHIM MAALOUF

Publié le par Mireille Disdero

farida-M-Ali.jpg

Je viens de découvrir "La voix de la Mésopotamie", Farida Mohammad Ali... Je l'écoute en ce moment, pendant que j'écris (tap tap tap...). Voilà un extrait du livret qui l'accompagne :


"Le raffinement du maqam irakien (maqam signifie "endroit", "situation") naît à l'époque fastueuse des Abbassides à Bagdad, cité phare d'un Islam universel aux confins du monde arabe, turc et persan. Cette poésie classique et populaire, dont s'abreuvait l'aristocratie locale dans ses salons et qui servait fêtes religieuses ou cérémonies soufies est dans ce CD interprétée exceptionnellement par une femme."

C'est saisissant de beauté. Avec le santur (la cithare à cordes frappées) et la djoza, vièle à 4 cordes.


Mais ce n'est pas tout, côté musique. Vous savez bien. A certains moments o
n est un peu fatigué. C'est la fin du jour  - entre chien et loup - dirait la Louve de Barbara. Alors on pose sa journée à l'entrée, dehors, on se défait de tout ce qui n'est pas "musique" et on écoute.
Ce soir ma rencontre est Ibrahim Maalouf, Diasporas. Il est le fils de Nassim Maalouf, premier trompettiste arabe à jouer la musique classique occidentale. Ibrahim a découvert avec son père l'étude de la trompette à travers les concerti modernes, classiques, baroques, contemporains et "refait un voyage initiatique quotidien... grâce à l'invention de la trompette à quart de tons par son père... Les notes qui s'en échappent sont l'expression d'une culture millénaire..."ibrahim-maalouf.jpg


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SUR LES DOCKS - MONA HEFTRE

Publié le par Mireille Disdero


Le mercredi après-midi, je suis rarement chez moi. Aujourd'hui, si. Et tiens, pendant ce moment de grand calme, j'ai écouté sur les docks de France Culture, consacrés cette fois à Mona Heftre. Je ne vais pas chercher à votre place ou vous raconter ce qu'elle a dit, chanté, rêvé, joué. Vous irez de votre chef écouter cette rencontre sur FC. 

Je vais en revanche vous donner  un, deux signes d'attention. 
Est-ce ainsi que les hommes vivent ? écrivait Aragon. Mona elle, vit et parle de ses petits et grands instants, Paris, les plantes sur le balcon, le tango, Albertine et Julien Sarrazin, une lettre que l'on lit... 
J'ai aimé cette voix de femme, son "intérieur" donné sur l'instant, cette présence qui n'a rien de fragile mais tout de subtil, ce que parfois l'on confond avec la fragilité.

Ecoutez-la, vous aussi, si cela vous chante comme à moi.

Ecoutez

Podcast



France Culture - Sur les docks - le 12 décembre 2007

Portraits - Mona Heftre
 
 

 
   © Robinson Savary

Un documentaire d’Elise Andrieu et Céline Ters

Nous entrons dans l’univers de Mona Heftre, des voix plein la tête qui résonnent en mots d’amour.
Comédienne et chanteuse, ancienne égérie du Grand Magic Circus, Mona a depuis creusé son chemin indépendant vers des histoires qui la fascinent et lui ressemblent.
Le fil de ces histoires : celui de l’émotion. Mona est une onde qui vibre et veut donner à vivre les émotions les plus violentes et les plus chavirantes. Il n’y a que ça qui l’intéresse : que batte son cœur. Elle le donne à ressentir en mille.
D’une salle de répétition aux chemins divers de sa vie, nous l’entendons incarner Albertine Sarrazin, chanter Serge Rezvani ou évoquer Maurice Magre.
Comme au fil d’une histoire d’amour qui naît, vit, puis meurt, elle parle d’elle en portant l’amour que ces autres s’écrivent.
Le portrait d’une femme en quête d’absolu.







17 septembre 1937, Alger - 
10 juillet 1967, Montpellier

albertine-sarrazin.jpg

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BANDONEON : DU NOUVEAU

Publié le par Mireille Disdero

 

Si vous passez souvent par la case Bleu Indigo, vous savez qu'on y parle de certains sites, de certaines de leurs collections... Avant tout ceux et celles qui me surprennent, me secouent, me donnent envie d'écouter, d'écrire... ou d'écriture. Un Endroit... fait partie de ces sites. J'y reviens toujours et j'en parle ici. Cette fois, je vous informe que trois nouveaux recueils de la collection Bandonéon viennent de sortir chauds du four. A noter, un atelier d'écriture avec un beau travail collectif !

Bon, alors. Vous pouvez lire, télécharger... à vous de jouer, maintenant.




file icon 
091 Coll Bandoneon, Autant en emporte le temps, Collectifnew!

11.12.2007
Extrait :

La rencontre est prévue dans la cafétéria du musée d’Orsay, à une table proche de l’arrière train de l’horloge. L’homme est en retard. En l’attendant, Mahtob relit les lettres de menaces qu’elle reçoit chaque vendredi depuis deux mois. Maintenant, elle accepte l’idée que celles-ci puissent émaner de Meched… là-bas au pays.

 

 « Femme immorale, IL aura ta vie misérable par ma main ! »

 



file icon
090 Coll Bandoneon, Friches de filles, Mireille Disderonew!
11.12.2007

Extrait : Elle est au fond du couloir avec son chariot. Quand elle me reconnaît, elle soulève les épaules. Clair, le message ! Je vais devoir faire malin pour trouver de l'argent. Comme chaque fois, je l’embrasse sur une joue mais sans la toucher. Elle sent trop l’hôpital. Je connais cette odeur. Puis... L’autre joue, je n’ai pas la force d’aller jusque là. De toute façon, à la raideur de son corps je capte tout de suite. Il faut encore que je respecte son intégrité (un mot qu’elle m’a appris)... Elle n’aime pas la proximité. En tout cas pas avec moi. Elle dit que les baisers c’est de la bave sur la peau. 




file icon 089 Coll Bandoneon, Le quadrille du zodiaque, Ballade de Motsnew!

11.12.2007
Extrait :

Au départ, une petite merveille de la nature.

Elle est ronde, belle. Elle est exposée à tous les regards.

Elle se colore de vert, puis de jaune et parfois de rouge…est-ce de la timidité ?

Elle est attirante, irrésistible. Une main la prend, doucement. Elle se love dans sa paume. Elle se laisse caresser, elle brille de tous ses feux.

Elle est portée à la bouche… et AIE !

Le rêve devient un cauchemar.

 

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REVUE PYRO N°13

Publié le par Mireille Disdero


Un message-information de Jérome Nicolle et Julia Muste :


 

Chères lectrices, chers lecteurs et amis du Grand Incendie,

Ce mercredi 12 décembre 2007, à 20h00, au Club des Poètes (30 rue  de Bourgogne - Paris VII)

À l'occasion du 3ème Souper-Rencontres poétiques où Yekta et Mario Campana viendront nous lire quelques uns de leurs poèmes, nous présenterons le treizième numéro de la revue Pyro.

Réservation recommandée pour le Souper en téléphonant au 01 47 05  06 03.

Au plaisir de vous y retrouver.

Chaleureusement,


L'Équipe du Grand Incendie

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MARTINE GIRARD

Publié le par Mireille Disdero

Martine-Girard1.jpg

Bonjour à vous, les visiteurs. Je sais bien, vous êtes d'un peu partout... Du nord de la Suède et de Finlande, de Québec, de Castille, de Hongrie, de l'hémisphère sud, des steppes de l'Asie et même... du Marais Poitevin, du Lot et Garonne et de la vallée du Po puis du Lago Maggiore sans oublier Madrid, Lyon, Ajaccio, Aix, New York, Brest, Paris dix-neuvième, Paris partout... et Marseille toutes latitudes. Pour ceux qui habitent en Provence ou / et en lisière, voilà une info. artistique à retenir :

Le vernissage de l'exposition de peinture de Martine Girard aura lieu au Classec de Lançon de Provence, le vendredi 14 Décembre à 18 h 30 (j'y serai à partir de 19 heures). 
Ce que j'apprécie ? L'invitation avec une très belle toile débauchant les couleurs... ocres ! Puis l'artiste qui se déplace, vient vers vous pour vous inviter et discuter un peu... Ce que j'apprécie, c'est le facteur humain s'ajoutant au travail de créer.
 

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QUAND DONC ?

Publié le par Mireille Disdero




Une piqûre de guêpe sur un visage en pleurs
(Proverbe japonais)

 


Tout est rouge, le ciel, la montagne, les collines, tout !

D’un rouge changeant au gré du levant, laqué et moiré, puis sombre et profond. Rouge, rouge, rouge, tout est rutilant !

Rouge le ciel, rouges les sommets au col minuscule mais droit et chatoyant. Vermillon la descente modelée au gré d’une lave incandescente. Flammèches changeantes à l’adret, sang bouillonnant à l’ubac. Collines aux frêles sentes, comme autant de coutures d’une soie de sentiments.

Rouge le lac étal et presque plat, si ce n’est cette infime courbure planétaire qui provoque l’envie de fouler un corps céleste.

Rouge la plaine épanouie au bassin de sédiments assoupis. Large plaine aux braises dormantes.

Rouge, tout est rouge et, par dessus cette vision onirique, comme une averse de flocons…

Des branches de cerisier dorées
Aux délicates fleurs brodées
Aux fils patiemment dévidés
Or, tout est or
Sur ce rouge vif et brûlant

Et la forge, au souffle de nos imaginations, avive la vision au bas, vers ces deux mollets laiteux fendant cette soie rouge jusqu’aux deux socques de bois.

Rouge la robe du levant avec ses ors surpiqués, rouge ce corps se couchant.

Elle s’allonge et le rouge et l’or avec
Sans fin
Rouge la fusion dans l’athanor
Sampan
Et nos cerveaux se changent en or
On largue nos amarres

Quand donc apprendrons-nous à croire ?

 

  Hervé Grillot 

 
nue-rouge-laurence-de-sainte-mareville.jpg

Illustration, Laurence de Sainte Mareville

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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LA LOUVE

Publié le par Mireille Disdero

barbara.jpg

 



Aux matins frêles des lacs de neige,
Aux matins froids aux reflets grêges,
Aux soleils, frissons de l' hiver,
Je suis la louve solitaire,
  

J' allais sur mes terrains de guerre,
Cachée, chassant sur mes chemins,
Soudain, sur un socle de pierre,
Il m' est apparu un grand chien,
  

Et moi la louve, moi la reine,
Et moi la faim, et moi l' instinct,
J' ai posé ma tête de fauve,
Dans la fourrure du grand chien,
  

Et le chien, au midi frileux,
A suivi ma piste et ma chasse,
Et j' ai cru voir dedans ses yeux,
Le reflet d' un éclair qui passe,
  

Il faut croire qu' il était fou,
Quand il me suivit dans la neige,
N' étant qu' un chien, il se crut loup,
Et prit sa patte dans mon piège,
  

Mais moi la louve, moi la reine,
Et moi la faim, et moi l' instinct
J' ai ouvert le piège de fer,
Et mordu sa cuisse de chien,
  

Mais au nid, au doux crépuscule,
Entre chien et loup, au palais,
Couchés sur notre lit d' épines,
Moi, la louve, j' ai léché ses plaies,
  

Aux matins frêles des lacs de neige,
Aux matins froids aux reflets grêges,
Aux soleils, frissons de l' hiver,
Je reste la louve solitaire,
Solitaire, solitaire, solitaire
  

(Barbara / F. Wertheimer, Éditions Marouani)

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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ORIENTEE

Publié le par Mireille Disdero

Sheitan - sheitan_mini.jpg


 

Orientée

  

Pays portuaire, 

odeur d'un Caire qui ne te connaît pas 



Au voyage 

fenêtre à ta gorge ouverte sur le vent

momies troublant tes contours feu

lente descente

profonde

chaloupée de pensées à reculons

 

Puis...

Murailles noircies

à pic du voyage

khôl des paupières allongées sur le sommeil

tu penses les regards sans limites 

trois mille ans et des poussières dans les yeux des morts

l’Égypte te rêve

poignée de sable

 

Alors de loin les nuages t’écrivent et racontent

l'odeur agitée dans une cohue de roues  

l'Égypte intérieure 

un pain de sucre au fond des gorgées


Un voyage

à venir

parmi les vivants lacérés de prières 

dans le désert 
 


A la recherche des sables du monde

devant

dedans

avec la terre, tu apprends à marcher enfant.

 

 

                             Mireille D.

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BEJART - MARSEILLE / LAUSANNE

Publié le par Mireille Disdero

Il est né à Marseille en 1927...
mort à Lausanne, aujourd'hui.


“J’étais sûr et certain que la danse était l’art de notre siècle. Il y avait le sport, il y avait le cinéma. Il y avait le corps et le rêve : la danse allait proposer des performances sportives, mais en associant le mouvement physique, la performance, à une émotivité. Et en donnant des choses à voir. Des images. […] La danse permet de mélanger un plaisir esthétique, un plaisir dynamique et un plaisir émotionnel.”

D’où le nom de Ballet du XXe siècle qu’il donne à sa première compagnie en 1960, une fois “sacré”.


“Je ne pourrais croire qu’en un Dieu qui saurait danser”, Nietzsche ...

qui déploie la dimension spirituelle de la danse,
au-delà du phénomène social.


mail-Bejart.jpgdanse.jpg

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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