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KLETT EDITIONS

Publié le par Mireille Disdero

 

"16 ans et des poussières" vient de sortir aux éditions Klett en Allemagne, dans la collection "Jeunes adultes" :

 

16-ans-et-des-poussieres Ernst Klett 2012

 

On le trouve aussi sur Amazon

Bonne lecture !

Mireille

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KUALA LUMPUR EN PASHMINA

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Octobre 2012 - Kuala Lumpur, Malaisie, dans le prolongement de la Thaïlande, toujours plus au sud. Je pense déjà à Bornéo, à la jungle… 

Kuala Lumpur d’abord.



Le métro. Des femmes voilées sont habillées avec grâce, parfois dans des drapés fluides et légers comme de la soie. Elles ont des allures de princesses ou de femmes effacées suivant qu’elles sont accompagnées par le mari ou entre elles. Dans le quartier indien, une adolescente déambule sur le trottoir, armée d’un MP3. Elle écoute le monde, vêtue en danseuse. Devant le temple sikh, un homme sommeille sur le sol, sans chaussures, privé de chapeau, offert aux regards et biblique à sa façon Tu es poussière et y retournes. Les passants l’observent à la dérobée mais un Américain immense le mitraille de photos. L’homme au sol a les traits couleur café, le visage maigre et les mains abimées comme peut l’être la vie sur terre, contre l’asphalte et ses crachats séchés, lavés chaque jour vers le soir par la pluie tropicale. Plus loin un vieux dort sur un chariot avec une grosse peluche dans les bras. Je pense que le manque d’affection est universel. On traverse la rue en direction de Little India. L’odeur d’encens se fait plus envoutante, alors les souvenirs envahissent le présent, des couleurs sur les étals amplifient la sensation de vivre. Mais la musique de la rue comme une écharpe Pashmina, douce et caressante, prolonge le voyage au-delà du pays. Nous bouclons nos sacs en scrutant les tours Petronas. Dans China Town quand vous viendrez, entrez dans le Old China Cafe. Parfois ce qui est vieux nous attire. C’est notre mémoire universelle ou quelque chose comme ça.

Mireille Disdero

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EVEIL

Publié le par Mireille Disdero

 

Bangkok, Thaïlande

 

 

 

Le ciel avec ses insectes vibre

Son bleu perdu entre les gratte-ciel

La terre à l’odeur de trombe d’eau sous le béton

Remuée par les pluies enjambe les ponts

 

Au-delà de nos peaux existe d’autres sensations

C’est l’été quelque part et l’automne là-bas

Où sont les mains, les bras, les silences…

Une année glisse sur les rails du Sky train

Des visages d’anges perturbent le paysage

Et c’est le soir, à peine le temps de rêver

Qu’un orage s’incruste en nous et revient

Chargé d’odeurs qui éveillent l’instinct d’océan

 

Mireille Disdero, octobre 2012

 


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DORMIR (VIET-NAM)

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Parce qu’il n’y aurait que ça à faire

Dormir

Dans la cabine-couchettes sans possibilité de banquette

Dormir

Alors que, dehors, les kilomètres défileraient

Dormir

Pour oublier que les minutes s’étireraient anormalement

Dormir

Avec la goutte de sueur que l’air ventilé n’empêcherait plus

Dormir

Car le livre serait lu et le suivant coincé au fond d’un sac

Dormir

Car le riz saucé du plateau-repas aurait asphyxié toute autre velléité

Dormir

Pour ne pas réveiller les trois autres couches

Dormir

Bercés par les tacatacs des bogies

Dormir

Sans pouvoir fermer les yeux

Dormir

En égrenant cette liste comme on compterait des moutons

Avec la ferme intention de pouvoir une bonne fois pour toute

Dormir

Et c’est alors que

Le train freinant sèchement et inutilement

À l’entrée d’une gare endormie

Au milieu de nulle part

Chacun dans le compartiment

S’éveillerait, étirerait les bras, papillonnerait des paupières, regarderait ses voisins, verrait qu’ils font

Tout pareillement

Semblant d’avoir dormi

On sourirait comme le nigaud pris

Devant l’évidence

D’une sieste scrupuleusement respectée

Mais jamais faite réellement

Ça ne gênerait personne

Encore moins la vendeuse de couloir

Et son chariot grinçant

S’approchant avec son café glacé

A l’extrait épais et noir

Au lait condensé et sucré

Tout le monde se précipiterait

Pour la voir touiller le tout

Ajouter des glaçons

Ficher une paille

Empocher les billets

Rendre la monnaie

On siroterait alors

Réinstallé dans le wagon

Ce mélange définitivement divin

Venant ponctuer un après-midi

Qu’on voudrait dédié à tout

Sauf à dormir

Cependant que Thanh, l’enfant

Bougerait, inconsciemment

Sur la couchette de sa maman

Occupé qu’il serait

A dormir pour de vrai

 

Hervé Grillot

 

train18.jpg

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L'INFINIMENT PETIT ET LA RUE SACREE

Publié le par Mireille Disdero

 

L’infiniment petit

 

Les sons, les pas, les terres se mélangent

Hanoï la nuit, ou Bangkok 

Deux fillettes dans la rue

les cheveux mouillés, sombres et brillants 

cherchent la petite bête 

et l'écrasent entre deux doigts.

 

Hanoi-Vietnam25.jpg

 

 

La rue sacrée

 

Dans l'obscurité chaude, humide, 

presque éternelle

les crapauds buffles chantent la mousson 

l'eau qui nourrie et emporte

nos pas, notre esprit... vers l'autel de la divinité.

Ici

Une femme joint les mains, 

baisse les yeux et prie dans la rue 

le flot de ses cheveux en cascade sur nos regards étrangers

 

Mireille Disdero

 

Hanoi-Vietnam-juin-2012-050.JPG

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LA RUELLE AUX POULETS

Publié le par Mireille Disdero

 

La ruelle aux poulets, Hanoï, Vietnam - juin 2012

 

Les avenues se transforment en ruelles

Où les roues se dissipent dans la fumée

Où le bruit ne peut que fondre entre les flammes

Gesticulant  avec la nuit.

 

Parfumée au miel et couverte d’épices  

C’est la chair de poulet, le quartier.

Un couple d’étrangers s’installe au ras-du sol.

Ils dégustent les ailes célestes avec les doigts

Qu’ils lèchent, pour que le goût persiste et les transporte

Vers un village aux buffles d’eau et rizières en espaliers.

Des enfants et de jeunes femmes

Mènent ces restau du cœur de la rue.  

Maîtres du feu et de l’air, ils ne craignent pas les flammes

Qui envoûtent les étrangers.

 

Et… C’est beau car à force d’Asie,

L’homme et la femme s’y mélangent et le métissage les envahit,  

Dans la ruelle aux poulets, la nuit.

 

Mireille Disdero

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LE TRAIN DE LA REUNIFICATION

Publié le par Mireille Disdero

 




A l’aube, Hanoï est calme. Les scooters sont au repos.

La gare ressemble à un souvenir d’enfance qui aurait sauté quelques générations en arrière. Le long train de la Réunification patiente au quai 3. Devant chaque entrée de wagon, une employée des chemins de fer vietnamiens en uniforme attend, vérifie les billets.
Après, tout s’accélère. Les petits enfants grimpent avec leurs parents, leurs frères, des vieux et des vieilles (parfois privées d’un bras), des ados bruyants avec Smartphones, tout un monde chargé de sacs, valises, cartons, sachets bourrés de fruits, grignotage pour 34 heures de roulis, cantines, bouteilles d’eau, mallettes, livres, jouets pour bébés, sacs à langer, journaux… et puis tout l’univers, pourquoi pas ? 

Au matin, l’aventure est dans un bol de Phô, avec ses herbes aux saveurs qui se répondent puis nourrissent les voyageurs. Ne courrez pas sans but vers la sérénité… Elle est ici, simplement, dans ce moment parmi d’autres, tout au long de la voie qui mène à Saigon.

 Mireille Disdero

Hô-Chi-Minh-Ville en septembre

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LET SHOP

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Let Shop. Les images se succèdent si vite 
que la respiration s'accélère.
Le corps a chaud et la faim ne surgit pas des entrailles 
mais de la rue où les odeurs se répondent.
 
Buns, épices, géraniums, citronnelle, 
eau croupissante mais surtout eau qui lave, 
détergent parfumé au citron, odeur de savons 
poulet grillé enrobé de miel et de cannelle... 
poissons noirs sur des braises fumantes.
Let Shop. Des dizaines de boutiques, 
couloirs étroits tapissés d’hétéroclites, 
étals bringuebalants et colorés, dorés, 
femmes chargées, oubliées, fatiguées,
marchands de la rue qui appellent, 
se succèdent, passent, sont dissous 
puis disparaissent dans un mouvement perpétuel
de la vie si brève... sans début ni fin
l'inachevée nature humaine.
 
Rapide, insaisissable et odorante, la nuit Hanoï.
Mireille Disdero, juin 2012
Hanoi-Vietnam-juin-2012-052.JPG

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MAÏ CHAU VIET-NAM

Publié le par Mireille Disdero

 

Maï Chau, Viêt-Nam, juin 2012

Après la chaleur bruyante de Hanoï et ses rues dominées par les scooters, on quitte la ville avec un guide et un chauffeur. Notre réserve d’eau est insuffisante mais la clim nous donne l’illusion du contraire. Rouler, rouler des heures sur une route à deux voies parfois cabossées, parfois couvertes de terre et bordées de récoltes de maïs, de foins de riz, de légumes vendus à même le sol. Au bout d’un certain temps pourtant, les montagnes prennent corps. Le guide nous explique leur symbolique et celle de l’eau. Les pics sont le principe masculin tandis que l’eau, la rivière, symbolisent la féminité.

On pénètre maintenant dans une vallée tranquille, direction des villages construits sur pilotis, longeant les cultures de riz et, en espaliers, celles du thé. Les bananiers me rappellent qu’on traverse des zones tropicales. J’oublie que toute cette beauté a un prix. Le premier village est accueillant et à peine touristique. C’est un mélange de vie agricole qui suit son chemin sans infiltration de l’Occident et de frémissement d’ouverture sur l’étranger.

Un homme dort, abandonné au sommeil dans son hamac. Des arbres à pains offrent leurs fruits comme dans un jardin de la divinité. Un buffle à la robe sombre, derrière une cabane de bambous, patauge et renifle en attendant la liberté. Des coqs de combat cloîtrés dans leurs cages étroites se fixent, immobiles et hallucinés par… le calme apparent de l’existence entre deux batailles. Un bassin. De petits poissons dans une vasque. Une dame qui ébouillante les cocons de vers à soie. Des maisons de bois… On apprend qu’autrefois les paysans construisaient les habitations sur pilotis à cause des bêtes qui rodaient. On nous dit qu’avant, il y a longtemps, ces terres cultivées faisaient partie de la forêt. Il n’y a plus beaucoup de tigres… La peur change de camp. Cependant les moustiques, eux, règnent et ne disparaîtront pas.

Le village, entouré de rizières, ressemble à un port minuscule, où l’eau n’aurait pas de profondeur. Nous les traversons à pied, en direction du second, plus éloigné, et surtout, à la rencontre des buffles d’eau. Des enfants chassent les criquets qui attaquent le riz avec de grands filets à papillons virevoltant dans l’atmosphère gorgée de lumière et de chaleur mêlées. Cette image qui se répète ressemble à un mirage. Par endroit, des cendres fertilisent les cultures, par ailleurs, de petits rectangles se transforment en nurseries de riz qu’on transplantera plus tard, en temps voulu. Rien ne se perd, tout se transforme…

En approchant du second village, nous comprenons aussitôt que celui-ci n’a plus grand chose à voir avec les touristes ou un quelconque besoin de s’extérioriser. Ici le calme est présent au même titre que les êtres qui y évoluent. Les vaches le savent, qui s’éloignent en nous découvrant, mais pas les buffles d’eau qui nous observent en mastiquant, le museau pointé vers l’avant. Ils sont beaux et gras et ressemblent à leur terre. Le seul humain que nous croisons, après, est un homme en bleu de Chine assis en tailleur au bord du chemin. Il décortique des escargots couleurs miel et charbon, mettant dans ses gestes beaucoup de patience et de recueillement. C’est la première fois que je le croise, pourtant il m’est familier… La couleur, le geste, le silence, la lenteur de l’animal qui sera consommé. Tout est déjà inscrit, quelque part. Une cueillette d’escargots dans l’enfance, peut-être…

Mireille Disdero - Maï Chau, fin juin 2012

 P1010941.JPG

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LA NUIT HANOI

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Dans les ruelles la chaleur ne se démonte pas

travaille au corps ceux qui marchent la nuit

tandis que des chiens allongés dans leur cage

attendent un couperet, le festin.

Des étrangers suivant le flot à contresens

les abandonnent, leurs pensées formant un fleuve

qui envahit les jambes de la femme

ses yeux mi-clos, le corps tiède, un bonbon

fondant sous la chaleur, lentement.

 

Mireille Disdero, Hanoï juin 2012

 

P1110819.JPG

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