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ECRIRE - BIOGRAPHIE

Publié le par Mireille Disdero

 

En publiant des textes sur Indigo, je me présente à travers mes choix d'écrits, d'auteurs, d'artistes et de photos. Pour ceux que ça peut intéresser, voilà une autre tentative de biographie écrite dans les années 2000 mais toujours d'actualité, six ans plus tard. Vous pouvez lire ce qui suit dans le dernier numéro de la revue Mot à maux (n°5) de Daniel Brochard.

 

Dans ma biographie il y a "écrire".

Ecrire, c'est toujours près de toi cette image qui passe (Apollinaire) et te met sous tension.

En poésie, les mots se déplacent avec nous, mais ils ne nous attendent pas. Ils bougent vite. Il faut les prendre. Photographes, chasseurs d'images, nous les retenons sur le papier, instantanément, à l'aide de signes plus ou moins conscients, civilisés. Nos brouillons de pensées. Ensuite, nous pouvons travailler.

Ecrire ? En poésie.
Accident. Choc. Surtension. Extrémité. Sensations impératives. Travail dans l'urgence. Emotion métrique et maîtrisée - ou pas. Nous sauvons notre peau à fleur de poème. Parfois.

Ecrire, avec la tentation de trouver un équilibre à "l'insoutenable légèreté de l'être" suivant Kundera.
Estomper les arêtes, poser les ocres. Combler les absences, travailler les déchirements, le sauvage intérieur. Mais en présentant le cyclone travaillé à la main, humanisé du bout des doigts, des lèvres. Par égard pour le lecteur et pour soi, tenter de civiliser les mots.
En revanche, les certitudes qui riment avec études, les questionnements récurrents et saisonniers sur le "poète" ennuient. En Lettres, on a suffisamment (trop) interrogé les textes. J'ai chaque fois évité d'étudier un auteur que j'aimais vraiment (en dehors d'Apollinaire et de Pessoa que j'ai choisis pour soutenir mon DEA). Pourquoi ? Parce que quand j'aime, je ne compte pas, je conte.

Ecrire. Etre sensible aux terres d'encre de l'enfance, à ce passé antérieur qui nourrit l'imaginaire au présent.
J'aime revenir dans "mon enfant", m'y blottir. C'est "l'indéracinable" où tous les mots sont précieux car on ne les jette pas, on les apprend.

Les lézards ont parfois la texture tiède des rires oubliés. Vois. Ton regard se vrille et oblique. Tu regardes à l'intérieur de toi, au coeur des souvenirs

Marc Seassau, Iguane.

Ecrire.... Des textes pour enfants. Oui, mais pas seulement.

Ecrire. Etre en voyage avec soi-même. Son propre carnet de route. Habité par des ambiances que l'on tire de soi, comme un vin à offrir aux amis, à qui en veut, à soi. Ecrire. Les mains couvertes de lignes acceptées, de signes vécus. Avancer. Accepter de changer. Ecrire.

Ecrire. Et savoir le silence qui va avec. Le consulter, le cultiver aussi, car il précède le texte. Je suis parfois profondément étonnée d'un écrit qui se déroule soudain, tiré du silence, du vide de parole.

Ecrire. Ce plaisir ! Car c'est un plaisir. Un luxe aussi.

Ecrire... De la fiction.

... Dans une réalité qui n'est pas encore la mienne, un univers à travailler à la main (je pense à Camille Claudel, j'y pense souvent).
Une image passe, un homme pleure au fond de son verre. Je ne sais rien, que l'image donnée. Peu à peu pourtant, je m'approche. Je ne peux rien pour lui que la foule grignote comme un quelconque fruit (Brel), mais l'imagination, l'écriture prennent le relais. C'est encore près de moi cette image d'Apollinaire qui passe. Il y a du vivant à continuer, ici. La fiction peut commencer. S'opère le frémissement des mots, le bruissement de la langue (Barthes). Je le continue. Apprentie obstinée, je me remets toujours à l'ouvrage. De plus en plus.
Ecrire. Vraiment, je ne sais pas comment on y vient. Ni pourquoi. Ni à quel endroit de soi. Pourtant, il arrive un moment où on ne peut plus ne pas écrire, maladroitement ou pas. On écrit. Je me souviens de cette phrase de Kafka Au delà d'un certain point on ne peut plus revenir en arrière. C'est ce point qu'il faut atteindre.

M. Disdero


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HIVER - ATTILA JOZSEF

Publié le par Mireille Disdero

 

 



Il faudrait faire un feu... bien grand, bien haut,
Pour que tous les humains se chauffent à sa flamme.

Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,
Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,
Les jouets des enfants, tel autre jeu,
M'entends-tu, chat perché ? Et dans ce feu,
Nous éparpillerions, je le proclame,
Tout ce qui semble beau. L'on entendrait soudain
L'incandescente flamme offrir au ciel serein
Les ardeurs de son chant. Les gens d'une même âme,
Ou d'un même pays, se donneraient la main.

Il faudrait faire un feu d'une folle envergure,
Car le givre a couvert les villes et les prés ;
Faire sauter la si froide serrure
De nos garde-manger. Et que les jets pourprés
Reçoivent de nos mains leur riche nourriture
Pour donner en retour la chaleur douce et pure.

Il faudrait, oui, faire ce noble feu
Afin que les humains se dégèlent un peu.

Attila. Jozsef


Traduction française, Jean-Paul Faucher ; poème extrait de Aimez-moi - L'oeuvre poétique, éditions Phébus - Paris 2005
 
Ce texte nous est proposé par Jean-Pierre Frommer sur le blog des Mardis hongrois  :
 
 
Le texte original :
 
 
TÉL

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,
Hogy melegednének az emberek.

Ráhányni mindent, ami antik, ócska,
Csorbát, töröttet s ami új, meg ép,
Gyermekjátékot, - ó, boldog fogócska! -
S rászórni szórva mindent, ami szép.

Dalolna forró láng az égig róla
S kezén fogná mindenki földiét.

Valami nagy-nagy tüzet kéne rakni,
Hisz zúzmarás a város, a berek...
Fagyos kamrák kilincsét fölszaggatni
És rakni, adjon sok-sok meleget.

Azt a tüzet, ó jaj, meg kéne rakni,
Hogy fölengednének az emberek!

A.J. 1922. november 12.
 
Merci à Jean-Pierre Frommer de nous avoir signalé la publication du recueil d'Attila Jozsef , Aimez-moi chez Phébus. HIVER en fait partie. Pourtant aujourd'hui, nous sommes en été et Brel pourrait chanter Je suis un soir d'été. Il n'empêche que la saison ne change rien à ce que vivent les humains.
Comme faire habiter le même soleil... aux âmes proches ?
 
 
Budapest, le Danube

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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DANSE AUTOUR DU VIDE

Publié le par Mireille Disdero

 

Calique Dartiguelongue

A Patrick Camoin

 

 

 

Plus forte que le nœud

Est la main qui dénoue.

Plus vivant que son reflet le corps

Qui ne projette pas d’ombre sur le mur,

Plus profonde que l’amour

La tendre plénitude du vide.

 

Je ne danse pas autour de la mort,

Ni autour de la folie,

Pas même autour des cendres

De mon amour consumé.

 

Je danse autour de la joie sans fond,

Je danse autour de l’embrasement obscur.

 

Je danse autour du vide débordant,

Je danse autour de ce qui

Ne peut être contenu.

 

Je danse autour du rêve flexible

Que le temps allonge sous nos pieds,

Je danse pour des voûtes de saule et de soupirs,

Pour des corolles ardentes et des chansons d’abeille ;

Pour des îlots ombreux,

Au parfum des vieilles amours réveillées.

 

Je danse suspendue à l’imminence des présages,

Je danse dans l’orage de l’air suspendu

Je danse sur la terre lavée

Je danse pour la terre assise

Sous le peigne agile des pluies.

 

Je danse pour la vigueur, pour le matin,

Pour la jeunesse de l’eau vive enlacée

De fraîcheur verte, pour la blancheur

Et l’ombre bercée des marais, pour la

Fenêtre allumée dans le ciel.

 

Danseurs de l’ombre,

Animez de vos pieds nus

Le fil invisible.

Que tout s’efface enfin de nos cœurs

Epris de nuit pure.

 

Dansez autour de la joie sans fond,

Dansez autour de l’embrasement obscur,

Dansez autour du vide débordant,

Dansez autour de ce qui

Ne peut être contenu.

 

Car plus forte que le nœud

Est la main qui dénoue,

Plus vivant que son reflet le corps

Qui ne projette pas d’ombre sur le mur,

Plus profonde que l’amour même

La tendre plénitude du vide.

 

Calique Dartiguelongue

Extrait de "Danse avec le vent "

 

J'ai découvert ce poème de Calique Dartiguelongue pour la première fois sur la liste de diffusion de la revue La Page Blanche,  http://www.lapageblanche.com/

Cet écrit m'enchante.

 

Le Castellas, château des poètes (dit "de la Reine Jeanne"), à la pointe des Alpilles

 

 

 

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

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LE GAI SAVOIR

Publié le par Mireille Disdero

 

Au-delà du Nord, de la glace, de la mort, il y a un royaume, il y a une issue, la seule issue aux milliers d'années de labyrinthe.

Frédéric Nietzsche

Saint Jean-Baptiste, Léonard de Vinci

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FRESQUES EN ITALIE...

Publié le par Mireille Disdero

Les artistes utilisant les murs comme support de leurs fresques sont mes préférés.

 

Fresques murales du château de Manta, Piémont - Italie

 Léonard de Vinci ? Oui, mais aussi et surtout les anonymes.

Je souhaite au lecteur de cet article de se souvenir un jour du Castello della Manta, à quelques kilomètres de Saluzzo dans le Piémont, en Italie du nord. C'est un trésor pour le regard qui cherche : dans sa Sala Baronale, un artiste anonyme de génie a peint des fresques murales dont la "Fontaine de Jouvence".  "Mestro del Castello della Manta è il nome attribuito all'anonimo pittore italiano, autore degli affreschi della Sala baronale nel Castello della Manta, presso Saluzzo." lit-on à l'adresse suiivante : http://it.wikipedia.org/wiki/Maestro_del_Castello_della_Manta

Ces peintures murales datent du quattrocento.

Chaque fois que je traverse la frontière qui n'en est plus une et que je m'avance dans les terres, je passe un peu de temps au Castello. Ses racines fortifiées commencent à l'époque médiévale... Une colline, des fenêtres ouvertes sur les Alpes et le Viso... Depuis des siècles, le torrent souterrain de l'été nourrit le feuillage des châtaigniers, tout autour, dans la forêt. 

Je souhaite au lecteur de cet article de traverser un jour cette région, de découvrir ce lieu, ces peintures murales et les couleurs de cette Italie dont on parle moins, peut-être. Elle reste ainsi plus sauvage, surprenante...

Stendhal aimait l'Italie. Après s'être engagé dans l'armée de Bonaparte en 1800,  devenu sous-lieutenant de dragons, il découvre l'Italie au fur et à mesure de ses affectations. Il a reporté ses impressions de voyage dans son Journal.

L'Italie est terre des passions... pense Stendhal.

J'ajoute, terre de couleurs. 

   

 

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MOTS SAUVAGES

Publié le par Mireille Disdero

Col de l'Agnel, territoire des loups

 

_________________________

 

                  Ce champ de mots sauvages qu'on partagerait à l'aube 
                                              avec le lait, si l’aube savait où nous trouver

Les mots en meute
les mots loups traversent la nuit en chevauchée fantastique
pour un rayon de lune inspirée sur la neige.
                    Les mots liés partent en chasse de tendresse
                                            la douceur doit l'emporter.


 

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INSCRIRE LE BONHEUR DES FLOTS

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Cathédrale d'images de pays qui se sont connus, racontés, appelés, aimés, elle sait la pression du silence au creux de la main.

Comme l'absence, il dévore la sagesse et sa splendeur. Avec elle, il la saisit par les cheveux et la traîne sur les trottoirs glacés. La prostitue. La délave. Son cri n'ose pas un son. Sa voix n'existe plus.

D'un seul flot, le silence détruit son barrage, le feu dans l'eau.

Tumulte, courant d'exigences, petite monnaie, illusions dans les mains gercées, habitudes, solitudes collées les unes aux autres comme des gâteaux périmés, tout maintenant la pénètre d'un mouvement violent.

Sensation accrochée au bout de la rue, de celles qui grimpent vers nulle part, en fin de nuit. Les hommes apprennent peu de ce leur enseigne la vie. Evidemment, ils ne seraient pas des hommes, autrement.

Alors détruire le barrage et emporter en soi la force du torrent, retourner à son élément, le feu vivant sous l'eau. Inscrire dans sa chair le bonheur des flots.


Blins, Italie

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COMBAT AVEC L'ANGE

Publié le par Mireille Disdero


Il est vraiment inimaginable qu'une femme et un homme, après s'être touché le visage de tant de regards, de tant de caresses, après avoir épuisé tous les moyens qu'ont les voyants et les aveugles de se connaître, se soient perdus soudain comme vous l'avez fait aux bras même l'un de l'autre, et ne soient pas plus arrivés à se retrouver, se coudoyant et se heurtant, que des enfants séparés par la foule.

 

Jean Giraudoux, Combat avec l'Ange

Je n'abandonne jamais ce texte... et je crois que dans 20 ou 30 ans, je le citerai encore. Et encore. Et encore...

 

L. Da Vinci, La Dame à l'Hermine

Publié dans PAROLES, CITATIONS

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LA MER

Publié le par Mireille Disdero

 

De sa langue d'eau, elle prenait mes cheveux. Fraîcheur d'une fête marine. Simplicité d'un bol de sel frais, le matin.

Pour amuser mon chagrin, Les bateaux chantaient. Les hommes fidèles naviguaient leurs corps élancés vers la terre.

Je vous attendais.
Déterminée, elle s'invitait, vague après vague. Moi, je lui parlais, lavais mes yeux d'embruns.
S'il te plaît, aborde au nord ton berceau océan. Exauce mon soleil.

J'ai cru qu'elle allait se retirer, comme mes bas de soie, dans un chuchotis de voix. Nos jambes  nues. La douceur d'algue sur ma peau pleurée. Ces grands fonds du ciel en toi. Aux silences. Quelques pépites de vie endormies dans ta main.


Ta main qui ne me prendrait plus. L'immobile.

Vague après vague, la mer devenait ma maison.
Dans sa carlingue mouvante, les pépites de vie écoutaient tes couleurs, la danse de tes bras. Et pendant que les hommes de peu de soie saignaient mon cœur... je te racontais.


Il était une fois un homme...


Texte publié (avril 2006) sur Francopolis : http://www.francopolis.net/librairie/DisderotM-lamer.html

 

Cassis en Provence

 

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BAALBEK- HELIOPOLIS, LIBAN

Publié le par Mireille Disdero

 

Baalbek est le nom d'une antique ville du Liban qui m'a fait rêver, longtemps, quand j'étais enfant. Baalbek puis Héliopolis, la Ville du soleil. Une belle cité d'abord phénicienne, située du côté de la chaîne montagneuse de l'Anti-Liban, à 85 kilomètres de Beyrouth.

Elle était l'une des voies de passage des caravanes de Mésopotamie, d'Egypte et de Méditerranée orientale. Ses ruines gréco-romaines sont l'objet de recherches archéologiques ; elle possède des traces datant de l'époque sémitique et figure sur la liste du patrimoine culturel mondial de l'Unesco.

 

 Aujourd'hui le Liban...

(...) Les accrochages, qui avaient commencé dimanche à la suite d'une incursion israélienne, ont repris violemment lundi matin près de Taibeh, pour le contrôle de la colline d'Oueida, un peu à l'ouest de la région dite du "doigt de la Galilée". Le Hezbollah a affirmé avoir détruit deux chars ennemis. L'armée israélienne a indiqué opérer depuis lundi après-midi dans le secteur de Ayta Ash Shab, proche de Bint Jbeil. Ses unités du génie procèdent par ailleurs à la destruction systématique des fortifications du Hezbollah le long de la frontière israélo-libanaise.

Un soldat libanais a été tué et trois autres blessés dans un bombardement naval israélien, lundi en fin de matinée, sur un poste militaire près du pont de Qassimiyé, au nord de Tyr (83 km au sud de Beyrouth). (...)

Pour lire l'article paru dans Le Monde du 31 juillet 2006 dans sa totalité :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-799749@51-759824,0.html

Mais aussi, concernant directement Baalbek :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-798322@51-759824,0.html

L'histoire se répète, comme les articles des quotidiens, la crise du Proche-Orient et les demandes de cessez-le-feu, partout, y compris entre internautes qui se font passer le message. L'histoire se répète mais pour celui qui meurt, ça n'est pas une répétition, c'est la fin du monde et de l'univers. Il faut défendre la PAIX, aider à changer quelque chose dans la "tête" des dirigeants de ce monde. Changer.

Je me souviens d'une chanson de Moustaki, Une rose, de Baalbek...

 

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