Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

L'IDEE D'UNE ÎLE (4)

Publié le par Mireille Disdero




Ce serait, les pieds à terre, l’île, drôle de planète qu’on croirait flotter
Et puis non, à la fin, on se rassurerait
Ce serait alors les premiers pas, premiers regards
Voiliers amarrés le long du ponton
Puis le quai balayé par un vent cantonnier
Autour des cliquetis applaudissant les derniers arrivés
Et, devant l’enfilade de petits restaurants
Les serveurs, urubus, noirs et blancs.


H. Grillot












Le Frioul, Marseille

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

Partager cet article

Repost 0

EPOPEE ISLANERIENNE

Publié le par Mireille Disdero


Si vous ne connaissez pas L'Epopée islanérienne, allez lire son intégralité sur le site Voyage dans les zones d'ombres, ici :

link


Epopée islanerienne : lame 5 : page 10


Aussi loin qu’aller, par crédulité immobile, vouloir doubler Bojador, le cap des tempêtes. Bateliers de Volga, hisseurs par chants de troubadours de cathédrales invisibles, porteurs de temples et de sacrifices, de ponts, barrages et pyramides, routes mangées par les racines et l’épuisement, la corrosion et plus souvent encore l’inutile. Vaisseaux échoués sur les échines d’Amazone, labyrinthes momifiés dans le silence des déserts pour témoigner qu’ici l’homme fut désagrégé puis enseveli afin que la vanité puisse espérer côtoyer le ciel, embarquer pour poursuivre le voyage d’au-delà.

Faut dire qu’après l’on s’étonne que la révolte gronde : « S’il le faut nous descendrons dans la rue » (Alain Geismar, 6 mai 1968) le vieux Noé sur sa nef pansue en bois de palissandre préserve sa faune, ses couples de putois et de skons et laisse choir le travailleur qui lui a longuement peaufiné son zoo, sa ménagerie, son étable ambulante, à coups de maillets et de varlopes, riflars et rabotes, gouges et ciseaux, scies, chignoles, tenons et mortaises, avec force leviers démultipliés, pour haler, lever, trouer, percer, tarauder, visser, joindre, clisser, saigner, calfater et mener bel ouvrage que compagnons et provins revendiqueront plus avant. Ceci devant prouver que l’arche peut-être fut possible, mais point de bible, que roman en l’escarcelle du réel.

Faut dire, faut dire qu’elle était belle et qu’on ne la revit pas, disloquée par le déluge, éventrée sur les pentes du mont Ararat, vomissant onagres et girafons, grèbes mordorés, spatules, tisserins, paradisiers, fous de Bassan, waildel, soris, lovels, cocadriles, golpilles, gores, guivres et hairons, hobes, limoges, proyers, lainiers, maslons, raines, chevaux de przewalski, vachetes limosines et autres marabiles. Tout l’alphabet vagissant, ruminant, feulant, trissant, chuintant, pépiant, du A des anamorphoses, au Z des zoologies : zèbres, zébus, ziboux et autres ornithorynques « natura non facit saltus », rats, taupes, castors tous mélangés durant ce long voyage de griffes et de plumes, bec et ongles, palmes, queues et poils retroussés et rebroussés.

Tout cela, par affinité cosmique versée dans l’urne de l’imagination et godehelpe, devint cyclope de la réalité, en l’écrit, aussi vif que vol d’orphies et profondeurs des forêts où fut sise la hutte de Baba Yaga, sommeil de belle dormant au bois, Lorelei, épaule de Siegfried et feuille dans le sang, légende arthurienne et haute elfique, épopée de Gilgamesh, chanson de Roland, livre de Taliesin, vaisseaux fantômes des toiles de Hollande, cotations et spéculations en bourse des tulipes, pipe-lines et académies de musique, ska et sambas lambdas, raï et tangos, Viennes et valses des rythmes chaloupés, inusables du rêve.

Ce fut un grand moment ce passage des fournaises, la pluie, dure comme le feu, reformule l’intensité, déchire les veines des limites tandis que le monde défaisait sa trame avec le dernier bal des dynasties chancelantes à Sarajevo, que par Prinzip situerons avec une précision quasi Nostradamusienne en cet an de disgrâce le mille neuf cent quatorzième de notre ère, preuves à l’appui : conjonctions de planètes, grippe espagnole en 18, trépanation de poète apollinarien, maigres récoltes et mauvais blés moissonnés, durs hivers, saisons inversées, précédées de naissance de l’abbé Pierre en 12 par prévision des frimas de mille neuf cent cinquante quatre, muss es sein, es muss sein et dieu pour tous et avec tous, inscrit sur baudriers et ceinturons : Gött mit uns, God with us, puisse t’il reconnaître les siens.

Pourrions nous dire, il faut en rester là, Der de Der, laisser les rapières dévorées par la rouille et nos visages mangées, nos têtes dévorées par les séquences retournées dans le sommeil du dernier instant, lorsque le souffle des obus des aciéries de Monsieur Krupp nous ensevelit sous une vague de terre et que l’on rame, la bouche pleine de la glèbe empoisonnée de soufre, d’ypérite, des gaz délétères, pour remonter à la surface du réel, transpercés de balles et de baïonnettes, parce qu’il vaut mieux mourir au soleil, qu’absorbés par les glaises et les sables dans les puits d’Ardenne et de Champagne qui rendront nos corps disloqués, mais intacts dans la gangue de la jeunesse, ainsi que glaciers vomissent de crevasses oubliées, depuis longtemps refermées, ancêtres figés dans les traits et stupeur de l’adolescence.

.../...
P. Landreau

Publié dans POETES, ECRIVAINS...

Partager cet article

Repost 0

LA LITTERATURE, ELLE LA CUISINERA...

Publié le par Mireille Disdero



Photo Sergio Larrain



Est-ce ainsi que les hommes vivent Louis Aragon



Clara descend la rue en mangeant le trottoir. Pas de panique c'est désert, on n’écrasera personne aujourd'hui, mais on cherchera vaguement le sens de sa vie. Voix off de Didier, le mari : « C'est nul, trop bobo cette phrase, on l'entend partout. Tu es abonnée à jamais une ligne de littérature, ma pauvre ! » Petite claque sur son cœur. Clara serre les dents et serre les rêves fondus au soleil par le mari qui lui arrose le cerveau d'essence chaque fois qu'elle a envie de mettre le feu à sa vie. Ce qu'elle sait Clara, c'est qu'un jour (ou peut-être une nuit) la littérature, elle la cuisinera avec une recette découpée dans Elle (il n'y a pas pire), et qu'elle la lui fera manger avec et surtout sans son consentement, jusqu'à la dernière bouchée.

En attendant, elle dévale la rue au volant d'un bolide sorti d'usine au vingtième siècle. Et elle pleure Clara, comme le saule du jardin, comme une petite fille elle pleure à gros sanglots qui en disent longs.

Ce que sera Clara dans quelques années, je ne peux pas le savoir. Visage carabiné, armé d'un regard tourné vers le nombril ? Gestes saccadés et triplette de gamins mignons comme des chats accrochés à son sac trop usé ? Je ne veux rien savoir et elle non plus.

(...)

Enfant, Clara avait les yeux ouverts, très grands. On aurait pu y mettre les milliers d'images du monde, plus tous les rêves de chacun d’entre nous. Petite, elle voulait être médecin de la terre et sauver les fourmis, dans la cour, chez mémé.

Partager cet article

Repost 0

NOUVEAUX DELITS N°29

Publié le par Mireille Disdero



Vient de paraître :

NOUVEAUX DELITS

Revue de poésie vive et dérivés

Numéro 29

 

 

 

 

 

Comment ne pas s'’essouffler en faisant une revue de poésie ?

 

Entre les bons sentiments de départ : lire tous les textes, répondre rapidement à toutes et à tous, entretenir de vraies relations avec les auteurs, publiés ou pas, les lecteurs, les abonnés et aussi les autres revues, les innombrables sites de poésie et ce qui est faisable en vérité, il y a ce fossé nommé désillusion ou expérience, selon qu'’on l’'envisage.

Il faudrait y passer TOUT son temps. Un temps non salarié, bien entendu, puisque il s’'agit de passion et non d’'un emploi.  

Et même en y passant tout son temps, la technologie informatique fait que x auteurs peuvent envoyer x poèmes en même temps, sans compter ceux qui les envoient par courrier. Moi pour suivre, c'est-à-dire lire attentivement et répondre, mais aussi entretenir des relations avec tout le monde, n’'étant pas une machine, ça me prend beaucoup plus de temps. Et voilà que x nouveaux auteurs ont envoyé x nouveaux textes et les premiers auteurs m’'écrivent pour savoir ce qu'’il advient des x textes qu'’ils m'’ont envoyé il y a x temps. Certains, rares heureusement, s'’impatientent un peu trop, en deviennent désagréables, évidemment ce sont eux qui passent à la trappe les premiers.

Et voilà comment une passion, un plaisir peuvent se transformer en corvée parce qu'’ils provoquent de la frustration, la machine n'’ayant aucun état d’'âme et beaucoup d’'auteurs s'’imaginant être uniques, ne pensent finalement qu’'à eux-mêmes et à leur but : être publiés. Ils oublient trop souvent qu'’ils sont un parmi x autres.

Que certains ne donnent plus de nouvelles une fois qu’'ils ont reçu leur exemplaire, que la plupart ne s’'abonnent pas à la revue etc.… ça je ne m'’en plaindrais pas, après tout personne ne m’'oblige à faire une revue. Non, mon problème c'’est plutôt de réaliser combien cela devient envahissant, au point que moi qui me voudrais aussi poète, je n'’ai plus le temps de m'’occuper de mon propre travail d’'écriture, sans parler du reste.

Alors comment faire ? Finalement c’est comme dans la vie, vient un moment où l’'on doit faire un tri, et surtout où l'’on fait ce qu’'on peut et tant pis pour ceux qui ne sont pas contents car après tout personne ne les oblige à contacter une revue.

Ce qui compte à mes yeux, c’'est de ne pas renoncer par épuisement, et j'’assume donc d’'être injuste par nécessité. Répondre à certains, plus qu’'à d'’autres, selon des affinités réelles qui se créent, lire certains plus que d’'autres, faire passer machin avant bidule, continuer la revue en y passant moins de temps mais toujours avec autant de plaisir, alors pardonnez-moi si je réponds moins souvent ou moins longuement, ou même si je ne réponds pas du tout à vos diverses sollicitations et puis… n'’oubliez pas que moi aussi je suis une poète qui voudrait bien être publiée, et si tous les poètes faisaient leur revue, ce ne serait pas si mal, chacun connaitrait les deux côtés du miroir.


Sur ce, j’espère que vous apprécierez ce numéro. J’'y ai mis des amis et des causes qui me sont chères.

 

Cathy Garcia

 

 

Partager cet article

Repost 0

HOTEL - EGLISE - A CHYPRE

Publié le par Mireille Disdero



Si l'info. ci-dessous vous dit quelque chose, allez-y, donnez votre avis :




Une église transformée en hôtel à Chypre

Publié le : 27-06-2008

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous livre cet article publié sur le site de la Diaspora Grecque en France le 21 juin 2008. Un des aspects les plus tragiques du problème chypriote, depuis l’invasion et l’occupation par les troupes turques de la partie septentrionale de Chypre, est la destruction, le pillage et la transformation des monuments religieux et historiques.

Un exemple frappant et caractéristique de cette politique, qui a été récemment l’objet d’un reportage dans la presse britannique (The Financial Times du 14.09.07) est celui de l’Eglise de Sainte Anastasie, située près du village de Lapithos. Cette Eglise du 19ème siècle a été transformée en hôtel avec une piscine dans la cour et casino.

Partager cet article

Repost 0

L'EMAIL D'UN TRAIN DE NUIT

Publié le par Mireille Disdero




C’est rapide. Ça vient comme le vent.
On s’éveille un jour avec un cœur, un instrument
qui bat.

On évalue sa densité à hauteur d’insomnie.
Talons très hauts, on découvre le vide en chancelant
de plaisir
Piquant et fuselé, le vide et
les jambes longues
c’est beau comme un vertige.

C’est ça, c’est en soi
quand on aime
mains nues doigts sacrés
sous les baisers… les crocs.
L’émail d’un train de nuit qui s’allonge vers ailleurs
Pourquoi ? Pourquoi pas.
Tant qu’on approche de l’Afrique
on a le cœur qui vibre
un instrument en soi
une musique
pour blesser son bas d’une résille
grimper haut
dans le chœur qui descend en vrille
exploser ses doigts
dans Sa main
embrasser le petit matin
quand il se pointe
tôt
les croissants d’une lune à peine
le pli du drap
une bourrasque dans les cheveux
C’est ça
quand on aime on ne dort pas
on caresse comme le vent, rapide, encore.

Mireille D.





Partager cet article

Repost 0

AEROPORT

Publié le par Mireille Disdero

 

 

Aéroport. Où ça ? M. Bajara. Cafeteria. Rumeurs… Attendre.

Un café. Con leche ? Tasse Bonka (soupirs). Mucho Azucar. Pour la douceur immédiate (soupir again). 

Solitude du voyageur. Collage décollage. Brouhaha diffus. Va et vient. Pas perdus. Pas d’ailleurs. Les siens, les miens. Penser à l'air qui va brusquement s'engouffrer entre ici et là-bas. Ces milliers de nuages, de paysages... du ciel et des pistes de vie ou d'atterrissage. Qu'importe. Au bout du compte. Un café. Aussi brûlant que soi de l'intérieur. Avec du lait en passant la frontière... de soi, du monde. Et puis encore...

... Des pages et des pages à écrire en attendant de décoller, de s’envoler, de se manquer.

De se manquer. De se manquer…


 

Mireille D.


 

Partager cet article

Repost 0

L'OEIL

Publié le par Mireille Disdero

 

 

 

Solitude et retraite. Terres entrelacées où la croix d’une mer intérieure et ancienne, te devient boussole et berceau.

Lumière et connaissance. Voix du silence subtil, sommeil des agitations où enfin Il te voit et tu le vois.

 

 

Partager cet article

Repost 0

LE THEATRE D'OMBRES ET LA REINE DE LA NUIT

Publié le par Mireille Disdero





Elle répète un peu, pour la représentation de demain :

Je suis belle Ô mortels comme un rêve de pierre / Et mon sein où chacun s’est meurtri tour à tour / Est fait pour inspirer au poète un amour / Eternel et muet ainsi que la matière. *




... Puis elle pose le miroir, se libère de la perruque qui lui tient chaud et l’abandonne dans son vanity à maquillage usé.

Epuisée elle s’étire sans se détendre. La nuit se fait piquante. Tout à l’heure à l’appartement, il faudra payer la nounou… mais avec quel argent ?

Quand le calme revient dans le théâtre, elle enfile sa robe et sort par la porte du fond. Son ombre la traine à travers rues, jusqu’au quartier miteux.

La reine de la nuit, la beauté égyptienne meurt de fatigue et de manque d’amour mais où trouver les bras et un cœur pour de vrai pour encore et toujours ?



Mireille D.
D'après une illustration de Loustal

* Baudelaire




Partager cet article

Repost 0

LA TOSCANE AU PORTUGAL

Publié le par Mireille Disdero

C'est dans la ligne droite, sur la route,
L'unique
celle qui vient de l'intérieur et qui finit au cap Sagres
..."
Au Cap Sagres - HG




C’est au Portugal en 2007, un air d’Italie dans les couleurs
Terre de Sienne, jaune d’ambre et vert cyprès de Florence.

Toscane au Portugal, à peine tremblées par un mirage de chaleur
deux silhouettes avancent dans le soleil d’un champ de blé
Toscane au Portugal, leur ombre filiforme écrit sur la campagne
un point d’interrogation dans l’épaisseur de la céramique
Toscane au Portugal, avec les grillons voyageurs, les scarabées
deux silhouettes, un homme et une femme mélangent leurs élytres. Sensation fugace… d’éternité.



Mireille D.

Partager cet article

Repost 0